Oratoire en l’honneur de Saint Benoît-Joseph Labre sur le chemin du sanctuaire St Gens en Provence

Après un long purgatoire de 6 ans, l’oratoire est enfin sorti de terre. L’emplacement se trouve 100 m avant le sanctuaire, sur le côté droit de la route dans le vallon du Beaucet. En belle pierre de taille, l’oratoire accueillera les pèlerins qui se rendent, nombreux, au sanctuaire St Gens.

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Monseigneur Cattenoz a autorisé de le bâtir sur le terrain appartenant au diocèse.

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Cet oratoire porte le souvenir de Jean-Claude Constantin, notre architecte de l’association La Route de l’Europe chrétienne, décédé le 4 novembre 2015. C’était en effet Jean-Claude qui dressait les plans de tous les oratoires. L’association lui voue une vive reconnaissance.

Avant d’atterrir au Beaucet, à 100 m de l’entrée du sanctuaire de Saint-Gens, les éléments constitutifs de ce bel oratoire ont commencé par effectuer un très long périple qui a débuté en 2009.
À l’origine en effet, l’oratoire était destiné à être élevé à Loreto en Italie, sanctuaire fameux de la Sainte Vierge sur l’Adriatique et lieu vénéré par notre grand saint mendiant qui s’y était rendu douze fois en pèlerinage.
Monseigneur Tonucci, évêque de Loreto, avait donné son accord, il avait même bénit la « première pierre » en présence de toute l’association La Route de l’Europe chrétienne qui avait organisé un voyage spécial réunissant quarante Français. Mais hélas, les mois et les années passèrent ensuite sans pouvoir observer la moindre construction s’élever au-dessus de la terre. En dépit de nombreux courriers adressés à la Mairie, en dépit des appels de plus en plus angoissés, force nous fut bientôt de constater que rien ne se faisait et que rien ne se ferait…
Benoît-Joseph restait toujours enfermé dans sa boîte sans jamais bénéficier de la moindre maison. Il nous a donc fallu admettre, une fois
de plus, que saint Benoît-Joseph Labre, notre « hirondelle de grands chemins » n’était pas accueillie. Après six ans de vaines démarches et d’attente, nous sommes donc retournés à Loreto pour récupérer tous les matériels que nous y avions déposé : la statue, la coquille, la Croix et la grille, l’inscription et les deux logos. Peut-être saint Benoît-Joseph Labre avait-il le mal du pays et préférait-il la Provence, ce Pays si accueillant qui l’avait reçu en 1772 ou 1773 lorsqu’il était venu au Beaucet, vénérer saint Gens ? Il n’a pas perdu au change, car la construction grandiose réalisée par Marcet Cyrille en pierre de Cabéran, vaut les plus beaux marbres d’Italie et offre une meilleure résistance aux épreuves du temps. Honneur au chef-d’œuvre de nos deux tailleurs de pierre ! Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage !

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Les artisans de la construction sont d’abord tous les adhérents de la Route de l’Europe chrétienne qui, par leurs cotisations et souvent par leurs dons, ont permis l’achat des matériaux et le salaire des tailleurs de pierre. À ce jour, l’association compte 262 membres. Ensuite le sculpteur de la statue, M. Pierre-Louis Chomel de Marseille qui a réalisé cette belle statue de saint Benoît-Joseph Labre avec son crucifix, l’Évangile, un sac de voyageur et un plat qui lui permettait de recueillir de l’eau et quelques nourritures. La ferronnerie est l’œuvre de M. Mauro Artioli de Velleron qui a forgé de main de maître la Croix et soudé la grille. L’inscription et les deux logos ont été réalisés par M. Pascal Beauvais, sculpteur vivant à Brive. Les pierres de taille ont été données par
M. Claude Drap de Carpentras. Le montage et la taille des pierres sont le chef-d’œuvre de nos deux tailleurs de pierre : Marc Saglietto et Cyrille Berard. Sachez que l’oratoire mesure 3,50 m de haut (sans Croix) et qu’il pèse 3 tonnes. Il repose sur de solides fondations, rendues nécessaires par l’humidité du sol. Œuvre majestueuse, d’un classicisme affirmé et qui a voulu rendre hommage au moine pèlerin, vagabond de Dieu, qui n’a jamais eu de maison et qui couchait en plein air, dans les étables ou à Rome dans les ruines du Colisée. L’oratoire porte sur son fut une belle céramique, représentant Notre Dame de Loreto, en souvenir de l’affection particulière qui unissait Benoît-Joseph à la Santa Casa de Loreto et à sa célèbre Vierge Noire. Le terrain a été généreusement mis à notre disposition par Monseigneur Cattenoz, notre Archevêque, que nous remercions chaleureusement.

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SAINT BENOÎT-JOSEPH LABRE (1748-1783)

Né en 1748 dans le Pas-de-Calais (Amettes), il passa sa vie à cheminer sur les « sentiers de traverses », en Europe et souvent en Provence, tout en priant, ne vivant que du strict nécessaire, « le plus pauvre des pauvres », allant de lieux saints en lieux saints et se mortifiant. Comme s’est plu à le nommer Sully Prudhomme, cette « hirondelle des grands
chemins » a semé la foi sur son passage. Il a accompli des miracles, fait naître des vocations, a prédit des faits qui se sont réalisés, a sauvé des vies et a laissé des traces ineffaçables, puisque de son vivant, le peuple le vénérait déjà comme un saint ! Sa santé ne lui permettait pas la vie en
communauté religieuses, après plusieurs essais, devenu novice en 1770 sous le nom de frère Urbain, il quitta sa famille et son pays natal pour prendre le chemin vers Rome où il finit ses jours à seulement 35 ans après une vie bien remplie. Lorsqu’il s’éteignit, malade, épuisé, sur les marches de l’église Notre Dame des Monts, les enfants de Rome s’en allaient dans les rues de la ville sainte en s’écriant « le saint est mort, le saint est mort ». Il sera béatifié en 1860 et canonisé en 1881. Il est fêté le 16 avril. C’est le seul saint Français qui repose dans la ville éternelle.

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En Provence, Saint Benoît-Joseph Labre est passé en Vaucluse. L’histoire locale signale son passage en Avignon où il passa plusieurs jours sous le porche de Notre Dame des Doms et rayonnant de là dans les lieux de pèlerinage locaux, d’abord à la Métropole Notre Dame des Doms, puis Notre Dame de Rochefort et probablement Notre Dame du Bon Remède à Saint-Michel-de-Frigolet. On signale qu’il séjourna à Noves et à Verquières. À l’Isle-sur-Sorgue on indique un banc de pierre sur lequel il s’est reposé. À Carpentras enfin, il fit un séjour assez prolongé pour vénérer le Saint Mors et prier à Notre Dame de Santé.
De là, il a rayonné aux alentours, à Venasque, et spécialement au sanctuaire de Saint-Gens (originaire de Monteux, ce jeune garçon s’était retiré au Beaucet où il acquit la réputation de faire venir la pluie, il est patron de la Provence) au Beaucet où se trouve d’ailleurs un autel qui lui est dédié avec une statue qui a servi de modèle à notre sculpteur pour notre nouvel oratoire. Pendant son séjour à Carpentras, Benoît-Joseph a reçu l’hospitalité dans une maison du quartier Saint-Jacques qui, dès 1783, va devenir le quartier Saint-Labre et le chemin sur lequel se trouvait cette maison, le chemin Saint-Labre. L’Abbé Gruzu, chanoine de la cathédrale de Saint-Siffrein, possédait une propriété dans ce quartier et y fit édifier un oratoire en l’honneur de notre saint avec trois colonnes en marbre noir et un dôme en céramique. Disparu après la guerre de 14-18, cet oratoire a été rebâti par la ville en 2010. Saint Benoît-Joseph Labre protège ainsi les Carpentrassiens, dontil avait conquis le cœur et fait l’admiration par sa vie de pauvreté, de prière et de pénitence.

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À Suze la Rousse, Benoît-Joseph fut hébergé par la famille Rouget dans la Grand-Rue et on sait qu’il passa une nuit de prières dans l’ancienne église. Béatifié par le Pape Pie IX en 1860, l’église de Suze s’enorgueillit d’une statue que l’on peut encore voir aujourd’hui. A Pierrelatte, notre pèlerin aurait trouvé refuge chez la famille Allard qui possédait alors le domaine de Beauplan. A Bollène, Benoît-Joseph est hébergé dans le couvent du Saint-Sacrement. Les religieuses vénéraient notre saint mendiant pour la réputation qu’il avait déjà acquise dans les campagnes: elles firent un jour une neuvaine à Benoît Labre pour la guérison d’une de leurs compagnes très malade dont le cas était désespéré. Guérie, cette sœur, sœur Théotiste écrivait et était une excellente musicienne. Elle écrivit un poème à la gloire de Benoît-Joseph et surtout un cantique de 16 strophes dont voici la première :
« Benoît-Joseph, ô pauvre incomparable
De ton crédit l’on ressent les effets.
Vois en pitié mon état déplorable.
Entends mes voeux,accomplis mes souhaits. »

Martyrisée, cette soeur fit partie des 32 martyrs d’Orange. A Piolenc, la famille Bernard qui tenait une auberge, offrit le gîte et le couvert à notre saint mendiant. Il refusa la chambre, lui préférant comme le Divin Enfant de la crèche, une misérable étable à moutons où il consacra une nuit à la prière autant qu’au sommeil. Cette famille fut favorisée dans la suite de grâces singulières de vocations. Il y eut en effet, à chaque génération un ou plusieurs prêtres et encore aujourd’hui (2008), cette famille s’honore d’avoir un religieux Carme. L’église de Valréas aurait possédé aussi sa statue. Benoît-Joseph Labre aurait en effet, été reçu dans une maison de la ville où un fait curieux se serait produit : ayant fermé sa maison à clef, le maître de maison, le lendemain, trouve son hôte en prières au pied de la Croix du cimetière. Dans le village de Meyreuil où il s’arrêta et trouva asile dans la famille Lafarge (célèbre depuis pour ses ciments, chaux et béton), il prédit que ses descendants feraient de grandes réussites en affaires, faits exacts qui arrivèrent par la suite. Une des religieuses de la Sainte Baume, Soeur Marie Pascale raconte qu’elle fut étonnée de voir la statue de Benoît-Joseph orner le bureau du PDG de la société Lafarge à Paris.

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Après son départ du monastère de Sept Fons, Paray-le-Monial fut la première halte qui marqua définitivement sa vie mystique. À l’arrivée à Paray, il s’est aussitôt rendu à la chapelle des apparitions où Notre Seigneur, près de cent ans auparavant, avait manifesté son Cœur à soeur Marguerite-Marie Alacoque. Mais le visiteur tombe en défaillance. Aussitôt, on le transporte au parloir du couvent où on le réconforte. Mais il a besoin d’être soigné. Marguerite-Marie est morte depuis 80 ans et la dévotion au Cœur de Jésus, malgré ses adversaires, a cependant opéré de rapides progrès. La halte forcée que fait Benoît-Joseph à Paray, revêt alors une grande importance, car il va désormais chaque soir se consacrer au Cœur du Sauveur. « Je veux de tout mon coeur reposer
dans Votre sainte Grâce. Ce cœur que Vous m’avez donné, où puis-je mieux le placer que dans le Vôtre ? C’est là que je le dépose, ô mon doux Jésus, c’est là que je veux habiter et que je veux prendre
mon repos. » La halte à Paray encourage aussi Benoît-Joseph à mener une vie de réparation. Le Cœur de Jésus s’épanchant en celui de sa confidente, ne s’est-il pas plaint de ne recevoir des hommes que des ingratitudes ? Il fait sienne la demande adressée à Sainte Marguerite-
Marie : « Du moins, donne-moi ce plaisir de suppléer à leurs ingratitudes,
autant que tu pourras en être capable. » On comprend mieux alors son goût de la pénitence héroïque. Pour la faute des hommes, il sera lui aussi, une victime de réparation, il en témoignera sur tous ses
chemins.

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Oratoire au bienheureux Pape Urbain V à Bédouès en Lozère

Un saut de quelques kilomètres et de quelques siècles nous emmène célébrer la messe, vers 11h, à la collégiale de BÉDOUÈS, une rude église fortifiée bâtie sur un promontoire schisteux dominant la haute vallée du Tarn. P8260117_web-2.jpg

URBAIN V (1310-1370), né Guillaume de Grimoard au château tout proche de Grizac, la fit construire pour y abriter le tombeau de ses parents, qu’on peut encore voir, dans le transept droit, avec un bas-relief où figure une tiare. 2015-08-26_10.38.06_web-2.jpg

Elle domine un village de 284 habitants où nous reçûmes, à la sortie de la messe, un accueil exceptionnel à l’occasion de la bénédiction de l’oratoire implanté au pied de l’église. Edifié par la Route de l’Europe Chrétienne en liaison avec l’Association des Amis du bienheureux Pape Urbain V, ce pape y est représenté de façon magistrale par un très beau bas-relief en couleur, œuvre de M. Pascal Beauvais, sculpteur à Cublac.
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Quelle cérémonie que cette bénédiction! Que de personnalités y participèrent: l’évêque du diocèse, le maire de la commune, 2015-08-26_12.13.46_web-2.jpg P8260126_web.jpg

M. le Marquis de Laubespin, descendant de la famille de Grimoard et fondateur de l’association des amis d’Urbain V P8260136_web-2.jpg

qui laissa la parole à sa fille, présidente de cette association, 2015-08-26_10.42.33_web.jpg

créateur d’un Chemin Urbain V, tracé autour de sa vie et de son œuvre, qui permet aux randonneurs de découvrir l’Aubrac, les Causses, le mont Lozère, les gorges du Tarn, les Cévennes et les Garrigues… Il y avait même deux religieux orthodoxes, relevant du Patriarche de Constantinople, venus en voisins, de leur Skyte Sainte Foy (48160 Saint Julien des Points), honorer un pape d’Avignon! Que de beaux discours qu’on trouvera en annexe y furent prononcés! Y prirent la parole: Monseigneur Jacolin, évêque de Mende, M. Christian Bataille, maire de Bédouès, Mme de Gatellier présidente de l’association des amis d’Urbain V et lointaine descendante d’un frère de ce pape, et pour finir, Jacques Sarrade, au nom de Robert Mestelan, président de la Route de l’Europe Chrétienne. LaR fut particulièrement sensible au côte-à-côte de l’évêque, en habits liturgiques, représentant de Dieu, et du maire, ceint de son écharpe bleu-blanc-rouge, représentant un César républicain et laïque. C’était pour elle l’image même de la “saine laïcité” voulue par Pie XII, chacun restant dans son domaine de compétences, mais bons amis, et coopérant au bien public… 2015-08-26_12.16.22_web-2.jpg

Qui était donc cet Urbain V, sixième, avant-dernier, et seul pape d’Avignon à avoir été sinon “canonisé”, du moins “béatifié”, et encore bien tardivement, par Pie IX en 1870?
Et d’abord pourquoi Avignon? Parce que, suite aux démêlés de Philippe le Bel avec la papauté, le prestige du roi de France avait favorisé l’élection de papes français (en fait tous méridionaux, de langue d’oc), parce que, à Rome, un climat d’émeutes entretenu par de grandes familles rivales rendait la vie impossible au pape, parce que Avignon, sur le Rhône, moins excentré que la Ville Éternelle, se prêtait mieux aux relations internationales et commerciales européennes. Mais bien sûr, c’était une situation provisoire et anormale. Urbain V tenta, en 1367 de retourner à Rome, ne put s’y maintenir et, en 1370, revint, épuisé en Avignon où il mourut. Mais il ne connut pas le pire. Son élection ne fut pas contestée. Il n’eut pas, comme ses successeurs à partir de 1378, à affronter des anti-papes. Le “Grand Schisme d’Occident” n’avait pas encore eu lieu. 100_2539_1_web-2.jpg
C’était un moine. Après des études de droit à Montpellier, le jeune Guillaume de Grimoard intègre, en 1335 l’ordre des bénédictins, au prieuré de Chirac en Lozère. Il y reçoit l’ordination sacerdotale avant d’aller enseigner le droit à l’Université de Montpellier. Nommé à la tête de l’abbaye Saint-Victor de Marseille par le pape Innocent VI, celui-ci en fait son conseiller diplomatique et lui confie diverses missions en Italie. C’est d’ailleurs à Naples qu’il apprend en 1362 qu’il est élu par le conclave avignonnais et qu’il succède à Innocent. On peut imaginer l’atmosphère qui régna dans ce conclave pour que les grands seigneurs qu’étaient les cardinaux n’arrivent à se mettre d’accord, en son absence, que sur le nom d’un ecclésiastique de petite noblesse – il est vrai au courant des affaires ecclésiastiques – qui n’était ni cardinal ni même évêque, et qu’il fallut sacrer à la hâte pour l’introniser!
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Il arriva en Avignon sans importante escorte, alors que la Durance et le Rhône étaient en crue et déclara à son arrivée au palais: « Mais je n’ai même pas un bout de jardin pour voir grandir quelques arbres fruitiers, manger ma salade et cueillir un raisin ». C’est pourquoi il entreprit, durant son pontificat, de coûteux travaux d’extension des jardins dont l’un est toujours nommé “le Verger d’Urbain V”. En outre, il fit construire la Roma, longue galerie d’apparat à un étage, achevée en 1363, qui marquait la fin des travaux architecturaux du Palais Neuf. Il la fit décorer par Matteo Giovanetti de peintures sur toile illustrant la vie de saint Benoît. Elle fut détruite en 1837, mais des vestiges en subsistent dans les jardins du palais. Photo-0074_web-5.jpg

Considéré comme un pape humaniste, visionnaire européen, créateur de la faculté de médecine de Montpellier, ainsi que des universités de Cracovie et de Vienne, il est aussi un grand bâtisseur. On lui doit la cathédrale de Mende, les collégiales de Bédouès et de Quézac et il est à l’origine de nombreux développements architecturaux à travers le monde de son époque, qui est pourtant celle de la guerre franco-anglaise “de Cent Ans”.
Son pontificat se déroule à la fin du règne du roi de France Jean II le Bon, et pendant celui de son successeur, Charles V, qui, avec l’aide de Duguesclin, obtint pour la France quelques années de paix, mais non de tranquillité, les troupes démobilisées s’étant transformées en “grandes compagnies” de “routiers” qui pillaient pour vivre.
Ses talents de diplomate furent souvent mis à l’épreuve. Dès la première an-née de son pontificat, en 1362, Jean le Bon, le vaincu de Poitiers, qui n’avait pas fini de payer sa rançon aux Anglais, arriva à Villeneuve-lès-Avignon, à la tête d’un fort détachement armé. Il était venu solliciter le Souverain Pontife pour une aide financière et l’entretenir de son désir d’unir son fils Philippe le Hardi à la reine Jeanne de Naples. Comme les négociations risquaient de traîner, le roi de France décida de prolonger son séjour sur les bords du Rhône et fit commencer, à Villeneuve-lès-Avignon, la construction du fort Saint-André. 128_web-3.jpg

Le pape eut à régler un conflit entre Gaston Fébus, comte de Foix, et Jean Ier, comte d’Armagnac, qui se disputaient la suprématie féodale dans le sud de la France. Le vendredi saint 1363, il lança un appel solennel pour la croisade d’Alexandrie à tous les rois et princes chrétiens. Ce fut sans succès, on peut le comprendre, dans le contexte des guerres que se livraient entre eux ces rois et princes. En l’année 1365, Avignon fut menacé par les Routiers, et il fut obligé de traiter et de payer rançon à Bertrand Du Guesclin qui les entraînait vers l’Espagne. Cinq ans plus tard, à son retour en Avignon, même jeu. Pour stopper les exactions des routiers, il dut monnayer une trêve. Elle fut signée le 19 décembre 1370, le jour même où le pape, tourmenté par la maladie de la pierre, s’éteignit dans son palais. Il fut d’abord inhumé à Notre-Dame des Doms, mais comme il avait souhaité que son corps soit enseveli à la manière des pauvres, à même la terre, puis réduit en cendres et que ses ossements soient portés à l’église abbatiale de Marseille, le 31 mai 1372, ses restes furent exhumés du tombeau de la cathédrale avignonnaise et transférés à Saint-Victor.
Quel pape a eu la vie facile? se demande LaR. Urbain V était un esprit supérieur, un homme pieux et intègre, qui a dirigé l’Église dans une période particulièrement troublée, tant au point de vue politique qu’au point de vue religieux. Plusieurs de ses fondations subsistent encore de nos jours. Sa carrière doit être un encouragement pour tous ceux que désespère aujourd’hui la situation de l’Europe et la crise de l’Église.

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L’épisode de Bédouès se termina, bien entendu, par un festin. Les canapés du vin d’honneur étaient garnis de saucisson et de foie gras locaux qui n’avaient rien d’industriel ni de halal, et le repas qui s’ensuivit: salade de tomates garnie d’œufs durs, bœuf bourguignon et tarte aux abricots, était bien digne de la France profonde. Ah! la sauce de ce bourguignon, où se rencontraient des feuilles de laurier et des fragments de pied de veau, onctueuse et parfumée, Urbain V l’aurait aimée! Inoubliable!

Oratoire en l’honneur de St Joseph au dessus de Beaumes de Venise

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Glorieux Saint Joseph, époux de Marie,
accordez-nous votre protection paternelle,
nous vous en supplions par le Cœur de Jésus-Christ.
Ô, vous dont la puissance infinie
s’étend à toutes nos nécessités
et sait nous rendre possibles les choses les plus impossibles,
ouvrez vos yeux de Père sur les intérêts de vos enfants.
Dans l’embarras et la peine qui nous pressent,
nous recourrons à vous avec confiance.
Daignez prendre sous votre charitable conduite
cette affaire importante et difficile,
cause de nos inquiétudes.
Faites que son heureuse issue tourne à la Gloire de Dieu
et au bien de ses dévoués serviteurs.

Ainsi soit-il.

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Souvenez-vous, ô très chaste époux de Marie, mon aimable Protecteur, saint Joseph, que l’on n’a jamais entendu dire, qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre secours aient été abandonnés; animé d’une pareille confiance, je cours, je viens à vous et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. Ô vous, qui êtes le père du Rédempteur, ne rejetez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.

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1. Soutiens, ô Joseph ceux qui t’aiment, qui invoquent ta protection. Ils recommandent leur carême à ta puissante intercession.
R : Ô Joseph, époux de Marie, à tes pieds nous venons, joyeux, nous réunir ! Etends sur nous ton bras de la sainte patrie, ô Joseph, daigne nous bénir ! Ô Joseph, daigne nous bénir !
2. Donne la force et le courage aux chrétiens qui luttent ici-bas, malgré le diable et ses outrages, qu’ils sortent vainqueurs des combats.

3. Aux tristes jours de la souffrance, console-nous du haut des cieux : elle est si douce l’espérance, que tu fais briller à nos yeux !

4. Protecteur de la Sainte Eglise, que Dieu choisit selon Son Cœur, conduis vers la terre promise, ceux dont tu es le défenseur.

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Restauration de la Croix de Graille à Methamis

LA CROIX DE GRAILLE (Methamis quartier des Bastides)

Le vendredi 27 juin, l’association La Route de l’Europe chrétienne aura le plaisir de faire bénir un splendide calvaire qu’elle vient de restaurer. A l’époque où les chrétiens sont persécutés, les églises et les croix souvent vandalisées, cet évènement met du baume au cœur, car il indique que les racines chrétiennes de notre pays sont loin d’avoir disparues et que sa population profondément attachée à ses traditions religieuses, entend bien les garder.

Celui qui, pour aller à Sault et s’approcher du Mont Ventoux, n’est pas passé par Methamis, se prive de la connaissance d’un des plus beaux villages du Vaucluse. Il se trouve que depuis des temps immémoriaux, au carrefour des Bastides, à environ 1 km avant Methamis, une belle croix en fer forgé bénissait les voyageurs.

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Elle était plantée sur une stèle recouverte d’inscriptions latines et l’on y venait encore en procession pour les Rogations. Atteinte par la foudre et les intempéries, elle tomba au cours d’une nuit d’orage dans les années 50 et bientôt elle fut emportée par un voleur sans scrupules et sans foi.

Mais la Providence vient toujours au secours de ses enfants lorsqu’ils prient et Lui restent fidèles. Un beau jour de Printemps, Robert et Claudia Mestelan découvrent la stèle vide. Ils prennent contact avec les propriétaires, M. et Mme J.-C. Mallet et leur proposent de remplacer la croix disparue.

La proposition aussitôt acceptée, on se met au travail. La croix dans l’esprit de celle de Methamis, qui comporte les instruments de la Passion, sera forgée par Mauro Artioli, maître ferronnier de Velleron et Monsieur Mallet promet de dégager les broussailles qui entourent le monument. M. le Curé, le père Charles-Bernard Savoldelli aussitôt prévenu, est enthousiasmé par le projet : d’un commun accord on choisit la date de la fête du Sacré Cœur, le vendredi 27 juin, pour rassembler le quartier et la paroisse et bénir cette croix de 3 m de haut qui reprendra ainsi toute sa place.

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L’association La Route de l’Europe chrétienne a été fondée en 2006 par Robert et Claudia Mestelan et quelques amis à l’issue d’un pèlerinage à pied effectué entre Vézelay et Kiev. Elle œuvre pour conserver intactes les racines chrétiennes de l’Europe en proposant à chacun des 27 pays de la CEE de bâtir un oratoire. A ce jour, 27 ont été élevés, le 28ème sera bénit cette année en Lituanie à Baltriskes avec le concours de la Fraternité de Tiberiade.

Elle organise aussi des voyages : en appelant le 04 90 20 08 70 (le soir) vous pouvez encore vous inscrire du 8 au 22 octobre en Pologne et Lituanie (550€ tout compris, sauf le vol, à la charge des intéressés).

Cette association utile et courageuse qui compte 260 membres, est très active en Provence. A son actif, c’est elle qui a restauré l’oratoire Notre Dame des Champs sur la route de Sault (à environ 600m après le village de Methamis) et celui du château du Barroux à Notre Dame la Brune. Elle a bâti l’oratoire du Volto Santo à Chantemerle les Blés dans la Drôme, celui de l’Enfant Jésus à Visan et celui de l’archange St Michel à Velleron.

Enfin, c’est encore elle qui depuis trois ans réhabilite la chapelle St Hilaire sur la colline de Beaumes, au pied des Dentelles, un vaste chantier au service de la survie du patrimoine religieux, un pur joyau roman paléochrétien du 6ème siècle.

La Route de l’Europe chrétienne 64 rue de la Frâche 84740 Velleron
Tél. 04 90 20 08 70 atelierloubarri@free.fr www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesainthilaire.fr

Calvaire sur la 1ère restanque, Les Courens, Beaumes de Venise

Chemin de Croix à St Hilaire le Mercredi Saint 2014

Mercredi Saint, 16 avril, la Route de l’Europe chrétienne, qui a donné naissance à « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire » pour sauver de disparition l’église paléochrétienne de Beaumes de Venise, a eu l’immense joie d’élever un calvaire à la gloire de Jésus notre Divin Rédempteur. Ce fut à l’issue d’un beau chemin de Croix médité par le padre Pierre Nicolas Chapeau, en présence du père Jean-Marie Gérard, vicaire général représentant Monseigneur Cattenoz et du père Marcel Bang, curé de la paroisse des Dentelles avec son vicaire, le père Camille.

Il était juste en effet, de réparer un oubli, un manquement, une faute grave. Après avoir élevé en sept années vingt-cinq oratoires à la Sainte Vierge, à St Michel Archange, à St Joseph et à de nombreux saints (St Benoît, St Nicolas de Flüe, St Colomban, St Damien de Veuster, les Sts Cyrille et Méthode), il convenait au plus tôt, de rendre un solennel hommage à la Croix, instrument de notre salut.

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L’Association de Sauvegarde de la chapelle Saint Hilaire avec la participation de la paroisse de Notre Dame des Dentelles et en présence du vicaire général, a organisé son troisième chemin de Croix sur ces lieux chargés d’histoire dans la plus pure tradition pascale de la semaine sainte. De nombreux fidèles ont accompagné les officiants sur les sentiers au milieu des vignes jusqu’à l’esplanade de la chapelle Saint Hilaire dominant la vallée.

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Cet événement religieux est lié à la réhabilitation spectaculaire de cet édifice paléochrétien qui se poursuit grâce à une équipe de bénévoles fidèles et déterminés depuis plusieurs années.

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Le calvaire bénit à l’issue du Chemin de Croix a reçu le nom de St Louis-Marie Grignion de Montfort en raison de la devise fixée sur le piedestal et qui rappelle aux visiteurs l’exigence de la Croix.

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M. Henry Aptel, membre de la Route de l’Europe chrétienne, est l’auteur de cette œuvre réalisée dans son atelier de Vergèze (Gard). Qu’il soit ici remercié pour son don et félicité pour son talent.

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Oratoire ND la Brune au Barroux

Bénédiction de Notre Dame la Brune

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En ce 8 décembre 2012, fête de l’Immaculée Conception, quelle joie à l’issue de la messe, de nous trouver rassemblés aux pieds de Notre Dame la Brune, patronne de l’église du Barroux !

Notre dette envers la Mère de notre Dieu, Jésus le Sauveur, est immense et nous n’oublierons jamais qu’il y a plus de 2000 ans, la rédemption du monde fut suspendue un instant au « Fiat » de cette jeune fille de Nazareth.

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En redonnant vie à cet oratoire par la pose d’une mosaïque et d’une croix nous voulons lui exprimer notre amour et notre reconnaissance et renouveler en elle notre confiance indéfectible.

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Mais il convient d’abord de remercier tous les acteurs de cette renaissance. M. le Curé Charles-Bernard Savoldelli qui a bien voulu organiser cette bénédiction, M. Robert d’Aigremont, administrateur du château qui s’est spontanément associé à la réalisation de ce projet et qui vous recevra pour un apéritif au château à l’issue de la cérémonie, Mme Marie-Agnès Mathieu créatrice de cette belle mosaïque. Elle a su tirer un excellent parti de la Vierge sculptée par Brandily en lui gardant toute la tendresse d’une maman. Quant au drapé romantique qui entoure la Vierge, il s’accorde bien à la beauté du lieu, souvent battu par le mistral, respiration du monde.

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Grâce à vous tous et aux fleurs que vous ne manquerez pas d’apporter, il y aura ici désormais quelqu’un pour accueillir les milliers de visiteurs qui chaque année partent à l’assaut des terrasses du château pour contempler les toits d’un des plus beaux villages du Comtat.

A quelques semaines de Noël, nous aimerions nous préparer à la douce et sainte Nuit de la venue de l’Enfant Jésus, Prince de la Paix. Mais cette année, notre inquiétude est grande et le cœur n’y est pas. Alors, tournons-nous vers la Vierge, qui avant nous, avant de s’enfuir en Egypte, a du fuir le roi Hérode qui dans un accès de démence froide voulait désosser l’homme en massacrant les innocents.

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Depuis quarante ans, tant et tant de lois incertaines nous ont été imposées contre la personne, sa dignité, la famille et finalement la France, que nous ne pouvons plus taire la blessure qui coupe en deux notre cœur et donne aujourd’hui un accent plus grave à notre supplication.

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Avec la confiance d’un petit enfant nous nous tournons vers vous, ô Marie et nous vous supplions de venir à notre secours. Par votre intercession, que le Seigneur nous obtienne la grâce de ne jamais baisser les bras dans notre vie personnelle comme dans la vie de notre pays.
Marie, comme toute Mère, venez au secours de vos enfants.

Secourez ceux qui tardent à suivre la voie du salut.

Raffermissez les chancelants, convertissez les endurcis,

secourez ceux que menace en leur corps un mal douloureux :

aux malades, aux affamés, aux angoissés apportez votre aide bénie de Dieu.

Secourez vos enfants dans leur ultime combat.

Rendez certaine leur victoire, certaine leur récompense céleste.

Jésus, à vous la Gloire, vous né de la Vierge Marie

Gloire au Père et au Saint Esprit.

Pour les siècles des siècles. Amen.

Bas-relief en l’honneur de Ste Jeanne d’Arc à l’Ile Bouchard

UN TRIDUUM (29-31 MARS 2012)

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Il fut super, comme tout ce que Robert et Claudia Mestelan, fondateurs de l’association la Route de l’Europe Chrétienne ( http://www.route-europe-chretienne.fr/) organisent pour les personnes pieuses non allergiques aux chapelets, cantiques, litanies, et qui ne craignent pas l’overdose.

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SON OBJECTIF était unique, en deux intentions : 1. Assister à la bénédiction, le 30 mai, d’une plaque en bas-relief à la mémoire de Jeanne d’Arc, fixée sur le mur de l’église Saint Gilles de l’Ile Bouchard – 2. Prier pour la France.
L’intention n°2 ne pose pas problème. Il est clair que notre malheureux pays surendetté, au bord de la faillite, ravagé par le chômage, envahi, déchristianisé, islamisé, meurtrier de ses propres enfants à naître, a un besoin urgent de prières. Mais, au fait, pourquoi prier pour la France seule-ment, alors que la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, sont dans un état encore plus piteux que nous ? Pourquoi pas pour toute l’Europe ? Et même pour le monde entier, pendant qu’on y est? Parce que le Christ a dit “Allez, évangélisez toutes les nations” et pas “Allez, supprimez toutes les nations” et qu’il est plus naturel et plus facile de prier pour notre “prochain” le plus proche que pour un “prochain” plus lointain. Que les Grecs prient pour la Grèce, les Espagnols pour l’Espagne etc., cela nous sera infiniment sympathique et fera une “Europe des Nations” plus souple et plus spirituelle que l’Europe matérialiste et totalitaire que nous subissons. Le problème est plutôt que l’association n’ait réussi à réunir dans le but de prier pour la France, que dix-huit Français(e)s, alors que le prix (200 euros pour deux nuitées, la nourriture, et le transport Avignon – l’Ile Bouchard AR) était à la portée de beaucoup de bourses, et que trouver trois jours libres en semaine est à la portée de beaucoup de retraités. Il est vrai que Dieu ne demandait que dix justes pour sauver Gomorrhe. Ces dix-huit-là sont ils assez justes pour sauver la France? Toujours est-il que le feu du Ciel ne s’est pas encore abattu sur elle.

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L’intention n°1 peut sembler plus mystérieuse à certains. Pourquoi Jeanne d’Arc? Parce qu’elle est née en 1412 et que son 600e anniversaire tombe en 2012. Pourquoi le 30 mai? Parce que c’est le jour de sa fête liturgique, anniversaire de sa “naissance au ciel” après un accouchement par le feu plutôt difficile. Pourquoi l’Ile Bouchard, modeste bourgade du département d’Indre et Loire, où la Vienne, affluent de la Loire, se divise en deux bras, enserrant une petite ile? Parce que Jeanne y est passée le 6 mars 1429, qu’elle y a entendu la messe dans l’église romane qui subsiste encore aujourd’hui, et qu’elle y a dicté une lettre annonçant sa venue prochaine au Dauphin résidant à Chinon. Soit, mais enfin, Jeanne d’Arc est passée et a fait des choses plus ou moins remarquables en bien d’autres endroits. Pourquoi avoir choisi précisément l’Ile Bouchard ?

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Ce n’est pas nous qui l’avons choisie, c’est la Sainte Vierge, qui se souvenait peut-être de ce passage, lorsqu’elle a décidé d’apparaître à quatre petites Bouchardaises les 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 14 décembre 1947, et de leur demander de prier pour la France qui était “en grand danger”, apparitions officiellement reconnues en 2001 par Mgr Vingt-Trois alors évêque de Tours. Je parie que plus d’un, parmi vous, n’en avait jamais entendu parler.

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L’Église officielle n’est pas très loquace à ce sujet et si beaucoup de fidèles s’y rendent, c’est plutôt grâce au bouche à oreille que sur l’invitation de leur curé. C’est qu’on ne peut guère y pèleriner sans y dire du mal du communisme, chose encore aujourd’hui politiquement incorrecte, puisqu’il subsiste en France un honorable micro-parti communiste, électeur de Hollande au second tour, qui n’a jamais fait repentance de ses crimes et n’a jamais été touché par la diabolisation réservée au Front National.

QUE SE PASSAIT-IL DONC EN 1947? Piochons un peu dans divers sites internet:
Au sortir de la guerre et de l’occupation allemande, la France était ruinée, le manque d’argent criant, la production réduite, les communications aléatoires. L’hiver très dur de 1946-1947 nécessita de grandes quantités de charbon, et détruisit par le gel une partie importante des récoltes. Les cartes de rationnement existaient encore, mais ne permettaient d’obtenir que des quantités mini-mes et le marché noir était plus florissant que jamais. On ne trouvait plus de céréales en France. Il y eut des semaines où les boulangeries furent fermées d’autorité pendant trois jours. La France était réduite à dépenser ses dernières réserves en or pour acheter des céréales et du charbon aux États-Unis. En un an, les prix de détail doublèrent. Les hommes politiques, les socialistes Vincent Auriol élu président le 16 janvier 1947, et son premier ministre Paul Ramadier, devaient en outre faire face à des débuts de soulèvements en Algérie, en Indochine, à Madagascar, au Maroc. Leur politique était systématiquement contrée par les communistes pourtant présents dans le gouvernement. Le 18 mars, le propre ministre de la Défense Nationale, le communiste François Billoux, refusa de rendre hommage aux combattants d’Indochine, et resta assis à son banc, tandis que Jacques Duclos annonçait que le PCF rejetait la politique indochinoise de Ramadier. Le 25 avril, les ouvriers de Renault se mirent en grève contre le blocage des salaires. Le 1er mai, Maurice Thorez se désolidarisa de la politique salariale du gouvernement, auquel il participait cependant. Le 5 mai, Ramadier expulsa les communistes du gouvernement, ce qui envenima encore le conflit. Envoyé par le Président Truman se rendre compte de la situation en Europe, William Clayton retourne effrayé aux Etats-Unis: La France, l’Angleterre, l’Italie, sont au bord de l’effondrement. Pour parer à la catastrophe, le Secrétaire d’État Marshall, prononça à l’Université de Harvard, le 5 juin 1947, un discours proposant un plan de reconstruction économique de l’Europe que les nations occidentales acceptèrent et que l’URSS, (suivie par les nations que la conférence de Yalta avait laissées sous sa coupe) refusa. Du 22 au 27 septembre 1947, Staline réunit secrètement dans la petite station touristique polonaise de Szlarska Poreba, des représentants des partis communistes bulgare, hongrois, polonais, roumain, tchécoslovaque, yougoslave, français et italien pour leur faire admettre que désormais le monde était divisé en deux camps absolument antagonistes, le nouvel ennemi à combattre à fond étant l’impérialisme américain. Ce fut le début de la “guerre froide”. Les communistes français et italiens furent violemment critiqués d’avoir cédé, en s’alliant avec d’autres partis de gauche, au « crétinisme parlementaire » et « oublié » de prendre le pouvoir en 1944-1945. Ils ne tardèrent pas à essayer de se racheter. Le 2 octobre, au vélodrome d’hiver, Maurice Thorez, secrétaire général du P.C.F., déclara que le moment était venu « d’imposer un gouvernement démocratique où la classe ouvrière et son parti exercent enfin un rôle dirigeant ». Les grèves se déclenchèrent de tous les côtés. On arriva rapidement à trois millions de grévistes. Le maire communiste d’une ville ouvrière du Gard témoigne: « Les grèves de 1947 ont été terribles. C’était une lutte armée… Les mineurs avaient gardé l’esprit maquisard… Nos gars rêvaient toujours à la libération; ils croyaient que la révolution allait venir. Pour nous, les responsables du Parti, c’était très difficile de contenir nos camarades. Ils étaient prêts à tout foutre en l’air… Les socialistes étaient au ministère. C’était une vraie guerre entre les socialistes et nous. » Les voies ferrées furent bloquées, des centraux téléphoniques attaqués; le 29 octobre, une véritable bataille rangée opposa les forces de l’ordre aux militants communistes dans les rues de Paris; durant cette période, il y eut 106 condamnations pénales pour sabotage des voies de chemin de fer et des armes destinées à l’Indochine. Début novembre, Robert Schuman (Mouvement Républicain Populaire) devint premier ministre en remplacement de Ramadier. Il avait décidé de ne pas céder, soutenu en cela par son ministre de l’intérieur, Jules Moch (socialiste atypique). Le 28 novembre, le général Leclerc, héros de l’armée d’Afrique, libérateur de la France, populaire, patriote et bon chrétien, disparaît en vol dans ce qui n’est peut-être pas un simple accident d’avion. Le 3 décembre, le déraillement provoqué de l’express Paris-Tourcoing cause 21 morts. Jules Moch estime que son plan d’action est « désespéré ».

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Or, en quelques heures, le soir du deuxième jour des apparitions de la Sainte Vierge, tout bascule dans le sens de l’apaisement et de la paix civile. Le général Maurice Catoire écrit dans son journal: « A 20 heures, ce mardi 9 décembre 1947, la radio nous annonce la capitulation du Comité National de Grève et l’ordre donné à tous, dans la France entière, de reprendre le travail normal. » Benoît Frachon, secrétaire général de la C.G.T., avait eu assez d’influence pour convaincre ses camarades d’arrêter brusquement le conflit.

Or, le 8 décembre au matin, dans l’obscurité de sa chambre de Chateauneuf-de-Galaure, Marthe Robin, mystique stigmatisée, aujourd’hui en voie de béatification, reçoit la visite d’un prêtre ami, le P. Finet qui lui dit : “Marthe, la France est foutue (sic). Nous allons avoir la guerre civile”. – “Non mon Père , répond Marthe, la Vierge Marie va sauver la France à la prière des petits enfants”. Le jour même, en début d’après-midi, commencent les événements de L’Ile-Bouchard. Et voilà comment nous avons échappé aux délices du goulag soviétique et nous avons pu jouir des “trente glorieuses”. Assurément, ce sursis nous avait été concédé pour que nous en fassions un autre usage que celui qui nous a amenés à la situation calamiteuse où nous nous trouvons à présent.

A L’ILE BOUCHARD, accueillis par un violent orage pendant lequel on nous passa une vidéo contenant des images d’archives du temps des apparitions, nous trouvâmes refuge à l’église pour la messe. La pluie daigna cesser le temps de la bénédiction de la plaque. Nous eûmes la joie de faire la connaissance de Jacqueline Aubry, 12 ans en 1947, l’aînée des quatre petites voyantes (dont deux sont aujourd’hui décédées) qui fut alors soudain guérie d’une ophtalmie tenace. Des deux survivantes, elle est la seule qui accepte de témoigner de ce qui lui est arrivé. Comme elle parle très doucement, je n’entendais rien de ce qu’elle disait, mais la seule vue de sa personne gracieuse et distinguée, de son élégance simple et de son charmant sourire était déjà beaucoup.

NOS PRIÈRES POUR LA FRANCE se composaient essentiellement de chapelets, le détail des intentions restant dans le secret des cœurs. J’ai cherché à les expliciter ci-dessous:

LITANIE POUR LE SALUT DE LA FRANCE

Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit

Kyrie eleison

Seigneur trois fois saint qui as dit “Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu” et qui as voulu ou permis, que nous vivions dans une république laïque, aide-nous à vivre cette laïcité dans le respect de la morale naturelle qui s’impose à tous les hommes et qu’on peut définir par les “repères” que sont les quatre vertus cardinales à pratiquer et les sept péchés capitaux à éviter. Nous te le demandons pour tous les Français, “de souche” ou “de papier” et pour tous les étrangers résidant en France, en pensant au poids relatif des responsabilités de chacun et tout particulièrement de ceux qui tiennent en France la place de “César”.

Pour que les Français pratiquent la vertu de TEMPÉRANCE, nous te prions, Seigneur (NTPS): qu’ils sachent profiter des biens de la terre avec une sage modération et ne recourir à l’emprunt que dans la mesure du strict nécessaire, Exauce-nous, Seigneur (ENS)
Pour que les Français pratiquent la vertu de PRUDENCE (NTPS): qu’ils sachent réfréner leurs désirs de jouissance immédiate et réfléchir aux conséquences des décisions qu’ils ont à prendre et des actions à accomplir, sur le long terme et sur l’ensemble de la société (ENS)
Pour que les Français pratiquent la vertu de FORCE (NTPS): qu’ils aient le courage de ne pas mentir, de dire la vérité même lorsqu’elle “blesse”, de ne pas imposer aux historiens des lois “mémorielles”, de prendre des décisions douloureuses quand elles sont nécessaires et d’imposer leur application, de faire de leur mieux leur travail quotidien même pénible, d’obéir aux ordres justes, de supporter l’adversité et de ne pas la fuir dans le suicide (ENS)
Pour que les Français pratiquent la vertu de JUSTICE: (NTPS) pour qu’ils ne donnent pas force de loi à des pratiques traditionnellement tenues pour crimes ou incitations à la débauche; pour qu’ils ne multiplient pas et ne modifient pas inutilement les lois; pour que leur justice ne soit pas à sens unique, qu’ils écoutent aussi bien l’accusation et la défense et se gardent de la calomnie; pour que leur justice ne soit pas laxiste et, en matière de sécurité, se conforme à la vieille maxime “que les méchants tremblent et que les bons se rassurent” (ENS)

Seigneur trois fois saint, Préserve les Français du péché d’ORGUEIL qui engendre les ambitions démesurées, le mépris des faibles, la tyrannie des puissants à tous les échelons de la société, et qui empêche d’entendre de justes objections et d’en tenir compte. Rappelle-leur sans cesse que l’autorité est un service et pas un privilège et qu’elle doit être exercée dans l’intérêt de la communauté dont ils ont la charge. (NTPS, ENS)
Préserve les Français du péché d’ENVIE qui engendre la haine, la lutte des classes, les émeutes et révolutions, qui met la discorde dans les familles, qui aboutit, par un égalitarisme stérile, au nivellement par le bas et à la marginalisation des élites. Qu’ils travaillent à remédier aux situations d’injustice de façon pacifique et en faisant appel à la raison. (NTPS, ENS)
Préserve les Français du péché de COLÈRE qui aveugle et engendre toutes sortes de violences: brutalité, sévices, meurtres, vengeances, massacres (NTPS, ENS)
Préserve les Français du péché d’AVARICE, de l’amour immodéré de l’argent, de la cupidité, qui engendre toutes sortes d’injustice dans la répartition des salaires, le vol, les abus de biens sociaux. Aide les à assurer à chacun au moins le nécessaire et rappelle à tous, surtout à ceux qui ont su s’enrichir, que “l’argent est un bon serviteur et un mauvais maître” et qu’il doit être employé le plus judicieusement possible pour la prospérité générale (NTPS, ENS)
Préserve les Français du péché de LUXURE qui s’attaque à la source même de la vie et engendre prostitution, proxénétisme, viols, avortements, sexualité irresponsable, mépris de la femme, refus de paternité. Aide les à construire de solides familles composées d’un homme et d’une femme unis par les liens du mariage et de leurs enfants biologiques, et à éviter qu’elles se décomposent et se recomposent. Que les parents aient la liberté d’éduquer leurs enfants de façon à pouvoir en être fiers et que les enfants honorent leurs parents et leur soient reconnaissants. (NTPS, ENS)
Préserve les Français du péché de PARESSE qui entrave la recherche scientifique, engendre la stagnation sociale et toutes sortes de négligences. Inspire-leur l’estime pour tous les métiers utiles y compris manuels, artisanaux et techniques trop souvent dévalorisés. Aide-les à réindustrialiser la France, à remédier aux délocalisations par un protectionnisme raisonnable et à résorber le chômage (NTPS, ENS)
Préserve les Français du péché de GOURMANDISE qui, sous le nom de gastronomie, empêche certains de penser à autre chose qu’à leur ventre, et rappelle-leur qu’ “il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger”. Fais qu’ils ne cherchent pas dans l’alcool, le tabac et la drogue une échappatoire à leurs angoisses. Aide–les à rechercher et à trouver une nourriture simple et saine et à pratiquer une politique agricole judicieuse. Qu’elle permette à un nombre de paysans suffisant pour pratiquer une agriculture biologique moderne, d’assurer à la France l’autosuffisance alimentaire, d’exporter, de repeupler nos villages et de faire revivre ce qu’on a appelé “le désert français”, pour la beauté de nos terroirs et la santé de l’ensemble du peuple. (NTPS, ENS)

CONCLUSION: C’est bien beau, tout ça! Mais nous savons que par la faute de nos “premiers parents”, la pratique de tant de vertus naturelles est bien difficile aux païens, que même les meilleurs chrétiens ne sont pas exempts de défaillances et que seuls les plus grands saints, par la grâce de Dieu ont pu les pratiquer en plénitude. C’est pourquoi, hors laïcité et dans notre privé, nous vous prions, Seigneur trois fois saint, pour la conversion de tous les Français, baptisés, oublieux de leur baptême, athées, musulmans, bouddhistes, francs-maçons, juifs, protestants de toutes espèces etc. à la seule et vraie Église, catholique, apostolique et romaine fondée par Jésus-Christ sur le rocher de Pierre. Nous vous prions pour qu’ils ne soient pas privés de la grâce du baptême et de celles que donnent les autres sacrements, afin que les vertus théologales de FOI, d’ESPÉRANCE et de CHARITÉ les rendent capables d’exercer au mieux les vertus naturelles de TEMPÉRANCE, de FORCE, de PRUDENCE et de JUSTICE.

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Nous vous prions pour que la religion catholique ne dépérisse pas en France, pour que des vocations religieuses et sacerdotales se manifestent en nombre suffisant, pour que nos églises de campagne ne s’écroulent pas faute d’entretien et de célébrations. Autrement dit, en priant pour le salut et la prospérité de la France, nous aurons prié en réalité pour le salut éternel des Français. Vous avez dit, Seigneur trois fois saint, “Cherchez d’abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît”. Qu’il en soit ainsi. Sauvez-nous! et pour “le reste”, nous vous faisons confiance.

LE RESTE N’ÉTAIT PAS MAL: Pour partir d’Avignon le 29 à 6 h, plusieurs participants durent arriver la veille au soir et furent hébergés par les Mestelan. Ils jouirent d’un dîner inoubliable, au coucher du soleil, sur la terrasse de leur jardin provençal. Le lendemain matin le car traversa les admirables paysages de l’Ardèche, département de forêts abruptes difficilement exploitables, qui ne peut guère vivre que du tourisme vert et de la farine de châtaigne, où cependant subsistent quelques bourgs non entièrement dépeuplés, et les voyageurs atteignirent leur première étape, le Puy en Velay (Haute Loire), point de départ d’une des routes de St Jacques de Compostelle. Dans l’extraordinaire cathédrale qui domine la ville, juchée sur son rocher volcanique, on leur montra, dans les parties hautes, une fresque du XIe siècle représentant, vêtu à la byzantine, l’inspirateur de Jeanne d’Arc et protecteur de la France, un archange St Michel haut de cinq mètres.

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Dans une chapelle aux poutres rustiques et aux épais murs de lave noire, la messe fut dite devant un retable tout en or. On put toucher (certains même s’y étendent !) une certaine “pierre des fièvres”, probablement un fragment de dolmen, sur laquelle eurent lieu jadis les premières guérisons miraculeuses à l’origine de la fondation du sanctuaire. Je signale aux amis musiciens que sur la plaque consacrée aux noms des prêtres réfractaires martyrs de la Révolution dans le diocèse, on relève un Fauré et un Chabrier. En partant, on salua encore, à travers la vitre du car, l’archange St Michel, ou plutôt sa chapelle, à la pointe de son “dyke”, au plus haut sommet de la ville.

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Une autre étape marquante fut Sainte Catherine de Fierbois (Indre et Loire) où Jeanne d’Arc, sur le conseil de ses voix, envoya chercher l’épée, marquée de cinq croix, qui avait été enterrée derrière l’église, et qui lui était destinée. On la trouva en effet, en bon état, à part un peu de rouille facile à enlever. Selon les historiens, elle y avait été offerte en ex-voto par quelque seigneur, retour des croisades, mais la légende veut que ce soit la propre épée de Charles Martel! L’église, un vrai bijou de gothique flamboyant, est postérieure au passage de Jeanne, mais on y voit la statue de Ste Catherine, garantie authentique, devant laquelle elle aurait prié, et des fac-similés de son épée et de son étendard. La dernière étape marquante, sur le chemin du retour, fut une messe à l’abbaye bénédictine de Fontgombault, dans la Creuse, département le plus pauvre de France et aussi le moins affligé par la délinquance, sanctifié par la présence de quelques quatre-vingt messieurs qui n’ont rien trouvé de mieux à faire de leur vie que de prier et de travailler au fond de ce vallon, d’y adorer Dieu et d’y célébrer ses mystères dans une abbatiale construite de 1091 à 1141 qui a défié les siècles.

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Le Père abbé nous accueillit aimablement, près de l’oratoire d’une Mater admirabilis installé là il y a quelques années, devinez par qui? Par les moines et la Route de l’Europe Chrétienne, bien sûr!

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Parlons aussi de nos hébergements. Non loin de l’Ile Bouchard, nous fûmes accueillis et nourris à Chézelles, dans un château du XIXe s. qui domine un paysage verdoyant intact, avec un beau parc planté de cèdres… Il fut donné jadis aux Pères Montfortains qui le donnèrent à leur tour à la communauté de l’Emmanuel, qui aménage dans les communs des chambres d’hôtes. Nous n’étions pas les seuls; au moment de notre départ une bande d’enfants encadrés par leur moniteurs, jouaient dans la verdure. Enfin et surtout, notre première nuitée se passa au couvent Saint Gildas de Nevers où Bernadette, lasse d’être harcelée par la curiosité des pèlerins de Lourdes, chercha le silence et l’obscurité, où elle termina sa courte vie sous le nom de Soeur Marie-Bernard, et où elle repose, pratiquement intacte, dans une chasse, sous un autel de la chapelle. Ce couvent est grand, noblement bâti, et possède de beaux jardins en terrasse. Il s’y trouve encore des sœurs, habillées en civil, qui l’ont aménagé à la moderne pour y recevoir des groupes. Le dîner y fut excellent.

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REVENONS À BERNADETTE SOUBIROUS (1844-1879) Qu’a-t-elle à voir avec Jeanne d’Arc et Jacqueline Aubry ? Rien apparemment. Beaucoup, en fait. Elle est leur garant, en tant que personnage central des évènements de Lourdes. Je m’explique:

Il est bien entendu que les “révélations privées” dont sont favorisés les mystiques ne sont pas de foi, et qu’on peut en douter, ou même les nier, sans être hérétique. Il est vrai qu’il existe des menteurs et des fous qui prétendent avoir des apparitions, et des maladies psychosomatiques qui peuvent guérir par suggestion. Il est vrai que des paranoïaques ou des schizophrènes peuvent avoir des hallucinations, généralement auditives, plus rarement visuelles. L’Église a mis au point toute une batterie de critères pour les détecter et n’en reconnaît qu’avec une extrême prudence. Vous êtes libres, si vous le pensez sincèrement, de dire “Jeanne d’Arc était paranoïaque” ou “Jacqueline Aubry est schizophrène” et d’affirmer que dans les deux cas, le salut de la France est dû à des causes purement naturelles. Mais dans le cas de Lourdes, c’est particulièrement difficile. D’abord parce que Bernadette a répété à son curé, en patois, des paroles théologiques prononcées par la “dame” apparue, dont elle ignorait entièrement le sens. Ensuite parce que la réalité de l’apparition a été confirmée (l’est encore) par une série de guérisons scientifiquement inexpliquées survenues sur le lieu de l’apparition, passées au crible des examens scientifiques les plus exigeants. Un “Bureau des Constatations” est ouvert à tous les médecins qui veulent étudier leurs dossiers et quiconque peut prendre connaissance des documents publiés par les évêchés pour la soixantaine de guérisons miraculeuses qui ont été reconnues. Il faut donc avoir l’esprit plongé dans l’obscurité d’une sorte d’ “erreur invincible” pour nier de bonne foi la réalité des apparitions de Lourdes et le caractère miraculeux des guérisons conséquentes.
Mon raisonnement est donc le suivant: Monsieur le sceptique, la forte tête, le matérialiste, si, vous en convenez, les apparitions et les miracles de Lourdes sont pratiquement irréfutables, c’est la preuve que d’autres apparitions vraies sont possibles. Je ne dis pas qu’elles le sont toutes, mais vous ne pouvez pas les nier par principe. Il faut les étudier, d’autant plus sérieusement qu’il serait bien extraordinaire que la Sainte Vierge (ou d’autres saints personnages) quittent leur céleste séjour pour ne nous rabâcher que des choses insignifiantes, qui nous importent peu…
Et si la dame apparue , qui a parlé à Bernadette et s’est même laissé toucher par Jacqueline Aubry est bien la Vierge Marie (et qui d’autre pourrait-elle être?), c’est que l’ “Autre Monde” n’est pas un simple “opium du peuple” mais une réalité, et de la plus haute importance…

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UNE PAUSE AUPRÈS DE BERNADETTE. Puisque, depuis sa canonisation le 8 décembre 1933, elle nous est garantie habitante du Paradis, je lui ai demandé, pour occuper la demi-heure que nous avons passée en contemplation devant sa châsse, de m’expliquer un peu comment fonctionne la “communion des saints”: le système de la prière montante et de la grâce descendante, les relais, les hiérarchies, le mécanisme de l’intercession, les possibilités de communication entre ce bas monde et l’Autre etc. et, ma foi, il m’est venu des idées que j’ai trouvées intéressantes.
Le monde du temps, de la vie biologique avec naissance, procréation et mort, de la connaissance indirecte de Dieu par voie neuronale, est séparé du monde de l’Éternité, des âmes sans corps, des “corps glorieux” de Notre Seigneur et de la Vierge, de la connaissance directe, sans recours au cerveau, des réalités divines, par une cloison opaque à nos sens, sauf phénomènes mystiques extraordinaires, mais poreuse aux réalités spirituelles que sont la prière et la grâce. La vision béatifique n’empêche pas ceux qui en jouissent d’avoir une certaine connaissance des choses terrestres, de même que les habitants de la terre peuvent légitimement s’adresser à eux, selon qu’ils les con-naissent et les aiment. L’ensemble fonctionne comme un vaste réseau internet, en beaucoup plus complexe et beaucoup plus subtil que le nôtre parce qu’il met en relations non ces simples ma-chines que sont les ordinateurs mais, depuis la création des anges et des hommes, d’innombrables esprits vivants, capables de pensée, de volonté et d’affectivité, qu’on peut se représenter chacun par une lampe électrique. Les connexions se font par la prière de ceux d’en bas et par des actes de volonté de ceux d’en haut. Toutes sont reliées directement ou par paliers à ces grandes centrales d’énergie amoureuse que sont Marie et la Sainte Trinité. Bien sûr, il y a des interrupteurs, des pannes de courant et, malheureusement, des circuits déglingués difficilement réparables. Le courant qui circule peut revêtir toutes sortes de couleurs et de degrés d’intensité. Certaines lampes diffusent presque continûment une lumière à la fois claire, intense et délicieuse et sont le siège d’innombrables connexions, d’autres plus sourdes et plus rarement connectées. Il y a même un courant violet, à peine lumineux qui passe par l’inconscient des Terrestres lorsque Dieu le Père y perçoit les “gémissements ineffables” poussés par l’Esprit Saint. Tant que le Terrestre en question ne coupe pas le courant, rien n’est perdu! Dieu qui voit le fond des cœurs, comprend toutes sortes de langages, pas seulement notre langage verbal. Il y a des arrangements de formes et de cou-leurs, et des arrangements de sons qui sont des actes d’adoration et d’autres qui en sont le contraire. Pour le Créateur de l’Arc en Ciel et de la Musique des Sphères, cela n’a pas de secret. Le soir même de mon retour, j’entendais une sonate de Debussy pour violon et piano extrêmement surprenante et émouvante, composée en 1915, en pleine guerre, alors qu’il était atteint du cancer qui devait l’emporter. Quand, le 25 mars 1918, il a frappé à la porte du Ciel, l’archange Saint Michel a mis dans un plateau de la divine balance sa vie sentimentale, pas irréprochable, et son agnosticisme, dans l’autre plateau, son œuvre musicale et notamment, cette sonate finale. Com-ment se sont faites les connexions? Dieu seul et Claude-Achille le savent…

Jacqueline Picoche

Sainte Jeanne d’Arc à l’Ile Bouchard

CEREMONIE DU 600ème ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE DE SAINTE JEANNE D’ARC

Mes chers amis,

En érigeant aujourd’hui le bas-relief dû au talent de M. Pascal Beauvais, en bénissant avec vous cette plaque qui immortalise le passage de sainte Jeanne d’Arc dans votre paroisse à l’église St Gilles, le 6 mars 1429, l’association La Route de l’Europe chrétienne a vécu cet après-midi un grand moment et je tiens à vous dire toute notre joie et à vous exprimer toute notre reconnaissance :

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– d’abord à Monsieur le recteur du sanctuaire, le Père Xavier Malle, curé de l’Ile Bouchard

– ensuite à Monsieur le Maire et son adjoint qui se sont dépensés pour convaincre Mme l’architecte des bâtiments de France que le bas-relief ne déparerait en rien la beauté du mur d’entrée, mais au contraire, l’ennoblirait

– M. le Général Charpy dont le travail et la patience inlassable ont permis l’aboutissement heureux de ce projet, fruit d’une étroite collaboration.

Créé en 2006, au retour d’un pèlerinage à pied entre Vézelay et Kiev, l’association La Route de l’Europe chrétienne s’est donnée pour tache de réunir l’Europe par la foi, en cultivant le maintien de ses racines chrétiennes. Comment y parvenir ? Tout simplement, en bâtissant des oratoires sur tous les chemins de pèlerinage qui la traversent et qui deviennent ainsi les chemins de la Visitation de Marie vers ses enfants. A ce jour, 27 oratoires, croix ou calvaires ont été dressés. C’est ainsi qu’est né tout naturellement cette année le désir impérieux de évoquer sur les lieux de la dernière apparition de la Sainte Vierge en France en 1947, au sanctuaire de Notre Dame de la Prière le passage de Jeanne, 518 années avant, en 1429. Jeanne d’Arc est une grande sainte, car elle nous aide à redécouvrir l’Amour de Dieu pour les Français, un amour qui n’est jamais fini et qui ne finira jamais. Du 8 au 14 décembre 1947, venue spécialement pour la France, la Vierge Marie a voulu lui redire son inlassable et toute puissante protection, en même temps que lui indiquer la route à suivre que Jeanne a résumée dans sa maxime : « Dieu premier servi ».

Notre vénéré Pape Benoît XVI vient de nous le rappeler : « Avec son témoignage lumineux, sainte Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne : faire de la prière le fil conducteur de nos journées, avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant comme elle dans l’Amour de Jésus un profond amour de l’Eglise. »

Alors aujourd’hui gloire ici bas et gloire là-haut à la plus pure de nos héroïnes. Sainte Jeanne d’Arc, le peuple en jouvence par votre candeur et ennobli par votre courage, ce vieux peuple toujours démaillé par les habiles et les escrocs, toujours ravaudé par la Providence, ce peuple par ma voix vous rend humblement hommage. Il ne cessera jamais de vous dire MERCI du fond de son cœur et de vous aimer.

Vive Jeanne d’Arc pour que vive la France.

Robert Mestelan

Président de l’Association

La Route de l’Europe chrétienne

Croix rouge aux Courens, Beaumes de Venise

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On peut dire que ce fut un beau chemin de croix. Il a accordé beaucoup de grâces à tous ceux qui le mercredi 4 avril ont tenu le faire avec l’association « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire », les jeunes lycéens de Carpentras et de Beaumes et leur Archevêque, Monseigneur Jean-Pierre Cattenoz. Rien n’a manqué, ni le soleil, ni la pluie, ni la ferveur, ni les difficultés du terrain. Partant de Notre Dame d’Aubune, il s’agissait de rejoindre la chapelle saint Hilaire, 190 m plus haut, en méditant sur les souffrances et la mort du Christ, à l’issue d’une marche d’une heure et demi à travers les rochers et la forêt, en portant une belle croix rouge de 3m40. Plantée à son arrivée sur le belvédère, elle présidera désormais aux travaux des bénévoles qui œuvrent avec courage au sauvetage de l’église saint Hilaire, jusqu’à leur achèvement.

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La couleur rouge de la Croix ne doit pas surprendre, car elle a une histoire et une origine qui remonte à l’apparition de la Sainte Vierge le 17 janvier 1871 en France à Pontmain. C’était l’hiver, la France avait été envahie par les Prussiens et les toits de ce petit bourg de Normandie étaient blancs. A dix-sept heures, un enfant travaillant dans la grange, sort et tout à coup s’écrie : « Il y a une belle dame au-dessus du toit ! » Tous les enfants, et seulement eux, aperçoivent alors une dame en robe bleue, toute piquetée d’étoiles, avec une couronne d’or, cernée d’un liséré rouge et tenant dans ses mains un crucifix rouge. Lorsque d’autres enfants accourent, une phrase s’écrit dans le ciel :
« …mais priez, mes enfants. Mon Fils se laissera toucher. Il vous exaucera en peu de temps. » M. le curé vient, la foule des villageois aussi et toute le monde chante et prie. A vingt-et-une heure, l’apparition a cessé. Ces faits merveilleux se sont passés à la fin de la guerre. Grâce aux prières, tous les hommes du village sont rentrés sains et saufs.*
En cette période où la France inquiète sur son avenir et les responsables politiques chargés de la conduire s’interrogent, ce chemin de Croix qui n’a rassemblé que des gens courageux (les autres sont restés prudemment dans la tiédeur et le confort de leurs maisons) avait comme à Pontmain le mérite de rassembler des chrétiens qui voulaient prier pour la France.

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Il affirmait aussi que les catholiques du diocèse n’avaient peur ni de la pluie, ni du martyre auquel il semble qu’ils soient maintenant appelés. Le livre des Lamentations, cité au cours de la procession, le rappelait : « Je suis devenu la risée de tout mon peuple. Il m’a saturé d’amertume, il m’a enivré d’absinthe. Il a brisé mes dents avec du gravier, il m’a nourri de cendre. Mon âme est exclue de la paix, j’ai oublié le bonheur (Lm3, 14-18).

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A l’arrivée à l’église saint Hilaire, le père Marcel Bang a bénit solennellement la Croix qui a été glissée dans le socle. Au centre du belvédère, entourée de deux cyprès, elle bénit maintenant toutes les paroisses du diocèse. Monseigneur Cattenoz, qui conduisait le chemin de Croix avec le père Yannick Ferraro, devait affirmer : « La reconstruction de cette chapelle est un projet bénit par le Seigneur. Il sera le signe du renouveau de la foi dans notre diocèse. »
Désormais, la colline de Beaumes, marquée au fer rouge, est rechristianisée et le Christ Redempteur, notre Soleil d’Amour, brille d’un vif éclat.
« Seigneur deliez notre langue pour que nous fassions honneur à Votre Saint Nom. Eclairez notre esprit, pour que nous révélions à ceux qui l’ignorent ce que Vous Êtes, Vous le Père du Fils Unique de Dieu. » (saint Hilaire)

* Après la défaite de Sedan, faisant amende honorable, les Français ont érigé la basilique de Montmartre accomplissant l’une des trois demandes de Paray-le-Monial.

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Oratoire en l’honneur de la Très Sainte Vierge à Fontgombault

L’abbaye de Fontgombault vient de réaliser un très bel oratoire en l’honneur de la Très Sainte Vierge

« Mater admirabilis »

qui a été béni par le Père Abbé en la fête de Notre Dame du Mont Carmel, le 16 juillet 2010.

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Voici l’homélie prononcée en l’occasion:

C’est avec joie qu’au soir de la mémoire de Notre-Dame du Mont Carmel, nous nous trouvons près de cette statue de la Sainte Vierge pour la bénir et la prier.

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Nous lui avons donné le titre de Mater Admirabilis, titre pour lequel Notre Dame a elle-même manifesté sa prédilection à plusieurs reprises; c’est pourquoi en certaines contrées, elle est invoquée comme Mater ter Admirabilis, trois fois Admirable; cet usage a été très largement propagé dans le monde entier par le mouvement spirituel de Schönstatt issu d’Allemagne.

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En effet, la Sainte Vierge est très admirable et à plus d’un titre. Elle est admirable parce qu’elle est l’Immaculée Conception, la Toute Pure, la Toute Sainte, pleine de grâce et sans le moindre contact avec le mal et le péché;

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elle est admirable, parce qu’elle est la Mère de Dieu et notre Mère; elle est admirable par la bonté inlassable avec laquelle elle prend soin de nous, pauvres pécheurs; elle est admirable par la gloire qui est la sienne dans le ciel où elle a été couronnée Reine; elle est admirable par la puissance de sa prière, par son zèle à combattre les hérésies et à servir la vérité; elle est admirable par sa pureté, par son obéissance, par sa charité, par son humilité, par sa joie apaisante et rayonnante.

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Placée en ce lieu, près de l’entrée de notre église abbatiale, cette statue accueillera tous ceux qui y viendront, aussi bien les fidèles habitués que les pèlerins, les visiteurs ou les simples touristes. Qu’Elle soit pour tous, nous le lui demandons, la Mère de tendresse et de miséricorde, qui tourne vers eux son regard maternel et qui les conduise à son Fils, Notre Seigneur Jésus Christ. Qu’Elle daigne exaucer toutes les prières qui lui seront adressées en ce lieu et bénir tous ceux qui passeront auprès d’Elle.

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Enfin, nous sommes heureux d’avoir pu édifier cet oratoire qui sera un jalon de plus (il n’y en aura jamais trop), sur « la Route de l’Europe chrétienne ». Il témoignera des racines chrétiennes de notre vieux continent; il redira que ces racines sont toujours vivantes et capables de faire germer et mûrir une belle moisson, fruit de la nouvelle évangélisation voulue par Notre Saint Père, le Pape, pour la Gloire de Dieu.

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Après la bénédiction de la statue, nous chanterons d’une seule voix et d’un seul coeur le Salve Régina, pour confier à Notre Dame, Mère Admirable, toutes les intentions de ses enfants aimants, confiants et reconnaissants.

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