Bulletin N° 34

EDITORIAL « Dieu ne nous demande pas de vaincre, mais de
combattre ! »

Chers amis,

Après cette longue, désespérante et stérile période électorale, dont la durée et les péripéties ont divisé malheureusement encore plus notre cher Pays, quel bonheur ce fut, de nous rassembler le 31 mai, chapelet et bâton en main, aux pieds de Notre Dame du Laus.

Ce petit sanctuaire bas Alpin, illuminé par la grâce qu’eut Benoîte Rencurel au 17ème siècle d’y rencontrer la Sainte Vierge pendant cinquante-quatre ans, nous attendait en ce 31 mai, fête de Marie Reine et de la Visitation. Après la traversée du désert de ces criailleries politiques, il était évident que la Providence nous conduisait vers une source pure, le Cœur Immaculé de Marie pour nous y abreuver de fraîcheur et de pureté.

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Merci donc à tous ceux qui sont venus et certains de très loin, de Meursault et de Briant, de Grasse et de Nice, de Menton et de Paris pour retrouver cette lumière qui tombe continuellement du ciel. Comme l’a écrit Simone Weil : « c’est elle qui fournit à l’arbre l’énergie, qui enfonce profondément les puissantes racines dans la terre. » En vérité, l’arbre est enraciné dans le ciel et chacun de nous est le témoin ébloui de la magnanimité du Créateur.

En nous consacrant au Cœur Immaculé de Marie, en lui donnant une journée de notre vie, nous avons réalisé le plus beau placement que l’homme puisse faire sur cette terre. Dans l’office des Compagnons de St Michel, l’oraison à la fin des litanies demande à Notre Seigneur Jésus Christ par l’intercession de l’Archange St Michel « la sagesse, d’amasser des trésors dans le ciel et d’échanger les biens du temps contre ceux de l’Eternité. » Je souhaite que chacun de vous l’ait compris et soit revenu plein d’espérance.

La dure existence qui fut celle de Benoîte nous incite à faire preuve du même courage et de la même abnégation. Le combat à mener aujourd’hui partout contre les lois mortifères et injustes, exige que nous devenions fervents missionnaires de la culture de vie, adversaires résolus des structures du péché qui obscurcissent le ciel du monde en commençant par notre propre cœur. Alors, mes amis de la Route de l’Europe chrétienne et de Sauvegarde St Hilaire, courage ! Ne fléchissons pas, en ne concédant pas notre part divine à une autorité terrestre. Poursuivons notre route avec confiance : « Dieu ne nous demande pas de vaincre, mais de combattre ! » (Mgr Freppel*). La victoire finale appartient à Notre Dame : « à la fin mon Cœur Immaculé triomphera ! »

Robert Mestelan, Président

* dont la devise se traduit par : le miel de gré, le dard à regret

Nouvelles de la chapelle St Hilaire

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Après avoir enlevé la partie du milieu de la voûte qui s’était affaissée et refaite au bon endroit, nous avons pu couvrir le transept avec des pierres plates et le résultat est époustouflant ! Du côté est, ce n’est plus une ruine, c’est une église restaurée, belle, lumineuse. Après sept mois de travail, le transept a retrouvé son visage original. Deo gratias ! Le 31 mai, jour de notre pèlerinage à Notre Dame du Laus, Monsieur le Maire de Beaumes signât l’arrêté de non-opposition à notre déclaration préalable pour couvrir la nef. Nous pourrons donc continuer les travaux en mettant l’échafaudage du transept dans la nef avec le veau en bois et continuer la voûte sur la nef en trois déplacements. Il faudra au préalable rehausser les murs de la nef d’un bon mètre et réparer les fenêtres.

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Le 15 mars, nous avons eu la visite de Rémi, journaliste à KTO qui a fait une vidéo sur la chapelle et les artisans de cette restauration (www.ktotv.com/video/00149360/l-avenir-de-nos-eglises )

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Même le jardin semble s’être réjoui des progrès de nos travaux : les iris n’ont jamais été aussi beaux, ils n’ont jamais fleuri aussi longtemps.

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Chers amis, nous avons encore besoin de votre aide : il nous faut 6000 Français généreux donnant chacun 20€ pour que nous puissions mettre définitivement hors d’eau ce joyau roman.

MERCI DE VOTRE GENEROSITE ! PARLEZ-EN AUTOUR DE VOUS, SOYEZ INVENTIFS !

Ensemble nous parviendrons à réunir la somme.

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Pour répondre à la demande de l’architecte des Bâtiments de France, nous avons déplacé l’oratoire de St Joseph. Il protège désormais les vignes de notre voisin, M. Leydier. L’engin tout neuf de Pascal Girard a emporté St Joseph sans aucun problème. St Joseph est bien mis en valeur sur son nouvel emplacement, accueille les randonneurs et indique le chemin à suivre pour arriver à la chapelle.

27 mai concert champêtre à St Hilaire

Le samedi 27 mai, l’association a organisé une journée musicale particulièrement réussie avec le concours du Débuché de Provence, sonneurs de trompe de chasse. Pour une fois, la fidèle bétonnière avait été abandonnée et les tas de sable écartés ont permis aux visiteurs de se rassembler dès onze heures pour la sainte messe célébrée sur le parvis par M. l’abbé Marcel Bang, curé de la paroisse des Dentelles. Parmi les invités, Monsieur le Maire de Beaumes, M. Jérôme Bouletin et plusieurs conseillers municipaux, ainsi que M. Pierre Meissonnier, ancien directeur régional du Crédit Agricole.

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Après l’apéritif et le déjeuner, c’est dans le petit bois bordant la chapelle au sud, que s’est dé-roulé le concert permettant d’apprécier le talent et la maîtrise des dix sonneurs Provençaux pour cet instrument typiquement Français. Sur les belles restanques qui reçoivent encore parfois la visite des sangliers, le public comblé a apprécié les différentes pièces d’un répertoire très ancien qui a fait et fait encore les beaux jours des circonstances particulières de chasse. L’hommage au sanglier ou au cerf, la messe de St Hubert, ont enchanté les visiteurs de St Hilaire, comblés par ce concert de grande qualité. Présenté par Martine, bénévole à St Hilaire quand le temps le lui permet, ce concert a été offert gratuitement par le Débuché pour aider Sauvegarde à récolter des fonds pour rebâtir la chapelle. Un TRES GRAND MERCI à nos généreux sonneurs Provençaux. Que St Hubert nous aide à couvrir le toit de la nef !

Chemin de Croix 2017
Organisé par Sauvegarde et présidé par M. l’abbé Cadiet, le Chemin de Croix 2017 a rassemblé au col de Durban le 12 avril les chrétiens de Beaumes qui voulaient, en se rappelant les souffrances du Christ, participer à Son sacrifice et témoigner leur foi. La Croix en bois, portée par Jean a été accompagnée jusqu’au parvis de St Hilaire. Elle y restera jusqu’au 28 décembre où elle sera portée à Chantemerle-les-Blés, à la colline des Croix. Depuis sa création par le Dr Doublier Villette, Chantemerle-les-Blés est le sanctuaire et le mémorial des enfants avortés.

Les conférences
A Chambery le 14 mars avec les AFC.
A Toulouse le 22 mars à la chapelle St Jean Baptiste.
A Briant (Bourgogne) le 29 mai dans le beau village de Stéphanie Bignon où se trouve le presbytère qu’occupe M. le Chanoine Trauchessec.
Partout la conférence « Non, nos églises ne sont pas mortes » et « Sauvons la chapelle St Hilaire » a obtenu un grand succès. (www.terreetfamille.fr)

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Le patronage du Puy en Velay à la chapelle St Hilaire
Ce n’est pas la première fois qu’accompagnés par M. l’abbé Fabrice Letellier le patronage du Puy vient travailler à St Hilaire. Cette fois-ci il a dégagé la terre qui encombrait une partie de la nef et transporté à l’extérieur pour être mise dans notre jardin. Merci pour cet excellent travail qui nous permettra de déplacer l’échafaudage.

In mémoriam

Marie-Jeanne Quintrand s’est éteinte le 14 avril 2017. En participant avec nous au pèlerinage à Notre Dame du Puy le 8 mai 2016, nous ne savions pas que Marie-Jeanne allait nous quitter si vite. Atteinte d’un cancer du pancréas, elle a souffert héroïquement tout un hiver, soutenue par la prière, la foi immense en Dieu qui l’habitait, le dévouement et la fidélité de ses amies. Le Seigneur est venu la chercher le soir du Vendredi Saint, en la fête du bienheureux César de Bus, pour lequel elle avait une grande dévotion. Veuve consacrée, oblate de la communauté des Foyers de charité de Marthe Robin à Châteauneuf de Galaure, Marie Jeanne, dans ses dernières années de sa vie terrestre était devenue une femme de prière qui avait délibérément choisi de se retirer du monde pour pouvoir se consacrer entièrement à Dieu et mieux se préparer à sa rencontre. En dépit de sa maladie, elle suivait très attentivement les progrès des travaux menés à St Hilaire, pour lesquels elle fut une bienfaitrice particulièrement généreuse. Pour notre consolation, nous savons que Marie Jeanne goûte maintenant le bonheur, fruit de la perfection si ardemment désirée et possédée enfin, dans le souverain repos du ciel. « J’irai la voir un jour, j’irai loin de la terre, sur le cœur de ma Mère, reposer sans retour. »

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Monseigneur André Reyne : Au petit matin du 22 juin, Mgr Reyne a rendu sa belle âme à Dieu. Il allait avoir 96 ans en la fête de Ste Anne et paraissait encore solide, mais la forte canicule de ce mois de juin a eu raison de ses forces et l’a emporté au terme d’une existence toute consacrée au Seigneur, à l’amour de ses frères, de la France et de la Provence. Jusqu’au bout Mgr Reyne est resté au pied de l’autel, revêtu de sa chasuble. Pour avoir assisté et servi ses messes, je peux affirmer que c’est essentiellement là, dans le renouvellement quotidien du sacrifice sanglant de Jésus Christ, Fils de Dieu, que Mgr Reyne puisait chaque jour la force et le rayonnement de sa vie pastorale. Ordonné prêtre le 13 mai 1945, il fut engagé comme vicaire, prêtre, curé ou aumônier dans plusieurs paroisses du diocèse. Son action auprès des jeunes des scouts, des militants de la J.A.C., des jeunes prêtres, fut déterminante. Pas un seul homme en Vaucluse qui ne reconnaisse avoir reçu la foi simple et rayonnante qu’il prêchait naturellement, assortie d’une fierté constante pour la Provence, sa petite patrie et la France.
Témoignage d’un jeune prêtre :

« La première fois que je l’ai rencontré, c’était au monastère du Saint-Sacrement, à Bollène, dans la lumière du témoignage des bienheureuses religieuses martyres d’Orange. Ce prêtre, par son attachement au témoignage des saints de notre diocèse (les bienheureuses martyres d’Orange, saint Eutrope, saint Siffrein…), m’a appris à aimer la sainteté et à la comprendre comme un don de Dieu : une sainteté à visage humain et rayonnante de la grâce de Dieu. Il m’a appris à comprendre combien les saints sont moins des exemples à imiter que des amis dans notre vie de foi, aptes à nous aider, à nous soutenir, à nous encourager, pour nous mettre à la suite du Christ. Lorsque j’étais séminariste, j’allais souvent à la Métropole de Notre-Dame-des-Doms pour assurer l’accueil et les visites. Le matin, j’arrivai pour la messe que je lui servais. Puis nous prenions le petit-déjeuner. J’accomplissais mon service jusqu’au déjeuner aux saveurs provençales qu’il préparait avec simplicité et enthousiasme. Les conversations de tables étaient émaillées d’anecdotes de la vie et de l’histoire du diocèse, des hommes et des femmes qui ont fait cette histoire. Il m’a appris à aimer ce diocèse et son histoire et à prendre ma place dans cette histoire, avec réalisme et modestie. J’ai découvert à travers lui, nourri de la spiritualité de saint François de Sales, ce qu’est la bienveillance, la bonté et la tendresse du prêtre. Auprès de lui dans la célébration de la liturgie, j’ai appris à aimer et à vivre avec simplicité et exigence la prière de l’Eglise, dans toute sa richesse d’hier et d’aujourd’hui. J’ai été saisi et séduit par sa constance et sa fidélité dans la prière et célébration de la liturgie, et le soin apporté à sa beauté, non seulement par le chant – en particulier le chant grégorien – mais aussi par les ornements, les vases sacrés, les fleurs, le service d’autel… A la suite de saint Benoît, la liturgie faisait partie de sa vie de prière, elle n’était pas seulement une activité accessoire de sa vie de prêtre, mais le cœur de sa vie de prêtre et de sa vie de prière, la source et le sommet de son ministère. Lorsque nous nous écrivions, c’était en provençal, comme une langue du cœur, une langue vivante et populaire, loin des artifices. Sa dernière lettre, je la connais presque par cœur, tant ses mots m’ont touché. Je me souviens avec délices des petites histoires qu’il racontait, passant du français au provençal, lorsque le français se montrait incapable d’exprimer avec justesse et humanité la réalité des situations !
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Lorsque j’ai été ordonné prêtre, il m’a offert deux choses : un calice et un tablier ! Je suis attaché aussi bien à l’un qu’à l’autre !
Plus que le calice d’ailleurs, c’est sa manière même d’aimer et de vivre la liturgie qu’il m’a transmis. C’est à lui que j’ai pensé lorsque j’ai célébré ma première messe, c’est à lui que je pense souvent, en célébrant les saints mystères. Quant au tablier, c’est celui qu’il portait pour me préparer le repas. A la fin du repas, il quittait son tablier et me le remettait en me disant : « accipe gremialem ad tergendam vasum », m’indiquant ainsi que c’était à moi de faire la vaisselle ! Je l’ai aimé ce rituel, simple et fraternel.
Je vous partage ma peine de perdre cet homme, ce prêtre, ce frère, ce père et grand-père, non seulement pour moi, mais pour le diocèse. Mais je veux aussi vous partager ma joie d’avoir été témoin et bénéficiaire de ce qu’il est et de la grâce qu’il a servi. »
C’est Mgr Reyne qui a bénit l’oratoire du « Volto Santo » à Chantemerle-les-Blés le 29 septembre 2008 et qui nous a de temps en temps servi de chapelain pour célébrer avec les compagnons de St Michel la sainte messe que M. Olier avait prescrit à Anne d’Autriche de faire dire pour le salut et le relèvement de la France. Très conscient et attentif à la réhabilitation de la chapelle St Hilaire, Mgr Reyne nous encourageait et nous a souvent aidé généreusement. Grâces lui soient rendues. L’arbre de Judée planté sur sa demande, en face de la porte sud, restera toujours pour nous le signe de sa prière et de sa présence. Prions l’archange St Michel, prince des milices célestes pour qu’il vous accompagne dans le Royaume où nous souhaitons tous, Monseigneur, vous retrouver bientôt.

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Ste Jeanne d’Arc – modèle du laïcat (extrait de « Jeanne d’Arc – le procès de Rouen » de Me J. Trémolet de Villers)

« Jeanne est laïque. C’est le modèle du laïcat, c’est l’incarnation même du laïcat, mais une laïque profondément catholique. Elle est en même temps profondément laïque et profondément catholique. Et donc pour tout ce qui est d’ordre temporel, elle échappe à la juridiction cléricale. C’est le grand apport de Jeanne qui n’est pas encore complètement compris. C’est pour cette raison qu’elle a une actualité extraordinaire. C’est que Jeanne est de retour à la moitié du 19ème s. Elle revient au 19ème et est canonisée au début du 20ème parce que nous sommes à un moment où l’on a plus de prince, on a plus de roi, on est dans une situation dans laquelle c’est le peuple qui est en charge et il n’y a plus personne pour indiquer la voie. A ce moment-là, que font les autorités cléricales ? Il faut bien dire les choses, elles composent avec les Etats et elles composent avec les Etats ennemis. Léon XIII compose avec la république maçonnique.

Pie XII fait pareil, il met même à l’index l’Action Française. Les deux écartent les royalistes pour dire qu’il faut être républicain. Le peuple chrétien ne sait plus où il en est. Il est déchiré entre ce qu’il croit être sa mission et puis ce que lui disent les autorités cléricales. Aujourd’hui, on n’est pas à ce stade de drame, mais on en est quand même, dans une certaine mesure, à une certaine incertitude sur le plan politique et Jeanne nous rappelle à nous laïques catholiques que nous n’avons qu’à faire ce que veut Notre-Seigneur, sans nous préoccuper des diplomaties cléricales quelles qu’elles soient. Elles ont leur raison d’être, mais elles n’obligent pas en politique. Jeanne ne les juge pas.

Jeanne trace sa route : elle libère Orléans, elle fait sacrer le roi à Reims. Après, elle ira normalement libérer Paris et chercher Charles d’Orléans en Angleterre. Et après, sa mission sera terminée. Et comme sa mission n’est pas terminée, Jeanne reste en habits d’homme. L’habit d’homme, c’est sa mission, son habit de soldat. Jeanne est très simple. Comme elle est extrêmement intelligente, elle est extrêmement simple. Elle a sa mission donnée par le Ciel. Aujourd’hui, cela nous parle, parce qu’aujourd’hui, nous aussi, nous sommes responsables de notre patrie. Nous sommes responsables de notre royaume de France, le saint Royaume de France comme disait Jeanne. »

31 Mai 2017 – Notre Dame du Laus : consécration de la Route de l’Europe chrétienne au Cœur Immaculé de Marie

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En ce beau mois de mai et cent ans après les six apparitions de Notre Dame à Fatimà, l’association La Route de l’Europe chrétienne a choisi le sanctuaire Notre Dame du Laus dans les Hautes Alpes pour rendre un hommage solennel à la Très Sainte Vierge Marie et consacrer tous ses membres au Cœur Immaculé de Marie.

Le sanctuaire Notre Dame du Laus*, aujourd’hui basilique mineure et dont l’Eglise en 2008 a reconnu le caractère surnaturel des apparitions, a pour vocation et dès son origine, de convertir les pécheurs. « J’ai destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs, beaucoup viendront ici se convertir. Pour cela, il faudra construire une église et une maison pour les prêtres. » C’est ainsi qu’en 1664 la Sainte Vierge Marie s’est adressé à une jeune fille pauvre, Benoîte Rencurel. A la suite des premières apparitions dans le vallon qui vont durer pendant 54 ans, les foules accourent en pèlerinage, bien qu’à l’époque ni radio ni journaux ne pouvaient les atteindre. Guidés par Benoîte qui a reçu un charisme particulier de connaissance des cœurs, effectivement de très nombreux pèlerins viennent se convertir, touchés par le pardon. Poussés uniquement par la foi, les pécheurs se pressent et l’on parle de 140 000 visiteurs pour ce petit vallon, perdu au pied des Alpes. Comme à Fatimà, Notre Dame du Laus est le refuge des pécheurs, elle guérit les corps et les âmes et réconcilie tous ceux qui, animés d’une foi sincère, viennent humblement chercher le pardon avec Dieu, avec les autres, avec eux-mêmes.

C’est au retour de notre pèlerinage en 2016 à Fatimà que nous avons conçu le projet de mettre tout de suite en application ce que la Sainte Vierge demandait instamment aux trois petits bergers : venir nous consacrer à son Cœur Immaculé. 48 ont répondu à cette gracieuse invitation et la journée du 31 mai 2017 restera gravée dans nos cœurs comme une journée intense de prière qui nous a comblés de grâces. Il faut dire qu’elle avait bien commencé avec, dès six heures, un double arc en ciel qui nous accueillait sur la route vers le Sacré Cœur d’Avignon et sous un ciel chargé qui n’allait pas tarder à s’éclaircir au cours des heures de la journée.

* un lac, maintenant desséché occupait autrefois le fond du bassin et lui a laissé son nom : Laus prononcé Laous veut dire lac, c’est le mot lacens avec l’élision du c.

Première étape : St Etienne le Laus où notre dévoué chapelain, M. le chanoine G. Trauchessec célèbre la sainte messe servie par Bertrand, venu de Rosans. Le père Guillaume Devillers nous y rejoint pour nous confesser et nous accompagner toute la journée en étant un guide compétent et enthousiaste.
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Au restaurant du sanctuaire, quelques adhérents venus par moyens personnels et parfois de très loin, comme de l’arrière pays de Grasse ou de Meursault, se joignent à nous. Le sanctuaire reçoit ensuite notre consécration. Pour lui donner un caractère sacré de fidélité, chacun est invité à se signer devant l’autel de la Sainte Vierge avec l’huile parfumée : « Ô Marie, Vierge puissante et Mère de Miséricorde, Reine du Ciel et refuge des pécheurs, je me consacre à votre Cœur Immaculé. Je consacre mon être et ma vie toute entière, tout ce que j’ai, tout ce que j’aime, tout ce que je suis. A vous mon corps, mon âme. A vous mon foyer, ma famille, ma patrie. Je veux que tout en moi, tout autour de moi vous appartienne et participe aux bienfaits de vos bénédictions maternelles. Je vous promets, ô glorieuse Mère de Dieu et tendre Mère des hommes, de mettre tout mon cœur au service de votre culte béni afin de hâter, d’assurer par le règne de votre Cœur Immaculé, le règne du Cœur de votre adorable Fils dans mon âme et dans toutes les âmes, dans mon cher pays et dans tout l’univers, sur la terre comme au ciel. Ainsi soit-il. » L’après-midi se passe comme dans un rêve : la chapelle de Bon Rencontre, simple abri de pèlerin, fut construite pourtant en un temps record. Cet édifice, lit-on dans l’historique, « fut commencé presque avec rien, les mains des pauvres en ont rassemblé les matériaux, les aumônes en ont creusé les fondements, la Providence en a élevé les murs et la confiance en Dieu les a achevés. »

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Le 29 septembre 1664, anniversaire de naissance de Benoîte et fête de l’Archange St Michel, c’est à Pindreau que la Ste Vierge désigne le lieu où elle veut être priée. « Allez au Laus, vous y trouverez une petite chapelle d’où s’exhaleront de bonnes odeurs, là vous m’y parlerez très souvent et très souvent vous m’y verrez.»

Aujourd’hui comme hier, l’église du sanctuaire est en harmonie avec les pauvres vallées qui y viennent aboutir. A la chapelle de Bon Rencontre on a simplement ajouté un clocher de forme byzantine et une chapelle absidiale. Après Pindreau, nous poursuivons la marche par un chemin de Croix dirigé par le père Devillers qui nous conduits enfin à la chapelle du Précieux Sang, qui abrite des restes de la Croix d’Avançon, devant laquelle Benoîte eut l’insigne honneur de voir le Christ souffrant et de recevoir les stigmates. Mais pour la soustraire aux dégradations et aux vols, il fut bientôt nécessaire de la suspendre dans une petite chapelle ronde, la chapelle du Précieux Sang, élevée en 1862. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la vie héroïque de Benoîte Rencurel, qui inlassablement s’adressait aux pèlerins pour les diriger vers les prêtres. Son activité déplaisait fortement au démon, aussi eut-elle à de nombreuses reprises à subir ses assauts. « Aux tourments qu’endurait l’innocente victime, s’ajoutaient les souffrances morales que satan trouvait le moyen de multiplier, chaque fois qu’il s’emparait d’elle. Pendant qu’il lui faisait franchir les espaces avec la rapidité de l’aigle, son plaisir était de renouveler ses propos hideux et de lui raconter en détail les péchés et les abominations qu’il faisait commettre. Cette infernale persécution s’est renouvelée un jour par semaine de 1684 à 1692, puis tous les deux jours de cette époque jusqu’à la mort de la bergère, c’est-à-dire pendant trente-quatre ans ! Le démon était décidé à la faire mourir. Elle serait morte vingt fois si un ange n’était venu la réconforter. Trois fois, satan la transporta au seuil de l’enfer, pour lui faire voir ce qu’étaient devenues les âmes pour qui elle avait prié. Les supplices des réprouvés lui firent subir d’abondantes larmes et elle ne voulut se consoler qu’en souffrant davantage. »
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Nous terminons cette belle journée par l’adoration du Saint Sacrement qui nous rassemble avec ferveur dans l’église du sanctuaire. Le sanctuaire du Laus a réellement pour lui les promesses de l’immortalité, il sera toujours un asile assuré où les âmes coupables pourront retrouver avec le pardon de leurs fautes, l’amitié de Dieu. Sans doute, Benoîte n’est plus là pour soutenir les consciences, pour révéler les ces secrets, dont l’aveu coûte tant à la nature humaine, elle n’est plus là avec sa parole su douce et si pleine de force pour nous inspirer l’horreur du péché et l’amour de la vertu, mais l’apostolat de Benoîte n’a pas été interrompu par sa mort le 28 décembre 1718. Elle prie encore, elle ne souffre plus, elle aime toujours et ne cesse de crier miséricorde pour les pauvres pécheurs qui viennent s’agenouiller sur sa tombe.

Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le 27 décembre 1673, le Sacré Cœur apparaît à Marguerite Marie Alacoque et lui demande d’avoir une dévotion à Son Sacré Cœur. Il fixe les deux principales dévotions, l’heure sainte et la communion du 1er vendredi du mois. A tous ceux qui se consacreront à Son Sacré Cœur Il promet :

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« 1- Je leur donnerai toutes les grâces dans leur état.

2- Je mettrai la paix dans leur famille.
3- je les consolerai dans toutes leurs peines.
4- Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.
5- Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.
6- Les pécheurs trouveront dans mon cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.

7- Les âmes tièdes deviendront ferventes.

8- Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.

9- Je bénirai les maisons où l’image de mon Sacré Cœur sera exposée.

10- Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.

11- Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon cœur, où il n’en sera jamais effacé.

12- Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon cœur, que mon amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredi, neufs fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce ni sans recevoir les sacrements, et qu’il se rendra leur asile assuré à cette heure dernière. »

Associations Route de l’Europe chrétienne et Sauvegarde de la chapelle St Hilaire, 64 rue de la Frâche 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70
recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne www.chapellesainthilaire.fr

Bulletin N° 33

EDITORIAL La dévotion au Cœur Immaculé de Marie.
« Le moment est venu. Ne te cache pas. » (Bhse Jacinthe)

Chers amis,

Il y a six mois, nous avions la grâce d’être ensemble à Fatima et personne d’entre vous, j’en suis sûr, n’a oublié les paroles prononcées par la Très Sainte Vierge lorsque, le 13 juillet 1917 aux Valinhos, elle s’est adressé aux trois petits enfants, et à travers eux, à toute l’humanité.

« Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une pire. Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Eglise et le St Père.

Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix, sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et contre l’Eglise des persécutions. Les bons seront martyrisés, le St Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. »

Cent ans après, où en sommes-nous ? Les guerres ravagent notre planète, le mal supplante le bien et les demandes de la Sainte Vierge n’ayant toujours pas été satisfaites, les catastrophes annoncées se réalisent. Quelle dureté d’oreille et de cœur ! Même le ciel nocturne du 25 janvier 1938* qui était l’évocation alarmante du châtiment à venir, n’a pas réussi à secouer la chape d’indifférence de l’humanité. Sa conversion immédiate et totale aurait épargné les flots de sang des 55 millions de victimes de la 2ème guerre mondiale. Seul le Portugal y échappa, grâce à la consécration au Cœur Immaculé de Marie au Sameiro le 28 mai 1926 par tous ses évêques. Alors que la guerre allait faire rage en Espagne et bientôt submerger l’Europe. Oliveira Salazar, jusqu’en 1968, est l’instrument de la Providence pour 50 ans de paix au Portugal, consacré à Marie.
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La Théophanie de Tuy : Dans la nuit du 29 mai 1930, Lucie reçoit la confirmation de la mission de la consécration de la Russie par le Pape et les évêques du monde. La Théophanie dont elle bénéficie nous présente clairement la cascade rebondissante de toutes les médiations disposées par notre Père du Ciel pour nous faire part de Sa Grâce et de Sa Miséricorde. Médiation du Christ Sauveur crucifié pour notre salut, médiation Eucharistique de Son Corps et de Son Sang offerts en sacrifice expiatoire pour notre salut et proposés en nourriture et en breuvage de communion salutaire. Médiation de cette eau cristalline du Saint Esprit communiqué qui, par le Baptême et la Pénitence, nous donne la vie, nous sanctifie et nous lave des souillures du péché. Et donc médiation de l’Eglise qui nous prodigue ces biens par le ministère de ses prêtres, agissant au Nom du Christ et exerçant Ses pouvoirs. Et nouvelle merveille à cette double médiation du Fils de Dieu et de Son Esprit agissant par l’Eglise, s’adaptant mystérieusement, la médiation de Marie, Mère de Grâce et de Miséricorde.

* Au matin du mercredi 26 janvier 1938, on pouvait lire à la une des journaux : « Une aurore boréale d’une ampleur exceptionnelle a sillonné hier soir le ciel de l’Europe occidentale, elle a révolutionné nombre de départements où l’on a cru tout d’abord à un gigantesque incendie. Le ciel était embrasé comme un immense foyer mouvant provoquant une lueur rouge sang très vive. Il s’agit sans doute d’une aurore boréale, mais d’une ampleur exceptionnelle au dire du Pr. Pers de la faculté des sciences de Grenoble. » Ce phénomène atmosphérique avait été observé non seulement en Europe, mais aussi en Afrique du Nord ainsi qu’en Amérique du Canada jusqu’au Mexique.

La Vierge Marie apparaît en effet sous le bras droit de la Croix, nous offrant son cœur. En méritant de devenir la Mère de Dieu, la Vierge immaculée a mérité aussi de devenir notre mère. Tel était donc le grand dessein de Dieu pour notre temps : la Paix. Accordée à l’aube d’un siècle où les progrès matériels ont transformé les guerres en menaces apocalyptiques, la pleine liberté et la force rendue à l’Eglise, après quatre siècles d’hérésie et d’apostasie envahissantes.

En contrepartie pour obtenir cette protection, les conditions sont légères, mais indispensables. Avant de partir pour Lisbonne, où elle devait mourir, la bienheureuse Jacinthe s’est adressé à Lucie en ces termes : « Il ne me reste plus beaucoup de temps avant d’aller au ciel. Toi, tu resteras ici, afin de dire que Dieu veut établir dans le monde, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment est venu, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde Ses Grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à Elle qu’il faut les demander. Que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec Lui le Cœur Immaculé de Marie, que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie car c’est à Elle que Dieu l’a confiée. »

Chers amis, je vous communique l’invitation pressante de la bienheureuse Jacinthe en vous invitant tous à nous rejoindre le 31 mai, solennité de Marie Reine. En nous consacrant au Cœur Immaculé de Marie, nous implorons la paix sur notre association La Route de l’Europe chrétienne, sur nos familles et sur la France, notre patrie. Pour nos temps de confusion et de guerres, la Vierge Marie est la Médiatrice toute puissante, capable de répandre les torrents de grâces qui le convertiront. Dieu veut qu’elle les accorde, mais en réponse à notre dévotion filiale, nos prières et notre conversion. Rendez-vous à tous le 31 mai à Notre Dame du Laus.

Robert Mestelan, Président

Pèlerinage au Portugal par Jacqueline Picoche … suite et fin

Les hauts lieux

Depuis toujours, on sait que la divinité réside au sommet des montagnes et que les hommes qui veulent s’approcher d’Elle ont à en faire l’ascension : Zeus-Jupiter trône sur l’Olympe et c’est en haut du mont Sinaï que Moïse s’approche du Buisson Ardent. L’Évangile n’est pas en reste, avec le mont des Béatitudes, le mont Thabor et le mont du Golgotha. Pas étonnant, donc, que les Portugais aient construit des sanctuaires sur quelques uns de leurs sommets d’où l’on aperçoit les villes basses, domaines du train-train quotidien, des affaires du monde, et du prince de ce monde. 2016-09-12_13.42.43_web.jpg
Là où la Montagne rencontre l’Océan, une falaise haute de 110 m arbore un plissement géologique spectaculaire. C’est le promontoire du Sitio sur lequel trône l’église de Notre-Dame de Nazareth, lieu de pèlerinage depuis le XIIe s., qui a donné son nom au village de Nazaré.
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Le belvédère domine une vaste plage de sable sur laquelle déferlent de grosses vagues qui font la joie des amateurs de surf. Des maisons basses la bordent, maisons de vacances, hôtels et maisons de pêcheurs dont les barques peintes d’autrefois sont présentées comme des objets de musée. Des azulejos ornent l’église et une jolie chapelle. Les premières références à la pêche à Nazaré datent de 1643; cependant, ce n’est que vers le début du XIXème siècle que la population commença à s’installer sur la plage. Les pêcheurs habitaient surtout sur les parties hautes de la localité, Sítio et Pederneira, car les fréquentes attaques des pirates marocains faisaient de la grève un lieu peu sûr.
Ce n’est pas de Nazaré que partaient les caravelles, mais devant l’Océan il n’est pas interdit de penser aux navigateurs portugais qui s’élancèrent à la découverte de terres nouvelles, affrontant des dangers bien supérieurs à ceux des astronautes qui, de nos jours sont allés marcher sur la Lune. Au fait, pourquoi est-ce Vasco de Gama (1469-1524) et pas un Chinois ou un Indien qui a fait le premier le tour du Monde ? Parmi les motivations, complexes, il est vrai, de ces risque-tout, celle d’apporter d’Évangile à des peuples inconnus encore païens avait sa bonne place. Il faut croire que le dynamisme du christianisme surpasse celui de l’hindouisme, et que Confucius ne donne pas à ses adeptes la même impulsion que Jésus. De leurs aventures, le grand poète Camoes a fait toute un épopée : les Lusiades!
Depuis 1889, un funiculaire relie la ville haute à la ville basse et facilite la visite du lieu aux pèlerins, pénitents et touristes. Mais il faut avouer qu’à Nazaré, où nous eûmes le plaisir de tremper nos pieds dans l’eau de mer et de profiter d’un restaurant excellent, nous étions plus touristes que pèlerins.
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Il n’en alla pas de même au sanctuaire du Bom Jesus do Monte. La dévotion au “Bon Jésus” souffrant sa Passion, plein de compassion, de bonté et de pardon, symbolisant toute la souffrance humaine, est très populaire dans le monde lusophone. Le sanctuaire de Braga est un lieu où les fidèles portugais peuvent accomplir leurs vœux: « mon Dieu, si tu exauces ma prière, je te promets de monter les escaliers du Bon Jésus à genoux ! » Et ce n’est pas rien de monter à genoux toute la “Voie Sacrée”, composée de trois escaliers en zig-zag rythmés par 17 paliers, qui permettent de relier la ville de Braga à l’église, en franchissant un dénivelé de 116 mètres. À l’exception des handicapés et des très vieux, qui disposaient d’un funiculaire, nos courageux pèlerins firent l’ascension. À vrai dire, debout. 2016-09-08_12.05.41_web-2.jpg

Quand on prend son temps, la pénitence est douce, parce que les escaliers serpentent à travers un parc boisé, parce qu’on peut se rafraîchir auprès de toute une série de fontaines, et qu’on y découvre d’étonnantes et édifiantes œuvres baroques. Le long du premier escalier se succèdent dix-sept chapelles, marquant les différentes stations du Chemin de Croix. Les premières sont associées à des fontaines consacrées à des dieux païens, ce qui permet au pèlerin de se trouver d’un côté face à la vérité du calvaire, et d’un autre face au “mensonge” des croyances païennes.
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Le deuxième escalier dit “escalier des cinq sens”, pièce maîtresse de l’en-semble, est destiné à faire comprendre au pèlerin, parti à la rencontre de la Vérité transmise par les vertus théologales d’ Espérance, de Foi et de Charité, qu’il est victime des illusions des sens. Pour la vision, l’eau coule par les yeux du personnage représenté, pour l’ouïe, par les oreilles, pour l’odorat, par le nez, pour le goût par la bouche et enfin, le toucher, est représenté par une personne qui porte dans ses mains une cruche d’où coule l’eau. Toutes ces fontaines sont accompagnées d’inscription latines instructives et de statues illustrant des épisodes de l’ancien testament adéquats. Par exemple, pour l’ouïe, la statue de David, qui joue de la harpe, nous dit : « à mon oreille tu donneras du plaisir et de la joie ».

Le troisième escalier est celui « des Vertus », les trois vertus théologales que tout homme se doit d’atteindre après avoir pris conscience de la fragilité de ses perceptions humaines. Ainsi, sur la fontaine de la Charité, représentée par une femme portant deux enfants et accompagnée des deux statues allégoriques de la Paix et de la Bénignité, l’eau coule d’un cœur porté par les deux enfants et au-dessus, Il est écrit : « il existe trois vertus, la Foi, l’Espérance et la Charité, mais la plus grande, c’est la Charité ». Et on arrive enfin à l’église néoclassique qui s’élève sur une esplanade bordée de statues dominant de beaux jardins. La grande ville de Braga, aperçue en vue plongeante y parait bien petite.

L’histoire de cette œuvre extraordinaire mérite d’être brièvement contée : La légende populaire veut qu’après la Bataille de Tarifa (1340) remportée par les Chrétiens sur les Maures, une croix apparut dans le ciel sur le monte Espinho, lieu de dévotion très ancien, sur lequel est construit le sanctuaire actuel. L’archevêque et les habitants de Braga y érigèrent aussitôt une croix et une chapelle. Mais la réalisation de l’en-semble que nous admirons aujourd’hui est essentiellement une œuvre du XVIIIe s. Tout commence en 1722 avec le programme d’embellissement de la ville de Rodrigo de Moura Teles (1644-1728, archevêque de Braga depuis 1704), et se termine en 1811, après bien des soucis provoqués par les invasions napoléoniennes, avec l’achèvement de l’église néoclassique actuelle qui ne fut consacrée qu’en 1857. Gaspar de Bragança (1716-1789, archevêque de Braga depuis 1758) qui l’avait mise en chantier en 1784, ne put en voir la réalisation.
Le programme du premier archevêque est conforme à la mode de l’époque : les nouvelles constructions seront de style “baroque” ou “rococo”. On lui doit le premier escalier et une première église qui, devra, plus tard, être remplacée. Après sont décès, en 1728, ce furent les Jésuites qui choisirent les thèmes illustrés dans l’escalier des cinq sens. Les travaux se poursuivirent, notamment, sous l’archiépiscopat de Gaspard de Bragance qui contribua au succès du pèlerinage en obtenant de la Curie romaine des indulgences spéciales pour les pèlerins, mit au concours en 1783 le projet de l’église actuelle, et, afin d’obtenir du peuple les fonds nécessaires, alla jusqu’à organiser une corrida !
Tout cela se passe à une époque marquée par le grand tremblement de terre du 1er novembre 1755, de magnitude 8,75, qui ravage Lisbonne, provoquant incendies, raz-de-marée, scènes de panique, avec 15 000 morts et 85 % des habitations détruites, dont le palais royal, sa bibliothèque et ses archives. C’est le moment où le pouvoir est aux mains du marquis de Pombal, naguère ambassadeur en Angleterre puis en Autriche et franc-maçon, adepte des “Lumières”. Ministre des affaires étrangères depuis 1750, il vient d’être nommé chef du gouvernement et le restera jusqu’en 1777. Il prend en main la reconstruction de Lisbonne et la modernisation du Portugal selon les idées nouvelles. Il redresse le pays économiquement, lutte contre la noblesse, réorganise l’enseignement, soumet l’inquisition au pouvoir royal, interdit l’esclavage dans les colonies et expulse les Jésuites en 1759.
On peut penser que le côté anticatholique de sa politique ne plaisait pas à Gaspard de Bragance et que la grande prédication muette des escaliers du Bom Jesus est une sorte d’acte de résistance ou du moins d’opposition.

Le XIXème siècle sera, quant à lui, consacré à l’amélioration permanente du lieu, avec l’inauguration du funiculaire hydraulique mis en service le 25 mars 1882 qui fonctionne encore de nos jours sans défaillance, la création de jardins et de plusieurs lacs artificiels, d’hôtels pour ceux qui veulent y rester quelques jours, et surtout le reboisement de la colline qui devient un grand parc paysager, où les habitants de Braga, les pèlerins et les touristes viennent se détendre ou se “ressourcer”.
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Les deux autres sanctuaires des hauteurs, où notre chanoine offrit à Dieu le sacrifice eucharistique, sont le Sameiro, (alt. 613 m), sur une autre des collines entourant Braga, plus haute que celle du Bom Jesus dont elle est distante de 2 kilomètres, et la Penha qui domine Guimaraes. Ils ont été l’un comme l’autre construits à la suite d’un évènement qui suscita au Portugal un élan d’enthousiasme : la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, le 8 décembre 1854, ce qui n’est peut-être pas étranger au fait que la Vierge ait choisi le Portugal pour parler au Monde de son “Cœur Immaculé”.

En 1863, alors qu’une lutte anticléricale se déchaîne, sous l’impulsion d’un vicaire de Braga, le Père Martinho Antonio Pereira da Silva, le peuple entreprend d’élever en l’honneur de Notre Dame une grande église néoclassique à coupole, décorée de granit poli, de marbre et d’anges blancs, au milieu de jardins et d’un parc magnifiquement entretenu. En l’honneur du dogme de l’infaillibilité pontificale proclamé en 1870, une chapelle supplémentaire est ouverte sur le chantier. Paul VI donne à l’église le titre de basilique. Jean-Paul II s’y rend en 1982, et on y inaugure sa statue en 1985. L’affluence des fidèles augmente à tel point qu’il fallut y construire une crypte immense, ouverte en 1979. On dit qu’il est fréquent d’y célébrer des mariages et, dans la chapelle des ex-voto, on est surpris de voir deux vitrines remplies de robes de mariée !

Le Sanctuaire de Notre-Dame de Penha do Carmo, desservi par un téléphérique et une route en lacets qui traverse une forêt épaisse, est une église moderne cubique en béton, surmontée d’un haut clocher derrière laquelle on découvre une vue spectaculaire sur Guimarães. La Penha est moins riche que le Sameiro, mais son site, plus sauvage, rocheux et boisé, a lui aussi sa beauté.

La cova da Iria, à Fatima n’est pas un “haut lieu” où les hommes montent vers Dieu. C’est le contraire. Un dictionnaire portugais–français traduit le mot “cova” par “fosse, tombe”. C’est un “bas lieu” où la Mère de Dieu descend vers les hommes en danger.

Salve, Regina! Cette reine que nous saluons comme “notre vie, notre douceur, notre espérance”, que vit-elle, à notre arrivée, quand elle “tourna vers nous ses yeux miséricordieux” ? Un gros autocar cherchant son chemin sur des avenues peu propices à la promenade pédestre, bordées d’immeubles modernes hétéroclites, dont beaucoup d’hôtels. Il emprunte un passage souterrain pour éviter un carrefour, puis une rue bordée de grands et petits magasins de “bondieuseries” ou (pour parler plus respectueusement) d’articles religieux, et trouve enfin une place sur l’un des grands parkings proches de la basilique. Rien de tout cela n’est beau, mais enfin, il faut bien que les véhicules trouvent à se garer, les pèlerins à se loger et à acheter des souvenirs, et que les commerçants portugais gagnent leur vie. Et il Lui plait que le pèlerinage perdure et se développe.
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Tout cela dépassé, Elle nous voit agenouillés dans la basilique, à droite de l’autel, devant le tombeau de François, et à gauche devant celui de Jacinthe, rejointe en 2005 par Lucie. Les restes des trois voyants sont là, vénérables reliques. Mais, âmes bienheureuses en attente de leurs corps glorieux, nous pouvons penser qu’ils accompagnent Notre-Dame, nous regardent du haut du Ciel, et prient pour nous.

On peut imaginer qu’il en est de même dans les lieux de mémoire pieusement conservés qui évoquent encore ce qu’ était Fatima au moment des apparitions. Au hameau d’Aljustrel, à deux kilomètres de la Cova, dans la maison des frère et soeur François et Jacinthe Marto, sommairement meublée, nous nous attachons à la chambrette et au lit où la grippe espagnole a mis fin à la vie terrestre de François.
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Celle ou a grandi leur cousine Lucia dos Santos est un peu moins pauvre avec son métier à tisser, un petit enclos ou on fait vivre deux ou trois brebis en souvenir de leur troupeau, et surtout un grand jardin avec, au fond, un puits sur lequel l’Ange du Portugal a fait la deuxième de ses trois apparitions de 1916, destinées à préparer les enfants à leur mission de 1917. C’était l’été. Ils se reposaient là, par un temps de grande chaleur. “Que faites-vous ?” leur dit-il “Priez, priez beaucoup ! Les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices ”. Lucie demanda comment devaient-ils faire pour se sacrifier et l’ange lui répondit : “De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attire-rez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange Gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.”

Ses deux autres apparitions se sont produites au lieu dit le Cabeço, au dessus d’un petit cirque de rochers dans une grande oliveraie, lieu de silence très bien protégé aujourd’hui. La première, au printemps, fut celle où il leur apprit la belle prière: “Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas”. La troisième, la plus solennelle, fut celle où il donna la communion eucharistique aux enfants en leur disant: « Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horrible-ment outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu » et où il leur apprit la grande prière: « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ».
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Sur le chemin des Valinhos, se trouve le lieu d’une apparition exceptionnelle de Notre-Dame : Le 13 août, jour où elle devait avoir lieu, les enfants, enlevés par le sous-préfet, représentant des loges de Lisbonne, qui les garda en prison pendant deux jours, n’étaient pas au rendez-vous. La Vierge non plus. La foule dut se contenter de quelques phénomènes atmosphériques significatifs. Mais quelques jours plus tard, le 19 août, elle se manifesta à eux seuls rayonnante d’une lumière presque aveuglante, sur un chêne vert au milieu des oliviers. Elle demanda alors la construction d’une chapelle, annonça un grand miracle pour sa dernière apparition et insista: « Priez, priez beaucoup pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles », rappel de la vision de l’enfer qui leur avait été donnée le 13 juillet.

Le long du merveilleux chemin des Valinhos nous fîmes un bon chemin de croix.
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Et du lieu précis des apparitions de 1917, qu’en est-il ? Il a beaucoup changé. Le chêne vert sur lequel Notre-Dame posait ses pieds a disparu. La “Capelinha” ou “petite chapelle“ construite à sa place, sur le côté droit de la Cova, en tournant le dos à la Basilique, en bas de l’escalier monumental, est enfermée dans une grande vitrine. Tout autour, une sorte de chapelle ouverte à tous les vents, mais où les priants peuvent s’abriter de la pluie sous un plafond de verre, est un lieu qui ne désemplit pas et où les places assises sont rares. Il est prudent de se munir d’un pliant. Tout autour, la Cova, entièrement bétonnée, constitue une immense esplanade, deux fois plus grande que la place St Pierre, où peuvent, dit-on, se trouver réunies jusqu’à 300.000, d’autres disent 600.000 personnes. C’est là que tous les soirs, à partir de 21 h, se déroule une procession aux flambeaux. Pour nous ce fut le lundi 12 septembre, un jour de semaine certes, mais peut-être inhabituel, se trouvant être la fête du Saint Nom de Marie, établie par le pape Innocent XI en 1683 en mémoire de la victoire de Jean Sobieski sur les Turcs et de la levée du siège de Vienne. Du clergé émergeaient trois têtes mitrées, pères abbés ou évêques. La Cova était à moitié pleine, ce qui représente déjà beaucoup de monde. On commença par un rosaire debout, à la Capelinha, ce qui n’est pas rien, suivi d’un lent piétinement de la foule tournant autour de l’esplanade jusqu’à un podium au pied de la basilique, où commença une grand-messe pontificale. Ceux qui persévérèrent jusqu’au bout ne furent pas dans leur lit avant minuit. Ce n’est pas une partie de plaisir. Le lendemain 13 septembre, c’était l’anniversaire de l’apparition du 13 septembre 1917, mais aussi la veille de notre départ très matinal pour l’aéroport de Porto. Les plus courageux réitérèrent. Qui, dans la foule était là en curieux? qui en priant? et à quelles intentions? qui en pénitent, offrant sa fatigue et ses douleurs articulaires en sacrifice pour le Saint Père salut des pécheurs? Celle qui lit dans les cœurs le sait et elle peut se réjouir d’attirer tous les soirs un si grand peuple.

Mais elle se réjouit d’une joie mêlée de tristesse, car enfin, pourrait-elle se dire, « quoique je vive dans l’Éternité, je trouve le temps bien long. Voilà bientôt cent ans que je demande, de la part de la Sainte Trinité dont je ne suis que l‘interprète, une chose très simple d’où devrait résulter ce “temps de paix” dont le besoin se fait si cruellement sentir en ce bas monde ravagé par les guerres, l’athéisme, l’islamisme et les persécutions. Je demande à tous de prier pour les pécheurs et pour le Saint Père en disant le chapelet tous les jours, en acceptant, en esprit de sacrifice, les hauts et les bas de leur vie quotidienne, et en réservant, chaque premier samedi du mois, un quart d’heure pour me tenir compagnie, après s’être confessé et avoir communié à la messe. Ce n’est tout de même pas compliqué ! Quelques uns le font, mais pas assez régulièrement, et ils ne prient pas suffisamment pour le Saint Père puisqu’aucun des Papes qui se sont succédé n’a fait exactement ce que je lui demandais. Je l’avais bien dit pour-tant le 13 juillet 1917: “Si l’on ne cesse d’offenser Dieu, Il punira le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.” Par la voix de Lucie, j’ai demandé, le 13 juin 1929, que cette consécration devienne effective: “Le moment est venu où Dieu demande au Saint Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen“. Coeur_Immacule_de_Marie_web_bis.jpg

Eh! bien non! Aucun ne s’est avisé que “tous les évêques du monde” cela incluait les évêques orthodoxes, et aucun n’a prononcé les mots exacts que j’avais dictés. On me consacre “le Monde“, le “Genre Humain”, mais pas “la Russie”. On dirait que le mot “Russie” leur brûle la bouche! Même mon cher Jean-Paul II (Totus tuus!) qui avait pourtant reçu et bien compris un sévère avertissement le 13 mai 1981, n’a réussi à consacrer, devant quelques évêques et cardinaux, que “le Monde” (et pas la Russie ) au “Cœur de la Mère” (et pas à mon “Cœur Immaculé”). Résultat : les orthodoxes et les catholiques, malgré quelques bonnes avancées, en sont encore à se chicaner sur la notion de “primauté” et à buter sur le mot “immaculé”. Oh! je sais bien que cela se fera un jour! Je l’ai dit à Lucie: “À la fin mon Cœur Immaculé triomphera.

Le Saint Père me consacrera la Russie, qui se convertira et il sera donné au monde un certain temps de paix”. Mais je lui ai dit aussi que ce serait “tard”. Cent ans après, est-ce assez tard? Le centenaire de mes apparitions de 1917 ne serait-il pas une bonne occasion de la faire enfin, en bonne et due forme, cette consécration? Ce ne serait pas beau de voir cette immense esplanade noire d’une grande foule, rouge et violette des soutanes des cardinaux et évêques catholiques, rutilante des brocards des évêques orthodoxes, et, sur le podium, deux personnages en blanc se donnant le baiser de paix, le Pape et le Patriarche de Moscou? Un axe Moscou-Fatima traversant l’Europe chrétienne! Les politiciens du monde entier en seraient abasourdis! La plupart sont de grands pécheurs mais tous ceux dont le cœur n’est pas complètement endurci en seraient convertis, et on peut dire que ce jour-là mon Fils aurait vraiment fait “toutes choses nouvelles” !

NOUVELLES DE LA CHAPELLE ST HILAIRE

Grâce à votre générosité, un immense MERCI ! à tous, nous avons pu acheter les échafaudages supplémentaires, indispensables pour restaurer le transept en toute sécurité et payer les salaires de nos ouvriers. En premier lieu, et à notre grande joie, nous avons commencé par évacuer la terre que le vent avait déposée sur la voûte du transept pendant des siècles. >
DSCF5983_web.jpg In mémoriam

Franz Fakler (1929 – 12.12.2015) a été la cheville ouvrière de l’érection de l’oratoire St Benoît à Ottobeuren en Allemagne. Nous avions fait sa connaissance lors du grand pèlerinage Vézelay-Kiev, qui nous avait fait traverser l’Allemagne et connaître la Bavière en 2004.

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Franz a été le premier à nous accueillir chez lui, à sa table de jardin où il nous a fait découvrir la richesse de son cœur. C’est donc très naturellement, en parlant avec lui, que le projet de bâtir un oratoire s’est concrétisé. Particulièrement attaché à St Nicolas de Flüe, il avait, avec l’association des amis de St Nicolas, transformé la crypte de l’abbaye d’Ottobeuren en lieu de prière pour la paix avec St Nicolas de Flüe et Notre Dame de Fatima. C’est de leurs mains, qu’ils ont édifié en 2009 l’oratoire qui devait recevoir le bas relief de Pascal Beauvais. Lors du voyage en Allemagne, en mars 2010, la bénédiction par le père Abbé avait été le point d’orgue de cette belle manifestation d’amitié entre la France et l’Allemagne. Nous présentons nos condoléances à son épouse Klara et à son fils Robert et son épouse Martha, ainsi qu’à tous ses amis à Ottobeuren. Prions avec ferveur pour le repos de son âme. Dieu nous l’avait donné, Il nous l’a repris. Qui’Il soit bénit.

Marguerite « Mag » Mouchbahani s’est consacrée le 8 septembre 1951 en la chapelle de Noirétable à la Vierge Marie qu’elle considérait comme son unique assurance vie.
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Il est donc impossible d’évoquer le souvenir de Mag, sans indiquer son exigence pour une vie chrétienne authentique, toute tournée vers son époux, sa famille, la défense de la vie et la France. La prière, le chapelet familial, son engagement dans le mouvement sacerdotal marial et la Légion de Marie ont structuré toute sa vie. A St Didier en Velay (Haute Loire) où elle se fixa avec son mari Christian, elle a offert le visage d’un « bon sergent de Dieu » livrant les combats qui ont donné du sens à son existence depuis la défense de la vie de la conception à la mort naturelle, la défense d’une église de tradition et son engagement pour l’école libre et enfin, son adhésion à La Route de l’Europe chrétienne. Passionnée de musique classique (elle avait obtenu un prix de conservatoire au piano), douée d’une gaieté qui lui attirait spontanément la sympathie de tous, elle a eu le bon-heur d’enseigner des générations d’enfants et de faire beaucoup de montagne dans le Diois. Intéressée par les voyages de l’association, Mag et Christian furent des nôtres sur les chemins de Suisse et d’Espagne, de l’Europe centrale, de Pologne et de Lituanie, du Puy et de Fatima. A la messe d’enterrement qui réunissait le 10 janvier sa famille et les amis dans l’église St Denis de la Croix Rousse, ce fut un jeune prêtre Polonais qui eut l’honneur de la conduire à sa dernière de-meure. Chère Mag, du haut du ciel, continue à nous sourire, donne-nous ta joie de vivre, ta jeunesse, ton entrain. Nous restons avec toi et auprès de toi.

Jules Zanchi, qui nous avait aidé à redresser une restanque à St Hilaire, nous a quitté le 28 novembre, juste avant Noël. Jusqu’au bout il a rendu service à l’Eglise et affirmé les talents multiples qu’il possédait. Sentant venir la mort, il était pourtant inquiet, car chaque année c’était lui qui installait la belle crèche à l’église de Robion. Il s’en ouvrait à ses proches : « Après ma mort, qui fera la crèche ? » A l’heure où la libre pensée si désolée de voir encore fleurir des crèches pour Noël dans les villages de Provence et de France en mène des offensives ridicules, combien ton doux soucis Jules, nous touche et nous ravit. Il est le signe profond de ton attachement à Jésus dans son berceau. Entouré des anges, fier enfant de Bergame, tu es maintenant heureux, la crèche de Robion t’a conduit jusqu’aux cieux.

Agenda
14 mars 2017 conférence à Chambery – AFC : marches à travers l’Europe

17 mars au 29 avril 2017 Exposition de Robert Mestelan au Cercle national des Armées, 8 pl. St Augustin, Paris 8ème

22 mars 2017 conférence à Toulouse, paroisse du Christ Roi : Non, nos églises ne sont pas mortes

20 mai 2017 conférence à Briant « Non, nos églises ne sont pas mortes »

27 mai 2017 concert champêtre du Débuché de Provence au profit de la chapelle (tract joint)

31 mai 2017 consécration de nos deux associations au Cœur Immaculé de Marie à N.D. du Laus : départ en car d’Avignon au prix de 50€ p.p. Inscriptions auprès de Claudia Mestelan 04 90 20 08 70 ou par mail (tract joint)
Debut août 2017 clan des routiers de Versailles : chantier d’été à St Hilaire
2 – 9 octobre 2017 voyage-pèlerinage en Macédoine
18 novembre 2017 assemblées générales des deux associations à Avignon
24 décembre 2017 Noël à St Hilaire

Quel anniversaire !

Soixante-dix ans de mariage, onze enfants, une myriade de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants, c’est le bel héritage qu’ont acquis et que nous laissent Monsieur et Madame Pierre Devillers. Le samedi, 4 février, nous étions nombreux à assister à la messe jubilaire de ce couple bénit par Dieu, qui apporte par l’exemple de sa fidélité, de sa générosité et aussi de sa sainteté un démenti vibrant à la décadence des mœurs en portant haut la valeur du mariage chrétien. La messe du Cœur Immaculé de Marie a été célébrée par les enfants de cet heureux couple jubilaire en l’église de l’Abbaye Notre Dame de l’Annonciation au Barroux. La fin de la cérémonie a été rehaussée par la lecture de la bénédiction spéciale accordée par le pape François et le chant du « Te Deum ». M. Devillers a exercé une vie professionnelle d’ingénieur dans le département de la Somme, avant de découvrir les charmes de la Provence où ils résident maintenant l’hiver. Sur leurs onze enfants, ils en ont donné quatre à l’Eglise (trois prêtres et une sœur religieuse) Mère Placide, mère abbesse de l’Abbaye du Barroux. Tous nos vœux vous accompagnent « ad multos annos » et merci pour cette belle leçon de courage et de vie qui révèle la force d’une famille chrétienne et la puissance de Dieu.

Les larmes du drapeau


J’ai longuement flotté sur les champs de bataille,
Résistant bravement aux coups de la mitraille
Maintes fois ma voilure épongea dans le vent
Le sang des soldats morts, les pleurs des survivants.
Au sommet du pays je dressais mes couleurs,
Témoignage vibrant de la Foi, de l’Honneur
Les anciens devant moi soulevaient leur chapeau
Qui-y-a-t-il de plus beau que l’amour d’un drapeau ?
Ma hampe fut brisée par des mains étrangères
Lacérés, mes beaux plis sanglotaient en silence
En voyant que ces doigts s’attaquaient à la France
Devant la foule haineuse, on me jeta à terre

Un instant je pensais : « nous sommes donc en guerre ! »
Ici nul n’accourut pour calmer ma douleur !
Les uniformes bleus trépignaient de colère,
Mais leur chef, tout-là-haut, préservant sa carrière
Me laissa sans mot dire aux mains de mes bourreaux

Quand mon pays me laisse ainsi succomber, seul

Je mourus sans qu’une arme quitte son fourreau

Je ne suis plus drapeau, mais je deviens linceul.
Ce soir je regrettais de porter ces couleurs,

Car une part de la France est morte dans mes pleurs
Lt-colonel Michel Brault

Cotisations 2017

Avec le N° 32, certains ont déjà envoyé leur cotisation et nous les en remercions chaleureusement. Cet appel urgent s’adresse donc aux adhérents qui, emportés par les soucis de la vie, ont « oublié ». En cette période difficile, plus que jamais, votre association a besoin de votre aide pour bâtir les oratoires, couvrir St Hilaire et …payer le bulletin et son envoi (plus de 500 membres). D’avance merci.

Associations « La Route de l’Europe chrétienne » « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire » 64 rue de la Frâche 84740 Velleron Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesaint-hilaire.fr

Bulletin N° 25

N° 25

8 décembre 2014

EDITORIAL Noël, Noël, voici le Rédempteur

Chers amis,

Lorsque vous recevrez ce bulletin, Noël ne sera pas très loin. Chaque année, sa douce lumière nous aide à naître à une autre vie, à renaître à l’image de l’Enfant Jésus dont la fulgurante naissance porte les espoirs d’un monde toujours en quête d’un impossible apaisement.

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Après le voyage pèlerinage qui nous a conduits en Lituanie à la Colline des Croix, avec la veillée de Noël qui aura lieu dans l’après-midi du 24 à St Hilaire, nos deux associations terminent l’année dans la joie et l’amour d’un Dieu Père inlassablement aimant. Permettez-moi en guise de cadeau d’offrir à chacune et chacun de vous cette surabondante moisson de grâces qui a inspiré nos actions. En ces temps de persécution des chrétiens, plutôt que de gémir, il nous a semblé préférable d’agir en manifestant publiquement notre foi. Le pèlerinage en Pologne et Lituanie que vous trouverez admirablement décrit et analysé dans ce numéro par Jacqueline Picoche, que je remercie, nous a décidé à ouvrir la colline des Croix en France. Nous allons l’inaugurer le 28 décembre à Chantemerle-les-Blés (Drôme).
Quelques jours avant, le 24 décembre, nous aurons eu la veillée de Noël à St Hilaire se terminant par la sainte messe célébrée sur l’antique pierre d’autel qui a été miraculeusement retrouvée. Après plusieurs siècles d’interruption, les anges et St Michel nous offriront le plus beau des concerts de Noël !
Ces deux évènements auxquels je vous invite à participer nombreux, marquent notre volonté « de ne pas subir » en cédant au relativisme ambiant, au découragement, à l’abandon. Nous aimons tous Dieu, mais il ne suffit pas de le dire, encore faut-il le prouver par des actes concrets, indiquant notre détermination.
Nous en sommes loin: sur un total de 261 membres à la Route de l’Europe chrétienne, 80 seulement ont payé leur cotisation et une vingtaine seulement s’est déplacée pour l’assemblée générale. La négligence, l’oubli ou la paresse ne sont plus de mise lorsque l’ennemi est aux portes de la cité et qu’il décapite nos frères et vend nos sœurs comme des esclaves. Le bulletin que nous rédigeons et que nous vous adressons par la poste a un prix. Nous ne recevons aucune subvention de l’Etat, ni du diocèse. Pour nous, chacune de vos participations est importante. S’il vous plaît, prenez la bonne résolution de régler votre cotisation dès l’arrivée du présent bulletin. Je vous en remercie.
Les nouvelles de St Hilaire vous brosseront l’avancement des travaux: oui, l’abside est totalement réhabilitée grâce au travail extraordinaire de Marc et Cyrille, grâce à l’aide de Pierre, Jean-Pierre, Emmanuel et sa famille, grâce aux routiers de Baudouin, grâce à Annie, la courageuse, qui s’est cassé le bras en transportant ses outils de jardinage. Oui, l’abside est redressée, elle est couverte, elle fait l’admiration de tous.
Je n’oublie pas de remercier nos bienfaiteurs qui nous ont envoyé leurs deniers parce qu’ils ont confiance en nous et qu’ils partagent le même amour du Patrimoine, ils méritent amplement nos prières : le Crédit Agricole de Beaumes de Venise, les Ciments Lafarge, Sauvegarde de l’Art Français, les VMF Vieilles Maisons Françaises, l’imprimerie MG, Monsieur le Député Jacques Bompard. A cette liste il faut ajouter les noms de nombreux habitants de Beaumes, l’abbaye Ste Madeleine du Barroux, l’abbaye N.D. de l’Annonciation et tous nos adhérents dont certains ont fait parfois de gros chèques pour nous aider à payer les salaires de nos maçons et toutes les petites mains, souvent anonymes, qui sont venues travailler avec nous dans la chaleur de l’été. Dans la nuit étoilée de Noël, lorsque nous chanterons l’arrivée du Rédempteur, soyez sûrs qu’aucun de vous ne sera oublié. Si vous ne pouvez être à St Hilaire, chantez quand-même là où vous êtes avec nous, chantez avec St Michel et tous les anges « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux. Alleluia ! » et merci st Joseph et st Hilaire !

Robert Mestelan, Président de la Route de l’Europe chrétienne
Vice-président de Sauvegarde de la chapelle St Hilaire

Femen: en Alsace, le blasphème est passible de trois ans de prison

par Caroline Parmentier, journal Présent

Quand j’étais enfant, au cours d’une messe à laquelle j’assistais avec grand-mère, une femme a fait brutalement irruption par une porte latérale, très affairée, traînant de gros sacs, tournant la tête en tous sens, éructant des insultes. Ayant posé ses paquets, elle se mit soudain à se déshabiller comme si elle avait d’un coup très chaud. Jusqu’à tout enlever. Il y eut un moment d’agitation, des fidèles accoururent pour la faire sortir fermement. « C’est une folle », me glissa dans l’oreille ma grand-mère, « elle ne sait pas ce qu’elle fait».
Hier, dans la cathédrale de Strasbourg, il s’est passé peu ou prou la même chose, sauf que la fille savait très bien ce qu’elle faisait, qu’on l’a laissée grimper sur l’autel et insulter le pape sans moufter, que les nombreux journalistes convoqués par ses soins l’ont même complaisamment photographiée comme s’il s’était agi de Kate Middleton, et qu’elle s’est ensuite volatilisée sans que personne ne se mette en travers de son chemin, alors qu’un dispositif policier plus qu’impressionnant était déployé dans toute la ville à l’occasion de la visite du pape.
Ma grand-mère n’est pas Hibernatus, et c’est heureux comme ça. Car c’est nous, cette fois, qu’elle prendrait pour des fous, des zinzins, des allumés, des dingos. Et en plus, de sacrés pleutres.

Comment pourrait-elle savoir, ma grand-mère ? Qu’il est impossible d’intervenir. Attendu que ceux qui ont tenté de le faire, dans le cadre, du reste, de leur travail, comme à Notre-Dame, ont été condamnés. Sans que les filles, elles, ne soient inquiétées. Malheur à qui casse un ongle des Femen ou leur marche sur le doigt de pied. Tout le monde a un boulot, des enfants à élever, un compte en banque pas forcement extensible, un casier judiciaire que l’on préférerait voir rester vierge. Alors, on ne s’en mêle pas.

Anne Hidalgo les trouve « émouvantes » (sic), et éprouve pour elles « bienveillance et respect ». François Hollande leur dit « qu’il les comprend » et affirme qu’elles ne sont pas des « malades mentales ». Ce qu’elles font est donc, selon lui, sensé. À en croire Caroline Fourest, il s’inquiéterait d’elles, à l’instar de Valls, quand elles sont en situation délicate. Il a même choisi l’une d’entre elles en guise de Marianne sur un timbre. Du côté des journalistes, il y a près de dix jours, Audrey Pulvar affirmait qu’elle soutenait « totalement » les Femen. Dans tout ce qu’elles entreprennent, donc.

On me dit que Bernard Cazeneuve a condamné fermement « l’incident » qui constitue selon lui « un outrage et une provocation ». Bel effort. Il se trouve justement que le Code pénal local alsacien, hérité du Concordat, prévoit un délit de « blasphème », potentiellement passible de trois ans de prison… On attend donc la suite. Car si rien ne se passe, quelle sera l’étape suivante ? Enlever le bas ? Bof. Moyennement transgressif. Rajouter des plumes ? Bof. Au Crazy Horse, il y a les mêmes. Alors, quoi ? Détruire les calvaires, la statuaire? Archi vu. Taper sur l’Église en France est aussi original qu’aller pincer Poil de carotte au fond de la remise. Pour qui voudrait à la fois, comme elles le disent, attaquer l’obscurantisme religieux et défendre la femme, il y aurait bien un plan inédit. Je ne dis pas que c’est une bonne idée. Je ne dis pas que ce ne serait pas contre-productif. Je dis qu’en tout cas, ce serait « courageux », comme elles prétendent l’être. La femme s’appelle Asia Bibi. L’action se passerait au Pakistan.

Nouvelles de la chapelle St Hilaire

L’abside

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Victoire de l’été 2014,

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par l’association Sauvegarde qui, sans mesurer sa peine (début du chantier à 6h30) a réussi à relever le chevet et à couvrir de pierres plates le toit de l’abside.

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Sans l’aide de Pascal Girard, la vaillante entreprise de Beaumes qui a transporté les matériaux, jamais ce défi incroyable n’aurait pu être gagné.

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A l’intérieur, sous le superbe cul de four créé par Marc et Cyrille, la pierre d’autel et les chapiteaux d’origine ont retrouvé leur place. Oui, St Hilaire ressemble maintenant à une église. Prochaine étape: le transept et les fenêtres en 2015. St Hilaire revit.

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Le chœur, massif en rond et 2ème restanque

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A l’ouest, le mur en rond termine maintenant les murettes du parvis. Dans la pente sud, les routiers du Barroux ont redressé la murette gravement effondrée. Fin août, les iris plantés au pied des murs en pierre sèche, donnent à nos jardins la couleur du ciel.

9ème Voyage-pèlerinage : en Pologne et Lituanie du 8 au 22 octobre 2014

par Jacqueline Picoche

LE PROGRAMME CI-DESSOUS permettra au lecteur de se repérer quand la raconteuse prendra des libertés avec l’ordre chronologique

Mercredi 8 octobre: Arrivée à Varsovie dans la matinée. L’après-midi, à Niepokalanow, visite du sanctuaire du père saint Maximilien Kolbe

Jeudi 9 octobre: départ pour Malbork (alias Marienborg), visite du château et histoire des Chevaliers Teutoniques.

Vendredi 10 octobre: départ pour Gdansk (alias Dantzig). Visite de la vieille ville. L’après-midi, visite du chantier naval d’où est partie la résistance de Solidarnosc contre le communisme.

Samedi 11 octobre: Le matin, trajet en bateau jusqu’à Westerplatte où les Nazis ont déclenché la 2ème guerre mondiale. L’après midi on s’arrête en route dans un joli village où un mariage nous empêche de célébrer la messe à l’église (sanctuaire marial et lieu de pèlerinage). Il faut se replier sur la chapelle des sœurs, installée au troisième étage, dans le grenier de leur maison. On gagne en soirée, à Olsztyn, ville en grimpette, une très confortable résidence, après avoir traîné nos valises dans les raides escaliers du pourtour du château.

Dimanche 12 octobre: La longue route que nous avons à faire est coupée par l’arrêt, en Mazurie, non loin d’Augustow, au charmant sanctuaire de Notre-Dame du Puits, édifié sur le lieu d’un antique ermitage, en forêt, entre deux lacs. On quitte la Pologne pour la Lituanie et on s’installe, le soir, à Vilnius (alias Wilno) chez les frères de St Jean qui disposent de l’ancien couvent des Trinitaires. On y célèbre la messe dans la simple et charmante chapelle d’hiver des frères.

Lundi 13 octobre: Visite, le matin, de la vieille ville, et l’après-midi, du Parlement, d’une maison où a habité Ste Faustine Kowalska, et pour terminer, d’un cimetière où les tombes, dont certaines fort artistiques, s’éparpillent sous les arbres d’un grand parc forestier, et où reposent un certain nombre de Français, grognards de la Grande Armée, morts de faim et de froid à Vilnius pendant la retraite de Russie, dont Robert nous lut, en chemin, d’épouvantables récits.

Mardi 14 octobre: Le matin, visite de la cathédrale et de l’église St Pierre et St Paul. L’après-midi, en attendant (vainement) un couple de pèlerins qui devaient nous rejoindre et avaient raté une correspondance d’avion, on fait la con-naissance d’un artiste lituanien, Vaidotas Kvasys, et on visite son exposition de gravures sur cuivre illustrant les visions de ste Faustine. On admire (plus ou moins selon les goûts) un grand tableau de lui, représentant l’Apocalypse. En fin d’après-midi, départ pour Baltriskes, hameau perdu dans la campagne du nord-est de la Lituanie, aux confins de la Lettonie et de la Biélorussie. Le soir, installation chez les frères de Tibériade.

Mercredi 15 octobre: Causerie du frère François sur la communauté de Tibériade, visite de l’église en bois et de son clocher extérieur, visite de la ferme des frères, et promenade dans la campagne. Journée de repos pour le chauffeur.

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Jeudi 16 octobre: en fin de matinée, après la messe, bénédiction solennelle de l’oratoire st Jean Baptiste. Verre de l’amitié et festin partagé avec plusieurs Lituaniens.
L’après-midi, marche dans la forêt jusqu’au mémorial du massacre de 8000 juifs [Les juifs étaient jadis nombreux en Lituanie. Ils avaient même appelé Vilnius “la nouvelle Jérusalem”. Pendant leur occupation du pays, les Allemands s’employèrent à les exterminer. Nous avons récité à leur mémoire un De Profundis. Ce lieu est une sorte de petit Katyn]. Ensuite, visite de la chapelle de Stelmuze, près d’un lac et d’un chêne millénaire, et retour pour notre dernière soirée à Baltriskes.

Vendredi 17 octobre: Le matin, sanctuaire marial de Siluva. L’après-midi, visite de la colline des Croix.

Samedi 18 octobre: Retour en Pologne. On roule toute la journée en direction de Varsovie qu’on atteint le soir après un nouvel arrêt à Notre-Dame du Puits où notre chanoine célèbre la messe. On s’installe, au quartier nord de Zoliborz, dans la confortable maison Dom Amicus, tout près de l’église moderne St Stanislas Kostka. Le bienheureux Jerzy Popieluszko y fut vicaire, y soutint Solidarnosc de ses homélies enflammées, fut assassiné, et sa tombe, très vénérée, se trouve dans le jardinet adjacent.

Dimanche 19 octobre: Journée libre à Varsovie: le matin, la raconteuse se promène dans le quartier, et découvre sur un des côtés de la place Wilson, autour d’un ancien fort reconstruit à neuf et désormais lieu de loisirs, un très joli parc. De retour à la résidence, elle assiste à la télé, à la béatification de Paul VI. L’après-midi, quelques uns vont au musée Chopin, d’intérêt moyen, après avoir pris le métro place Wilson, dans la plus belle station de la ville. Oh ! ce plafond moderne vraiment superbe! Pendant ce temps, les organisateurs et la traductrice s’occupent d’une pèlerine qui a fait une mauvaise chute… et la journée se termine par le grand concert en l’honneur du 30e anniversaire de l’assassinat de Popieluszko

Lundi 20 octobre: Le matin, visite de la vieille ville. L’après-midi, musée de l’Insurrection.

Mardi 21 octobre: Le matin, musée national. Après-midi libre.

Mercredi 22 octobre: départ pour l’aéroport et retour en France.

UN PÈLERINAGE EXCEPTIONNEL
Exceptionnel, il le fut à divers points de vue: D’abord et surtout par l’intérêt de lieux ignorés de la plupart des touristes français, visités (sauf quelques épisodes pluvieux) par un temps plus clément que de saison; par sa longueur: deux semaines; par l’intensité des prières qui meublaient les longs trajets en car et les arrêts dans les sanctuaires, les angélus s’enchaînant aux chapelets, les chapelets aux litanies, les litanies aux lectures et les lectures aux cantiques; enfin par les efforts qu’il a demandés aux pèlerins.

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Robert et Claudia Mestelan, qu’on ne saurait trop remercier et admirer d’avoir tout prévu et organisé, avaient recruté trois accompagnateurs:
Un chauffeur, Stanislas, qui ne parlait que le polonais, mais nous a conduits sans problèmes de l’aéroport de l’arrivée à l’aéroport du départ.

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Une charmante traductrice, Ewa, professeur de français et d’italien, en chômage faute d’élèves pour apprendre ces langues. [la perte d’influence de la France en Pologne est évidente: dans les musées, les inscriptions à l’usage des étrangers sont uniquement en anglais, les voitures françaises sont quasi absentes: une Renault de loin en loin, une Peugeot rarissime, dans un flot de japonaises avec une forte minorité d’allemandes. Toutefois, dans une parfumerie de Varsovie, on pouvait acheter les champoings du Petit Marseillais, et à Baltriskes, sur la table du festin, figuraient des bouteilles de Bordeaux] À noter que nos deux accompagnateurs polonais ont participé à nos messes et à nos prières comme de véritables pèlerins. [En Lituanie comme en Pologne, républiques “laïques” mais pas à la manière française, nous étions en pays catholiques.]

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Enfin, un aumônier, notre fidèle chanoine Trauchessec, qui célébra notre messe quotidienne, et confessa ceux qui avaient envie de se confesser. Il est membre de l’institut de droit pontifical du Christ-Roi Souverain Prêtre qui a obtenu de Rome le privilège de ne célébrer que l’ancienne messe, de sorte que notre ordinaire fut chaque jour “extraordinaire”. [Ce privilège ne doit pas plaire à l’évêque de Vilnius: Le 14 octobre à 7 heures du matin, dans la chapelle haute de la Porte de l’Aurore, devant l’icône de la Mère de Dieu, la plus vénérée de la ville, alors que notre cher chanoine était déjà revêtu de la chasuble, intervint le sacristain : “La messe tridentine est interdite dans ce diocèse”. Il fallut se rabattre sur la chapelle des frères de St Jean où, apparemment, elle n’est pas interdite, ni d’ailleurs à Baltriskes ni à Siluva. Le sacristain avait-il outrepassé ses fonctions ? Toujours est-il que le cardinal chargé à Rome de la commission Ecclesia Dei fut averti de cet incident].

Nous étions en tout 26 (y compris Marguerite-Marie et Emmanuel qui parvinrent à nous rejoindre à Baltriskes). Donc 21 pèlerins de base, dont la moyenne d’âge devait tourner autour de 77 ans, avec une majorité d’octogénaires. Ils apprécièrent tout le long du chemin la cuisine polonaise, simple familiale, roborative, les bonnes soupes et les petits déjeuners pantagruéliques, mais il leur fallut se contenter, chez les frères de St Jean d’un confort rustique, et chez les frères de Tibériade d’un confort ascétique. Quand elle constata qu’il faudrait y coucher en dortoir sur de simples matelas de mousse de plastique posés sur le sol du grenier, la raconteuse se dit que les organisateurs étaient fous de condamner des vieillards à faire la pénible gymnastique consistant à se relever quand on est par terre. Elle se demanda si c’était en l’honneur de la Sainte Trinité qu’il faudrait passer trois nuits là où on était le plus mal, se dit que si elle avait su, elle ne serait pas venue… et puis, ma foi, tout le monde s’est accommodé de la situation et le séjour s’est bien passé. Mais, même là où le confort était normal, voire excellent, il fallait se lever tôt, monter les valises dans les escaliers quand il n’y avait pas d’ascenseur et faire de longues marches rapides dans les lieux inaccessibles au car.

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Les participants n’oublieront pas de sitôt leur marche jusqu’au mémorial juif sous la pluie (un de nos rares jours de pluie), dans une allée forestière complètement défoncée par les tracteurs, avec des mares, des ornières pleines d’eau, de la mousse spongieuse… C’est miracle si personne n’est tombé dans la boue! Il y eut une chute plus tard, dans un endroit où on ne l’aurait pas imaginée: dans le couloir central de l’autocar! Une chute grave avec fracture, hospitalisation, nécessité de rentrer en avion allongée sur une civière… Bref, les vingt qui sont rentrés en France sains et saufs étaient enchantés d’avoir beaucoup vu et appris, d’avoir prié tous ensemble en bonne amitié, et fiers d’avoir tenu le coup. Ce pèlerinage exceptionnel nous a donné beaucoup à réfléchir et à méditer et les méditations des 26 devaient être 26 méditations différentes. C’est pourquoi la raconteuse (en abrégé LaR), qui ne veut pas imposer aux autres sa propre vision des choses, prendra soin, quand elle passera du simple énoncé des faits au commentaire, de le signaler en précisant “LaR se dit que…” ou autre formule analogue.

POLOGNE ET LITUANIE
Deux pays tard christianisés. La Pologne, pas avant le Xe siècle. Quant à la Lituanie, elle était encore païenne en 1386 quand son grand duc Jagellon se fit baptiser en épousant la reine Hedwige de Pologne. Alors que le grand voisin russe optait pour Constantinople, la Pologne, et à sa suite la Lituanie, optèrent pour Rome. Il paraît que tout un folklore païen subsiste en Lituanie, et même en Pologne on trouve sur la grand place de la vieille ville de Varsovie un objet bien étrange: une fontaine surmontée de la statue d’une sirène qui, d’une main brandit une épée et de l’autre tient un bouclier. Cette créature née dans la Baltique aurait remonté la Vistule jusqu’à Varsovie dont elle se serait proclamée la protectrice… LaR la rapproche d’autres ondines nordiques, sœurs lointaines de celles de l’Odyssée, la Petite Sirène d’Andersen dont la statue orne le port de Copenhague, et la Lorelei qui, par son chant, attire au fond du Rhin les imprudents qui l’écoutent. Un poème de Mickiewicz, le Victor Hugo polonais, sur un thème analogue a inspiré la 3e ballade de Chopin.

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Et la Lituanie serait passée d’un catholicisme encore tout jeune au calvinisme si, en 1610, au village de Siluva, la Mère de Dieu en personne n’avait pas redressé la situation en apparaissant – chose unique dans les annales – à un Protestant, auquel elle exprima ses regrets de constater que dans ce lieu où naguère le corps et le sang de son Fils étaient honorés y étaient désormais méprisés. Cette apparition fit grand bruit, ramena les Lituaniens à la vraie foi, et Siluva devint un lieu de pèlerinage. Une grande esplanade destinée aux processions sépare l’ancienne église en brique, richement décorée à l’intérieur, d’une chapelle moderne hypersulpicienne où nous pûmes communier à côté du rocher où Notre-Dame posa ses pieds. Toujours est-il qu’une fois implanté, le catholicisme prospéra et qu’aujourd’hui encore, malgré, dit-on, la concurrence de quelques sectes, ces deux pays sont peut-être, en Europe, ceux où il est le plus vivant. Certaines belles églises modernes, comme cette Sainte Barbara de Gdansk, aux vitraux remarquables, où nous eûmes la messe, ne sont pas indignes des églises anciennes aux retables dorés, qui se partagent entre le gothique flamboyant aux voûtes en étoile, et le baroque, avec foison de décorations en stuc. L’église St Pierre et St Paul de Vilnius ne compterait pas moins de deux mille statues! Plus modeste, mais plus touchante, la petite chapelle de Stelmuze, du XVIIIe s.,

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tout en bois, entièrement chevillée, sans un clou, possède, à l’intérieur, une décoration en stuc d’une beauté stupéfiante. On nous a signalé comme une curiosité, dans le voisinage, l’existence d’un village orthodoxe de “vieux croyants”, ces “intégristes” qui ont résisté aux réformes de Pierre le Grand et dont quelques uns – leurs descendants en sont la preuve – ont survécu au drame mis en musique par Moussorgsky dans la Kovantchina.

La Pologne n’est pas “riche” selon les critères occidentaux. Disons qu’elle est un peu plus pauvre que la France, du moins apparemment et pour le moment. Le zloty vaut un quart d’euro et les prix sont favorables aux Français. Les chômeurs sont nombreux et ne reçoivent une aide, inférieure au smic polonais, que pendant un an. Il se peut que ce soit la faiblesse des aides et allocations qui ait préservé l’homogénéité de la population, dans laquelle on ne remarque pas de “diversité” comparable à celle que la France accueille si généreusement. La guide qui nous a parlé, aux chantiers de Gdansk, déplorait la “fuite des cerveaux” et l’exil en Amérique de trop de jeunes Polonais diplômés. Varsovie, qui est une ville très étendue, n’a encore qu’une seule ligne de métro. Le nord du pays manque un peu d’autoroutes. Partis de Malbork pour Gdansk, nous fumes bloqués par un accident, pendant une bonne demi-heure, devant un paysage marécageux parfaitement plat où un méandre de rivière simulait un lac. Des cygnes s’y ébattaient. Une demi-heure à rêver au “Lac des Cygnes”! Ceci dit, LaR, qui a connu la Pologne en 1981, aux jours glorieux de Solidarnosc, est en admiration devant la vigueur avec laquelle les Polonais ont redressé leur pays et ont sauvé leur patrimoine architectural en restaurant à l’identique les monuments historiques bombardés, en reconstituant leurs vieilles villes et en faisant de Varsovie en ruines, une grande capitale occidentale.

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La Pologne est riche par rapport à la Lituanie, qui n’a guère comme ressources naturelles que l’ambre de la Baltique et le lin, et qui a eu encore davantage à souffrir de la guerre et de la période soviétique. Alors que la Pologne n’était qu’une nation satellite de l’URSS, la Lituanie y avait été entièrement intégrée de force et n’est devenue indépendante qu’en 1991. Les Soviétiques avaient déporté en Sibérie un tiers (oui, un tiers!) de sa population, soit environ un million de personnes. Il semble que le projet de remplacer ce tiers par des Russes n’ait pas abouti. Nous n’avons pas entendu parler de problème de russophonie, comme en Ukraine, dans ce pays dont les natifs parlent une langue indo-européenne non slave, très archaïque, sans aucune parenté, sinon très lointaine, avec le polonais ni le russe. Quand on entre dans Vilnius on a l’impression d’une de ces capitales d’Europe de l’Est (Roumanie, Bulgarie) qui ont du mal à se remettre du communisme. La vieille ville aux multiples clochers et le centre ville ont été bien restaurés, mais il reste beaucoup à faire et l’argent manque.

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Le couvent où résident les frères de St Jean a une grande église du XVIIe s. avec une haute coupole qui aurait bien besoin de ravalement. Ils n’ont pas le premier litas des millions que cela coûterait. La visite du Parlement de Vilnius fut très intéressante, moins par le bâtiment lui-même que par la personnalité de nos guides. Le premier, dans un français savoureux, et avec une pointe d’humour nous dépeignit la vie politique lituanienne comme une alternance pendulaire entre la droite et la gauche, avec un gouvernement féminin, la présidence et les principaux ministères étant occupés par des dames. Notre deuxième guide était précisément une dame, députée, dont les Mestelan avaient fait la connaissance à Rome. Ses préoccupations étaient les mêmes que les nôtres en matière de bioéthique (avortement, euthanasie, mariage gay etc.). Ajoutons que selon les frères de Tibériade, les Lituaniens sont proches des Ukrainiens occidentaux et hostiles à Poutine. Il faut dire que la Lituanie est membre de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004, fait partie de l’Espace Schengen depuis le 21 décembre 2007 et ambitionne de passer à l’euro. La pauvre!

Tout au long de ce voyage, la réflexion de LaR s’est souvent portée sur la notion d’identité: identité des individus (“Moi”, qui suis un autre que “Toi”, tantôt mon “ami“, tantôt mon “ennemi”, toujours mon “prochain” que notre sainte religion m’oblige à “aimer comme moi-même”), les identités des familles, des groupes sociaux, des “nations”, tenues pour “patries”, qu’elles aient ou non statut d’“États”. L’identité est une chose si fondamentale dans le psychisme humain qu’elle est inscrite dans notre système des pronoms personnels. Le locuteur qui dit “Nous” affirme qu’il fait partie d’un groupe homogène distinct du groupe auquel il dit “Vous”. Il y a “les uns” et “les autres’’. Or nous voilà en présence de deux pays sans frontières naturelles. La Lituanie, ce petit pays qui compte aujourd’hui 3 millions d’habitants, a fait partie pendant des siècles du royaume de Pologne depuis le jour du 18 février 1386 où la reine Hedwige épousa le grand duc Jagellon. Dans la cathédrale froidement classique de Vilnius, une belle chapelle baroque conserve les grandes statues en argent des rois et des reines polono-lituaniens. Eh bien, dès que la chose lui a été possible (rarement dans l’histoire, il faut le dire), la Lituanie a choisi d’être indépendante. Les Lituaniens entretiennent avec les Polonais des relations de bon voisinage, mais ils ne sont pas des Polonais.

Et les Polonais eux-mêmes, dont le pays a été trois fois partagé entre la Prusse (protestante et germanophone), la Russie (orthodoxe et russophone), et l’Autriche (catholique et germanophone)? Une amie polonaise de LaR lui a affirmé que la partie de la Pologne sous domination autrichienne n’a pas été malheureuse, bien au contraire. Et pourtant, se sont-ils laissé assimiler? Non! Ils ont résisté, ils sont restés polonais. Comment ont-ils fait? Les deux points d’appui principaux de la résistance sont évidemment la langue et la religion, auxquelles s’ajoute le souvenir de quelques glorieux évènements historiques devenus plus ou moins mythiques.

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Napoléon, grand chambouleur des identités européennes, occupe Vilnius pendant 19 jours en 1812. Il y est accueilli en libérateur et y recrute 13 régiments lituaniens à intégrer à la “grande armée” partie à la conquête de Moscou. Il est moins fier au retour. C’est un rêve d’unité européenne qui s’écroule. Ce ne sera peut-être pas le seul. De même que les Terrestres, n’en déplaise aux mondialistes, ne pour-raient dire “Nous” d’une seule voix que par opposition à des Martiens (mais les Martiens n’existent pas), de même les Européens, unis dans leur diversité, ne pourraient dire d’une seule voix “Nous” au reste du monde, qu’en se montrant fiers de leurs “racines chrétiennes” et de tout ce qu’ils ont pu offrir à ce reste du monde en matière d’arts, de science, d’inventions, et de bonnes mœurs, justement grâce à leur civilisation chrétienne. Ce n’est pas précisément l’idéologie de l’Union Européenne. Combien de temps cette idéologie nous sera-t-elle imposée ?

WESTERPLATTE
La guerre peut être considérée comme une pathologie des identités. Un “Nous” dynamique et conquérant attaque un “Vous autres” qu’il considère inférieur à quelque point de vue et qui, à son tour, devient un “Nous” qui se défend plus ou moins héroïquement contre le “Vous” de son injuste agresseur. Le “Nous” de Hitler, extrêmement dynamique et conquérant, décida d’en finir avec une stupidité du traité de Versailles, le “corridor de Dantzig (alias Gdansk)”, seul accès à la mer Baltique laissé à la Pologne, qui séparait la Prusse-Orientale du reste de l’Allemagne, et d’en profiter pour annexer l’ensemble du territoire polonais. Dantzig était alors une “ville libre” placée sous la protection de la Société des Nations. Toutefois, depuis 1924, la Pologne avait le droit d’y avoir “un dépôt de munitions protégé » qui se trouvait à Westerplatte, une petite presqu’île boisée qui contrôle l’accès du chenal menant au port. Hitler avait déjà annexé, sans réaction significative des alliés, la Ruhr, l’Autriche, et la Tchécoslovaquie. Il pensait qu’il en serait de même cette fois encore. De toute façon, si réaction il y avait, il était prêt à la guerre. La réaction eut lieu, et le vendredi 1er septembre 1939, la seconde guerre mondiale commença.

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La garnison de Westerplatte comprenait 180 soldats. Elle était commandée par le major Sucharski qui la renforça en creusant des abris souterrains et sept tranchées à des endroits stratégiques, pour bloquer l’accès à la bande de terre la reliant au continent, tous travaux faits de nuit, pour échapper à la vue d’Allemands postés sur les toits d’entrepôts des quais, qui les observaient pendant la journée. De son côté, le général allemand Eberhardt disposait de 1.500 SS répartis en 225 commandos d’élite, et le contre-amiral Kleikamp avait positionné son navire, le Schleswig-Holstein, alors en “visite de courtoisie”, de façon à pouvoir bombarder Westerplatte. Le premier assaut commença le 1er septembre lorsque des soldats allemands arrachèrent une barrière à la frontière polonaise et que, à 4 h 48 du matin, le navire de l’amiral Kleikamp ouvrit le feu. Huit minutes plus tard, les commandos allemands montaient à l’assaut en trois escouades. Les soldats polonais réussirent à arrêter leur progression. Les Allemands en difficulté firent appel à l’aviation. Le 3 septembre, 60 avions de la Luftwaffe bombardèrent les casemates polonaises qui abritaient les derniers stocks de nourriture. Après délibération les Polonais décidèrent néanmoins de continuer la lutte et ne hissèrent le drapeau blanc que le 7 au matin. Les prouesses du commandant Sucharski avaient retardé l’occupation allemande de la côte polonaise pour une durée courte, mais suffisante pour sauver la marine polonaise. Sucharski se rendit à Kleikamp qui lui rendit son sabre en l’honneur de son courage et les soldats allemands se mirent au garde-à-vous lorsque la garnison quitta Westerplatte et qu’ils purent hisser sur la place conquise le drapeau du Troisième Reich.

Les Allemands pensaient venir à bout en douze heures de la garnison de Westerplatte. Sa longue résistance fut pour eux une considérable humiliation et pour les Polonais un de ces sujets de fierté qui permettent aux vaincus de garder le moral et de ne pas se sentir humiliés. Les pertes en hommes étaient beaucoup plus importantes du côté allemand que du côté polonais. Un monument aux morts fut érigé. Notre deuxième matinée à Gdansk fut consacrée à aller leur rendre hommage.

SOLIDARNOSC ET LE BIENHEUREUX JERZY POPIÉLUSZKO
Comment la Pologne, trois fois partagée entre ses puissants voisins depuis 1772, et qui n’a retrouvé son indépendance qu’en 1918, a-t-elle réussi à sauvegarder son identité nationale, religieuse et linguistique? Elle s’est rassemblée autour de l’Église catholique, et s’est livrée périodiquement, surtout à l’égard de la Russie, à des insurrections dont les résultats furent toujours décevants, à l’exception de celle qui a abouti à la reconnaissance de Solidarnosc. Après l’insurrection de Kosciuszko en 1794, celle du royaume de Pologne en 1830-1831, après le soulèvement de Cracovie en 1846, l’insurrection de 1861-1864 a pour résultat une dure répression et une tentative de russification complète de la Pologne sous domination russe. Et plus près de nous, suite au partage du monde à Yalta, on recommence, contre une Russie qui n’est plus celle des Tsars, mais des Soviets… Dès juin 1956, à Poznan, des émeutes où les ouvriers crient “Nous voulons du pain”! éclatent et prennent une telle ampleur que des généraux russes sont envoyés diriger quelques régiments de l’armée polonaise pour les réprimer. Des morts et des arrestations en grand nombre! Solidarnosc n’oublie pas cette première insurrection et l’une de ses premières initiatives, après les accords de Gdansk, est de lui faire édifier un monument commémoratif.

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Bien que réprimées, les insurrections polonaises eurent au moins l’efficacité de “barouds d’honneur”, ces combats qu’on sait ou qu’on présume perdus d’avance, mais qu’on livre néanmoins, afin de pouvoir résister à l’humiliation et ne pas tomber dans le désespoir. Les acteurs de ces glorieuses défaites deviennent des héros nationaux dont on vénère la mémoire et qui servent d’exemple aux générations nouvelles. Le major Sucharski est incontestablement un de ces héros. Le bienheureux Jerzy Popieluszko, dont nous allons avoir à parler, en est un autre.

La Pologne entretient soigneusement leur mémoire. Juste avant de quitter Varsovie, à Wilanow, dans la banlieue sud, nous avons visité un “Temple de la Divine Providence” en construction, qui est destiné à servir de panthéon aux grands hommes de la Patrie et qui abrite déjà un musée Jean-Paul II. À Varsovie même, à la sortie de la vieille ville et à l’orée d’un grand parc, comme sous l’Arc de Triomphe de Paris, brûle une flamme qui doit être constamment ravivée. Des soldats montent la garde auprès d’elle dans un garde-à-vous impeccable et une immobilité de statue. Mais, sur le monument qui la protège, ce n’est pas depuis 1789, mais depuis 966, date du baptême du premier roi de Pologne, que sont mentionnées les principales batailles de l’histoire polonaise.
Parmi les grands hommes de la Pologne, il en est un auquel nous avons adressé une petite prière d’actions de grâces, devant son monument, sur le boulevard qui entoure la vieille ville de Varsovie : le roi Jean Sobieski qui, le 12 septembre 1683, délivra Vienne assiégée par les Turcs. Tout apprenti pianiste qui joue la “Marche turque”, tout spectateur de l’“Enlèvement au Sérail” devrait faire de même. Imagine-t-on Mozart sous le joug islamique, sans parler de tout ce que la Vienne du XVIIIe et du XIXe s. a apporté au monde ?

LaR pense qu’actuellement, la principale différence entre les Français et les Polonais est que le politiquement correct en France consiste à se repentir des “heures les plus sombres de notre histoire”, alors qu’en Pologne il consiste à s’enorgueillir de Solidarnosc et de l’insurrection de Varsovie, ce qui est incontestablement plus tonique.

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Donc à Gdansk, l’après-midi du 10 octobre, à proximité des “chantiers navals”, nous sommes debout devant un haut monument érigé à la mémoire des victimes de l’insurrection de 1970, dite “émeutes de la Baltique”, et d’un mur où figurent des noms, des photos, des images. Notre guide francophone, une dame d’un certain âge, qui a vécu ces évènements, les raconte avec émotion. Quoique ces émeutes ne se limitent pas à Gdansk et touchent les autres villes côtières, les ouvriers des chantiers dont le nombre s’est élevé jusqu’à 100.000 à l’époque soviétique, y jouèrent un rôle important. [Les chantiers de Gdansk, fondés à l’époque de l’occupation prussienne, n’ont jamais construit que des bateaux de guerre, d’abord pour les Prussiens, puis pour les Nazis, enfin pour les soviétiques. LaR se proposait de les comparer aux chantiers de Saint Nazaire qu’elle connaît bien, afin de comprendre pourquoi Poutine avait commandé ses navires Mistral à Saint Nazaire plutôt qu’à Gdansk. La réponse est simple! Il a choisi la technologie française, et Dieu fasse que la France ne les refuse pas à leur destinataire. Les chantiers de Gdansk, depuis la chute du communisme, ne construisent pratiquement plus rien, se limitant au contrôle des navires et à la réparation de ceux qui sont endommagés. Une des causes du développement du chômage…]

Comme en 1956, les revendications des émeutiers de 70 étaient plus économiques que politiques. Le système des prix alimentaires fixés à un niveau artificiellement bas aboutissait à la stagnation de l’agriculture, d’où la nécessité de recourir à des importations coûteuses, de sorte que le gouvernement dut finir par augmenter massivement les prix de produits alimentaires essentiels. Par une étonnante erreur de jugement, il en fit l’annonce en décembre 70, en pleine préparation du réveillon de Noël. Devant l’extension des émeutes, il mobilisa cinq mille membres de brigades de police spéciales et vingt-sept mille soldats équipés de chars lourds et de mitrailleuses. Plus de mille personnes furent blessées, au moins quarante tuées (le nombre exact de victimes restant inconnu) et trois mille furent arrêtées. Toutes les victimes furent enterrées de nuit, en présence seulement de leur famille proche, afin d’éviter l’extension des émeutes.

Dix ans plus tard Lech Walesa, un simple électricien des Chantiers, tira des leçons de cette expérience quand il prit la tête, en juillet 1980, d’une vague de grèves démarrée, une fois encore, à la suite de l’augmentation des prix alimentaires, et par le licenciement d’une militante. Et pour une fois, le succès fut au bout de l’action! Il faut dire que l’élection, deux ans auparavant, d’un pape polonais, et son célèbre “N’ayez pas peur!” avait été un formidable encourage-ment pour le peuple opprimé, et aussi que le vieux Brejnev n’avait pas la poigne de Staline. Lech sut convaincre les grévistes de garder leur calme: “Il ne doit pas y avoir de revendications qui inciteraient le gouvernement à utiliser la violence ou qui mèneraient à son effondrement. Nous devons leur laisser des portes de secours. Nous avons besoin de revendications économiques et politiques négociables.” Les grévistes demandent à l’archevêque de Varsovie un prêtre qui puisse célébrer la messe pour eux, et c’est un jeune vicaire de la paroisse saint Stanislas Kostka, âgé de 34 ans, inspiré de la spiritualité de Maximilien Kolbe et ami de Lech Wałęsa, Jerzy Popiełuszko, qui est choisi et qui devient leur aumônier.

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Les négociations menées avec le pouvoir sur un programme en 21 points à tendance auto-gestionnaire sont publiques, enregistrées par les délégués d’entreprises, et permettent aux travailleurs d’affiner les mandats de leurs délégués, d’en changer si nécessaire. Elles aboutissent enfin, le 31 août 1980, à l’issue de 14 jours de grève au chantier naval Lénine de Gdansk: le vice-Premier ministre Mieczyslaw Jagielski cosigne avec Lech Wałęsa, devant l’assemblée générale des délégués des entreprises en grève dans la région, un accord qui ouvre la voie à la constitution d’un syndicat indépendant auquel on donne le nom de Solidarnosc, en français Solidarité, qui ne tarde pas à devenir une fédération de syndicats. C’est un événement sans précédent, non seulement en Pologne, mais dans tous les pays du Pacte de Varsovie. Cela signifie une cassure dans la ligne dure du Parti qui avait auparavant provoqué un bain de sang pour réprimer un autre mouvement de protestation. Le syndicat issu de cette lutte bénéficie tout de suite du parrainage de l’Église et les adhésions affluent: le nombre total de membres atteint 10 millions, soit un tiers de la population totale de la Pologne ou plus de trois fois le nombre de membres du parti communiste. Le premier congrès de solidarité, en septembre 1981, précédé d’une messe durant laquelle tous les délégués prient à genoux, est un événement international, couvert par les médias du monde entier. Naturellement, Lech Wałęsa est reçu officiellement en audience par Jean-Paul II au Vatican.

Et voilà que le 13 décembre 81, aux ordres de l’Union des républiques socialistes soviétiques, le gouvernement polo-nais, en la personne de son chef, le général Jaruzelski, proclame l’état de siège: toutes les réunions sont interdites, à l’exception des messes. Dans la nuit du 13 au 14, Walesa, avec toute la direction de Solidarité, est arrêté par la police et le syndicat est « suspendu » par décret, avant d’être interdit quelques mois plus tard. Soutenu par le clergé catholique et la CIA, le syndicat interdit maintint cependant une activité clandestine jusque en 1989, année de la chute du mur de Berlin. Il fut alors de nouveau autorisé et put présenter des candidats aux élections. C’est pendant cette période que Lech Walesa, sorti de prison au bout d’un an, obtint en 1983 le Prix Nobel de la Paix, et que le P. Popieluszko donna la mesure de sa charité, de son courage et de son engagement. Non seulement il aide les personnes recherchées et leurs familles, mais chaque mois, dans sa paroisse, il célèbre des « Messes pour la Patrie » au cours desquelles il prononce de vibrants sermons condamnant le régime en place, régulièrement diffusés par la radio américaine “Radio Free Europe”. Ils parviennent jusqu’au Pape Jean-Paul II qui lui envoie un chapelet pour lui manifester son soutien. Ces messes attirent des milliers de fidèles. Elles débouchent parfois sur des échauffourées car les policiers en civil qui les quadrillent n’hésitent pas à jouer les provoca-teurs, dans le but de le museler ou de le faire tomber.

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Ce prédicateur trop écouté échappe à plusieurs attentats jusqu’au jour du 19 octobre 1984 où il est enlevé par la police. Son corps portant des marques de torture est retrouvé cinq jours plus tard, pieds et poings liés et lesté de pierres, dans l’eau de la Vistule. Il a été béatifié au titre de martyr le 6 juin 2010 et un miracle qui lui est attribué, survenu en 2012 dans la ville française de Créteil, ouvre la voie à sa canonisation.

(Suite dans le prochain Numéro …)

Robion 15 novembre 2014 – L’assemblée générale

L’assemblée générale des associations « La Route de l’Europe chrétienne » et « Sauvegarde de la chapelle St Hilaire » s’est tenue le samedi 15 novembre à Robion. Grâce à la généreuse hospitalité de M. l’Abbé Gerthoux, curé de la paroisse, nous avons pu, après la sainte messe dite par M. le Chanoine G. Trauchessec venu de Bâle, tenir notre assemblée dans la salle de réunion du presbytère. Monseigneur Cattenoz ayant eu un empêchement, a envoyé son vicaire général, le père Jean-Marie Gérard.

Le nombre de nos adhérents se maintient pour La Route de l’Europe chrétienne (261) et a bien monté pour Sauvegarde de la chapelle St Hilaire (286). La REC a bâti 2 oratoires: à Baltriskes en Lituanie à St Jean Baptiste, l’autre à Bédouès au bienheureux Pape Urbain V et deux calvaires à Méthamis (Quartier de la Graille)

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et à St Hilaire (St Louis-Marie Grignion de Montfort). Le voyage-pèlerinage en Pologne et Lituanie a rassemblé 26 participants qui ont pu approfondir leurs connaissances sur st Maximi-lien Kolbe à Niepokalanow, ste Faustine à Vilnius et sur le bienheureux Jerzy Popieluszko à Varsovie.
« Sauvegarde » a mené à bien la restauration de l’abside qui est maintenant complètement refaite et couverte. L’association a engagé deux maçons tailleurs de pierre et a établi avec eux un contrat de neuf mois de mars à novembre. Leur présence à l’assemblée et leur témoignage du travail accompli a suscité un grand intérêt parmi les membres présents. Travaux 2014 : réfection de l’abside 85 000€ (paiement réalisé). Pour 2015: réfection transept et fenêtres, pour 2016: couverture nef.

Le déjeuner pris à la Table de Gaël nous a rassemblés. L’après-midi s’est terminée par la visite de l’église des Taillades où un chapelet pour la France est venu clore cette belle journée. Un grand MERCI à tous les membres qui se sont déplacés et spécialement au Docteur et Madame Le Bris venus de Cosne sur Loire, Monsieur et Madame Thieffenat venus de Dijon, au Colonel Dérache, valeureux pèlerin de la route st Colomban, qui étaient des nôtres.

Ste Jeanne d’Arc a fait rimer pour toujours l’Espérance avec la France. C’est elle qui a porté témoignage pour que dans le mot « souffrance » il y ait encore le mot « France ». Philippe de Villiers

In Mémoriam

Nous nous sommes souvenus au cours de la messe de nos morts de l’année 2014 :
Madame Colette Milhaud M. Joseph Burtin

M. Jean-Jacques Vardon M. Jacques Desachy

Mme Micheline Viry

Qu’ils reposent en paix. N’oublions pas de les prier et de prier pour eux.

La Colline des Croix Siauliai en Lituanie – Chantemerle-les-Blés en France

Au cours du dernier pèlerinage effectué par l’association en Lituanie et en Pologne, personne ne pourra oublier l’émouvant Chemin de Croix que nous avons fait à la célèbre colline des Croix de Siauliai. Les premières croix ont été posées sur la colline fortifiée au XIVe siècle. Au cours du temps, de nombreuses croix, des crucifix, sculptures de patriotes lituaniens, des statues de la Vierge Marie, des effigies en étain et des rosaires y ont été apportés par les pèlerins catholiques. Les croix apportées en 1861 et 1863 voulaient garder souvenir de la répression tsariste qu’ils avaient subie. Durant les années d’occupation soviétique 1940-1990, suite à la tragique déportation du tiers de sa population en Sibérie, la colline devint un lieu de mémoire pour toutes les victimes qui n’étaient jamais revenues au pays. En 1961, les Soviets envoyèrent l’armée pour garder la colline et des tracteurs pour démolir et ensevelir toutes les Croix. Chaque nuit pourtant, de nouvelles croix étaient érigées.

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Il fallut attendre 1990 pour que la colline puisse à nouveau être couverte de Croix et le 7 septembre 1993, Jean-Paul II y célébra la sainte messe en présence d’une immense foule.

Le 28 décembre 2014, nous allons inaugurer la colline des Croix à Chantemerle-les-Blés dans la Drôme. C’est ici que le Dr Doublier Villette, ardent apôtre de la défense de la vie, a bâti le sanctuaire de St Joseph du St Sauveur pour garder le souvenir du milliard d’enfants qui n’ont pu voir le jour à cause du drame de l’avortement. En 2008, la Route de l’Europe chrétienne y a construit l’oratoire du Volto Santo qui fut bénit par Monseigneur Reyne.

C’est donc sur cette colline dominant l’autoroute A7, au nord de Valence dans la Drôme (sortie Tain l’Hermitage) que nous vous invitons tous à venir prier en plantant une croix que vous aurez apportée ou confectionnée. En ces temps de persécution et d’apostasie, la Croix est le symbole de notre appartenance à Jésus Christ et à l’Eglise. A Chantemerle, comme à Siauliai, la Croix sera le symbole de la foi, des souffrances et de l’espérance de tout un peuple.

Le 28 décembre, en la fête des Saints Innocents – les premières innocentes victimes – venez tous à Chantemerle avec une Croix.

Agenda

28 décembre 10h Sainte Messe à la Chapelle St Joseph du St Sauveur, Chantemerle-les-Blés
11h Bénédiction des Croix, Procession avec N.D. de la Colline, Erection des Croix
12h Angélus et pique-nique
18 janvier Fête de St Hilaire: 10h30 messe à Beaumes de Venise suivie du repas à la Salle Rocalinaud
8-10 mai Pèlerinage au Mt St Michel
10-22 juin Nice – Turin pèlerinage à pied pour vénérer le St Suaire

Cotisations

Pour la Route de l’Europe chrétienne : versement 2015 dès réception du présent N° 25
Cotisation inchangée: Familles nombreuses 18€ Normale 25€
Bienfaiteur 100€ étudiants 10€
Pour Sauvegarde de la chapelle St Hilaire: Appel au financement des travaux du transept 2015 : Après l’abside, le transept. Il nous faut de nouvelles pierres. Utilisez le bon de souscription ci-joint.
MERCI à nos généreux donateurs dont la liste sera déposée dans les deux autels latéraux du transept.

La Route de l’Europe chrétienne, 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr
Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire, 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron Tél. 04 90 20 08 70 contact@chapellesainthilaire.fr www.chapellesainthilaire.fr http://youtu.be/4JtodKC0W_k

Bulletin N° 24

EDITORIAL Lothar

le 4 août 2014

Mes chers amis,

Notre dernière « peregrinatio propter Dominum » nous a permis cette année de traverser l’Allemagne d’est en ouest : c’était pour aller vénérer à Aix la Chapelle les prestigieuses reliques* rassemblées par Charlemagne et qui ne sont présentées aux fidèles que tous les sept ans.

Conduits par Monseigneur Penaz, responsable des pèlerinages à pied pour la Moravie, nous avons rejoint nos amis Tchèques à Bamberg.

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Nous avons donc traversé d’immenses forêts et longé trois fleuves majestueux : le Main,

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le Rhin et la Moselle avant d’atteindre la capitale historique de Charlemagne : Aachen. Une magnifique balade à pied de 500 km, riche en rencontres diverses et en multiples découvertes comme par exemple le monastère de Ste Hildegarde à Bingen, le sanctuaire de Marienthal gardé par les Franciscains ou le collegium Maria Immaculata des Légionnaires du Christ à Bad Münstereifel. Une marche fervente aussi, qui nous a permis de prier pour l’Europe chrétienne qui se meurt petit à petit, rongée par la gangrène de l’avortement, crime contre l’humanité et offense majeure envers Dieu.

L’accueil des paroisses, des monastères et des familles fut partout très chaleureux, mais une après-midi, il y eut une exception et la responsable de la paroisse nous a pratiquement jetés à la porte du presbytère. « Allez à l’hôtel et si vous n’avez pas d’argent, restez chez vous. » C’est pourtant grâce à ce manque d’accueil, que nous avons connus Lothar.

Fidèles à l’Evangile, nous nous apprêtions à quitter cette petite ville peu hospitalière en secouant la poussière de nos chaussures, lorsque nous décidâmes d’acheter quelques vivres avant d’aller à la campagne demander l’asile à un paysan. Et voilà qu’en arrivant sur le parking d’un centre commercial, nous apercevons un homme lisant un livre dans son auto. Je m’approche, me fait reconnaître et lui explique notre embarras pour ce soir en lui demandant s’il ne con-naîtrait pas un paysan qui pourrait nous accueillir pour une nuit. « Je le connais, » me répond-il, « c’est moi. Combien êtes-vous ? » « Quatre. » « Montez dans ma voiture. »

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C’est ainsi que nous avons fait la connaissance de Lothar : quarante ans, les cheveux gris, un merveilleux sourire, cet agriculteur céréalier était comme l’archange Raphaël au bord de notre chemin et semblait nous attendre. Il nous a conduits dans une grande maison merveilleuse où chacun de nous a trouvé ce soir-là un lit et une douche pour se laver. Le lendemain, il nous a apporté le « Frühstück » et il a encore pris le temps de nous remettre sur le bon chemin en marchant un kilomètre avec nous !

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La spontanéité et la qualité de l’accueil avec lesquelles Lothar nous a entourés, resteront à jamais gravées dans nos cœurs. Au moment du départ, j’ai pensé alors à vous tous, chers amis de l’Europe chrétienne, vous qui depuis tant d’années nous accompagnez pour partager notre foi chrétienne avec les anciens pays de l’Est et j’ai voulu lui offrir quelque chose venant de vous. L’ennui c’est qu’un pèlerin n’a rien, Dieu est son Tout, mais il porte toujours sur lui un couteau et il a beaucoup de prix. Alors, en votre nom, je lui ai offert mon vieil Opinel.
Dans le contexte actuel, où l’Europe divisée est loin d’avoir trouvée son unité et où le monde est à nouveau traversé par des clameurs de guerre et de haine, Lothar m’a semblé être le signe fort envoyé du ciel pour nous rappeler que l’amour de Dieu descend dans le cœur de tous les hommes et qu’il est le plus fort. Alors, courage et ne doutez jamais de la Providence !

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« Ô Seigneur, c’est à travers l’homme que vous révélez votre amour. » (extrait de la prière de St Hilaire »

Robert Mestelan, Président

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* Quatre reliques reçues de Terre Sainte par Charlemagne autour de l’an 800 se trouvent depuis cette date à Aix la Chapelle :
une robe de la Sainte Vierge
une lange de Jésus Enfant
le tissu qui a enveloppé la tête de St Jean-Baptiste
le pagne porté par Jésus sur la Croix

«N’aie pas peur, petit troupeau»

En direct de nos frères chrétiens persécutés :

Mgr Louis Raphael I Sako, Patriarche de Babylone des chaldéens, s’adresse aux chrétiens d’Irak, et particulièrement aux chrétiens de Mossoul : « Je vais commencer mon discours par la Parole du Christ, puisque Sa Parole est source de force et de salut pour nous, les pauvres de ce monde perdu: «N’aie pas peur, petit troupeau» (Luc 12:32).

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Notre douleur présente est associée à notre condition de chrétien et avec le mystère de notre Pâque. Notre souffrance, si elle est liée à la souffrance de notre Sauveur Jésus, «homme de douleur», va se révéler être une bénédiction, et le salut, pour nous et pour les autres. Et les défis actuels sont affrontés avec plus de foi, d’espérance, de prière, et de solidarité et de sagesse. Soyez courageux face à ce que vous affrontez, n’ayez pas peur: vous avez des racines profondes en Irak, ne cédez pas à la frustration et au désespoir, confiants que «tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée» (Matthieu 26: 52) et que le mal ne dure pas! Vous êtes la petite graine de moutarde, le Seigneur ne vous laissera pas tomber. Il est avec vous aujourd’hui, demain, et après-demain, et pour toujours. Nous sommes vos pasteurs et, avec notre pleine responsabilité envers vous, nous allons rester avec vous jusqu’à la fin, nous ne vous laisserons pas, quels que soient les sacrifices. Je le répète: n’ayez pas peur; restez forts comme vous l’êtes avec votre foi et votre espérance et votre amour. Nous remercions Dieu de vous garder saufs, car, quoi qu’il arrive, votre vie n’a pas de prix. La bénédiction de Dieu soit sur vous. »

« Comment peut-on être chrétien d’Orient », se dit l’occidental déchristianisé ?

Nous autres, modernes, socialistes, francs maçons, féministes, écologistes, agnostiques, laïques, qui avons depuis longtemps jeté aux orties ces croyances arriérées, n’avons-nous pas raison de mettre tout ça dans le même sac ? « En vérité, nous creusons notre propre tombe : le sort des chrétiens d’Orient est exemplaire de ce qui se passe quand on nie la dimension spirituelle du monde.

L’invisible n’est pas uniquement une affaire de fantômes, ni l’origine réductible à la seule génétique. Entrez dans une église d’Orient ; vous y entendrez ce que les églises d’Occident vous cachent : le bruissement des anges… C’est nous, Européens, qui en ayant refusé d’inscrire dans la constitution de l’Union, le caractère chrétien de nos racines, avons rendu possible l’éradication programmée et déjà effective : vidée de ses chrétiens, soit des éléments les plus instruits, les plus ouverts, les plus modernes, cette région du monde sera musulmane, à l’exception d’Israël. Nous nous renions : la mort des chrétiens orientaux est le signe non seulement de notre honte mais de la mort de notre civilisation. Ils meurent silencieusement de ce que nous ne voulons pas être chrétiens!
ROLAND MILLET Syrie, une guerre sans nom, p. 155-156 Ed. F.X. de Guibert

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La visitation de Marie

« Un spectacle de désolation morale s’offre à nous aujourd’hui. Le simple bon sens est bafoué, nos églises sont dépeuplées, les jeunes ne trouvent pas un sens à leur existence, les pauvres et les solitaires sont encore plus abandonnés. Le Seigneur n’est plus à l’horizon de la vie de nos concitoyens. Comment rester sans agir ? » « Publier la Gloire de Marie pour que Jésus Christ soit mieux connu et aimé. » Dans son journal N° 95, la confrérie Notre Dame de France nous fait part de son projet de repartir à l’assaut de la France avec, comme en 1996, l’envoi de vierges pèlerines qui ont parcourus notre pays engendrant des veillées de prière et apportant un renouveau de foi mariale et d’amour du Christ.

Elles iraient visiter paroisses, groupes de prière, enfants du catéchisme, malades, personnes seules, prisonniers. La belle statue de Notre Dame de France sera envoyée partout où elle sera demandée.

Ce que vit actuellement notre pays, n’est plus digne de lui, dont le passé a inscrit dans son âme un devoir de beauté et de grandeur : égoïsme face aux misères du monde, orgueil devant les progrès de la science, individualisme. L’homme s’est improvisé créateur avec droit de vie et de mort pour les faibles, les innocents, les mourants. Sa conscience n’est pas en paix et dans une nouvelle escalade de textes, il cherche à affirmer sa vision et à faire taire la loi morale inscrite dans son cœur. Où sont les valeurs qui ont donné force et rayonnement à la France ? Des choix graves ont été posés qui ne peuvent que la conduire à une détresse encore plus grave. » En 1966, la Sainte Vierge déposait elle-même sur le lit de Marthe Robin un livre, « le secret de Marie » de St Louis-Marie Grignion de Montfort et lui disait : « Voici le livre que je veux voir répandu dans le monde entier. » La statue de Marie sera accompagnée, outre de livres de prières, de ce petit livre et aussi du « traité de la vraie dévotion » du même auteur. Ceci conduira tout naturellement ceux qui le désirent à la consécration « A Jésus par Marie ». Se consacrer, c’est renouveler, réaffirmer les promesses de son baptême.

Nous sommes des humbles et nous entreprenons ce vaste programme pour publier la gloire de Marie. C’est le choix de notre Mère qui choisit les faibles et les petits pour agir : elle a besoin de nous pour cette visitation de la terre. Hommes et femmes de France, nous ne serons pas seuls. Nous serons accompagnés de l’immense cortège des saints et des saintes de France, connus et inconnus, priant pour nous et avec nous.

Chers amis de la Route de l’Europe chrétienne, c’est avec enthousiasme que nous nous levons pour nous mettre à la disposition de Notre Dame. On vient de nous offrir une statue avec son brancard : Notre Dame de la colline. Nous la ferons bénir le 8 septembre. De la chapelle St Hilaire, elle descendra la colline et ira visiter toutes les paroisses, les monastères et tous les lieux d’adoration, ainsi que toutes les familles et les écoles qui accepteraient de la prendre en pension pour quelques jours ou une nuit.

Vous pouvez participer de bien des manières à cette traversée de Marie à travers la France, d’abord et surtout par la prière en demandant à Dieu de permettre que cette visitation de Marie entraîne la conversion des cœurs et la renaissance de la foi en France. En signalant des lieux d’adoration proches de votre domicile, les groupes d’adoration avec qui vous êtes en contact, en contactant le prêtre de votre paroisse pour qu’il puisse organiser une veillée ou un moment d’adoration en lien avec la venue de Marie, en confiant vos idées pour enrichir les propres suggestions de Notre Dame de France. Vous pouvez offrir un ou plusieurs kits de visitation : Confrérie Notre Dame de France, BP 227, 11 rue des Ursulines, 95523 Saint-Denis Cédex

1. Il faut que cette nouvelle Visitation ait un impact sur les jeunes, sur les personnes âgées, sur ceux qui se sentent abandonnés, sur ceux qui croient – ils seront le relais de ceux qui ne croient pas, sur ceux qui se sentent proches du cœur de Dieu – ils conduiront à Lui « ceux qui vivent à la périphérie ». Dieu les attend tous, Dieu les devance dans leur recherche, Dieu et la Vierge Marie pour les conduire à Jésus. C’est Marie elle-même qui tracera son chemin lors de ses pérégrinations. Marie attend notre soutien, mais aussi notre abandon entre ses mains.

Nous ne serons par les Harkis d’un Occident en déclin

Texte d’Olivier Pichon avec des commentaires de Jacqueline Picoche

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » Bossuet

Pendant qu’à Tripoli le chaos règne, que les Islamistes sont en phase d’accéder au pouvoir et que l’ambassade américaine évacue ses ressortissants, Bagdad attend son tour après la tragique chute de Mossoul et les persécutions des chrétiens par l’Armée du Levant.

Tout cela rappelle douloureusement la chute de Phnom Penh et Saïgon.

Pendant ce temps, à Sarcelles ou à Barbès, on a vu des drapeaux palestiniens côtoyant des drapeaux algériens ou tunisiens, brandis par des jeunes gens à qui la France a généreusement accordé la nationalité Française.

Oui, ces évènements sont plus que préoccupants et l’importation de conflits proche-orientaux laisse présager que demain, ce n’est pas seulement Bagdad ou Tripoli qui risque de tomber, mais bien Sarcelles, Trappes, Saint-Denis ou Carpentras.

Il y a cependant quelque chose de cocasse et d’indécent à voir la droite affairiste et atlantiste feindre de s’en inquiéter. Le chaos qui règne aujourd’hui en Irak est la conséquence directe des interventions américaines de 1991 et 2003, motivées par la prétendue détention par le régime de Saddam Hussein d’armes de destruction massive dont nous savons aujourd’hui qu’elles n’existaient pas.

Les islamistes qui s’apprêtent à prendre le pouvoir aujourd’hui à Tripoli doivent de leur côté remercier BHL et Nicolas Sarkozy, dont Kadhafi révélait qu’il avait lui-même financé sa campagne présidentielle en 2007.

Pourtant, certains voudraient que nous fassions bloc derrière un prétendu bloc occidental où nous serions au garde-à-vous derrière la Maison Blanche et M. Netanyahu, les multinationales et la commission trilatérale et leurs petits caniches que sont MM. Hollande et Fabius.

De même que Lénine disait à propos des capitalistes qu’ils vendraient la corde pour se faire pendre, aujourd’hui l’émergence d’un Islam politique et totalitaire, dans lequel certains voient le communisme du 21ème siècle, est essentiellement imputable au cynisme et aux stratégies machiavéliques des Etats-Unis.

Pour notre part, nous ne serons pas les harkis de la Maison Blanche ni de l’Occident matérialiste et décadent. Nous n’irons pas plus, comme des gladiateurs dans une arène, nous affronter en banlieue avec des jeunes gens déracinés à qui les gouvernements de droite comme de gauche ont donné la nationalité Française au nom du multiculturalisme, tout cela pour défendre BHL et les bobos parisiens, les Mc Donald’s et la Gay Pride.

On raconte que jadis, des populations musulmanes étaient sur le point de se convertir au christianisme devant la prestance du général Sonis qui « priait sous la tente et avait un beau cheval blanc ». Cette anecdote un peu naïve signifie qu’ils admiraient la foi des chrétiens lorsqu’elle était authentique – et pour eux l’Occident et les « Croisés » ne font qu’un – mais aussi le panache et le courage.

J’ignore si ces peuples qui sont aujourd’hui sous le joug du prophète se convertiront à une religion d’amour.

Ils s’y convertiront s’ils nous admirent. Donc il faut être admirables.
Donc, nous convertir nous-mêmes.
Si Dieu nous les envoie, c’est sans doute à la fois
1. pour nous punir de toutes nos apostasies
2. pour que nous les convertissions.

Ce que je sais, c’est que si les peuples d’Europe ne retrouvent pas leur souveraineté vis-à-vis de la politique américaine et surtout s’ils ne redeviennent pas eux-mêmes, c’est-à-dire fiers de leur histoire et de leur identité en agissant humainement mais virilement, nous serons mûrs pour subir le même sort que les habitants de Mossoul, comme hier celui de Phnom Penh et Saïgon.

Comment agir à la fois « humainement » et « virilement » ? En pratiquant, chacun à la place où nous sommes, la Force (ou « courage »), la Justice, la Prudence, la Tempérance, la Foi, l’Espérance et la Charité. Je terminerai par une citation d’un cistercien espagnol nommé Rafaël Arnaiz Baron :

Si nous le voulions, nous serions saints. C’est beaucoup plus difficile d’être ingénieur que d’être saint.

Nouvelles de la chapelle St Hilaire

Eté laborieux sur la sainte colline grâce à la compétence et au travail de Marc et Cyrille, ainsi qu’à la générosité des familles.

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A.Securisation de l’abside

Depuis le mois de mars, l’association a engagé deux compagnons de tour de France, tailleurs de pierre, Marc et Cyrille. Sous le contrôle attentif de notre architecte, Jean-Claude Constantin, la sécurisation de l’abside a pu être effectuée et la réhabilitation de la chapelle avance :
Mur extérieur : La reprise du mur a permis de corriger l’affaissement sud est en replaçant toutes les pierres dans l’alignement initial jusqu’au sommet où la margelle couronne maintenant ce bel arrondi.

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Mur intérieur : Après le démontage de toutes les pierres du périmètre intérieur sud, le remontage a été effectué dans une parfaite verticalité jusqu’au chapiteau. Sur les deux chapiteaux, Marc et Cyrille ont pu alors lancer la voûte qui va permettre maintenant la construction du cul de four. Préalablement, nos deux tailleurs de pierre qui sont également des menuisiers chevronnés, ont dû réaliser un minutieux coffrage en menuiserie pour supporter le poids des pierres (voir photo). S’il plaît à Dieu, pour la St Michel (29 septembre) la première surface couverte de la chapelle verra enfin le jour. Et pour la nuit de Noël, le père Marcel Bang, curé de la paroisse de Beaumes pourra enfin célébrer la sainte messe à l’abri des fureurs du mistral.

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B. Travaux extérieurs

Le mur circulaire de l’aire de battage à l’ouest du parvis a pu être remonté par Marc et Cyrille, ainsi que deux brèches importantes de la 1ère et de la 2ème restanque. Comme le chapître St Pierre Chanel ne nous a pas honoré cette année de sa présence, nous avons été heureux de recevoir l’aide de plusieurs familles qui n’ont pas ménagé leurs efforts : familles Espieux et Village, famille d’Aigremont et de Lépinau. De leur côté, les routiers du clan St Madeleine, sous la conduite de Baudouin ont dessouché l’intérieur de la chapelle et remonté le mur de la 2ème restanque, particulièrement délabré.

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Que chacun d’entre eux veuille bien accepter nos vifs remerciements et nos félicitations pour ce rude travail accompli dans la chaleur de l’été !

Glanures de Jacqueline Picoche :
En toute légalité

Les identitaires qui, apparemment font partie du tiers de jeunes Français qui envisagent de rester en France, ont décidé de se battre contre la « racaille » et l’insécurité qu’elle engendre. Ils s’appuient sur les deux articles ci-dessous :

1. « Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche » (art. 73 du code de procédure pénale)

2. « Quiconque, pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne, s’abstient volontairement de le faire, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000€ d’amende » (art. 223-6 du code pénal).

En conséquence, reconnaissables à un blouson jaune, au grand scandale de ceux qui pensent « correctement », ils patrouillent dans les transports en commun de plusieurs grandes villes pour empêcher que se reproduisent des choses comme celle du métro de Lille ou, le 22 avril dernier, une femme de 30 ans a été agressée sexuellement par un ivrogne pendant 30 minutes tandis que les voyageurs impassibles fermaient les yeux ou regardaient ailleurs.

Ils préconisent des cours de self-defense dans les lycées et collèges dont les élèves sont trop souvent harcelés, pas toujours sexuellement, en organisant des exercices pratiques, envisagent l’édition et la diffusion d’une plaquette pour enseigner quoi faire en cas d’agression. « Les prédateurs ne sont forts que de notre faiblesse ! »

Nous avons décidé de monter en première ligne, soutenez-nous ! (contact@bloc-identitaire.com)

Le grand remplacement

comme dit Renaud Camus, a deux causes : une population allochtone qui cherche à pénétrer et une population autochtone qui se laisse mourir à petit feu. « Quand il n’y a plus personne pour reprendre une maison de famille, quand le dernier héritier est resté vieux garçon et n’a pas eu de descendance, il n’y a pas d’autre issue que de brader la bâtisse à des étrangers. Et quiconque prétendrait garder par devers soi son trésor qu’est sa civilisation, sa culture et la terre de ses ancêtres sans vouloir d’enfant ressemblerait à ces vieillards solitaires dont on voit la tête blanche s’agiter derrière le rideau de certaines maisons bourgeoises et qui n’entrebâillent la porte avec méfiance qu’à l’auxiliaire de vie venue faire leur toilette. « Seigneur ! préservez-moi, » disait Victor Hugo, « de jamais voir l’été sans fleurs vermeilles, la cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, la maison sans enfants. »

Agenda

6 août

prière pour les chrétiens d’Irak

15 août

fête nationale : préparons-la par une neuvaine pour la France en priant la Ste Vierge, St Louis et le Christ – Roi de France

8 septembre

bénédiction de ND de la Colline à ND d’Aubune et début de son pèlerinage

28 septembre

St Michel à Velleron avec Messe, procession, danses provençales, repas partagé, adoration et Rosaire pour la France

8-22 octobre

voyage-pèlerinage en Pologne et Lituanie pour la bénédiction de l’oratoire St Jean-Baptiste en Lituanie, à Baltriskes : inscrivez-vous d’urgence avant le 30 août

15 novembre

Assemblées générales Route de l’Europe chrétienne et Sauvegarde de la chapelle St Hilaire à Robion

9h30 Messe,

10h15 Assemblée REC,

11h Assemblée S St H.,

déjeuner,

15h30 visite de l’église des Taillades avec chapelet pour la France

24 décembre

15h Méditation des prophéties d’Isaïe en montant à St Hilaire, suivie de la messe à St Hilaire

28 décembre

10h30 Messe à Chantemerle-les-Blés pour les saints Innocents

18 janvier 2015

Messe et fête de St Hilaire à Beaumes de Venise

Fête nationale

JP croyait que le nationalisme était un péché et l’adjectif national un gros mot. Néanmoins, on continue en France à célébrer une fête nationale le 14 juillet. Elle a jeté un coup d’œil à la télé, à une partie de la célébration. En l’honneur des cent ans de la guerre de 14, on a fait précéder la Marseillaise de la chanson préférée des poilus : la Madelon. Des messieurs impeccablement alignés, le petit doigt sur la couture du pantalon, l’air grave et sans sourire, ont chanté : Quand Madelon vient nous servir à boire/sous la tonnelle on frôle son jupon/et chacun lui raconte une histoire/une histoire à sa façon/La Madelon pour nous n’est pas sévère/quand on lui prend la taille ou le menton/Elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire/Madelon, Madelon, Madelon ! Après quoi ils ont chanté du même air grave et impassible : Entendez-vous dans nos campagnes mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans nos bras égorger nos fils nos compagnes et souhaité qu’un sang impur abreuve nos sillons. Ils n’ont pas été jusqu’à chanter l’hymne national algérien qui dit des choses pas très aimables pour la France : « Yâ Firansâ quand madhâ waqt ul-itâb / Yâ Firansâ inna dhâ yawm ul-hisâb / Minnâ l-jawâb ! » (« France, le temps de palabrer est fini / France voici venu le temps où tu dois rendre des comptes / Prépare-toi ! ») Ils auraient pu, s’ils avaient su l’arabe, puisqu’une petite délégation de militaires algériens et une, aussi, de Vietnamiens, ont défilé parmi celles de 80 pays qui avaient peu ou prou combattu entre 1914 et 1918. Sur son écran, JP a surtout remarqué des soldats grecs en jupette particulièrement folkloriques. Mails ils n’ont pas échappé aux yeux de patriotes qui les ont accueillis à coups de sifflets et ont été violemment interpellés et évacués vers les cars de police prévus à cet effet. Bien sûr, on n’a pas vu ça à la télé. Avec bon sens, des parachutistes, qui avaient décidé de ne pas participer aux cérémonies du 14 juillet, faisaient remarquer dans leur bulletin (cité par Présent du 16 juillet) qu’

« il est stupide et totalement illogique de consacrer une journée d’hommage à nos frères harkis chaque année au mois de septembre, d’une part, et d’inviter leurs bourreaux sur la première avenue de France, d’autre part. »

Appel urgent : voyage-pèlerinage en Pologne et Lituanie

Nous n’avons à ce jour pas suffisamment d’inscriptions pour payer le car et les réservations. Plutôt que d’annuler le voyage, je demande à tous nos membres d’inviter ou d’inciter une personne de leur connaissance à venir. Quelles sont les tantes ou les oncles qui ne souhaiteraient pas offrir ce magnifique voyage à leur nièce ou à leur neveux ? Commençons par être missionnaires dans nos familles et notre entourage et la France renaîtra.

Je compte donc sur vous, avec l’aide de la Providence, pour nous aider à trouver ces quelques candidats supplémentaires.

Robert Mestelan

Prix € 550 comprenant le déplacement en car, le séjour en Pologne et en Lituanie, les repas (eau, thé, café compris), la traversée en bateau à Gdansk et le musée de l’Insurrection à Varsovie. Chacun rejoint Varsovie par avion à ses frais (p.e. Marseille-Varsovie retour : 75€ avec Ryanair) le matin du 8 octobre, afin que nous puissions partir à 12h pour Niepokalanow. Accompagnement spirituel : M. le Chanoine G. Trauchessec.

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Programme :

8 octobre :

Arrivée à l’aéroport de Varsovie dans la matinée. Départ en car à midi pour Niepokalanow. Déjeuner et messe au sanctuaire, visite du sanctuaire, du musée, puis départ pour Wloclawek, dîner et coucher à l’hôtel Kujawy

9 octobre :

départ pour Malbork, déjeuner sur place, histoire des chevaliers teutoniques: visite du château et musée. En fin d’après-midi messe, dîner et coucher à l’hôtel Majewski

10 octobre :

départ pour Gdansk. Visite guidée du chantier naval d’où est parti la résistance Solidarnosc contre le communisme, puis visite de l’église Ste Marie, la plus grande église en briques au monde, musée de l’ambre, messe, dîner et coucher à l’hôtel Gdanski

11 octobre :

départ en bateau sur la Westernplatte où les Nazis ont débuté la 2ème guerre mondiale et retour, déjeuner sur place, puis départ pour Olsztyn. Tour de la petite ville, Messe, dîner et coucher au Centre Polono-Allemand.

12 octobre :

départ pour Vilnius, visite du centre ville. Installation chez les frères de St Jean au couvent des Trinitaires à Vilnius, messe, dîner et coucher

13 octobre :

Visite de la ville avec la neuvaine de Ste Faustine, apôtre de la Miséricorde, déjeuner en ville, visite du parlement Lituanien, messe, dîner et coucher chez les frères de St Jean

14 octobre :

visite en ville, déjeuner, puis départ pour Baltriskes chez les frères de Tibériade. Messe, dîner et coucher

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15 octobre :

partage de la vie de prière de la communauté de Tibériade, en fin de matinée: bénédiction solennelle de l’oratoire St Jean Baptiste, messe, dîner et coucher en dortoirs

16 octobsre :

partage de la vie de prière de la communauté, balade dans les environ, messe, dîner et coucher en dortoirs

17 octobre :

départ pour Siluva, messe et déjeuner au sanctuaire marial, visite chez les Bénédictins à Palendriai, puis route sur Siauliai, visite de la colline des Croix, chacun plante sa croix qu’il apporte, petite ou grande, Chemin de Croix, dîner et coucher à l’hôtel Tomas

18 octobre :

départ pour Varsovie avec trois arrêts et déjeuner à Augustow, installation à la maison Dom Pielgrzyma Amicus jusqu’à la fin du séjour, messe, dîner et coucher

19 octobre :

messe à Varsovie, l’après-midi visite de la tombe du père Jerzy Popielusko, martyr du communisme

20 octobre :

messe, puis départ pour la ville, visite, l’après-midi musée de l’insurrection, dîner et coucher

21 octobre :

messe, puis visite libre de la ville, déjeuner en ville, dîner et coucher

22 octobre :

messe tôt, puis départ à l’aéroport et retour en France. Fin du voyage.

Nom ……………………………………………………………
Adresse………………………………………………………
……………………………………………………………………
Signature……………………………………………………

s’inscrit au voyage-pèlerinage 2014 de l’association de la Route de l’Europe chrétienne en Pologne et Lituanie et joint un chèque de € ……………. (€ 150.— par personne) en acompte. Le chèque est à libeller à l’ordre de Mme Claudia Mestelan, secrétaire de l’association. Le reste de la somme devra lui être remise au premier jour du voyage en liquide (pas de chèques).

Inscriptions à retourner avant fin août à l’association la Route de l’Europe chrétienne, 64, rue de la Frâche, Atelier Lou Barri, 84740 Velleron, Tel. 04 90 20 08 70, atelierloubarri@free.fr www.route-europe-chretienne.fr

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Associations La Route de l’Europe chrétienne et Sauvegarde de la chapelle St Hilaire, 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesainthilaire.fr

Bulletin N° 23

Donnez-moi, Seigneur
le vrai sens des mots,
la lumière de l’intelligence
et la foi en la vérité, afin STHILAIRE_logo_330x640_petit-6.jpg
que ce que je crois, je
sache le dire aux hommes.
St Hilaire

La Route de l’Europe chrétienne. Association loi 1901 N° 084.3.00 4972 Re-évangéliser l’Europe. Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire. Association loi 1901 N° W843001843 Restaurer l’église St Hilaire de Beaumes de Venise

N° 23

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Pâques 2014

EDITORIAL « Si vous rougissez de la Croix de Jésus Christ… »

Mes chers amis,

Mercredi Saint, 16 avril, la Route de l’Europe chrétienne, qui a donné naissance à « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire » pour sauver de disparition l’église paléochrétienne de Beaumes de Venise, a eu l’immense joie d’élever un calvaire à la gloire de Jésus notre Divin Rédempteur. Ce fut à l’issue d’un beau chemin de Croix médité par le padre Pierre-Nicolas Chapeau, en présence du père Jean-Marie Gérard, vicaire général représentant Monseigneur Cattenoz et du père Marcel Bang, curé de la paroisse des Dentelles avec son vicaire, le père Camille.

Il était juste en effet, de réparer un oubli, un manquement, une faute grave. Après avoir élevé en sept années vingt-cinq oratoires à la Sainte Vierge, à St Michel Archange, à St Joseph et à de nombreux saints (St Benoît, St Nicolas de Flüe, St Colomban, St Damien de Veuster, les Sts Cyrille et Méthode), il convenait au plus tôt, de rendre un solennel hommage à la Croix, instrument de notre salut.

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Ce calvaire, baptisé « St Louis-Marie Grignion de Montfort » en hommage au grand missionnaire des provinces de l’ouest, est placé sur une restanque qui domine toute la plaine du Comtat. Il constitue la 14ème station d’un chemin de Croix sculpté qui trouvera place dans les prochains mois sur ce belvédère. La Croix est un beau fer forgé noir. Elle s’élève à trois mètres au-dessus du piète-ment maçonné avec un art consommé par Marc et Cyrille, nos deux tailleurs de pierre. La Croix proprement dite est l’œuvre originale d’Henry Aptel, un de nos fidèles adhérents qui en a généreusement fait don à l’association. Le Christ représenté par un filin d’acier de trois centimètres de diamètre, jaillit de la Croix dans un sublime geste d’abandon et de dépouillement total. Il exprime la générosité de l’offrande de Jésus Christ pour la rédemption de l’humanité. Sur le socle, la citation de St Louis-Marie rappelle l’exigence de la Croix : « Si vous rougissez de la Croix de Jésus Christ devant les hommes, Il rougira de vous devant Son Père. »

Voilà un appel bien utile à entendre dans les temps difficiles que nous traversons et qui a le mérite, grâce à St Louis-Marie de nous faire connaître le mystère et les exigences de la Croix, de nous armer contre tous les abandons. Comme il y a trois cent ans, la voix du grand missionnaire de l’ouest résonne : « Vous êtes les membres de Jésus Christ, quel honneur ! Mais quelle nécessité de souffrir en cette qualité !

Le Chef est couronné d’épines et les membres seraient couronnés de roses ? Le Chef est bafoué et couvert de boue dans le chemin du Calvaire et les membres seraient couverts de parfums sur le trône… Non, non, mes chers compagnons de la Croix, ne vous y trompez pas, ces chrétiens que vous voyez de tous côtés, ornés à la mode, délicats à merveille, élevés et graves à l’excès, ne sont pas les vrais disciples, ni les vrais membres de Jésus crucifié : vous feriez injure à ce Chef couronné d’épines et à la vérité de l’Evangile que de croire le contraire.
(Lettre circulaire aux Amis de la Croix N° 27)

Alors, plutôt que de nous plaindre et de gémir sans cesse, réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse : « N’est-ce pas la Croix qui a donné à Jésus Christ un Nom au-dessus de tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers ! » (St Paul aux Philippiens 2, 9-10).

Bonnes et joyeuses Pâques. Vive Jésus, vive Sa Croix !

Robert Mestelan, Président

Dieu seul – la Route de St Louis-Marie Grignion de Montfort

Le dernier livre du pèlerinage effectué au printemps 2013 sur les traces de St Louis-Marie Grignion de Montfort par Robert et Claudia Mestelan vient de sortir. Voici la préface écrite Monseigneur Alain Castet, évêque de Luçon :

Comme évêque de Luçon, il m’est agréable de préfacer l’ouvrage de Claudia et Robert Mestelan « Dieu seul, la route de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort ». Grand héritier de l’école française de spiritualité, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort a voulu révéler le visage de Jésus, Verbe incarné, dans un langage audible pour tous ceux que la Providence lui a donné de rencontrer. Il a su accompagner une prédication ardente d’une imitation exigeante de son maître, le Christ. Comme lui, il a parcouru villes et villages. Comme lui, il a trouvé les mots justes dans son enseignement comme par l’utilisation du chant populaire. Bref, il a souhaité que la foi ne demeure pas simple adhésion mais s’incarne et marque les cœurs et les corps. La Vierge Marie, Mère de Dieu et nouvelle Ève, a guidé chacun de ses pas.

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Sa « mise en route », au sens propre comme au sens figuré pour cet infatigable marcheur, n’a pas été la conséquence d’un simple désir humain. Elle est le fruit d’une rencontre personnelle avec le Christ vivant. Gardant la mémoire forte de cette rencontre, il a pu prononcer en toute vérité les mots de l’apôtre Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi. » (Gal 2, 20)

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La marche entreprise par les auteurs manifeste la fécondité spirituelle de la vie et de l’enseignement de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort. De Rennes à Poitiers, ils ont mis leurs pas dans ceux du grand saint. Sur les routes de Bretagne, de Vendée et du Poitou, de haut lieu en haut lieu, mais aussi dans les bourgades et les villages les plus humbles, ils ont pu, à la lumière de la Parole de Dieu, redécouvrir les fruits de sa mission. Toute marche, et plus particulièrement celle du pèlerin, conduit au dépouillement, à la persévérance et recentre sur l’essentiel. Fatigues, épreuves, rencontres et découvertes renouvellent les cœurs et nourrissent les mémoires. Une seule vérité apparaît alors: Dieu seul est nécessaire et notre bonheur se trouve dans le Salut qu’il nous offre. Comment ne pas souhaiter la grâce du pèlerinage aux lecteurs de cet ouvrage, une grâce qu’ils pourront entrevoir en suivant au jour le jour l’itinéraire de Claudia et Robert Mestelan. Si cela leur est possible, je ne puis que les inviter à vivre véritablement tout ou partie du chemin suggéré. Mais il est un autre pèlerinage auquel chacun peut participer, sans quitter ses obligations : celui de sa propre vie conduite sous le regard de Dieu. Alain CASTET, Évêque de Luçon

Carnet de route de deux pèlerins, 18€ à commander à l’association, 64 rue de la Frâche 84740 Velleron.

« Debout les hommes de bien, il est temps ! »

Voyage-pèlerinage Pologne et Lituanie (il y a encore quelques places, inscrivez-vous vite !)

Du 8 au 22 octobre, venez découvrir la Lituanie, terre de Foi, terre des Croix. Venez prier avec nous à Baltriskes, au sanctuaire Marial de Siluva, à Vilnius et à Siauliai. Annexée en 1940 avec la Lettonie et l’Estonie par l’Union Soviétique, la Lituanie s’est battue pendant dix ans pour son indépendance. Elle le paya très cher : 400 000 Lituaniens peuplèrent les goulags Sibériens.

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Fraternité de Tibériade, le père Marc :
« Depuis longtemps, les frères et sœurs me demandent de raconter l’histoire de ma vocation. Cette fondation de Tibériade est liée à mon appel. Aujourd’hui, je suis encore très étonné de ce que le Seigneur m’a fait don de si bons frères et sœurs, moi, si pauvre et ordinaire. Cela pour me dire : tout vient de Dieu, tout va à Dieu. A l’intérieur de moi-même, un appel a sans cesse habité mon cœur :

donner à l’Eglise une petite bande de frères et sœurs joyeux et dociles à l’Esprit Saint

offrir à l’Eglise une petite famille tout évangélique très simple, très humble

recevoir quelques frères unis au Christ qui pourront s’aimer dans une grande charité pour vivre ensemble, diffuser le parfum de l’Evangile et en vivre de manière très souple et légère

répandre toute la fraîcheur de l’Eglise au delà des tensions ou polémiques, livrer son trésor de bon sens, sa lumière, livrer toute l’expérience de ses saints et des gens ordinaires, de ses grands témoins

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vivre et goûter déjà un peu de la senteur du Royaume de Dieu sur cette terre

avancer joyeusement et sans crainte vers l’Eternité, sachant que nous récolterons ce que nous avons semé, essayer de donner à mes frères de bien vivre ce passage sur terre, d’y vivre avec le Ressuscité

consentir à l’abaissement pour que le Christ soit élevé. Qu’Il brille sur nos visages par l’espérance qui nous attend, qu’Il brille sur nos visages par la vraie charité et l’humilité. « A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Jean 13,35) »

Baltriskes est un très petit village perdu dans la vaste campagne. C’est comme un nouveau petit Nazareth qui s’élève dans ce village constitué d’une dizaine d’habitants, frères compris. Notre fondation fait revivre cette terre presque abandonnée. Quelques visages typiques donnent à ce lieu beaucoup d’humanité: Antanas, l’ancien sacristain, qui marche pied nus en hiver dans la neige et Ona, son épouse. Deux vaches, un gros cochon et dix poules font leur ferme.

Les Chevaliers Teutoniques
Fondé tardivement lors du siège d’Acre en 1190 par des croisés venus de Brème et de Lübeck, l’ordre représentait une confrérie hospitalière destinée à venir en aide aux souffrants et aux blessés d’expression allemande. On lui adjoignit bientôt une communauté armée et en 1199, il fut reconnu en tant qu’ordre de chevalerie par le pape; cependant il n’atteignit pas en Terre sainte l’importance de ses aînés qui servaient de référence en matière d’observance du culte et d’organisation. Si les frères chevaliers suivaient la règle des Templiers, les hospitaliers se référaient à celle de l’ordre de Saint-Jean. A la tête de l’ordre on trouvait le grand maître et les différentes antennes étaient regroupées, à l’échelon régional, en baillages.

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En dehors de sa patrie d’origine, l’ordre teutonique disposait de biens en Italie du sud, en Lombardie, à Venise et en Grèce. En Palestine, outre son siège à Montfort, il ne posséda que peu de châteaux forts, mais ses efforts de conquête se tournèrent de bonne heure vers d’autres régions. Le fait que les papes n’avaient pas limité leur lutte pour la foi aux seuls Lieus saints, leur appel à la croisade se voulait également hostile aux musulmans d’al-Andalus ainsi qu’aux peuples païens du nord-est de l’Europe. Appelé à l’aide par le duc de Mazovie en 1231, l’ordre engagea le combat contre les Borusses païens puis, en créant agglomérations et villes, fit des terres conquises un territoire souverain autonome. Durant les six années qui suivirent, deux ordres locaux (chevaliers Porte-Glaive, ordre de Do-brin) lui furent adjoints. Ainsi, avant même la perte de la Terre sainte et bien avant la création de l’ordre de Saint-Jean, l’ordre teutonique s’était constitué un ordre-Etat qui par des batailles ou des achats, allait absorber jusqu’au début du 15ème siècle, des parties de la Livonie, de la petite Poméranie, de l’Estonie et de la Nouvelle Marche. Pourtant, devenu trop puisant au goût de ses voisins, l’ordre commença à essuyer des déboires : en 1410 il capitula à la bataille de Tannenberg face à une armée mixte de Polonais et de Lituaniens et en 1466 il fut contraint de céder à la Pologne des parties substantielles de son territoire. En 1524, la Prusse étant devenue un duché polonais, les antennes de l’ordre teutonique y revêtirent la forme spécifique de couvents fortifiés : ils s’agissait de complexes clos comportant quatre ailes délimitant une cour centrale sur laquelle donnaient des galeries de plusieurs étages, les pièces les plus importantes, chapelle, salle capitulaire, réfectoire, salle de détente, dortoir et chambre des malades, se situant en haut. Le plus célèbre de ces couvents de l’ordre était le Marienbourg, à l’est de Dantzig (bâti vers 1290) qui devint à partir de 1306 le château fort où siégeait le grand maître.

Déroulement : Le car partira le mercredi 8 octobre à 12h30 de l’aéroport de Varsovie (vous y arriverez par vos propres moyens et à vos frais) pour Niepokalanow (la cité de l’Immaculée de St Maximilien Kolbe), Malbork (les chevaliers Teutoniques), Gdansk (le musée de l’ambre, les chantiers Navals de Solidarnosc et en bateau la Westernplatte où débuta la deuxième guerre mondiale) et Vilnius (Ste Faustine et la Divine Miséricorde, Notre Dame de l’Aurore et la ville). Nous assisterons à la bénédiction de l’oratoire St Jean Baptiste à Baltriskes chez les Frères de Tibériade et nous poursuivrons sur Siluva pour vénérer la Très Sainte Vierge, dire bonjour aux Bénédictins Français et Lituaniens à Palendriai, planter une Croix sur la colline des Croix de Siauliai et retournerons à Varsovie visiter le musée de l’Insurrection, la tombe du bienheureux Jerzy Popielusko, la cathédrale et la ville.

550€ comprenant le déplacement en car, le séjour en Pologne et en Lituanie, les repas (eau, thé et café compris), la traversée en bateau à Gdansk, le musée de l’Insurrection à Varsovie et le musée de Malbork. Une occasion unique à saisir !

Nouvelles de la chapelle St Hilaire

Fouilles de l’INRAP
L’INRAP nous a envoyé fin janvier 2014 une équipe dirigée par Madame Muriel Vecchione pour procéder à un diagnostic archéologique à l’extérieur et à l’intérieur de la chapelle. Les sondages ont fait apparaître sur la face nord de l’abside plusieurs sépultures. La face sud explorée en plusieurs excavations a permis de déterminer la nature exacte du sol et de la terre en profondeur (glaise verte).

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En dépit de la pluie, les travaux se sont poursuivis sans discontinuer. Ils ont permis néanmoins la découverte du sol original de l’abside: une surface d’environ 2 m², constituée de dalles en opus incertum. La fouille a également permis de localiser une tombe dans la nef et à l’extérieur, elle a déterminé les niveaux exacts et dans l’abside a été trouvé un mur datant du 6ème siècle avant Jésus Christ.

Nous attendons avec impatience le rapport de l ’INRAP qui nous permettra de demander et nous le souhaitons, d’obtenir, le permis de construire afin de réhabiliter l’abside dans sa totalité, objectif mentionné dans le plan d’action 2014.

Sauvetage sécurisation du mur ouest
Grâce à l’embauche de Marc et de Cyrille, tailleurs de pierre et compagnons du Tour de France, nous avons pu courant mars et avril mettre fin à la chute de pierres du mur ouest. Il est maintenant complètement sécurisé et ne présente plus de danger pour les promeneurs. La structure du mur est maintenant assurée et donne une bonne impression de ce que sera la chapelle lorsqu’elle sera jointoyée. Ce travail délicat a entraîné le changement de certaines pierres d’angle qui avaient éclaté sous l’effet du gel, du mistral et de la pluie.

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Mur ouest extérieur avant mur ouest extérieur après

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Mur ouest intérieur avant mur ouest intérieur après

Sécurisation du périmètre intérieur de l’abside
Pour mettre fin au désordre du mur intérieur de l’abside, nous procédons à la remise en place des moellons qui avaient glissé et avaient perdu la verticalité. L’achat d’un échafaudage permet à l’association de réaliser ces travaux avec ses propres moyens. Ce travail exige de la patience, une extrême compétence et beaucoup de chaux. Heureusement, les Ciments Lafarge nous aident beaucoup et la consommation de chaux Nathural approche de 150 sacs. Un très grand MERCI à nos bienfaiteurs et nous soulignons l’action généreuse et le soutien de M. Gilles Etcheberry.

Jardin St Hilaire, jardin d’iris
Avant Pâques, nous avons eu la joie d’assister à la floraison des iris qui nous ont été offerts et qui, plantés par les bénévoles, constituent des parterres fleuris. Nous allons poursuivre et continuer à planter des ryzomes cet été.

Nous acceptons volontiers tous les coloris d’iris. Ils seront destinés au fleurissement de la butte est de l’abside. Un grand MERCI à notre bénévole Annie qui inlassablement enrichit le jardin St Hilaire de nouvelles fleurs.

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Remerciements
De nombreux membres de l’association « Sauvegarde » ont renouvelé leur cotisation. Nous les remercions chaleureusement, ainsi que tous les membres de la Route de l’Europe chrétienne qui nous ont fait des dons. Avec l’achat d’une bétonnière, d’un groupe électrogène et d’un échafaudage, il nous faut également faire face aux frais de transports sur le site, qui sont effectués grâce à l’entreprise Pascal Girard de Beaumes de Venise et bien sûr, au juste salaire de Marc et de Cyrille que pour le moment, nous avons engagé quinze jours ouvrables par mois.

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Tous ces efforts, toutes ces participations contribuent effectivement à la renaissance de St Hilaire ainsi que vos prières à St Hilaire et à St Joseph qui sont les grands protecteurs de notre projet.

« Agir c’est aimer »

.

Grandes et petites vertus

(glanures de Jacqueline Picoche)

Les grandes, on les connaît, trois théologales : Foi, Espérance et Charité et quatre cardinales : Prudence, force, justice et tempérance dont le père Amorth, le célèbre exorciste de Rome nous assure, qu’elles sont l’expression « non seulement d’une bonne santé mentale, mais également d’un bon fonctionnement du cortex cérébral ». On connaît moins les « petites » dont un évêque québécois, Mgr Lussier, nous rappelle l’existence : « on appelle « petites vertus » la simplicité, l’émerveillement, savoir dire merci, l’humour, la ponctualité et l’eutrapélie. L’appellation de cette dernière nous est peu familière. Il s’agit de cette vertu qui « permet de se détendre après un excès de fatigue, de tension, de compression intellectuelle ou spirituelle, soit après un travail minutieux de recherche, un travail de discernement ou une décision importante à prendre. N’est-elle pas la force des caractères enjoués, le secret des personnes dont on envie la joie de vivre, tandis qu’on sait les épreuves qui les marquent. L’humour est une charité prisée du vrai saint. Saint Thomas d’Aquin lui-même en est d’accord : « il est contraire à la raison d’être un poids pour autrui, de n’offrir aucun agrément et d’empêcher son prochain de se réjouir… ceux qui refusent de se distraire, qui ne racontent jamais de plaisanteries et rebutent ceux qui en disent, ceux-là sont vicieux, pénibles et mal élevés » (IIa IIae, Q168, a4). S’appliquer à pratiquer l’eutrapélie en carême, c’est un peu comme se laver le visage et se parfumer la tête, conseils évangéliques ! (Mt 6, 16-18)

Quelle doit être notre attitude face à la théorie du genre ?

(extrait d’une conférence donnée par le père Peyrous à Paray-le-Monial

La chose à ne pas faire est de déprimer, de râler dans le genre : « C’est affreux, qu’est-ce qui va nous arriver, où allons-nous ? » Le pape François a eu un mot très fort sur ce sujet : « Nous nous posons la question : quel monde nous allons léguer à nos enfants ? La véritable question est : quels enfants nous allons léguer au monde ? »

C’est un complet renversement des choses. Ou nous voulons lutter ou pas. Nous nous disons, le Seigneur nous a mis dans ce monde précis, ici et maintenant en 2014, ce n’est pas par hasard. Il a besoin de nous. Il n’y a pas de neutralité possible. Être neutre, c’est fuir, c’est passer à l’ennemi.

Le Conseil constitutionnel a été saisi à propos de l’objection de conscience pour les maires que la loi sur le mariage pour tous ignore. Certains maires se sont dits prêts à faire de la prison. Le jour où les journalistes comprendront que la vérité est plus importante que la carrière, l’idéologie s’écroulera. Parce qu’on ne construit pas indéfiniment une société sur des mensonges. La chute du mur de Berlin, c’était il y a 25 ans. C’est tout près de nous et nous retrouvons les mêmes moyens de résistance. Ces grandes foules, comme les veilleurs, tout un peuple qui refuse d’être anesthésié et qui ne croit pas un mot des informations officielles.

Chacun de nous doit avoir à cœur de se dire « la bêtise ne triomphera pas, elle n’a pas les paroles de la vie éternelle. Les lois se changent. » Ce qui est mauvais peut se changer et il faut des gens qui aient le courage de s’engager. Il y a mille formes d’engagements possibles. On peut s’engager par la prière, en manifestant, en entrant dans des groupes. Les bons engagements sont ceux qui sont à la base.

Exemple : le gender va débarquer dans les écoles, le recul du gouvernement n’est qu’apparent et provisoire. Par conséquent, les parents doivent aller voir les maîtres des enfants, écrire aux directeurs des écoles, aller voir et au besoin écrire aux inspecteurs d’académie. Si vous ne le faites pas, vous démissionnez. Cela ne coûte rien d’écrire une lettre qui n’a pas besoin d’être détaillée. Nous sommes dans un combat. On ne peut plus rester sans réagir, sauf à accepter de devenir complice de l’idéologie totalitaire. On doit se prononcer, pour ou contre.

Si cela n’est plus possible, il faut se battre, s’engager. On est menacé de ne pas pouvoir vivre comme cela. Il faut s’engager sans gémir, en sachant que l’on se battra jusqu’à la fin des temps. L’humanité n’aura jamais une histoire plane.

Il y a toute une pensée qui déclare qu’en France les catholiques ont disparu. Tout a coup on se rend compte qu’il y a 1 500 000 manifestants dans la rue, dont une majorité de catholiques, ce qui représente au moins 10 millions de personnes. Cela commence à compter dans un pays comme le nôtre. Ce fut une bonne surprise, car beaucoup de gens ne pouvaient même pas l’imaginer.

En conclusion, nous pouvons dire que tout ce qui touche au gender est comme un immense tsunami qui nous tombe dessus pour détruire notre humanité de l’intérieur. Le combat porte sur les racines mêmes de notre humanité. C’est le dragon rouge feu de l’Apocalypse qui s’attaque aux enfants de la femme pour les perdre. Mais nous, menons le combat comme de grands vainqueurs d’avance. Parce que notre main est glissée dans celle de la Reine du ciel.

Il faut exploiter la surprise et repenser à ce que la Vierge Marie disait à Estelle Faguette en 1876 à Pellevoisin : « Courage et confiance ! » Et aussi à ce que Notre Dame disait aux enfants de l’Ile Bouchard : « Priez mes enfants pour la France qui est en grand danger ». Prions pour la France qui est en grand danger et gardons courage, ayons confiance et Magnificat !

Message du pape François

Chers Jeunes, le Magnificat, le cantique de Marie, pauvre de cœur, est aussi le chant de quiconque vit des Béatitudes. La joie de l’Evangile jaillit d’un cœur pauvre, qui sait exulter et s’émerveiller pour les œuvres de Dieu, comme le cœur de la Vierge Marie que toutes les générations appellent « bienheureuse » (Luc 1,48). Mère des pauvres, Etoile de la nouvelle évangélisation, qu’elle nous aide à vivre l’Evangile, à incarner les Béatitudes dans notre vie et à avoir le courage du bonheur.

Le 21 janvier 2014, mémoire de Ste Agnès vierge
et martyre

Les plus beaux Ave Maria

Samedi 3 mai 2014 à 18h30 Collégiale St Agricol en Avignon
L’association « Sauvegarde » organise le samedi 3 mai à 18h30 à la collégiale St Agricol d’Avignon un concert dédié à la Très Sainte Vierge Marie « les plus beaux Ave Maria ».

La conception et la réalisation de ce concert exceptionnel ont pu se faire grâce à la participation d’Anne Pinatelle, titulaire des grandes orgues de l’église St Georges à Lyon. Au cours du dernier voyage en République Tchèque, nous avons eu la joie de l’entendre jouer lors du concert donné à la basilique St Cyrille et Méthode de Velehrad.

A Avignon le 3 mai, nous aurons la chance de l’entendre à nouveau dans l’interprétation de pièces dune grande qualité : le prélude en sol de Gabriel Pierné,

fugue et variation de César Franck

et la suite gothique opus 25 de Léon Boellmann.

Orgue : Anne Pinatelle
Soprane : Sophie Village
Basse : Bisser Kostadinov

Elle accompagnera également deux solistes : Sophie Village, une jeune soprane du conservatoire de Lyon et Bisser Kostadinov, une basse, dont la notoriété n’est plus à faire.

Ce répertoire spécialement choisi nous permettra d’entendre les plus grandes œuvres lyriques consacrées à la Sainte Vierge : les Ave Maria de Schubert, de Bach, Gounod, César Franck, Camille Saint-Saëns et Dvorak, sans oublier peut-être un des plus beaux, celui dit de Caccini, par Vladimir Vavilov.

Ce concert de bienfaisance est donné pour la réhabilitation de la chapelle St Hilaire. Les billets (12€) seront vendus à l’entrée ainsi qu’à l’office de Tourisme de Beaumes. Entrée gratuite pour les enfants.

Venez nombreux ! En participant à cette soirée, vous deviendrez acteurs d’un grand projet du patrimoine provençal, restaurer la chapelle St Hilaire, joyau roman du 6ème siècle !

Chemin de Croix à St Hilaire le Mercredi Saint 2014

L’Association de Sauvegarde de la chapelle Saint Hilaire avec la participation de la paroisse de Notre Dame des Dentelles et en présence du vicaire général, a organisé son troisième chemin de Croix sur ces lieux chargés d’histoire dans la plus pure tradition pascale de la semaine sainte. De nombreux fidèles ont accompagné les officiants sur les sentiers au milieu des vignes jusqu’à l’esplanade de la chapelle Saint Hilaire dominant la vallée.

Cet événement religieux est lié à la réhabilitation spectaculaire de cet édifice paléochrétien qui se poursuit grâce à une équipe de bénévoles fidèles et déterminés depuis plusieurs années.

Le calvaire bénit à l’issue du Chemin de Croix a reçu le nom de St Louis-Marie Grignion de Montfort en raison de la devise fixée sur le piedestal et qui rappelle aux visiteurs l’exigence de la Croix. M. Henry Aptel, membre de la Route de l’Europe chrétienne, est l’auteur de cette œuvre réalisée dans son atelier de Vergèze (Gard). Qu’il soit ici remercié pour son don et félicité pour son talent.
Henry Aptel

Oratoire St Olav, Rennebu, Norvège

Suite à un contact avec M. et Mme Anders Skoe Le Hir, l’association envisage de construire un oratoire en Norvège sur le chemin royal à la jonction de Gudbrandsdalsleden et Osterdalsleden, reliant la Suède à la Norvège (Trysil, Tynset, Nidaros). Le bas-relief sculpté par M. Pascal Beauvais va trouver place dans le cœur d’une niche qui surmontera l’oratoire. Il accueillera les nombreux marcheurs qui, chaque été, empruntent ces sentiers entre Vadstena et Trondheim.

Qui était St Olav ?
Roi de Norvège, il fonda l’Église chrétienne à Nidaros (Trondheim). Il s’était engagé à quatorze ans dans une de ces bandes de Normands qui, durant deux siècles, se répandirent régulièrement en France pour la piller. Ce fut au cours de l’un de ces raids qu’il reçut le baptême. Devenu roi de Norvège à vingt-et-un ans, il institua le christianisme comme religion d’État. Sa mort héroïque à trente-six ans, durant une bataille contre les partisans des cultes païens, fit oublier qu’il n’avait jamais cessé d’être cruel et débauché. On le tint pour un martyr et beaucoup d’églises lui furent dédiées, comme à un champion national. Il propagea dans son royaume la foi chrétienne qu’il avait reçue en Angleterre et combattit avec vigueur l’idolâtrie.

Association La Route de l’Europe chrétienne / Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire 64 rue de la Frâche
84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesainthilaire.fr

Bulletin N° 22

Donnez-moi, Seigneur
le vrai sens des mots,
la lumière de l’intelligence
et la foi en la vérité, afin
que ce que je crois, je
sache le dire aux hommes.
St Hilaire

La Route de l’Europe chrétienne. Association loi 1901 N° 084.3.00 4972 Re-évangéliser l’Europe.
Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire. Association loi 1901 N° W843001843 Restaurer l’église St Hilaire de Beaumes de Venise

N° 22

8 décembre 2013

EDITORIAL La première étoile

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Mes chers amis,

Vous vous souvenez sûrement de la scène magnifique du camp de prisonniers du film « Katyn* », où le général, assis seul à sa table le soir de Noël,, pense à sa femme. Un officier frappe à la porte, salue et annonce : « Mon général, la première étoile de la nuit de Noël est apparue. »

De la même façon, après une année de luttes et contre tout espoir, voici que de jeunes catholiques, bravant tous les interdits du politiquement correct, se sont levés pour affirmer les droits de Dieu et dire non au rouleau compresseur de lois impies qui, depuis le début du siècle, poursuivent leur avance de façon inexorable. Les adversaires de la famille, tous régimes politiques confondus auront mis presque un siècle pour faire tomber l’indissolubilité du mariage. C’était la première étape et oh combien la plus importante, le mariage étant la clef de voûte de la civilisation. Supprimez-la et l’institution de la famille humaine s’écroule.

La destruction commencée par la loi du divorce en septembre 1792, s’est accélérée après les deux guerres mondiales : 1968 loi autorisant la contraception, 1975 loi autorisant l’avortement, 1994 loi sur l’assistance médicale de procréation, 1999 loi instituant le Pacs, 2013 loi instituant le « mariage » entre personnes de même sexe. Nous attendons d’autres lois : PMA, GPA, euthanasie, théorie du genre. Le planning familial, émanation du « Birth Control » aux Etats-Unis, créé par Margareth Sanger ne se cache pas pour affirmer sa volonté eugéniste. Affiliée à l’association internationale, elle bénéficie des subventions de la fondation Rockefeller. « La vie est un matériau qui se gère, elle est à la disposition de l’homme qui en donne une valeur lorsqu’il parvient à l’insérer dans la communauté humaine. » (Pierre Simon) L’homme est donc maître de toutes choses, ce qui revient à autoriser toutes les déviances, toutes les expérimentations, tous les totalitatismes. C’est le cœur de la pensée maçonnique : la haine de Dieu, le rejet de l’ordre naturel qui, de près ou de loin, rappelle la présence divine.

A la veille de la rentrée dans le troisième millénaire, Jean-Paul II avait clairement perçu cette déferlante mortifère et l’avait à de nombreuses reprises dénoncée. Pour la contrer, il avait exalté la civilisation de l’Amour.

Créée sous son patronage spirituel en 2006, la Route de l’Europe chrétienne mobilise tous ses adhérents pour résister jusqu’au martyre à toute pression et faire sienne la seule profession de liberté magistralement définie par S.S. Benoît XVI : « Celui qui s’incline devant Jésus ne peut et ne doit se prosterner devant aucun pouvoir terrestre, aussi fort soit-il. Nous les chrétiens, nous ne nous agenouillons que devant Dieu, devant le Très Saint Sacrement. »

Rendez-vous à la chapelle St Hilaire pour la veillée de Noël. Bonne et sainte année 2014 à tous !

* Andrej Wajda : Katyn, film Polonais, distribué en France dans
la plus grande discrétion, raconte le massacre de 20000 officiers
Polonais par les communistes, occulté pendant 50 ans

Robert Mestelan, Président

« Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu. » Hélie de Saint Marc

Une belle assemblée générale

Le 26 octobre, la Route de l’Europe chrétienne a tenu son assemblée générale annuelle dans la salle capitulaire de l’ancien Carmel de Carpentras. Après la messe célébrée à la chapelle par M. le chanoine Trauchessec spécialement venu de Bâle, les membres se sont réunis autour de Jacques Sarrade, trésorier, Claudia Mestelan, secrétaire, François de Vernejoul, vice-président, Jean-Claude Constantin, architecte et Robert Mestelan, président.

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Le rapport moral de 2013 mentionne deux nouveaux oratoires bâtis, Sts Cyrille et Méthode à Nitra en Slovaquie et la Ste Trinité à Maria Dreieichen en Autriche. Ceci porte à 26 le nombre d’oratoires bâtis en Europe depuis 2006. Le rapport financier 20000 établi fait ressortir que fin octobre 2013 nous avons 2260,29€ en caisse et 6510€ sur le livret A. L’oratoire de Lituanie est déjà payé.

Le pèlerinage à pied du printemps dernier à permis au président et à son épouse de suivre la route de St Louis-Marie Grignion de Montfort en visitant les paroisses où il a prêché ses missions (1140 km du 5 avril au 26 mai).

En dépit d’un contexte de crise, la nouvelle génération du printemps Français qui s’est levée contre la subversion du code de la famille résiste avec courage et intelligence au carcan idéologique de la pensée unique. Ils veillent avec foi et ferveur. La Route de l’Europe chrétienne les soutient et s’associe à leurs actions.

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La deuxième partie de l’assemblée générale a été consacrée à l’association « Sauvegarde de la chapelle St Hilaire ». Constituée sous la présidence de Monseigneur Cattenoz pour restaurer la chapelle St Hilaire de Beaumes de Venise, elle a été déclarée et inscrite sous le N° W8430011843 à la sous-préfecture de Carpentras. « Plus qu’une prouesse technique, le sauvetage de la chapelle est la réponse à un appel impérieux du Seigneur. » Comme au début du 13ème siècle à San Damiano, où St François avait entendu la voix du Christ lui dire : « Allez et reconstruisez mon Eglise qui, vous le voyez, tombe en ruines », nous avons retroussé nos manches et nous nous sommes résolument mis au travail. « Aide-toi, le ciel t’aidera » et le ciel nous a beaucoup aidé et nous aide tous les jours. Il continuera si nous ne cessons jamais de prier. Le rapport financier de notre trésorière Paulette Alliaud donne des recettes de 73 417€, des dépenses de 52 458.83€ (sécurisation voûte et architecte) et un solde de 30 837.17€ à ce jour. Nous avons eu l’honneur d’accueillir Monseigneur Cattenoz pour cette deuxième partie de l’assemblée qui nous a donné l’excellente idée de lancer une neuvaine de prière pour faire venir les archéologues et obtenir le permis de réhabilitation de l’abside. Les conversations se sont prolongées autour d’un excellent déjeuner servi avec beaucoup de gentillesse et de compétence à la Perle d’Asie. Après une agréable traversée du centre de Carpentras, nous sommes descendus au sanctuaire Notre Dame de Santé où sœur Myriam nous a régalés spirituellement en nous faisant connaître ce sanctuaire attachant et aimé des Carpentrassiens. La journée s’est terminée par la récitation d’un chapelet pour la France.

Nouvelles de la chapelle St Hilaire

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Le lundi 4 novembre, une trentaine de membres de l’association Vieilles Maisons Françaises VMF de Vaucluse qui a participé aux travaux de sécurisation à hauteur de 10 000€, était l’hôte à la chapelle St Hilaire. Sa présidente, Anne Lambert et ses amis, ont pu constater, admiratifs, le résultat des efforts consentis par les bénévoles et se féliciter de l’implication de leur association dans cette réhabilitation. Vieilles Maisons Françaises est un partenaire de choix par son rôle de militant natio-nal, ses nombreux moyens d’action, ses aides et ses conseils aux adhérents. Elle met également en valeur le savoir-faire de l’artisanat d’art.

Dominant la vallée, à terme, ce lieu de mémoire sera inscrit dans le circuit culturel « la haute route des chapelles romanes ». Cette démarche de préservation patrimoniale, à la fois spirituelle et matérielle peu commune, se doit d’être encouragée sans réserve. Ce lieu renaît. Article écrit par nos membres M. et M. Poiré, paru dans « La Provence »

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Les scouts à St Hilaire : le samedi 10 novembre, les patrouilles du groupe St Maurice du Barroux sont venues planter leur tente pour une nuit autour de la chapelle St Hilaire. Ils ont assisté à la sainte messe qui a été célébrée par le père Alberic. A l’issue de leur journée, ils ont participé au transport des bûches de bois qui serviront comme en 2012, à aller chauffer la maison de trois pauvres. MERCI de leur aide et leur présence.

Les Travaux :

A St Hilaire, la chaleur du mois d’août n’a pas ralenti l’action des bénévoles: elle s’est poursuivie grâce à l’aide éclairée de Marc, tailleur de pierre et compagnon du Tour de France qui a dirigé les travaux.

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Le fragment de mur resté intact nous a servi de mur école. Il commence au mur de la chapelle par un bel arrondi et se termine à la hauteur de la croix de bois: il mesure vingt mètres de long. L’alignement des pierres est rompu en certains endroits par des pierres obliques en arrêtes de poisson. Les pierres sont apparentes, le mortier de chaux qui lie l’ensemble, est invisible. Le résultat est impressionnant.

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Ce travail a été réalisé grâce à la présence des bénévoles et à l’aide de deux familles nombreuses qui sont venues travailler avec leurs garçons. Merci à Guillaume et à Emmanuel qui n’ont pas ménagé leur peine avec leurs enfants, ainsi que Victor de Beaumes et Jean-Pierre d’Aubignan. Ce mur a un profil en escalier épousant la pente naturelle, il prend appui sur la langue des rochers qui domine la face nord de la chapelle St Hilaire. C’est sur ce parvis que se dé-roulera la veillée du 24 décembre 2013.

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A trois reprises, la chapelle ayant été forcée par des vandales qui ont signé leur forfait en crevant les pneus des brouettes, en dérobant des outils et en vidant les précieux bidons d’eau, portés à dos d’hommes depuis la plaine, nous avons été obligés d’assurer nous mêmes la sécurisation de l’abside. Celle-ci a été assurée par la réfection de l’embrasure est et l’obturation des orifices du périmètre est et sud-est.

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Pendant le mois de septembre, nous avons pu compter sur l’excellent travail de Marc et de Cyrille, tailleurs de pierre qui ont assuré ce travail en six jours. Le résultat est époustouflant, ce n’est plus une ruine, notre église St Hilaire revient de loin !

Deo gratias.

Plan d’action 2014 : le plan d’action 2014 est sorti. Il concerne la sécurisation de l’abside. Après la venue des archéologues, prévue en janvier 2014, et dès que le plan de réhabilitation aura été accepté, sa reconstruction sera entreprise. La mission archéologique durera quinze jours.

Budget Avis aux donateurs : il est maintenant possible en passant par le canal des VMF et en mentionnant pour la chapelle St Hilaire de faire un don défiscalisé sur l’impôt sur la fortune ou sur le revenu. Formulaire à votre disposition.

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MERCI à nos mécènes

: Grâce à l’aide des mécènes, qui ont généreusement répondu à notre appel, tous les travaux entrepris jusqu’à ce jour ont pu être intégralement payés.

Nos remerciements s’adressent particulièrement au Crédit Agricole, Sauvegarde l’ Art Français, VMF Vieilles Maisons Françaises, les Ciments Lafarge, MG Imprimerie de Pernes les Fontaines et à tous les 215 membres de l’association Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire qui se sont inscrits pour une pierre et souvent pour une belle rangée. Merci de tout cœur !

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Appel au bénévoles : Certains, atteints par l’âge ou la maladie, nous ont quittés, nous en avons besoin d’autres pour les remplacer. Nous sommes à St Hilaire tous les mercredi de 9h à 16h. Venez nous rejoindre. « Si vous rougissez de la Croix, le Christ rougira de vous devant Son Père. (St Louis-Marie Grignion de Montfort)

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9ème Voyage-pèlerinage de l’association, 8 – 22 octobre 2014 en Pologne et Lituanie

Ce voyage commencera par un vol avion jusqu’à Varsovie. Il sera pour-suivi par un déplacement en car qui nous fera passer par la cité de l’Immaculée fondée par St Maximilien Kolbe, retrouver la trace des chevaliers Teutoniques (château de Malbork), visiter et séjourner à Gdansk, découvrir la Lituanie avec Vilnius Siauliai et Baltriskes, puis passer 48h au sein de la Fraternité de Tiberiade qui bâtit l’oratoire St Jean Baptiste. Le programme complet prévoit de prier sur la colline des Croix et au retour, de visiter Varsovie. Ceux qui partent de Marseille ont intérêt à prendre leur billet d’avion dès à présent : avec Ryanair départ le 8 octobre à 6h50 pour €39.99, retour le 22 octobre, arrivée Marseille 12h25 pour €39.99 Inscriptions pour ce superbe voyage dès à présent auprès de Claudia Mestelan, tél. 04 90 20 08 70 atelierloubarri@free.fr. Le prix (vol exclu), très étudié, sera communiqué à ceux qui s’inscrivent et mis dans le prochain numéro. Attention : nombre de places limitées à 45.
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Au revoir Monsieur Mimoun !

On ne peut pas se permettre de l’ignorer !! Ce Monsieur mérite notre respect et notre admiration. Il doit intégrer notre devoir de mémoire au titre de citoyen Français exemplaire. Merci de votre attention. Mes respects Monsieur MIMOUN. Vous étiez un sacré bonhomme ! C’est marrant, mais quand je vois la vie d’Alain Mimoun, j’ai comme une envie de comparer. Loin de moi l’idée que tout était mieux avant, mais je dois bien reconnaître qu’à l’occasion, le bon vieux temps me file la nostalgie.

C’est vrai, Mimoun, c’est quand même cet Algérien qui a devancé l’appel sous les drapeaux, pour aller se prendre une dégelée par les Boches en 1940, à la frontière belge. Qui a remis ça contre Rommel en Tunisie. Puis a failli perdre un pied à Monte-Cassino, début 1944, pour débarquer en Provence six mois plus tard. Forcément, quand on n’a pas fait le service militaire parce que Chirac l’a supprimé, on a un peu plus de mal à chanter La Marseillaise avec l’équipe de France. Et je ne veux viser personne.

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Mimoun, c’est aussi le garçon de café qui a vécu quatorze ans dans un deux-pièces du XIXe, à Paris, alors qu’il se battait aux quatre coins de la planète pour la suprématie mondiale en course de fond. Celui que Zatopek fut tout heureux de voir gagner à Sydney, en 1956, après l’avoir privé trois fois de podium olympique. Ça a quand même plus de gueule que les petites querelles d’ego de nos divettes footballistiques, à Ferrari de fonction et hôtel particulier dans les beaux quartiers de Londres. Mais je ne veux viser personne…

Mimoun, c’est le stakhano, vous lançant cette maxime mais pleine de bon sens : « Quand ça fait mal, c’est que ça fait du bien ». Le gars qui, quand il défaille au 30ème kilomètre du marathon de Sydney, se traite de « salaud », s’insulte copieusement, se met lui-même des coups de pied au cul, et gagne par-delà la douleur, quand d’autres préfèrent rejeter la cause de leurs échecs sur les arbitres, les journalistes, les entraîneurs. Ou font la grève de l’entraînement… Bon, d’accord, je vise quelqu’un. Enfin, quelques-uns, mais n’y comptez pas : vous n’aurez pas de noms. Mimoun, quand il parlait, ça pouvait être imprévisible. On l’écoute : En Australie, quarante ans après les jeux Olympiques de Melbourne, j’ai été reçu comme un chef d’État. On m’a même proposé le passeport australien. Ce à quoi j’ai répondu : « Vous savez, j’ai déjà deux nationalités : française et corrézienne ».

C’est sûr que ça nous change des analyses d’après match de nos héros modernes, à base de « l’important, ce soir, c’était les trois points », ou « comme dit le coach, il faut prendre les matchs les uns après les autres, on fera les comptes à la fin de la saison ». Pas de nom, j’ai dit. Une tombe. Mimoun, c’est le type qui a cinquante stades à son nom, des écoles et des rues dans tous les sens. Pas mal, pour quelqu’un qui vient de mourir. Alors, à quand une école Nicolas Anelka, un stade Samir Nasri, une avenue Karim Benzema ? Aïe, ça y est, j’ai lâché des noms… Las, ceux-là, c’est davantage dans la rubrique fait divers qu’il faut les chercher, accolés à celui de Zahia ou autre…

Mimoun, c’est ce type qui a su aimer la France, au temps où la France savait se faire aimer. Où elle n’avait pas encore pris ce pli de se déverser un tombereau de culpabilité sur la tête à chaque occasion. Mimoun c’est le patriote pur et dur, que même le FLN n’a pas tenté de récupérer, et à qui de Gaulle affirma qu’ils avaient deux points communs : leur amour de la France et leur longévité. Car oui, Mimoun, à 44 ans, il gagnait son quatrième titre de champion de France du marathon !

Jusqu’au bout, il aura couru ses 10 ou 15 kilomètres par jour. Mimoun, c’est ce petit Français qui meurt en même temps que Mandela et qui, comme lui, a su jeter des ponts entre les cultures et les races, pour devenir l’un des plus grands porte-étendards français. Cet homme qui est né Ali, musulman, dans l’Oranais, et qui est mort 92 ans plus tard Alain, catholique, dans le Val-de-Marne. Qui admirait Bayard et Sainte-Thérèse-de-Lisieux ― la France du panache et celle de la petite voie. Et qui déclarait, se retournant au crépuscule de sa vie sur son aurore :

Je savais depuis longtemps que mon pays était de l’autre côté de la mer. Mes ancêtres, c’était les Gaulois. La France était déjà dans ma peau et dans mes veines. Par conséquent, qu’on ne me parle pas de ces conneries d’intégration ! Alain Mimou est né le 1er janvier 1921 à Maïder en Algérie française et mort le 27 juin 2013 à Saint Mandé dans le Val de Marne.

Neuvaine à St Hilaire

Nous avons besoin de vos prières pour obtenir que les fouilles aient vraiment lieu, que le permis de réhabilitation de l’abside soit accordé et que nous ayons beaucoup de nouveaux bénévoles joyeux et fidèles pour travailler le mercredi. A la demande de Monseigneur Cattenoz, nous allons effectuer une neuvaine à St Hilaire. Elle commencera le 3 et se terminera le 12 janvier 2014. Réciter pendant neuf jours la prière suivante :

Donnez-moi, Seigneur Dieu,
le vrai sens des mots,
la lumière de l’intelligence
et la foi en la vérité,
afin que ce que je crois
je sache le dire aux hommes.

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O, Seigneur,
c’est par la beauté
que vous révélez votre grandeur.
Comme il est beau votre ciel
tout clairsemé d’étoiles,
et splendides ces astres
dont l’éternelle mouvance
figure votre éternité.
Qu’elle est belle la terre
aux changeantes parures…

O Seigneur,
c’est à travers l’homme
que vous révélez votre amour.
Seigneur, gonflez les voiles de ma foi
pour que je puisse prêcher partout le nom de Dieu.
Seigneur, déliez ma langue
pour que je fasse honneur à votre Saint Nom.
Seigneur, éclairez mon esprit
pour que je révèle à tous ceux qui l’ignorent
ce que vous êtes, vous le Père du Fils unique de Dieu…

suivie d’une dizaine de chapelet et invocation de : Marie Immaculée priez pour nous, St Joseph priez pour nous, St Hilaire priez pour nous.

Merci beaucoup de votre participation fervente !

Agenda

24 décembre 2013 : Veillée de Noël à St Hilaire (voir tract ci-joint, de 15h – 18h)

28 décembre 2013 : 10h30 messe à Chantemerle les Blés pour tous les bébés non nés, en réparation du crime de l’avortement par M. le Chanoine Trauchessec suivi d’un déjeuner amical à Beaumont-Monteux

12 janvier 2014 : 10h30 Fête de St Hilaire à l’église de Beaumes de Venise suivi d’un apéritif

19 janvier 2014 : 14h30 Marche pour la vie à Paris, Place de la République

16 avril 2014 : Chemin de Croix à St Hilaire

27 avril 2014 : Canonisation de S.S. le Pape Jean-Paul II, place St Pierre à Rome

Fin mai 2014 : pèlerinage à pied Ratisbonne – Aix la Chapelle (vénération de reliques exposées tous les 7 ans)

Août 2014 : Chapitre St Pierre Chanel à la chapelle St Hilaire (en attente de réponse)

8 – 22 octobre 2014 : voyage-pèlerinage en Lituanie (Gdansk, Vilnius, Baltriskes, colline des Croix, Varsovie,)

15 novembre 2014 : Assemblée générale Route de l’Europe chrétienne et Sauvegarde St Hilaire

24 décembre 2014 : Veillée de Noël à St Hilaire

Appel à cotisation pour 2014

Cette année encore, la cotisation reste inchangée. Il y a encore bien des pays avec lesquels nous n’avons pu bâtir un oratoire, aidez-nous à y parvenir. MERCI à ceux et celles qui se sont déjà acquittés de leur cotisation 2014 ! Pour les autres : payez votre cotisation dès réception du bulletin. MERCI d’avance.

Normale €25 Familles nombreuses €18
Etudiants €10 Bienfaiteurs €100

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Bobbio : portail de gloire de St Colomban

C’est en 2007, l’année où nous avons suivi à pied la route de St Colomban entre l’Irlande et l’Italie, que nous avons fait la connaissance de Bobbio. Cette longue pérégrination s’achevant dans la chaleur étouffante d’une journée d’été, vit notre arrivée dans cette petite ville qui garde jalousement avec son tombeau, la mémoire d’un des pères fondateurs les plus importants de l’Europe chrétienne.

Chassé de Luxeuil en 610 par Brunehaut, la Taubira de l’époque, et sommé de rentrer en Irlande, Colomban, à la sortie de Nantes, reprend sa liberté, se fraye un chemin sur la Moselle, puis le Rhin jusqu’à Mayence. Il le remonte ensuite, s’installe à Bregenz, mais doit fuir encore. Il franchit le col du Septimer, débarque en Italie où il est accueilli à Pavie par Agilulf le roi des Longobards qui lui permet de s’installer à Bobbio. « Colomban y trouve une basilique en ruine, dédié au bienheureux Pierre, prince des apôtres. Le sol y était riche et fécond, le poisson abondant. Ce territoire, une antique tradition l’appelait Bobbio, du nom du cours d’eau qui l’arrose et se jette dans une autre rivière nommée Trebbia, sur les bords de laquelle avait jadis séjourné Hannibal et subi de terribles pertes d’hommes, de chevaux et d’éléphants… » Jonas de Bobbio: Vita Colombani

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Quand on vient de France et qu’on arrive par Gênes, on a l’impression de monter les barreaux d’une gigantesque échelle avant d’atteindre après huit cents ou mille virages, ce lieu d’exception, ce monastère qui rayonna sur tout le nord de l’Italie et de l’Europe. Comme à Rome, des collines délimitent cet espace d’exception en lui conférant sa raison d’être, maison de Dieu depuis toute éternité.

Le 22 novembre au soir, les reliques du saint fondateur sont apportées solennellement à l’entrée du cloître. Accueillies par la foule silencieuse, elles sont conduites en procession dans la basilique, en chantant les litanies des saints. Pour ce « transito », point de grandes autorités, juste la population et ses prêtres qui lui adressent l’hommage fervent de leur cœur. On chante son hymne et surtout on lit un de ses enseignements. C’est un peu comme si du ciel, il se penchait vers nous pour nous indiquer la marche à suivre pour y parvenir. « Qu’ils sont heureux, ceux qui servent le Seigneur et qu’à son retour Il trouvera éveillés ». « Daignez, oh Christ, notre si doux Sauveur allumer nos lampes, éclairer les coins obscurs de notre esprit et que fuient devant nous les ténèbres du monde ! »

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Les paroles de Colomban traversent les siècles avec une jeunesse étonnante, elles s’imposent naturellement, constituant le cœur même de notre foi. Dans cette basilique de Bobbio, pleine de fresques chatoyantes et bourrée ce soir de ses habitants, St Colomban nous parle du ciel. Il nous rappelle qu’il reste le seul objectif à atteindre. En affirmant les droits de Dieu, il demeure d’une criante actualité. Son combat s’apparente au nôtre en France : sauvegarder les racines chrétiennes. Pour restaurer la famille, il faut donc rétablir l’autorité du père et asseoir la société sur le respect du Décalogue, il ne saurait y avoir de « droits » pour le péché !

Dès l’Angélus le 23, jour de la fête de St Colomban, les rues sont envahies par les marchands qui proposent aux pèlerins des montagnes de jambon, de coppa et de fromage de brebis. Quelques flocons de neige se mêlent à la pluie, comme chaque année : St Colomban vient « une poignée de neige à la main ». Dans la crypte, Don Mario célèbre la première messe devant son tombeau. En quelques phrases fortes, il souligne la vocation de pèlerin de Colomban, son détachement du monde, qui doit nous servir de modèle pour évangéliser le monde païen qui nous entoure. Et puis, c’est la messe solennelle, présidée par Monseigneur Gianni Ambrosio, évêque de Piacenza. Il sourit en nous reconnaissant et j’ai une minute pour lui dire que nous sommes venus de France pour demander à St Colomban de protéger les familles : sans la famille, la petite église domestique, pas de vocations et l’Eglise elle-même sera atteinte. Il y a heureusement ici ce matin une longue colonne formée par les séminaristes de Piacenza et toute une compagnie de chevaliers du temple. Leur grand manteau blanc, frappé de la croix rouge de Malte est signe de ralliement et chant de louange, il témoigne aussi de la prise de conscience aigue du danger que court l’Eglise d’un bout de l’Europe à l’autre. En ces temps difficiles, il est nécessaire de prendre les armes, les armes de la foi : la prière et l’humilité. « Parce Domine, parce populo tuo, ne in aeternum irascaris nobis*. Avec un prêtre venu d’Amiens, nous sommes les seuls Français à vivre cette belle fête de St Colomban à Bobbio. Le retour au milieu de la neige et de la pluie ne fut donc qu’un cantique d’action de grâces en fredonnant le chant de St Colomban de Jean-Yves Marie Tourbin :

« Colomban, tu es grand
Colomban, tu te fais respecter par les puissants
Colomban, ce géant,
Colomban, quelle leçon tu donnes aux hommes de notre temps. »

La brièveté de ce passage à Bobbio semble avoir été un rêve. Pourtant, au fond de l’auto, le petit morceau de pain distribué après la messe, nous indique que nous avons bien été à Bobbio. Notez bien la date. Le 23 novembre prochain, rejoignez-nous. Vous ne le regretterez pas !

Le genre, de quoi s’agit-il?

• En français courant, le genre, c’est le genre grammatical: la voiture, le tableau, etc.

• Aux USA, dans les années 70, le terme « genre » (gender) a été utilisé en sciences sociales, dans le cadre des « études de genre », pour mettre en lumière ce qui, dans les comportements masculins et féminins, relève de l’acquis culturel (genre psychologique ou social) et non d’un donné naturel.

• Aujourd’hui, un sens détourné et idéologique de ce mot consiste à nier le lien entre sexe biologique et genre social pour affirmer que chacun peut choisir son identité indépendamment de sa réalité corporelle. Ceci conduit, au nom de l’égalité, à l’indifférenciation des sexes et à la promotion de toutes les orientations sexuelles («identités de genre»)
Nos enfants sont-ils concernés?

www.education.gouv.fr

• OUI, parce que c’est le sens idéologique du mot genre que le gouvernement entend diffuser dans toutes les écoles, de la maternelle à la terminale, sous couvert de lutte pour l’égalité, contre les stéréotypes et contre l’homophobie :

« La lutte contre les stéréotypes de genre et l’homophobie doit être menée avec force, à tous les niveaux d’enseigne-ment. Les stéréotypes de genre doivent être remis en question dès l’école primaire. » Vincent Peillon, Refondons l’école, Le Seuil, page 128

« La création du programme «ABCD de l’égalité», qui s’adresse à l’ensemble des élèves de la grande section de maternelle au CM2 et à leurs enseignants, vise à déconstruire des stéréotypes de genre.»

• OUI, parce que sous prétexte de lutter contre l’homophobie, on expliquera dès le CM2 toutes les orientations sexuelles. Ainsi, Najat Vallaud-Belkacem a précisé lors de la présentation du programme national contre l’homophobie: « Il faut que dès le plus jeune âge, chacun comprenne qu’il existe plusieurs types d’orientation sexuelle. L’éducation à la sexualité va revenir dans les établissements scolaires, et il ne sera plus question d’éluder la question de l’homosexualité. »

• OUI, parce que au Collège, on encouragera les différentes pratiques sexuelles (cf. par exemple www.ligneazur.org,
site énergiquement recommandé aux recteurs d’académie par Vincent Peillon dans sa lettre du 4 janvier 2013)

Et nous parents?
• OUI, car les parents seront évincés de leur responsabilité de l’éducation de leurs propres enfants… « Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités. »
Lettre de Vincent Peillon aux recteurs d’académie du 4.1.2013

« Il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel… »
Vincent Peillon, Le JDD, 01/09/2012

• … au mépris de la Convention européenne des droits de l’homme :
« L’Etat, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. »

Que pouvons-nous faire ?

EN TANT QUE PARENTS

• Exercer une vigilance régulière sur le contenu des programmes scolaires et périscolaires (livres scolaires, éducation sexuelle, sorties culturelles…). Ainsi, dans une école parisienne, dans le cadre du nouveau rythme scolaire un nouvel atelier est proposé : « Egalité fille /garçon (pour les 6/8 ans) : faire émerger les stéréotypes liés au genre chez les enfants… »

• Se regrouper entre parents et contacter ou rejoindre les associations de parents d’élèves (PEEP, FCPE, APEL, création de listes indépendantes…), présenter sa candidature au conseil d’école, et informer les parents.

• Affirmer sa liberté de conscience en tant que premiers éducateurs et exiger une transparence de la part de la communauté éducative (direction, enseignants, éducateurs…) sur les intervenants et les associations sollicités pour prendre la parole auprès de nos enfants, et sur le contenu des enseignements.

• Se former sur tous ces sujets avec d’autres parents et devenir force de proposition: place et sens du corps dans l’éducation, unité de la personne humaine…

EN TANT QU’ENSEIGNANT

• Exercer sa liberté de conscience en luttant pour l’égalité, contre l’homophobie et les stéréotypes sans nier la distinction homme/femme.

• Se regrouper entre enseignants pour dialoguer avec la direction.

Consulter sur notre site www.route-europe-chretienne.fr la nouvelle rubrique «

parents levez-vous !!

» avec la vidéo de Mme Farida Belghoul qui vous explique clairement l’urgence de l’action.

Associations « La Route de l’Europe chrétienne » « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire » 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 recsthilairegmail.com www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesaint-hilaire.fr

Bulletin N° 21


N° 21

15 août 2013

EDITORIAL La Rencontre

Mes chers amis,

Temps de repos, de découverte ou de contemplation, temps pour la joie d’être ensemble, temps sacré de prière avec l’Enfant Jésus, la Très Sainte Vierge Marie, St Antoine de Padoue, Ste Hedwige et St Stanislas, St Etienne, St Ladislas, Ste Faustine, Sts Cyrille et Méthode, le Cardinal Mindszenty, les bienheureux Vilmos Apor, Sœur Restituta et Jean-Paul II, temps d’adoration quotidienne avec la sainte messe, temps de partage avec nos frères et nos sœurs Slovaques, Tchèques, Polonais, Hongrois et Autrichiens, bénédiction de deux splendides nouveaux oratoires, ce huitième voyage-pèlerinage aux sources de l’Europe chrétienne restera longtemps inscrit dans les annales de notre association. Grâce à votre enthousiasme et à votre participation, ce fut un temps de grande moisson. Nous en remercions le Seigneur, Gloire et louange à Lui seul.

Vous trouverez dans ce numéro spécial, les photos du voyage, mais elles ne sont pas les seules à garder la trace des évènements que nous avons vécu ensemble, nous garderons au plus profond de nos cœurs l’émerveillement de la rencontre avec Celui qui est la Source de notre foi et qui est le moteur de notre action évangélisatrice, Celui qui nous aime, Celui qui réchauffe et illumine nos cœurs comme le soleil. Dans l’encyclique Lumen Fidei, notre Pape François nous enseigne « que dans la foi le « moi » du croyant grandit pour être habité par un Autre, pour vivre dans un Autre et ainsi sa vie s’élargit dans l’Amour – là se situe l’action du Saint Esprit. Le chrétien peut avoir les yeux de Jésus, Ses sentiments, Sa disposition filiale, puisqu’il est rendu participant à Son Amour qui est le Saint Esprit. C’est dans cet Amour que se rencontre en quelque sorte la vision propre de Jésus. Hors de cette conformation dans l’Amour, hors de la présence du Saint Esprit qui le répand dans nos cœurs, il est impossible de confesser Jésus comme Seigneur. »

Salutaire rappel et qui répand du baume sur nos cœurs fatigués, excédés par les vexations, les dénis d’existence, les reniements, les injustes attaques subies depuis des mois qui nous ont amenés à entrer en résistance, mais qui pourraient aussi nous laisser succomber au poison de la haine.

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Dix ans après le pèlerinage solitaire d’un couple de pèlerins partis à pied de Vézelay jusqu’à Kiev en protestation ou en réparation de la scandaleuse négation des racines chrétiennes de l’Europe, la bénédiction de l’oratoire et la messe dite au sanctuaire Maria Dreieichen ont permis la reconnaissance officielle de « La Route de l’Europe chrétienne ». Son Excellence, Monseigneur Peter Stephan Zurbriggen, nonce apostolique de Sa Sainteté le Pape en Autriche, a souligné l’action exemplaire et missionnaire effectuée par les clercs et les laïcs de cette association. Il lui a conféré la marque la plus haute : la bénédiction de Sa Sainteté le Pape François.

Alleluia ! Alors, restons en tenue de service et continuons, on ne lâche rien : la Suède et la Lituanie nous attendent déjà.

Robert Mestelan, Président
Association « La Route de l’Europe chrétienne »

Assemblée générale de l’association « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire »

Le samedi 26 octobre 2013 : STHILAIRE_logo_330x640_petit-5.jpg

9h30 Messe à la chapelle de l’ancien Carmel de Carpentras, 15 place de la Marotte

10h30 assemblée générale à la salle capitulaire, ancien Carmel, Carpentras

12h30 déjeuner à La Perle d’Asie (15€ inscription avec le bulletin ci-joint)

L’après-midi : visite commentée de la chapelle N.D. de Santé

Nouveauté : Ventoux St Hilaire vin blanc très fruité. A commander : www.barroux.org

VOYAGE-PELERINAGE EN EUROPE CENTRALE

par Jacqueline Picoche

8ème voyage organisé par l’association

Nous partîmes 45, dont notre chauffeur habituel, Philippe, les deux organisateurs, Robert et Claudia Mestelan, deux prêtres, le P. Marcel Bang et le chanoine Gérard Trauchessec, et quarante pèlerins de base, plus ou moins jeunes retraité(e)s. D’Avignon à Avignon, dans la sérénité et la gentillesse, le chauffeur de notre car a couvert ses 5000 kilomètres, et les nombreux chants, prières, exhortations, lectures, vidéos et musiques qui se déroulaient pendant que le car roulait nous empêchaient de trouver le temps long et contribuaient , espérons-le, à notre sanctification.

Les organisateurs avaient fait des prodiges de documentation et de négociations avec hôtels, maisons religieuses, restaurants, pour que ce voyage soit à la portée de (presque) toutes les bourses. Ils n’ont cessé, pendant sa réalisation, de veiller à tous les détails pour que tout se passe bien, et tout se passa bien.

Le fait de disposer pour quarante fidèles de deux prêtres (et même d’un troisième dont nous parlerons plus loin) est une chose extraordinaire, si l’on considère que selon les statistiques les plus récentes, il n’y aurait dans le monde que 413.418 prêtres diocésains et religieux, pour plus d’1 milliard 200 millions de catholiques (calculera qui voudra le pourcentage). Le Père Marcel est le noir curé de Beaumes de Venise, né Camerounais, qui n’a appris et ne connaît que la messe “ordinaire”, et qui avait pu laisser le soin de ses sept paroisses à un remplaçant. Plus âgé, le chanoine Trauchessec, qui fêta, le 29 juin, le 52e anniversaire de sa “prise de soutane” (soit 47 ans de sacerdoce), n’a jamais quitté ce vêtement. Il fait partie de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, qui est de droit pontifical et dont les membres ont le privilège de ne célébrer que la messe “extraordinaire”. Les pèlerins eurent donc le choix entre deux messes quotidiennes, l’ancienne et la nouvelle.

UN PEU DE GÉOGRAPHIE : Il y a quelque 2 millions d’années, Dieu entreprit un grand plissement de l’écorce terrestre qui aboutit à créer les Alpes et leurs sous-chaines aux noms multiples à l’intention (pourquoi pas? les desseins de la Providence sont insondables !) des futurs habitants de l’Europe Centrale, région pas vraiment inconnue, mais plutôt méconnue des Français. Outre qu’elle a été pendant 45 ans coupée en deux par un “rideau de fer” dont la disparition ne remonte même pas à vingt-cinq ans, l’allemand est peu enseigné dans nos collèges et lycées, les langues slaves ne le sont que dans des instituts très spécialisés, sans parler du hongrois, guère parlé par plus de 12 millions de personnes, complètement isolé dans sa spécificité finno-ougrienne. Une redoutable “barrière des langues”, donc! Et pas de bord de mer pour y nager, surfer, ou naviguer… Bref, les Français n’y vont pas en vacances, et beaucoup seraient aussi peu capables de situer sur une carte la Moravie que la Namibie, ou la Slovaquie que le Honduras…
En créant ces montagnes, Dieu préparait pour leurs futurs habitants des points de vue sublimes bien propres à élever leurs âmes vers sa divinité et nous en contemplâmes!

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Il leur préparait aussi le poumon que constituent de grandes forêts. Il leur préparait enfin un château d’eau d’où découlent plusieurs grands fleuves : Dans le sens ouest-est, au sud des Alpes (donc au nord de l’Italie), le Pô, dont nous parcourûmes la plaine le premier jour. Au nord des Alpes le Danube, avec ses affluents, dont le bassin moyen constitua l’essentiel de notre voyage. Dans le sens sud-nord, la Vistule que nous aperçûmes à Cracovie et le Rhin que nous traversâmes, le dernier jour, à la hauteur de Strasbourg. Enfin, dans le sens nord-sud, le Rhône, que les pèlerins méridionaux longèrent, sur leur retour, de Lyon à Avignon. Les plaines du Pô et du Danube offrent aux agriculteurs un limon fertile, mais apparemment, pas de roches fournissant de nobles pierres de taille, d’où la surprise de trouver à Padoue une basilique Saint Antoine du XIIIe s. entièrement en briques rouges, couverte à l’intérieur de fresques partout où les splendeurs du baroque n’illustrent pas le tombeau et les reliques du Grand Saint. D’où aussi, les enduits qui couvrent presque tous les murs d’Europe Centrale, tant ceux des modestes maisons basses des villages moraves que les palais des bourgeois de Cracovie, et les parent des douces couleurs de la glace à la vanille ou à la pistache, du sorbet à la fraise, et de la crème chantilly.

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Notre itinéraire : Le 28/06 on longe la côte d’Azur et la riviera ligure, avec un stop à Arenzano, près de Gênes. On passe un col et nous voilà dans la plaine du Pô que nous parcourons jusqu’à Udine avec un stop à Padoue (près de 1000 km en une seule journée!). Le 29/06 après de nombreux tunnels et échappées sur la montagne, nous voilà dans la partie plate de l’Autriche, où nous ne nous arrêtons pas. Nous roulons vers le nord jusqu’à Velehrad qui se situe en Moravie, province méridionale de la République tchèque. Le 30/06, nous marquons un stop à Olomouc (Olmütz du temps de l’empire austro-hongrois) ville principale de la Moravie, et nous continuons jusqu’à Wadowice en Pologne, où nous passerons deux nuits chez les Carmes. Le 01/07, nous visitons Wadowice et la localité voisine de Kalwaria Zebrzydowska. Le 02/07 nous visitons Cracovie, puis nous franchis-sons la chaine des Tatras, très escarpée, qui culmine à 2600 m et abrite encore dans ses forêts primaires des ours, des loups et des lynx, et nous voilà en Slovaquie, hébergés dans le village de Spisska Sobota où nous passons deux nuits dans une authentique maison du XVIIe s., peinte en vert clair et aménagée en agréable auberge. Pour l’anecdote, je précise que nous franchîmes à pied la frontière entre la Pologne et la Slovaquie, pour rendre le poids de notre car compatible avec la capacité de résistance du pont qui traverse la petite rivière-frontière. Le 03/07, nous sommes à peu de kilomètres de l’Ukraine au château de Spisska Pohradie et au sanctuaire de Levoca, notre ultime point oriental. Désormais, nous nous dirigerons vers l’ouest. Le 04/07 nous visitons Nitra, ville importante de la Slovaquie où nous couchons deux nuits au séminaire (majestueux monument du XVIIIe s.) et assistons le 5 à la Fête Nationale slovaque et à la et bénédiction d’un oratoire de l’association. Le 06/07 nous faisons étape à Györ, en Hongrie, après un stop à Esztergom où l’on domine une courbe du Danube et un stop à Pannonhalma, et le 07/07, après la visite de Györ, cérémonie au sanctuaire autrichien de Maria Dreieichen (Marie aux trois chênes), à une cinquantaine de kilomètres de Vienne, où nous allons coucher pour deux nuits. Le 08/07, c’est le château de Schönbrunn et la cathédrale St Etienne, et la fin de notre pèlerinage. Le 9 et le 10 nous ne ferons plus que rouler sur le chemin du retour.

LES RÉALISATIONS DE L’ASSOCIATION : Tout le monde n’est pas obligé de savoir que le but de la Route de l’Europe chrétienne est la rechristianisation de l’Europe par le moyen de l’implantation, partout où cela se révèle possible, d’oratoires, petits édifices rappelant aux passants quelque chose de l’histoire religieuse du pays. Cela demande beaucoup d’autorisations, des collectes de fonds, cela oblige à remuer pas mal de personnes officielles qui, à l’occasion, peuvent se souvenir qu’elles sont chrétiennes. Or, les organisateurs n’en étaient pas à leur première visite. Dès 2006, un oratoire avait été implanté à Wadowice, ville natale de Jean-Paul II, et un autre en 2007 à Velehrad, lieu par où sont entrés en pays slave les frères Cyrille et Méthode. Dans ces deux endroits, il s’agissait de revoir, éventuellement d’améliorer ce qui existait déjà et d’y retrouver des amis. Velehrad avait bien changé ! La place de l’église était devenue une esplanade et le P. Jan Penaz, francophone et ami de la France, naguère simple curé vêtu en pékin, portait désormais, du moins dans les grandes occasions, une soutane ornée de violet, et on lui donnait du “Monseigneur”. Sa promotion ne lui avait pas enlevé sa cordialité et il nous accompagna pendant un grand bout de chemin, ce qui nous fit trois prêtres ! Ce qui n’avait pas changé, c’était notre petit oratoire à l’Enfant Jésus de Prague, bien entretenu et fleuri, auquel nous chantâmes plusieurs cantiques, dont un, tchèque, auquel avaient été adaptées des paroles françaises, qui fut utilisé tout le long du chemin.

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A Wadowice, il s’agissait de remplacer la statue en résine de la Sainte Vierge par une statue en pierre (sculptée par M. P.-L. Chomel, Marseille), dans l’oratoire implanté dans le jardin de la fondation Edmund Wojtyla. Cet Edmund, frère de Karol, mort relativement jeune, était un grand médecin et sa fondation est principalement destinée à la rééducation des infirmes moteurs. Madame le maire, accompagnée d’un conseiller municipal et d’une traductrice, tous fort élégamment vêtus, était présente. Ce fut l’occasion de grandes retrouvailles et de grandes embrassades. La pâtisserie était abondante et le café coula à flots.

Deux implantations pour de bon: la 25e, à Nitra, un grand et bel oratoire à la mémoire de deux frères, Constantin et Michel qui, devenus moines, prirent les noms de religion de Cyrille et Méthode, grecs de naissance, évangélisateurs des Slaves au IXe s., antérieurs au schisme de 1054, donc vénérés comme saints à la fois par l’Église catholique et par celle qui se dit “orthodoxe”. Cyrille est l’inventeur d’un alphabet dit “glagolitique”, ancêtre de l’alphabet ”cyrillique” actuel. Son objectif était de se donner le moyen de traduire l’écriture sainte en slavon et de transcrire cette langue en respectant ses caractères phonétiques, auxquels l’alphabet grec se prêtait mal. Cyrille mort, Méthode, promu archevêque, fut attaqué par des moines bavarois qui lui reprochaient de célébrer dans une langue barbare porteuse d’hérésies. Mais il fut soutenu par le pape de l’époque qui reconnut le slavon comme langue liturgique au même titre que l’hébreu, le grec et le latin. On peut donc prier ces deux saints frères pour qu’ils convainquent les récalcitrants que le latin n’est pas l’unique langue dans laquelle on puisse consacrer validement le corps et le sang du Christ, et pour qu’ils rétablissent la paix liturgique dans notre Église. A plus forte raison peut-on les prier pour que l’église orthodoxe retrouve, au bout de plus d’un millénaire de schisme, le moyen d’une unité avec le siège de Pierre, dans une diversité qui devrait être possible, puisque l’Évangile nous apprend qu’il y a de multiples demeures dans la maison du Père. Ainsi, comme le disait Jean Paul II, l’Église pourrait respirer pleinement, avec ses deux poumons, l’occidental et l’oriental. Ils pourraient même peut-être étendre leur intercession sur les Luthériens avec lesquels Rome cherche péniblement des formules d’accord et en a signé récemment une sur la justification par la grâce, le 31 octobre 1999 à Augsbourg, à l’endroit même où Luther avait refusé les propositions du Pape représenté par le cardinal Cajetan.

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L’oratoire qui leur est dédié est un très beau bas relief polychrome du sculpteur Pascal Beauvais, ami des Mestelan. Il est très bien situé, à l’entrée de la ville, à l’endroit où la route de Bratislava traverse la rivière Nitra, dont les bords constituent une promenade publique et il est dominé par la colline, où se dressent les clochers bulbeux de la cathédrale St Emeram. L’évêque était là, pour le bénir, avec quelques ecclésiastiques et un groupe de Filles de la Charité, qui avaient préparé en notre honneur quelques cantiques en français. L’orage menaçait mais pas une goutte de pluie ne troubla la cérémonie. Ajoutons que la dite cérémonie avait lieu le jour de la fête des deux saints qui est aussi celle de la fête nationale slovaque et qu’à cette occasion furent édités un timbre-poste et une pièce de deux euros à leur effigie. L’union Européenne avait insisté pour qu’ils ne portent ni croix ni auréole sur cette monnaie, mais les Slovaques tinrent bon et maintinrent croix et auréoles.

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La 26e implantation eut lieu en Autriche, à Dreieichen, en l’honneur de la sainte Vierge, grande médiatrice de toutes nos prières et de la Sainte Trinité à qui elle les transmet. A vrai dire, il ne s’agissait pas d’une création ex nihilo, mais d’une très belle croix de pierre du XVIIIe s., menacée dans son existence par des travaux de voirie, que l’association contribua à restaurer et à déplacer. Nous arrivâmes un peu en retard, au bout d’un chemin de terre, au lieu où nous étions attendus par l’orphéon du village et par un Suisse parfaitement bilingue français-allemand, son Excellence Peter Stephan Zurbriggen en personne, qui est nonce apostolique, autrement dit ambassadeur du pape, en Autriche! C’était à l’orée d’un bois, sous de grands arbres, avec une échappée sur un champ d’orge encore vert, et une campagne de douces collines, au bord d’un sentier de randonnée emprunté par les pèlerins qui se rendent à Maria Dreieichen. Il faisait beau. Assis sur des bancs à l’ombre, nous contemplions cette belle croix : de bas en haut : des fleurs, arrangées en bleu, blanc, rouge, en notre honneur. Puis, de part et d’autre du pied de la croix, deux bas reliefs représentant les âmes du purgatoire. Un peu plus haut, la Vierge avec sous ses pieds le globe et le serpent et tout en haut, la Sainte Trinité. Le nonce transmit à l’Association la bénédiction du Saint Père, ce qui était une reconnaissance officielle de l’action menée pendant une dizaine d’année par les Mestelan, grande satisfaction et grand encouragement pour eux! Puis il nous dit la messe dans la belle église baroque du village, et, après un pot sympathique offert par les paroissiens, nous fit l’honneur de partager notre dîner, où il se révéla homme du monde, bon causeur, distillateur d’innocentes anecdotes vaticanes, bref un vrai diplomate à la mode d’autrefois. Et notre Wiener Schnitzel ne fut pas, ce soir-là, arrosée de notre bière habituelle, mais d’un vin local, ma foi, très bon !

LES LEÇONS DE L’HISTOIRE : Elles furent multiples et graves et nous permirent de méditer par analogie sur notre propre situation.
La plaine danubienne, route de trois invasions est-ouest

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Invasion N°1 : De 1239 à 1243, ce furent les Tatars qui, poussés par les Mongols, ravagèrent toute l’Europe orientale. Construit par un roi de Hongrie au XIIe s., le château fort de Spiss, près de Spisska Pohradie en Slovaquie, dont nous visitâmes les ruines imposantes (les plus grandes, d’Europe selon l’ONU ?) résista de son mieux, avant leur reflux ou leur sédentarisation.

Invasion n°2 : À partir de 1453, après avoir pris Constantinople, les Turcs , musulmans, mirent la pression sur une Europe chrétienne en état de faiblesse, divisée depuis le schisme orthodoxe de 1054, et surtout ébranlée par des guerres dues à des troubles religieux internes à l’église catholique. À preuve, la visite du musée d’Olmütz où, sortant de la cathédrale saint Venceslas, nous fûmes contraints par la pluie à nous réfugier, lors de notre unique journée de mauvais temps. Ouvert en 1998 dans l’ancien palais épiscopal, il présente ses collections dans l’ordre historique, avec tous les raffinements de la muséologie moderne. On part de l’âge du bronze au fond du sous-sol et on remonte doucement le Moyen Age jusqu’à un entresol où de très bonnes statues et une fresque du XVe s. montrent que les Moraves n’auraient pas été moins artistes que les Italiens si les circonstances s’y étaient prêtées, mais elles ne s’y prêtèrent pas.

Après, plus rien, jusqu’au premier étage, où règne la peinture du XVIIe et surtout du XVIIIe s.

Que s’était-il passé pendant la béance d’un espace de temps qui s’étend, en gros de 1418 à 1648 ? Des divisions et des guerres entre chrétiens, dont les acteurs avaient d’autres préoccupations que de cultiver les beaux arts et de guerroyer contre les Turcs, ce qui leur permit de s’emparer sans peine de la basse vallée du Danube et des Balkans : Le grand schisme d’Occident, avec la rivalité de deux papes, n’avait été terminé qu’ en 1418 par le concile de Constance qui avait condamné au bûcher en 1415 le réformateur religieux Jean Huss. Celui-ci comptait en Bohême de nombreux partisans qui déclenchèrent des “guerres hussites” qui ne se terminèrent qu’en 1436.

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Sur un mur de la cathédrale St Etienne de Vienne on peut voir une chaire extérieure et une statue de St Jean de Capistran (1386-1456) franciscain italien qui parcourut toute l’Europe, et, notamment prêcha en Allemagne des croisades contre les hussites, et convertit, dit-on, plus de 4000 personnes.

Les idées de Jean Huss ouvrirent la voie à celles de Luther qui ne fut pas pour rien dans le déclenchement de la “guerre des paysans allemands” (1524-1526) et des “guerres de religion” en France (1542-1598), puis, par voie de conséquence, de la “guerre de Trente ans” qui commença en 1618 et à laquelle le traité de Westphalie ne mit fin qu’en 1648. Après, on commença à respirer et à construire, dans la partie de l’Europe centrale restée catholique, ces merveilleuses églises baroques que nous admirâmes un peu partout. Période de prospérité. De relâchement? Redescendons au rez-de-chaussée du musée et restons ébahis devant un mirifique carrosse dont tout l’or se relève en bosse, orné sur ses portières de peintures galantes, auquel ont devait pouvoir atteler jusqu’à six chevaux. Il appartenait à un évêque d’Olmütz qui ne brillait pas par l’humilité ni par l’esprit de pauvreté. Le cyclone napoléonien le priva d’une partie de ses privilèges. Providentielle leçon !

La pluie, en nous obligeant à cette instructive visite, nous priva d’une promenade jusqu’à une certaine colonne de la Vierge et de la Sainte Trinité haute de 35 mètres, qui, selon l’Unesco, fait partie du “patrimoine mondial de l’humanité”. Mais nous vîmes un peu partout des “colonnes de la Vierge” plus jolies les unes que les autres. Celle-là fut élevée en 1740, en reconnaissance de la fin d’une épidémie de peste. Car enfin, il n’y a pas que la guerre pour dépeupler un pays. Il y a aussi la peste. Il y a aujourd’hui le SIDA, et surtout la contraception et l’avortement qui provoquent, avec des taux de 1,3 enfant par femme, le “suicide démographique” de pays d’Europe où affluent des populations de substitution. Saurons-nous éviter ce que certains appellent “le grand remplacement”?

Pendant plus de trois siècles, donc, les Turcs, qui régnaient déjà sur une partie importante de l’Europe orientale, ne cessèrent de menacer l’Europe occidentale. Les troupes impériales, quoique appelées aussi sur d’autres fronts, la défendirent vaillamment, mais sans l’aide des Français, le roi François Ie ayant jugé habile de faire alliance en 1536 avec Soliman le Magnifique, pour contenir les ambitions des Habsbourg. Ce n’était pas une trahison complète, en ce sens qu’en échange de sa promesse de non agression, il avait obtenu que la France serait désormais la protectrice officielle des chrétiens réduits à la condition de “dhimmis” dans l’empire ottoman, et elle le fut en effet, avec une certaine efficacité, jusqu’à la Troisième République.

Les Hongrois subirent l’occupation ottomane de 1543 à 1683 et ne retrouvèrent qu’au début du XIXe s. les moyens financiers de reconstruire la cathédrale, rasée par les Turcs, d’une ville qui s’appelait Gran du temps de l’empire austro-hongrois et qui porte aujourd’hui le nom hongrois d’Esztergom, siège de l’archevêque primat de Hongrie. Mais ils le firent sans lésiner, en édifiant une grande basilique dont le dôme central, cousin germain de celui du Panthéon de Paris, s’élève à une hauteur de près de 100 mètres.

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Le brillant style baroque était bien passé de mode! On donna dans le néoclassique le plus solennel et le plus froid. Mais un fils du pays, le compositeur Franz Liszt composa une Missa solemnis, dite Messe de Gran, qui fut exécutée lors de son inauguration. Les Hongrois avaient toutefois su planquer beaucoup de leurs objets liturgiques, si l’on en juge par les antiques chasubles et les orfèvreries exposées dans le fabuleux trésor de la basilique d’Esztergom!

De même, un simple pavillon de chasse rasé par les Turcs près de Vienne, fut reconstruit en beaucoup plus beau et plus grand après la victoire. Ce fut le vaste, noble et joyeux château de Schönbrunn,

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domaine de la grande impératrice Marie-Thérèse (1717-1780), femme politique assez virile pour mériter l’acclamation de l’armée hongroise : “Mourons pour notre roi, Marie-Thérèse”, ce qui ne l’empêcha pas de mettre au monde 16 enfants : 11 filles et 5 fils, parmi lesquels 10 parvinrent à l’âge adulte. C’est là que fut élevée, mais peu instruite, une de ses filles, archiduchesse à la tête légère dont on fit une reine de France, qui termina sa vie saintement dans le martyre : Marie-Antoinette (1755-1793). Deux occasions de méditer sur la condition féminine. Nous en aurons une autre.

Une pièce de ce château particulièrement touchante est le modeste bureau où l’empereur François-Joseph, qui régna à partir de 1848, travaillait d’arrache-pied, pendant que sa femme Elizabeth, dite Sissi, voyageait. Il mourut en 1916 et son successeur, petit neveu, et dernier empereur d’Autriche, Charles Ier fit de vains efforts pour obtenir une paix séparée avec la France en 1917. C’était l’année où la Sainte Vierge, à Fatima, mettait en garde contre les erreurs que risquait de répandre à travers le monde la Russie, qui s’engageait alors dans sa “révolution d’octobre”. Ni l’une ni l’autre n’ayant été écoutés, elle les y répandit effectivement. Mort en exil d’une pneumonie en 1922 à l’âge de 34 ans, l’empereur détrôné laissait veuve son épouse Zita et orphelins ses huit enfants, dont l’archiduc Otto de Habsbourg (1912-2011) qui fut président du Comité international pour le français langue européenne, du Mouvement pan-européen (1973-2004) et député au Parlement européen (1979-1999). Charles Ier a été béatifié en 2004 et mériterait bien d’être mis au rang des “saints patrons de l’Europe”. On peut le prier pour l’Union Européenne qui aurait bien besoin de changer d’orientation. Il n’est pas interdit non plus de prier pour ceux qui ont empêché la réalisation de son sage projet, dans l’hypothèse où ils ne seraient pas en enfer mais au fin fond du purgatoire.

La pression des Turcs sur l’Europe ne commença à se relâcher que, sur mer, en 1571 avec la victoire navale des chrétiens à Lépante, et, sur terre, avec la levée, en 1683, du second siège de Vienne (déjà assiégée en 1529), par les troupes du roi de Pologne Jean Sobieski, et du duc Charles V de Lorraine, et grâce à l’action du saint capucin Marco d’Aviano, ami de l’empereur Léopold Ier et chargé de mission du pape Innocent XI, dont nous pûmes vénérer le tombeau à l’église des Capucins de Vienne qui est aussi la nécropole des empereurs d’Autriche. Le frère Marco ne cessa de soutenir le moral des Viennois pendant les trois mois que dura le siège, et une fois la victoire acquise, eut assez d’autorité pour obtenir une conduite irréprochable de la part des soldats impériaux refusant toute violence gratuite ou inutile de leur part. Nombre de Turcs en appelèrent à lui pour avoir la vie sauve.

Pensons un peu à tout ce dont Vienne a enrichi le patrimoine de l’humanité entre 1683 et 1914, notamment en matière musicale – mais pas seulement – et à la catastrophe qu’aurait été une victoire turque !
En fait de musique, Mozart, l’auteur de L’enlèvement au Sérail et d’une Marche turque que nous avons tous tapotée au piano, nous ne le vîmes, à Vienne, qu’en effigie, sur des plaques de chocolat et des bonbons. Mais nous y rencontrâmes Schubert. Notre hôtel était situé sur la Hernalser Hauptstrasse qui est quelque chose comme la rue de Vaugirard à Paris, Hernals étant jadis, avant son rattachement à Vienne, un simple village de vignerons. Nous eûmes la messe, accompagnée à l’orgue par Anne, à la Kalwarienkirche de cet ancien village et nous découvrîmes sur un de ses murs une plaque portant l’inscription suivante: « Franz Schubert hörte am 3 November 1828 die letzte Musik vor seinem Tode, das lateinische Requiem seines Bruders Ferdinand, in diesem Gotteshaus », ce qui signifie : « Dans cette maison de Dieu, le 3 novembre 1828, Franz Schubert entendit de la musique pour la dernière fois avant sa mort : le requiem latin de son frère Ferdinand ». Dans son enfance, Franz tenait l’alto, et Ferdinand était au violon, ainsi qu’un troisième frère, Ignaz, dans un quatuor familial où le père jouait du violoncelle. Franz devait être bien malade le jour de l’enterrement de Ferdinand, car il le suivit dans la tombe peu de jours après, à l’âge de 31 ans, le 19 novembre 1828.

Songeons, plus gaiement, que si les belles Viennoises, au lieu de porter la burqa, purent valser au son de la musique des Strauss, c’est parce que Marco d’Aviano était tous les matins prosterné au pied du crucifix et devant une image de la Vierge encore vénérée dans la cathédrale,

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et parce que des braves, commandés par des chefs courageux, comme le Prince Eugène, toujours en prière avant la bataille, risquèrent leur peau à 100.000 contre 250.000 et que beaucoup d’entre eux la laissèrent sur la colline du Kahlenberg.

Le symbole de ces héros, nous l’avons trouvé dans l’église du XVe s. du village de Spisska Sobota, qui possède un orgue historique et plusieurs retables de toute beauté datés de 1566, œuvres d’un sculpteur localement célèbre, Pawel de Levoca.

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Dans celui du maître autel trône une magnifique statue équestre de Saint Georges terrassant un dragon. Pendant les croisades, les Templiers, les chevaliers Teutoniques, les chevaliers anglais des ordres de Saint Michel et Saint Georges et ceux de la Jarretière, s’étaient emparés de la légende dorée de ce martyr du IIIe s. et en firent leur saint patron. C’est ainsi que la modeste bourgade de Spisska Sobota fut honorée d’une visite d’ Elizabeth II, venue vénérer devant cette statue, le saint patron du pays, aujourd’hui fort islamisé, dont elle est reine.

Soyons sûrs que si, nous aussi, nous remportons une victoire difficile sur les islamistes qui nous livrent une autre sorte de guerre, ce ne sera pas grâce à la laïcité du moins telle qu’elle est comprise en France, mais grâce à de ferventes prières, au témoignage de notre vie et au sacrifice de quelques martyrs.

Invasion n°3 en 1939, puis en 1944-45, celle de l’armée rouge soviétique : Conformément au Pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939, l’Allemagne envahit la partie occidentale et l’URSS la partie orientale de la Pologne. Au printemps 1940, sur l’ordre de Béria, chef du NKVD (police politique de l’URSS) et grand organisateur du goulag, l’armée polonaise est décapitée: Plus de 25000 Polonais, majoritairement des officiers, sont déportés en Russie, dans la région de Smolensk, et assassinés dans la forêt de Katyn (le film d’Andrzej Wajda traitant de ce drame nous fut un soir projeté). Mais Le 22 juin 1941, l’Allemagne déclenche l’Opération Barbarossa, invasion à grande échelle du territoire de l’URSS, prenant les autorités soviétiques de court. Les Russes reculent, subissent de grosses pertes et la Pologne est entièrement occupée par les Allemands. Mais lors-que, en 43, les Allemands sont battus à Stalingrad, le vent tourne et le cours de la guerre est joué sur le front Est. Dans la nuit du 4 au 5 janvier 1944, les premiers tanks de l’Armée rouge, franchissent la frontière de la Pologne. Mais les Soviétiques attendent que les Allemands aient maté une insurrection à Varsovie et que la ville soit aux trois quarts détruite pour y entrer début octobre.

L’offensive d’été soviétique de 1944 coïncide avec le débarquement des alliés occidentaux en France. Les troupes soviétiques envahissent la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie, pays alliés de l’Allemagne, où ils soutiennent des gouvernements de coalition, dominés par les communistes locaux ou incluant ceux-ci. En Yougoslavie, l’Armée rouge effectue une incursion qui permet aux Partisans de Tito de prendre Belgrade. Les pays baltes sont reconquis et redeviennent des républiques soviétiques. En Albanie, le Mouvement de libération nationale dirigé par Hoxha prend le pouvoir à la faveur du retrait des Allemands. La Tchécoslovaquie, qui avait un gouvernement en exil et dont les partisans communistes avaient combattu aux côtés des Russes, ne fut pas envahie, mais en 1948, par un coup d’État dit “coup de Prague”, les communistes locaux y prirent le pouvoir et son sort fut semblable à celui des autres États tombés sous le joug communiste. Sous le prétexte de “préserver l’URSS de futures attaques, comme en 1914 et en 1941, en la protégeant par un glacis territorial et politique”, et pour maintenir à tout prix ce glacis, l’URSS réprima durement dans les années 1950-1960, des insurrections en RDA (République Démocratique Allemande), en Hongrie et en Tchécoslovaquie et ne lâcha ses conquêtes que contrainte et forcée, près de cinquante ans plus tard.

Tenue du 4 au 11 février 1945, la conférence de Yalta, qui réunit en grand secret les chefs de gouvernement de l’Union soviétique (Joseph Staline), du Royaume-Uni (Winston Churchill), des États-Unis (Franklin D. Roosevelt) prévoit, entre autres dispositions, un partage des zones d’occupation de l’Allemagne entre les puissances victorieuses et la ville de Berlin fut coupée en deux par une ligne de démarcation séparant la zone américaine de la zone soviétique. Ce fut le début d’une “guerre” maintenue “froide” par la menace nucléaire, entre les deux puissances aux ambitions mondiales, les USA et l’URSS. Le régime imposé à sa zone par l’URSS engendrait tant de misère et d’oppression que les candidats à l’émigration vers l’ouest étaient nombreux. Pour les contenir, il fallut ériger, à Berlin en 1961, un mur et tout le long de la frontière est-ouest, des ensembles de barbelés ponctués de miradors. Le génial auteur anglais de 1984 et de la Ferme des Animaux, George Orwell, fut le premier à donner à ce dispositif un nom qui fit fortune : Iron curtain, le Rideau de fer. C’est seulement dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 que, sous la poussée de la foule, après plus de 28 années d’existence, le mur de Berlin tombe, sous les yeux ébahis de l’Occident. C’est le début de la libération de l’Europe de l’Est. L’occupation soviétique, beaucoup plus courte que l’occupation turque avait été pire: Quelle que fût leur cruauté, jamais les Turcs n’ont inventé d’institutions aussi perverses que le goulag et les hôpitaux psychiatriques pour les citoyens mal pensants. Ce qui se passait au fond du cœur des chrétiens, par eux réduits à la condition de “dhimmis », ne les intéressait pas. Ils se contentaient de mépriser et d’exploiter ces infidèles assez bêtes pour ne pas se convertir à l’islam. Il leur suffisait de leur faire payer des impôts exorbitants et de leur imposer des discriminations sociales humiliantes, moyennant quoi ils pouvaient célébrer leur culte dans la discrétion. Les communistes, eux, voulaient s’emparer de leur âme, traquer chez eux la moindre pensée critique ou religieuse, créer un homme nouveau, l’homo sovieticus sincèrement athée et entièrement dévoué au Parti Unique des travailleurs, au profit d’une classe dirigeante de plus en plus corrompue.

Le cas emblématique du cardinal Joseph Mindszenty

Les nazis ne furent pas tendres à l’égard des catholiques, et les communistes encore moins, qui firent de l’athéisme la religion officielle, et décapitèrent l’Église en persécutant systématiquement le haut clergé. L’évêque de Nitra n’échappa pas à la règle comme nous l’apprit un feuillet destiné aux touristes.

József Mindszenty (1892-1975) eut, lui, à souffrir de ces deux régimes inhumainement totalitaires, et, par surcroît, de l’incompréhension de l’Église romaine. Ce n’était certes pas une sinécure d’être 1. ordonné prêtre en 1915 en pleine première guerre mondiale, 2. évêque le 3 mars 1944, alors qu’un gouvernement à la solde des nazis vient de remplacer celui de Horthy, régent du royaume de Hongrie, et que les Soviétiques vont entrer à Budapest en février 45, 3. cardinal le 18 février 46 alors que le régime communiste s’installe en Hongrie. Non sans tribulations, Il sera, de 1946 à 1974, archevêque d’Esztergom et Primat de Hongrie.
Il fut emprisonné une première fois pendant quelques mois en 1919 jusqu’à la fin d’un éphémère gouvernement communiste appelé République des conseils de Hongrie, dirigé par un certain Bela Kun qui devait lui-même être victime des purges staliniennes en 1937.

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Il le fut une deuxième fois en 1944-45, accusé de trahison en raison de son opposition au parti des Croix fléchées, grand persécuteur de juifs, imposé par les nazis. Il est libéré en avril 1945, par l’armée rouge!
Plus grave, Le 26 décembre 1948, il est arrêté et inculpé de trahison, conspiration et non-respect des lois du régime. En 1949, il est condamné à la prison à vie pour trahison envers l’État hongrois. Il est soutenu par le Pape Pie XII qui, dès le verdict connu, excommunie toutes les personnes impliquées dans son procès et sa condamnation.
Pendant l’insurrection du peuple de Budapest appelée “Révolution de 56” qui commença le 23 octobre, il retrouve la liberté, et fait à la radio un discours où il exprime son espoir d’un avenir anti-communiste. Quand elle fut écrasée par les chars soviétiques dès le 10 novembre, Imre Nagy, qui avait été ministre communiste, et qui devait payer de sa vie sa dissidence, lui conseilla de se réfugier à l’ambassade américaine. Il le fit et n’en sortit plus pendant 15 ans.

Un compromis est trouvé en 1971: le pape Paul VI lève l’excom-munication de 1949 et le déclare “victime de l’Histoire ” plutôt que “du communisme”, avec lequel l' »ostpolitik” vaticane entretient une certaine connivence, ce qui lui permet de quitter la Hongrie. On lui propose de renoncer à sa charge en échange de la publication non censurée de ses mémoires. Il refuse et s’installe à Vienne plutôt qu’à Rome. Le pape lui retire ses titres en 1974, mais refuse de nommer un nouveau primat de Hongrie avant sa mort qui survient le 6 mai 1975. Ce n’est donc qu’en 1976 que le titre est à nouveau attribué. En 1991, sa dépouille est rapatriée à Esztergom à la demande du gouvernement. Il est inhumé dans sa cathédrale où nous avons pu vénérer ses reliques et son tombeau. Il est l’auteur d’un livre intitulé La mère, miroir de Dieu dont de larges extraits nous ont été lus pendant que nous roulions. Toujours en Hongrie, à Györ, nous fîmes la connaissance d’un autre évêque victime du communisme, tenu pour martyr, le bienheureux Vilmos Apor, abattu fin mars 1945 par un des vaillants soldats de l’Armée Rouge, alors qu’il s’interposait entre eux et un groupe de femmes menacées d’être violées, et qui ne le furent pas. Il est rare que les filles menacées de “tournantes” dans les cités de nos banlieues trouvent de pareils défenseurs.

Le culte du bienheureux Jean-Paul II (1920-2005) : Statues, images, photos, portraits, expositions, il est partout! Entre Wadowice et Cracowie, on a pu compter cinq grandes statues de bronze à son image, et encore une, près de la cathédrale de Nitra. Il est certain que l’élection, le 16 octobre 1978, d’un pape polonais a été pour la Pologne opprimée une immense joie, une grande bouffée d’oxygène, d’autant plus que, parmi ses innombrables visites apostoliques à travers le monde, il en a réservé neuf à sa propre patrie. Lors de celle de 1983, il soutient les opposants au régime. Il appelle les Polonais à “faire un effort pour être un individu doté de conscience, appeler le bien et le mal par leur nom et de ne pas les confondre… développer en soi ce qui est bon et chercher à redresser le mal en le surmontant en soi-même” et en 87 il leur dit : “Chaque jour je prie pour vous, là-bas à Rome et où que je sois, chaque jour je prie pour ma Mère Patrie et pour mes compatriotes. Je prie particulièrement pour l’action du grand mouvement de Solidarnosc”. Son encyclique Laborem exercens de 1981 était déjà un véritable acte de soutien à Solidarnosc. Il échange avec le Président Reagan, qui partage son point de vue sur le problème de l’avortement, des informations sur la Pologne et on ne peut nier qu’il ait joué un rôle important dans l’effondrement des régimes communistes en Europe. Aussi, quelle émotion et que de prières quand on apprend que le 13 mai 81, il a été victime, en pleine place St Pierre, d’une tentative d’assassinat ! Heureusement sauvé après une délicate opération, il ne lui échappe pas que ce 13 mai 81 est l’anniversaire du 13 mai 1917 où la Vierge apparut pour la première fois aux trois enfants de Fatima. Lui, qui dès ses années de séminariste, s’état consacré à la sainte Vierge en adoptant pour devise les mots Totus tuus, ne manque pas de faire envoyer à Fatima la balle qui avait failli le tuer et de la faire insérer dans la couronne de la statue de la Vierge qui trône dans la basilique. Mais il ne va pas jusqu’à réaliser enfin la “consécration de la Russie à son Cœur Immaculé”, dans les termes qu’elle avait prescrits soixante quatre ans plus tôt, en pleine guerre mondiale, pour que soit obtenue de Dieu pour la Russie, la conversion, et pour le monde “un temps de paix”.

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Les gens de Wadowice, sa ville natale, décident d’élever en son honneur une église Saint Pierre. Les travaux commencent en 1986. Tout ce qui n’exige pas la main d’un professionnel, est réalisé par les habitants qui se relaient, rue par rue, pour y travailler chacun à leur tour. Le résultat est une très belle église moderne adossée à une colline sur laquelle s’échelonnent les stations d’un chemin de croix. Lorsque déjà vieux, Jean-Paul II vient l’inaugurer lui-même, en 1991, la Pologne est enfin libre.

Le symbole de Cracovie : Une haute citadelle et une ville basse. Le Wawel: avec un palais royal renaissance et une cathédrale gothique; des casernes pour une garnison. En bas de riches bourgeois voués aux activités économiques ont élevé, autour de la grand place, de vrais palais tous différents, ornés d’une profusion de détails charmants et se sont trouvés encore assez riches pour offrir à leur basilique gothique, consacrée à Notre-Dame, un magnifique retable du maître Veit Stoss réalisé entre 1477 et 1489, “chef d’œuvre de la sculpture du gothique tardif” qu’encore aujourd’hui, on ouvre en grande cérémonie à la fin de chaque matinée et dont la contemplation conclut notre visite de Cracovie.

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Preuve qu’ils pouvaient travailler et s’enrichir en sécurité, et qu’ils n’étaient pas accablés d’impôts. Preuve que là-haut, au Wawel, le roi et l’évêque, dans la distinction de leurs fonctions respectives, mais dans la bonne entente, faisaient leur métier et pas plus que leur métier, l’évêque veillant à ce que soit bien enseignée la saine doctrine, et le roi à faire régner l’ordre et la justice, tout en laissant à ceux d’en bas l’initiative de toutes sortes de bonnes œuvres charitables, hospitalières et éducatives.

Dans le même ordre d’idées on peut citer le petit sanctuaire montagnard de Stare Hory, situé dans une région où on exploitait des mines de cuivre et d’argent, de façon assez lucrative pour que l’exploitant, à qui le fisc ne prélevait pas 75% de ses bénéfices, puisse construire l’église et faire tailler et dorer la belle statue de la Vierge que nous y admirons encore aujourd’hui. Images à méditer et prières pour les économistes !

La nation et l’État : La nation est un ensemble de gens nés sur une certaine terre, leur patrie, la “terre de leurs pères”, et qui ont en commun une culture, une langue, une religion, une histoire, des lieux de mémoire. La nation a une âme et un ange gardien. Elle est du côté de Dieu. L’État est une structure de pouvoir dont la fonction est d’exercer sur un certain territoire au moins les fonctions “régaliennes” de maintien de l’ordre, de défense et de justice, et celles de “battre monnaie” et de lever un impôt raisonnable. Il est du côté de César. Il arrive que la nation et l’État coïncident mais ce n’est pas toujours le cas, notamment en Europe centrale où il n’existe guère de “frontières naturelles” et où, selon les aléas de l’histoire, les frontières des différents États ont beaucoup varié. Une nation peut être répartie en plusieurs États. Ce fut le cas de la Pologne, quatre fois partagée avant de trouver son unité actuelle. Elle conserva jalousement son identité nationale. Un seul État peut englober plusieurs nations, chose parfaitement supportable si César n’est pas un tyran. Ce fut généralement le cas du temps de l’empire austro-hongrois qui fut démembré en 1919. La suite montra que les nations libérées de sa tutelle ne gagnèrent pas au change. On créa une Tchécoslovaquie qui ne se révéla pas vraiment viable puisque la Slovaquie fit sa “révolution de velours” en 1989 et devint indépendante, le 1er janvier 1993, sous le nom de République Slovaque. Mais ce fut pour se jeter dès l’an 2004 dans les bras de l’Union Européenne. On dit que les écolos jouèrent un rôle non négligeable dans cette révolution, la Slovaquie, beaucoup moins polluée que la Bohême, préférant le tourisme vert et la mise en valeur de ses grottes karstiques à l’industrialisation.

Autant que nous avons pu en juger et en parler avec un prêtre autrichien, les pays qui ont subi l’oppression communiste sont aujourd’hui plus fervents que l’Autriche et la France – qui ne l’ont pas subie.

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À preuve, ce que nous avons constaté au sanctuaire de Levoca en Slovaquie le 3 juillet. C’est un lieu de pèlerinage à la Vierge des sept douleurs qui fut aussi un lieu de résistance à l’époque communiste. Il y convergeait, à certaines occasions, jusqu’à 2 millions de personnes. Il se peut que l’affluence soit en relation avec les fêtes toutes proches de Cyrille et Méthode, mais enfin, dans l’après-midi, l’église se remplit de gens qui venaient se confesser. Il y avait des prêtres qui confessaient dans tous les coins. Les pénitents se tenaient debout en file, attendant leur tour dans le plus parfait silence. C’était un spectacle stupéfiant, inimaginable en France. C’est aussi à la stupéfaction de son homologue français qu’un homme politique russe en visite en France en 2012, le président Medvedev, demanda et obtint de vénérer les reliques de la Passion conservées à Notre-Dame de Paris.

Fête nationale slovaque à Nitra : Le 5 juillet 2013 on fêtait à la fois le 1150e anniversaire de l’arrivée de Cyrille et Méthode en pays slave et le 20e anniversaire de l’indépendance (toute relative) de la République Slovaque qui est, selon sa constitution, laïque et respectueuse de toutes les religions. Mais l’essentiel de sa fête nationale est une messe catholique célébrée par le Cardinal Francis Rodé, envoyé de S.S. le Pape François en grande pompe sur un podium élevé sur la grande place de l’hôtel de ville, devant une foule nombreuse et avec la participation du maire et du Président de la République qui y prirent la parole.

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Pas de défilé militaire? Si! Mais rien à voir avec celui du 14 juillet aux Champs Élysée: un petit bataillon de gaillards vêtus de vives couleurs, galonnés, soutachés, porteurs de brandebourgs et de plumets, l’épée au côté et la baïonnette au canon, de vrais soldats d’opérette. L’après midi fut consacrée à une sorte de fête médiévale avec troubadours et boïards en costumes d’époque et le soir, tandis que les gens se restauraient dans des guinguettes tout autour de la place dans une atmosphère de fête de la bière, le podium se peupla de tout un orchestre qui n’était rien de moins que la Philharmonie de Vienne et qui joua gratis une admirable musique avec récital (en slovaque, malheureusement) et chœurs. Renseignements pris, c’était un oratorio à la mémoire de Cyrille et Méthode composé par un musicien slovaque né en 1958 à Bratislava et qui y fit toutes ses études musicales, du nom d’Egon Krak. On peut juger par là que la “laïcité” de la République Slovaque est très “ouverte”.

Et nous, catholiques français, quelle leçon pouvons-nous tirer de tout cela ?

L’Europe centrale a fait successivement l’expérience du totalitarisme turc de jadis et du totalitarisme communiste de naguère. Elle a résisté aux deux.

Nous, nous sommes menacés simultanément de deux totalitarismes: D’une part celui de l’islam, qui ne cesse de gagner en influence en France et dans les autres pays d’Europe. Et il ne faut compter ni sur nos hommes politiques ni sur notre clergé pour chercher à l’endiguer.
D’autre part l’idéologie mondialiste: à la fois immigrationniste et malthusienne, qualifiée par Jean-Paul II de “culture de mort”, elle nous est imposée par l’Union Européenne qui n’en est qu’un relais. Athée, et, plus qu’aux autres religions, hostile surtout au catholicisme, cette Union, qui a renié explicitement ses “racines chrétiennes”, restreint toujours davantage, sous d’hypocrites dehors démocratiques et tolérants, l’indépendance des nations-membres et la liberté d’expression des citoyens et ne défend nullement ni l’identité ni les intérêts de l’Europe dans le monde. Elle contribue, par contre, à détruire sa civilisation, à commencer par ses principaux fondements, le mariage d’un homme et d’une femme et la famille.

Que faire ? « Aller à contre courant », comme nous y invite le Pape François. Résister. Faire confiance à Celui qui a dit “la Vérité vous rendra libres”.

Comment ? Nous qui ne sommes ni apôtres ni personnes politiques, ni journalistes des grands médias, nous ne pouvons rien faire d’autre qu’être ce que nous sommes (ou que nous devrions être) et ne pas le cacher; ne pas accepter notre “relégation sociologique”, ne pas laisser aux musulmans le monopole de la visibilité de Dieu dans la société. Et peut-être que Dieu utilisera pour le mieux le peu que nous aurons à lui offrir.

Les Polonais en sont bien convaincus, qui, à Kalwaria Zebrzydowska, jouent, chaque semaine sainte, un mystère de la passion et ont réparti dans la montagne, sur 400 hectares, de si remarquables chapelles reproduisant les principaux lieux de Jérusalem et les quatorze stations du chemin de croix qu’elles sont classées au patrimoine mondial de l’humanité.

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Les plus jeunes et les meilleurs marcheurs d’entre nous sont grimpés jusqu’en haut après avoir vénéré, dans le couvent de Bernardins tout proche, une image miraculeuse de la Vierge qui en des temps très anciens versa, dit-on, des larmes de sang. Le cas n’est pas unique! Au XVIIe s. à Györ en Hongrie, une image de la Vierge vénérée dans la cathédrale a fait de même! Don d’un évêque Irlandais en exil, alors que les catholiques étaient persécutés par les Anglais, elle s’était mise à pleurer le jour de la St Patrick de 1697, saint patron de la lointaine Irlande (des dizaines de Hongrois ont témoigné de ce fait).

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Certes, quand on se sent la vocation d’un engagement risqué, il ne faut s’y décider qu’avec “la prudence du serpent”. Si chacun est obligé d’être “témoin” de sa foi, c’est-à-dire “martyr” au sens étymologique du mot, seul un petit nombre est destiné à devenir “martyr” au sens usuel. Il y a une quantité de conduites catholiques qui ne tombent pas sous le coup de la loi et pour lesquelles on ne risque rien, ou seulement de légers sarcasmes, à commencer par bien remplir les églises le dimanche, “ne pas hurler avec les loups”, et envoyer des chèques à des associations qui les méritent. Mais enfin, on ne peut exclure tout à fait l’éventualité de se trouver un jour coincé dans de telles circonstances que la seule issue honorable soit le passage prématuré de cette vie terrestre à la vie éternelle. Quoi qu’il en soit, les sept dons du Saint Esprit nous sont bien nécessaires et ceux qui ne sont pas confirmés feraient acte de prudence en demandant cet excellent sacrement.

UN CORTÈGE DE QUELQUES SAINTS rencontrés pendant ce voyage, outre ceux déjà cités :

Si nous mettons à part, puisqu’il est Dieu lui-même, l’enfant Jésus de Prague que nous rencontrâmes à Arenzano et retrouvâmes à Velehrad, (mais nous pouvons le prier pour les petits enfants qu’on empêche de naître ou qu’on empêche de le connaître, à qui on prétend donner deux papas mais pas de maman ou vice versa), le premier saint que nous rencontrâmes s’annonçait à Padoue par une affiche collée sur la façade de sa basilique, qui aurait fait rire en France, mais pas en Italie. Elle proclamait : 1263-2013, 750e anno del ritrovamento della lingua incorotta di san Antonio soit “750e anniversaire de la découverte de la langue non corrompue de Saint Antoine”.

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Eh ! oui, Antoine (1195-1231), né à Lisbonne et mort à Padoue après avoir enseigné à Montpellier, disciple de saint François qu’il a connu, avait souhaité et obtenu d’aller au Maroc pour y convertir les musulmans ou y subir le martyre (On peut donc l’invoquer pour les musulmans qui demandent le baptême et ne sont pas accueillis à bras ouverts dans l’Église). En pénétrant en Moravie, nous fûmes tout de suite accueillis par Jan Nepomuk, en français saint Jean Népomucène (1340-1393) très populaire, dont la statue est partout. Il est surtout célèbre pour avoir été le confesseur de la reine Sophie, épouse du roi Venceslas IV qui la soupçonnait d’adultère. Venceslas voulait absolument savoir ce qu’elle pouvait bien lui raconter en confession et alla jusqu’à torturer Jan pour le lui faire dire, mais il fut absolument fidèle au secret de la confession et Venceslas, de rage, le fit mettre dans un sac et jeter dans la Moldau, affluent du Danube qui arrose Prague. Il y mourut noyé. La cathédrale d’Olomouc/Olmütz est placée sous le patronage du saint roi Venceslas qui n’est certes pas le Venceslas ci-dessus. Non, non, Saint Venceslas Ier de Bohême (907-935), fils d’un duc de Bohême aurait été baptisé par un prêtre slave, disciple de l’apôtre saint Méthode et fut élevé par sa pieuse grand mère Sainte Ludmila, mal vue de sa mère païenne qui la fit étrangler en 921. Devenu roi de Bohême en 924, il modifie le système judiciaire en réduisant le recours à la peine capitale ou à la torture, entreprend la construction de la cathédrale Saint-Guy de Prague , et signe un pacte de non-agression avec Henri l’Oiseleur, souverain germanique qui le menace, moyennant une rente annuelle de 129 bœufs et 500 talents. Son frère Boleslav, un ambitieux batailleur, n’apprécie pas ce procédé. Aidé par plusieurs seigneurs, il conspire contre son propre frère en l’attirant à la fête des patrons de l’église Saints-Côme-et-Damien de la ville de Stará Boleslav, non loin de Prague. Sans arme, Venceslas est attaqué par son frère et d’autres conspirateurs, et meurt devant la porte de l’église. Et Boleslav devient roi à sa place. Trois ans plus tard, il accepte de faire transporter à l’intérieur de la cathédrale saint Guy la dépouille de son frère qui devient le saint patron de la Bohême.

Venceslas n’est certes pas le seul chef d’État assassiné par des fanatiques pour avoir mené une politique de compromis trop pacifique à leurs yeux. On peut penser à Henri IV qui travailla à réconcilier les catholiques et les protestants, au président Sadate, artisan d’une paix entre Israël et l’Égypte… On peut le prier pour nos chefs d’État, pour qu’ils nous gouvernent bien, et avec d’autant plus d’insistance s’ils nous gouvernent mal…

Un autre martyr : au centre de la cathédrale du Wawel, à Cracovie, trône le grand reliquaire d’argent de l’évêque saint Stanislas, patron de la Pologne. Comme Venceslas, il fut victime de Boleslav, débauché et peu scrupuleux en politique, à qui ses hauts faits avaient valu le nom de Boleslav Ie “le cruel”. Un peu plus loin, toujours au Wawel, on rencontre le gisant de marbre blanc d’une descendante de Charles d’Anjou, frère cadet de saint Louis, fondateur d’une dynastie qui brilla pendant près de deux siècles à Naples et en Sicile puis en Hongrie et en Pologne. La jeune sainte Hedwige “la grande” (1372-1399), fiancée à 4 ans à un Habsbourg d’Autriche, fut, au cours d’une crise successorale couronnée à 12 ans, en 1384, en vertu de sa haute ascendance, “roi” et non “reine” de Pologne. Elle est priée par la diète de rompre ses fiançailles pour épouser à 14 ans, en 1386 un païen de 35 ans, duc de Lithuanie, nommé Jagellon, qui devint lui aussi roi de Pologne, et se convertit en prenant le nom de Ladislas, le couple réalisant ainsi en pleine paix l’union de la Pologne et de la Lithuanie, rempart contre les Chevaliers Teutoniques. Pendant sa courte vie, qu’elle termina en couches à l’âge de 27 ans après avoir mis au monde son premier enfant, elle eut un rayonnement suffisant pour être proclamée “sainte” par l’acclamation populaire, attendant jusqu’à l’an 1997 sa canonisation officielle par Jean-Paul II. Et la voilà “patronne de la Pologne”, en compagnie de son voisin Stanislas! Née en Hongrie, elle avait été bien instruite pendant son enfance, puisqu’elle parlait dit-on, le latin, l’allemand le hongrois, et quelques langues slaves : le serbe, le polonais, le bosniaque. Elle aimait s’entourer de savants, favorisa la création de l’université de Cracovie, introduisit la courtoisie à la cour de Pologne, fit quelques fondations charitables. On montre, dans la même cathédrale un “Christ noir” qui lui aurait parlé. Cette jeune femme “de spiritualité franciscaine” aurait-elle eu, par surcroît, des expériences mystiques ? C’est un cas assez complexe pour qu’on la prie à la fois pour les malheureuses jeunes filles victimes de mariages forcés, pour les biologistes, sages-femmes et obstétriciens confrontés aux problèmes actuels de la bioéthique, et en général pour toutes les femmes qui ont à trouver un équilibre entre leur situation d’épouse et de mère et leur rôle social, et d’accomplir ce rôle social dans un esprit conforme à leur sexe et à leur vocation maternelle.

Terminons le voyage et ce reportage par une personnalité plus récente, sainte Faustine Kowalska (1905-1938) religieuse des sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde à Lagiewniki, dans la banlieue de Cracovie.

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Elle est l’apôtre de la miséricorde divine. Dans l’une des nombreuses apparitions dont Notre Seigneur Jésus Christ la favorisa, il se montra à elle debout, en vêtements blancs, la main droite se levant en signe de bénédiction et l’autre touchant le vêtement sur la poitrine. De sous ses vêtements sortent deux grands rayons, l’un rouge, l’autre blanc, symbolisant le sang et l’eau coulant de son côté. Il lui demanda d’en faire faire une image. Cette image fut exécutée sous sa direction par un peintre polonais. Le confesseur de Faustine, le Père Michel Sopocko, contribua à sa diffusion et elle est répandue aujourd’hui un peu partout.

De même que les enfants de Fatima eurent la vision de l’enfer, elle le visita sous la conduite d’un ange et ne le trouva pas vide, loin de là. C’est que le fait d’être assassiné, massacré, ou de “mourir au champ d’honneur” fait de vous une victime, mais nullement un martyr, si on ne vit pas cette épreuve comme le bon larron qui reconnaît ses péchés, demande à Jésus son secours, et dont la prière est efficace et exaucée, mais comme le mauvais larron qui meurt dans la révolte et le blasphème. Si le nombre énorme des victimes de la guerre de 1914 n’a pas entraîné une rechristianisation de la France, loin de là, c’est peut-être que la plupart étaient de mauvais larrons, à la souffrance inutile alors que bon nombre des assassinés de Katyn étaient peut-être des martyrs. D’où l’amertume qu’éprouve en son cœur Notre Seigneur à voir tant d’âmes refuser les trésors de sa miséricorde et rendre vaine sa “douloureuse passion” et le conseil qu’il donne à Faustine de s’en souvenir et de réciter un certain “chapelet de la divine miséricorde” à l’heure de sa mort sur la croix.

Sœur Marie Faustine a été béatifiée à Rome, le 18 avril 1993, puis canonisée le 30 avril 2000 par le Pape Jean-Paul II en la Fête de la Miséricorde Divine, deuxième dimanche de Pâques, qu’il instaura le même jour pour l’Église Universelle. La nouvelle sainte a laissé un “petit journal” assez gros et assez intéressant pour que plusieurs cardinaux et évêques aient demandé au Pape Benoît XVI de lui accorder le titre de Docteur de l’Église. Le dossier a été ouvert. La chapelle des sœurs de Lagiewniki ne suffisait plus aux pèlerinages. C’est pourquoi le cardinal Macharsky et l’évêché de Cracovie construisirent à proximité sur une vaste esplanade herbeuse capable de contenir une foule, une grande et belle basilique ronde avec un haut clocher, “Centre de la Miséricorde divine”. Donc, nous autres, qui avons eu la grâce d’y communier, au milieu de toutes nos occupations, prenons conscience que le Christ est présent dans nos âmes et à 15 heures, offrons à Son Père sa douloureuse Passion pour notre salut et celui du monde entier.

Assemblée générale de l’association « La Route de l’Europe chrétienne »

Le samedi 26 octobre 2013 : autocollant_logo_association_petit_web-3.jpg

9h30 Messe à la chapelle de l’ancien Carmel de Carpentras, 15 place de la Marotte

10h30 assemblée générale à la salle capitulaire, ancien Carmel, Carpentras

12h30 déjeuner à La Perle d’Asie (15€ inscription avec le bulletin ci-joint)

L’après-midi : visite commentée de la chapelle N.D. de Santé

AGENDA

1er octobre 2013 : Rencontre Franco-Tchèque à Velleron
26 octobre 2013 : Assemblée générale à Carpentras
24 décembre 2013 : St Hilaire : Crèche vivante et messe de Noël
12 janvier 2014 : Fête de St Hilaire à Beaumes de Venise

Associations « La Route de l’Europe chrétienne » « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire » 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesaint-hilaire.fr

Bulletin N° 20


N° 20

7 juin 2013 EDITORIAL « Va, Fille aînée de l’Eglise »

Chers amis,

En fêtant l’an dernier à l’Ile Bouchard le 600ème anniversaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc, il me semble que la Providence a voulu nous préparer aux graves évènements qui agitent la France depuis six mois. En nous donnant Jeanne pour modèle et en nous rappelant la vocation chrétienne de la France, elle nous indique clairement la marche à suivre et elle sollicite notre engagement. « Vous êtes le vrai héritier de France, vous serez le Lieutenant du Roi des Cieux » s’était écrié Jeanne lorsqu’elle avait rencontré le Dauphin à Chinon, ce qui permit au Général Weygand de faire par la suite l’observation suivante : « Jeanne d’Arc a chevauché onze jours en silence à travers la France envahie, dévastée, avant d’apporter à Chinon la délivrance ; je crois qu’elle chemine encore dans les âmes et qu’un jour elle nous apportera de nouveau le salut. »

En tout cas, c’est certainement elle qui anime la résistance de ces milliers de jeunes, campeurs ou veilleurs, qui avec courage, intelligence et dans la paix clament leur amour de la vérité bafouée et confisquée. Et c’est encore elle qui soutient l’engagement des aînés, car si l’expérience familiale disparaissait de la conscience humaine, « nous perdrions non seulement un moyen de parler, mais même un moyen de comprendre quelque chose de ce qu’est Dieu et de ce qu’Il veut faire avec l’humanité ».

Marthe Robin, dont le procès de béatification est en cours, l’avait prédit : « La France tombera très bas, plus bas que les autres nations à cause de son orgueil et des mauvais chefs qu’elle se sera choisie. Elle aura le nez dans la poussière. Alors, elle criera vers Dieu et c’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. »

Notre bonne Mère ne cesse de se pencher sur elle en dépit de nos abandons et de nos crimes. En 1830 elle apparaît à la Rue du Bac, en 1846 à La Salette, en 1858 à Lourdes, en 1871 à Pontmain, en 1876 à Pellevoisin, en 1947 à L’Ile Bouchard. Devant tant de largesses, tant de sollicitude, comment pourrions nous douter encore de sa fidélité ainsi que de la vocation et de la pérennité de la France dans le plan de Dieu ?

Le 29 novembre 1911, dans une allocution aux nouveaux cardinaux, saint Pie X devait affirmer toute sa foi dans le relèvement de notre pays : « Le peuple qui a fait alliance avec Dieu sur les fonds baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation. Sans doute, les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes. Un jour viendra et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et entendra la voix qui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? » Et sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? » La voix lui répliquera : « Je suis Jésus que tu persécutes. Il t’es dur de regimber sous l’aiguillon, parce que dans ton obstination tu te ruines toi-même. » Et elle, tremblante et étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui répondra : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter comme par le passé mon Nom devant tous les peuples et les rois de la terre. »

Robert Mestelan, Président

« D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin vous gagnez. » (Gandhi). Amis de la liberté : surtout ne lâchons rien !

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VIVE JESUS, VIVE SA CROIX

Robert et Claudia Mestelan, qui n’auront jamais fini de sillonner à pied la France et l’Europe, viennent de rentrer d’un nouveau chemin de pèlerinage qu’ils ont ouvert :

La Route St Louis-Marie Grignion de Montfort

Partis le 5 avril de Rennes, ils sont arrivés à Poitiers le 25 mai après une marche à pied de 1150 km qui a duré sept semaines. Elle leur a permis de connaître les lieux où St Louis-Marie à vécu et a exercé son action. Ce qu’ils ont découvert est extraordinaire : trois cents ans après sa mort, la sainteté d’un serviteur de Dieu consacré aux pauvres, n’a pas pris une ride, elle éclipse tout, laissant un sillage indélébile comme une étoile de première grandeur.

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Qui était St Louis-Marie ?

Né en 1673 à Montfort sur Meu (Bretagne) dans une famille nombreuse qui avait 18 enfants. Louis-Marie, après ses études à Rennes et à St Sulpice, est ordonné prêtre le 5 juin 1700. Il cherche sa voie, mais il va la trouver, car animé d’un puissant esprit missionnaire et encouragé par le Pape Clément XI qui le nomme missionnaire apostolique, il va re-christianiser les provinces de l’ouest de la France (Bretagne, Pays Nantais, Vendée, Charente et Poitou). Epuisé, il meurt à 43 ans à St Laurent sur Sèvre après 16 ans seulement d’une vie apostolique extraordinairement fervente au cours de laquelle il a créé trois congrégations (la compagnie de Marie ou Monfortains, les Filles de la Sagesse, les frères de St Gabriel), écrit de nombreux livres, prêché environ 200 missions et composé 200 cantiques.

Soixante-dix ans plus tard, en 1793, la Vendée, fidèle au bon Père de Montfort, va résister jusqu’à la mort pour défendre Dieu et le Roi, en épinglant sur sa poitrine le cœur embrasé rouge sang avec la croix de St Louis-Marie qui devient son signal de reconnaissance et son étendard.

Béatifié par Léon XIII, canonisé par Pie XII, il fut à titre posthume le directeur de conscience de Jean-Paul II qui lui emprunta sa devise papale « Totus tuus ».

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L’aventure de la mission et celle du pèlerinage

Tous ces titres méritaient bien un pèlerinage, surtout au cours de l’année de la Foi, prescrite par S.S. Benoît XVI ! En 1700 comme en 2013, c’est en allant sur les routes, en se frayant un passage au milieu des voitures, en traversant les villes et les villages, en priant dans les églises lorsqu’elles sont restées ouvertes et en résumé en s’aban-donnant totalement chaque jour à la Providence, qu’un pèlerin vit le mieux le dépouillement de la croix, se rend semblable au Christ, rencontre et porte témoignage à ses frères et peut aussi revivre les aventures des missions prêchées par St Louis-Marie.

La rencontre chaque soir avec un frère ou une sœur qui, sans vous connaître, vous ouvre la porte de sa maison et celle de son cœur, conduit tout naturellement à la Sagesse éternelle, thème préféré de St Louis-Marie qui sait nous faire voir le Christ Jésus dans le visage de la Sagesse.

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La fatigue, l’exposition permanente au froid et à la pluie, ont été les meilleures conditions pour nous faire connaître les épreuves subies et nous revêtir de la spiritualité exigeante de ce grand missionnaire breton. Notre plus grande joie a souvent été de lire quelques pages de « L’Amour de la Sagesse éternelle » ou de la « Lettre ouverte aux Amis de la Croix » dans le silence des églises où nous savions qu’il avait prêché ses fameuses missions. A côté de nous on sentait sa présence amicale, elle nous réchauffait et faisait s’évader nos fatigues.

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Trois cent ans après sa mort, nous avons été stupéfaits de constater qu’il n’a pas été oublié. Son souvenir est resté très vivant, il est encore inscrit dans la mémoire, les mentalités et les prières des chrétiens des villages traversés et particulièrement à La Chèze, La Séguinière, La Garnache, Pontchâteau, Mervent ou La Rochelle, l’île d’Aix. Dans presque toutes les églises où il a prêché et parfois même sur les façades et sur les parvis, nous avons retrouvé ses statues le représentant en surplis blanc, brandissant la croix, le chapelet à la main.

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De nombreux vitraux illustrent ses miracles et à quelques deux cent mètres de l’église, en général sur un point haut, un beau calvaire constitue la preuve incontournable de son passage. Sur certains trajets, on découvrait une croix tous les cinq kilomètres, de magnifiques croix de granit qui témoignent de toute la ferveur d’un peuple converti, voulant rester chrétien en l’affirmant aux yeux du monde.

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Vive Jésus, vive Sa Croix

Ô Crux ave, spes unica, salve. Ayant épousé la Croix, St Louis-Marie s’est en effet toute sa vie configuré au Christ dans le mystère de la Croix. Il est mort épuisé, les seize ans de sa vie d’apôtre marqués par des rejets incessants, des contrariétés sans nombre, des humiliations, des atteintes à sa vie, des menaces de mort, des coups, un empoisonnement. Il a toujours tout accepté et l’on peut même dire qu’il bénissait le Seigneur de lui accorder tellement de Croix. Il faisait même prier les Filles de la Sagesse pour que le Seigneur lui en envoie de nouvelles chaque jour ! « Pas de croix, quelle croix ! »

Pendant que nous marchions en ce mois de mai décidément bien froid et agité, nous étions en pensée avec le million de chrétiens qui à Paris s’étaient rassemblés pour défendre l’institution du mariage et à travers elle, les droits de Dieu et nous nous posions souvent la question : s’il était encore de ce monde, que dirait St Louis-Marie Grignion de Montfort ? La lettre aux Amis de la Croix nous a paru contenir le conseil qu’il nous donnerait encore :

« Que le chrétien porte la croix sur ses épaules à l’exemple de Jésus Christ afin que cette croix lui devienne l’arme de ses conquêtes et le sceptre de son empire. Qu’il la mette dans son cœur par l’Amour pour le rendre un buisson ardent qui brûle jour et nuit du pur Amour de Dieu sans se consumer. »

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Le pèlerinage s’est terminé en apothéose à Poitiers en vénérant les reliques de St Hilaire dans la majestueuse basilique qui lui est consacrée. Nous avons dormi chez le président des Amis de St Jacques et son épouse, qui nous ont accueilli comme des frères et le dimanche nous avons eu la sainte messe dans la chapelle de Montbernage, bâtie par le Père de Montfort en 1705. A la fin de la messe, nous nous sommes approchés de la belle croix qui se dresse dans le chœur et nous avons lu : « Si vous rougissez de la Croix de Jésus Christ, Il rougira de vous devant Son Père. »

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Merci St Louis-Marie de nous avoir rappelé l’exigence de notre Foi !

Bon pèlerinage à tous. « Alerte, Alerte, la mission est ouverte !

Venez y tous, mes bons amis

Venez gagner le Paradis. » (Cantique T20)

La vocation chrétienne de la France

par une étudiante d’une grande école (19 ans), fille de membres de La Route de l’Europe chrétienne

« Alors que tant de sages croient la tradition chrétienne morte, et mort l’homme formé par elle, nous avons la certitude qu’ils ne sont l’un et l’autre qu’endormis… L’homme que la tradition monarchiste chrétienne a formé… nous croyons fermement qu’il existe toujours, qu’il vit et respire, souffre et meurt à nos côtés » écrivait Bernanos dans Nous autres Français (1939).

Effectivement, l’enjeu est de taille : nous vivons aujourd’hui dans une « République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » (Constitution, article II), qui affiche bien haut et fort sa laïcité, même positive. Et le bienheureux Jean-Paul II de nous rétorquer « France, fille aînée de l’Eglise, éducatrice des peuples, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » ! Où donc nous situer, nous Français et catholiques ? A l’heure où « le changement, [c’était] maintenant », la vocation chrétienne de la France, si souvent rappelée par les Papes, est-elle toujours d’actualité, la laïcité étant un principe fondamental de la république? Ou faut-il conclure au « novum sub sole », proposé comme thème de ce Sénevé ?

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Les dons de Dieu demeurent, donc la vocation donnée à la France doit être aussi jeune qu’au premier jour. « La France, née du baptême de Clovis,n’est pas un royaume comme les autres. Il est un morceau du royaume des Cieux qui est l’Eglise. La fille aînée est de la même descendance que sa mère ! » (Maître Trémolet de Villers) Mais est-ce à dire que la France doit être un royaume de prêtres ? C’est là que gît la difficulté, c’est la question centrale posée à la France : « la question de la conciliation, de la distinction dans l’unité, des rapports harmonieux entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, entre l’Eglise et l’Etat, entre le pape et les dirigeants politiques » (Me Trémolet de Villers).

Y-a-t’il une mission chrétienne de la France, et est-ce toujours d’actualité ?

I-La construction de la France ne s’est pas faite sans l’Eglise

Il importe tout d’abord de remarquer que la France a été construite par l’Eglise, comme une nation faite sur mesure pour défendre, répandre, accomplir le catholicisme. La naissance de la France est en effet contemporaine, et indissociable du baptême de son premier roi. On aime ou non le premier président de la Vème république, mais il a déclaré : « Pour moi, l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par les tribus des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons vécu la préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien, et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs. » C’est le début de « gesta Dei per Francos », entériné par le pacte de Reims, où Clovis lie la France au Christ, et le Christ à son bras lige, la France : « Vive le Christ qui aime les Francs !

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Qu’il garde leur royaume et remplisse leurs chefs de la lumière de la Grâce. Qu’il protège leurs armées. » et, du côté de l’Eglise, répond le testament de saint Rémi : « Apprenez mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise romaine, qui est la seule véritable Eglise du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes. Et il soumettra tous les autres peuples à son sceptre. Il durera jusqu’à la fin des temps. Il sera victorieux et prospère tant qu’il sera fidèle à la Foi romaine. Mais il sera durement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à sa vocation. » N’est-ce pas d’une réelle actualité aujourd’hui ? Et n’est-ce pas en même temps porteur d’un flamboiement d’espérance ? Dieu a fondé la France par l’onction de la sainte ampoule (source d’un usage diplomatique qui « voulait que les ambassadeurs du Roy de France aient le pas sur ceux des autres souverains parce que leur maître était sacré d’une huile apportée du ciel », selon un décret de la république de Venise de 1558), et Il ne l’abandonnera point. C’est par sa prière que Clovis battit les Alamans à Tolbiac, c’est par le concours de saint Rémi, et des évêques qu’il assit son royaume et devint le premier roi de la première nation unifiée ! L’Eglise et la France sont donc déjà intimement liées dès le commencement ! Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : saint Rémi n’est pas le chef du royaume, et Clovis reste bien Roy ! En témoigne le premier concile de l’Eglise franque, à Orléans en 511. Les évêques présents y instituent les règles de base devant régir les relations entre l’Eglise et l’État, selon la parole de l’Evangile,  » Reddite ergo, quae Caesaris sunt, Caesari et, quae Dei sunt, Deo « . (Luc XX, 25) Ainsi donc chaque pouvoir est souverain dans sa sphère, mais le chef politique reste sujet de l’Eglise et ne saurait lui commander. Cette alliance entre Dieu et César définit les fondations d’une société, et détruit les sociétés romaines et germaniques où l’empereur était divinisé et le roi prêtre ! Et qui en est responsable, sinon l’Eglise elle-même qui soutient ce tout jeune roi ?

Cela pose donc bien les données du problème : dès sa naissance, pouvoir « laïc » et pouvoir « religieux » sont imbriqués et sainement distingués dans la fondation du royaume de France.

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II-La France et sa vocation de chrétienté

La France fut d’abord fidèle à ce pacte de Reims, et en retour, Dieu la favorisa. Notre pays a eu une double vocation au service de l’Eglise, d’abord comme défense guerrière, puis comme fille plus spirituelle.

1- La France, protectrice de l’Eglise

Cette vocation de défense de l’Eglise prit tout d’abord un caractère terre à terre, si j’ose dire. Il s’agissait en effet de protéger le territoire pontifical. Il ne s’agissait pas de faire du pape le chef d’un empire temporel plus puissant que ses voisins, d’en faire finalement un souverain comme les autres, mis à part sa prêtrise. Il fallait mettre l’Eglise matériellement à l’abri des pressions politiques et militaires, en lui donnant une certaine indépendance temporelle. Pépin le Bref, bien connu, garantit à l’Eglise la possession du patrimoine de saint Pierre, appelé aussi Etats pontificaux. Ces terres furent conquises sur les Lombards, qui menaçaient alors le Pape et la Chrétienté naissante, puisqu’ils étaient hérétiques. Et Pépin d’en retirer un réel avantage puisque le Pape lui-même, Etienne II, le sacre, ainsi que ses fils. Pépin devient donc roi de par la volonté de Dieu, et ne dépend plus des grands Seigneurs électeurs, ce qui lui donne alors toute latitude pour réformer son royaume et asseoir son pouvoir. A nouveau, on assiste à l’aide mutuelle et réciproque de la France et de l’Eglise, tout en gardant bien la distinction entre Dieu et César.

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Donatrice de ces Etats, la France saura les garantir, et pas sous la monarchie, mais sous le second Empire, bien que Napoléon III ne soit pas connu pour sa grande dévotion ! En 1867, l’empereur envoie ses troupes contre Garibaldi, et le vainc à la bataille de Mentana, après laquelle le chef du gouvernement impérial, Rouher, déclare : « Jamais la France ne supportera cette violence faite à son honneur et à sa catholicité » !!! Les zouaves pontificaux français, menés par le général de La Moricière, combattront jusqu’au bout dans Rome, après le retrait des troupes françaises dues à la guerre de 1870.

Enfin, mentionnons l’importance de la France pour la Papauté tout au long du XIVème siècle, puisque la monarchie donne refuge au chef de l’Eglise, menacé par l’Empire (romain germanique), et les Gibelins. De 1305 à 1378, les Papes sont français : Clément V, Jean XXII, Benoît XII(qui lègue l’habit blanc, étant cistercien), Clément VI (qui achète Avignon), Innocent VI, Urbain V, bienheureux, et Grégoire XI, qui ramène le siège papal à Rome, malgré l’opposition du Roi de France, donc l’Eglise n’est point vassalisée lors de ce passage en France. Au contraire, elle est garantie ainsi contre les ambitions de l’empereur germanique. Opportunément placée aux portes de l’Italie, la France a su assurer à l’Eglise l’espace qui lui garantissait l’indépendance par rapport aux pressions physiques.

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Mais l’Eglise n’est pas seulement une institution temporelle, dirigée par le Pape, dotée d’un territoire (certes réduit aujourd’hui). Elle est avant tout une institution religieuse dont la mission est de transmettre le message évangélique au monde entier. « En cela, elle dépasse les pouvoirs politiques, forcément contingents dans le temps et l’espace, et elle n’entend pas, elle qui travaille à l’avènement de la Cité de Dieu, empiéter sur les prérogatives de la Cité terrestre. » (J.F. Chemain, La vocation chrétienne de la France)

2-La France, défense de la juste place de César et Dieu

A la juste place des deux ordres, spirituel et temporel, se sont historiquement opposées trois tentatives : (selon J.F. Chemain, op.cit.)

-Soumettre le politique à la religion, l’Islam

-Subordonner la religion à l’Etat, par des religions nationales

-Confondre les deux pouvoirs dans la personne du chef de l’Etat qui se veut à la fois chef de la religion universelle, et d’un empire – lui aussi universel.

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La France s’est toujours trouvée en travers de leurs routes, parfois les armes à la main.

L’Islam

On pense bien évidemment à la fameuse bataille dite de Poitiers où Charles Martel brisa la vague irrésistible de conquêtes, en 732. L’Islam, à l’ouest, n’est jamais allé plus loin que la France. On peut aussi évoquer brièvement les Croisades, certes point qui donne naissance aux polémiques contre les « hordes barbares, fanatiques, cupides, détruisant la brillante civilisation pacifique des arabes ». Faut-il rappeler que la première croisade fut celle des « pauvres » gens, précédés par Pierre l’ermite ? Et que les Lieux Saints avaient été occupés par les Musulmans imposant la dhimmitude aux chrétiens, empêchant tous pèlerinages ? Que dirait-on si les processions vers la Mecque étaient interdites, la kaaba étant occupée militairement ? La part des Français est prépondérante dans ces Croisades, la première est prêchée en France par Urbain II en 1095 à Clermont, la deuxième par saint Bernard, à Vézelay, en France encore, en 1146, et la septième et la huitième sont toujours françaises ! La France a eu réellement un grand rôle dans la défense de la Chrétienté contre l’islam, religion de la soumission (signification même du terme islam). Un dernier argument, certes politiquement incorrect : qui pense que les régions actuellement sous régime islamique connaissent justice sociale, démocratie, respect de la liberté religieuse, et du droit des minorités ? Et, rajoute Chemain, le seul qui fasse exception est le Liban, qui comptait jusqu’à il y a peu une majorité de Chrétiens. Hasard, coïncidence ? Ou bien 2000 ans de christianisme ont-ils été pour quelque chose dans l’expansion de nos sociétés (bien qu’elle le nient) ?

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Le schisme

La France, en Europe est l’une des seules, voire la seule à être restée furieusement catholique, sans schismes. On pense au schisme anglican d’Henry VIII, au luthérianisme germanique (véritable religion nationale puisque Bismarck a pu dire que seul un protestant est un bon allemand). Il y eut le risque du calvinisme… mais il y eut les guerres de religion, et la France resta catholique ! C’est Henri IV, qui avec son célèbre « Paris vaut bien une messe », qui comprend qu’il ne pourra jamais devenir roi de France sans abjurer le protestantisme. Les Français sont catholiques, au roi de s’y conformer…mais aussi une fois le roi catholique, il fait les Français catholiques. Impensable aujourd’hui ?

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L’empire universel

L’empire romain était fondé sur un empereur grand pontife (pontifex maximus), puis divinisé (divus Augustus). Mais le Christianisme postule la séparation des deux pouvoirs (Luc XX, 25, et « Regnum meum non est de mundo hoc » (Jean XVIII, 36) ). Cette ambition de l’Empire fut reprise tout au long du Moyen-Age et de la Renaissance par le Saint Empire Romain Germanique ; et c’est tout l’objet de la querelle des Investitures. Les papes opposent alors aux tentatives impériales de dominer le pouvoir spirituel une politique d’émancipation de l’Eglise par rapport aux puissances temporelles. La réforme grégorienne est ainsi soutenue par les abbayes, dont Cluny, en France ! Et par les royaumes hostiles à l’impérialisme germanique, la France, l’Angleterre et la Sicile. Notons que les souverains des deux derniers sont alors normands, donc français ! Avec Bouvines, et la lutte contre Frédérice II de Hohenstaufen, le roi très chrétien garantit au pape la sécurité, et l’invite en Avignon.
La France a donc permis au Pape de pouvoir rappeler que le Royaume de Dieu n’est point de ce monde, et surtout que nul chef d’Etat ne saurait se prendre pour Son représentant sur terre. Bismarck l’a bien compris, lui qui parlait d’ « entreprendre contre l’Eglise catholique une guerre qui sera longue et peut-être terrible[…] mais il le faut pour achever d’abaisser la France ».

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3-La France, une nation vraiment chrétienne

Pour faire bref, on peut parler du blanc manteau d’églises, d’abbayes, et de cathédrales qui protège la France : de l’école romane au gothique flamboyant, tous les moyens sont bons pour inscrire dans la pierre et graver dans la roche la force et la plénitude de l’alliance de la France et de la Chrétienté. Certes, toute l’Europe peut exhiber ces glorieux édifices, mais selon saint Pie X, la France en est le cœur, elle dont « l’hégémonie, et le prestigieux rayonnement, au XIIIème siècle, furent édifiés sur une foi solide qui permet à la France, nation prédestinée, de continuer à porter, comme par le passé, le nom de Jésus-Christ devant tous les peuples et tous les rois de la terre ». Remarquons le présent utilisé par le Saint-Père : la France, appuyée et enracinée dans sa Foi qui la fonda est toujours appelée à répondre à sa vocation qu’on a vu s’épanouir au fil des siècles. On peut aussi citer les saints français, qui nous ouvrent la route vers la sainteté à la française, qui met au service de la Foi, de l’Espérance, et de la Charité les vertus typiquement françaises. Mention spéciale peut être faite aux saints qui participèrent à l’édification politique du pays, st Denis (Montjoie saint Denis, issu de l’ancien allemand *mundgawi, protège le pays)) st Martin, second patron de la monarchie franque, st Rémi, ste Clotilde, st Louis bien évidemment, et sainte Jehanne d’Arc, pour ne citer que les principaux ! Sans parler des lieux d’apparitions dont la France fut comblée : sur les 49 cas d’apparition mariale reconnus entre 1100 et 1900, 11 (22%) ont eu lieu en France, en y ajoutant depuis le Laus, l’Ile Bouchard. On pourrait ajouter un trait humoristique de la part de Dieu : le premier village français libéré par les Alliés le 6 juin 1944 s’appelait « Sainte-Mère-Eglise »… !!!

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III-Rupture d’une alliance ?

Cependant, si le pape a posé cette question à la France, en 1980, c’est bien que la France a été infidèle. N’a-t-elle pas rompu son alliance avec l’Eglise, et n’est-elle pas déchue de cette dignité de Fille aînée de l’Eglise ?

Il y eut d’abord les dangereux écueils du gallicanisme et du jansénisme ; selon le premier, le pouvoir du roi pouvait s’étendre à l’ensemble du domaine spirituel, et toute décision du pape devait être approuvée par le Parlement afin d’être appliquée dans le royaume…et de plus, menaçait le risque de ne voir dans le pape qu’un évêque comme les autres, en accordant un pouvoir prépondérant aux synodes régionaux. C’est la crise entre Louis XIV et Innocent XI, à propos des Quatre articles de Bossuet (article 1, indépendance temporelle des rois à l’égard du saint siège, jamais contesté. Article 2, 3, 4 sur la supériorité du concile sur le pape, condamnés à Vatican I par le dogme de l’infaillibilité pontificale) Le pape les déclare dénués de force et de valeur. Après 11 ans de résistance, en 1693, Louis XIV y renonce, ne voulant pas aller jusqu’au schisme. Le jansénisme, quant à lui,introduit le pessimisme protestant chez les Chrétiens, avec cette vision de la nature humaine corrompue totalement, incapable sauf grâce spéciale, d’accomplir le bien. La piété catholique se raidit donc, dans un christianisme au visage austère, ascétique et sans amour (d’où la réponse du Sacré Coeur, à Paray le Monial, en 1689). Il est condamné par Clément VI en 1713, par la bulle Unigenitus, mal accueillie en France, et rejoignant par là le gallicanisme, dans ce refus d’obéir au Pape. Mais le XVII se reprend, avec le Sacré Coeur, et la consécration de la France à Marie par Louis XIII en 1638 (origine de la procession du vœu de Louis XIII le 15août).

L’alliance est restée sauve, mais restait ce mal profond du laïcisme d’état, manifesté par ces « libertés gallicanes », qui tendaient à soustraire l’Eglise française à l’autorité pontificale, dérive qui s’aggrave jusqu’à la Révolution, et après. On connaît bien la constitution civile du clergé, de 1790, qui tend là encore à émanciper l’Eglise de France du pouvoir pontifical, et la faire dépendre du gouvernement révolutionnaire. Au peuple souverain de réglementer désormais le service public du culte. Constitution condamnée par Pie VI en 1791, dans Quod aliquantum. Le concordat de 1801, quant à lui a le mérite de rétablir la liberté de culte, de faire cesser les persécutions, et de permettre l’essor d’un renouveau catholique. Mais il s’agit aussi d’un nouveau césaro-papisme, puisqu’en réalité, il fixe les règles d’un « modus vivendi, accordant à l’Eglise catholique une liberté d’action strictement encadrée » (Général Dupont de Dinechin, France, destinée d’une alliance). Certes, c’est la restauration de l’autorité du pape sur l’Eglise de France, victoire sur le gallicanisme, mais il n’en reste pas moins, surtout avec les « articles organiques » réglementant l’application de ce concordat, que l’autorité temporelle s’ingérait dans des questions spirituelles. Ces articles ne seront jamais acceptés par le saint Siège. Enfin, avec la Troisième République, on se souvient des lois anticléricales, de la fin du XIXème jusqu’au 9 décembre 1905, loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, condamnée par saint Pie X par l’encyclique « Vehementer nos » . La Vème république enfin stipule dans sa constitution le principe de laïcité. La France est donc laïque, sa mission chrétienne a-t-elle encore un sens ?

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IV- La « doulce France », une espérance ?

Tout espoir n’est pas perdu. Il faut tout d’abord rappeler que laïcité n’est pas laïcisme. Si, comme le rappelle Pie XI, « toutes les fois que par laïcité, on entend un sentiment ou une intention hostile ou opposée à Dieu et à la religion, étranger à Dieu et à la religion, nous réprouvons entièrement cette laïcité et nous déclarons ouvertement qu’elle doit être réprouvée », cependant une vraie et saine laïcité peut exister, qui repose sur la distinction et non la séparation, laïcité qui eut finalement cours dès les débuts de la nation, comme nous l’avons vu ! Le laïcisme, lui, qui est le rejet de Dieu et l’exclusion totale de la religion du domaine public est mauvais, et même intrinsèquement pervers, pour reprendre une expression connue. Ainsi donc, il reste bien une place réelle pour la vocation de la France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, même si elle est actuellement une république laïque. Certes, la chrétienté est une réalité dépassée, et la rupture est béante entre l’Etat et Dieu, mais elle est aussi non moins évidente entre l’Etat et l’âme de son peuple. C’est sous la troisième République, si hostile apparemment à l’Eglise, que les œuvres sociales des catholiques fleurirent, ainsi que les missions, les Pères Blancs…C’est au moment des lois de 1905 que Péguy, Psichari, Claudel, Bernanos, salués comme les auteurs de chefs-d’oeuvre des lettres françaises, ont rayonné et rayonnent encore de leurs convictions sur la jeunesse. Aujourd’hui, les monastères se repeuplent , ou se peuplent ; aujourd’hui, quoi qu’on en dise, la France catholique se réveille, en témoignent les récentes mobilisations….Et Mgr Dagens, évêque d’Angoulême, d’écrire en 2005 que « ce qui change, sans rien renier de l’affaiblissement constitutionnel dont nous souffrons, c’est la conscience que nous avons de porter en nous une capacité de renouvellement qui n’aboutit peut-être pas à des conversions aussi radicales que celle de saint Augustin (qui sait?), mais qui nous permet d’être nous-mêmes dans notre société laïque des témoins de la vérité et de la miséricorde de Dieu. »

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Conclusion

La France restera toujours Fille aînée de l’Eglise, car, quoi qu’on pense aujourd’hui, la filiation ne peut être abolie, elle perdure. « Ma certitude est que notre histoire chrétienne permet de placer dans une perspective congruente bien des questions parmi les plus épineuses qui se posent aux décideurs contemporains », écrit Chemain (ibid.) La France reste l’héritière de ces Rois qui ont construits la France, de cette Chrétienté qui rayonna au Moyen Age. A nous, chrétiens, d’être cohérents, d’ajuster les actes et les paroles. « Ceux qui, à juste titre, se réfèrent à l’histoire, à la tradition, à la culture, à l’identité chrétienne de la France se doivent d’en porter témoignage par des propos et une attitude pleinement évangéliques. » poursuit-il. La France est pétrie de ce Christianisme. En témoigne encore le calendrier qui demeure chrétien, et il importe de le maintenir car seul le christianisme favorise une totale liberté religieuse là où il est majoritaire, (contre l’islam, le judaïsme et même le bouddhisme). Aujourd’hui, on nous parle de notre « retard » dans les recherches génétiques; n’est-ce pas à cause de notre enracinement chrétien que jusqu’à présent, les recherches sur des embryons (des hommes) étaient interdites ? Oui, il y a une exception française et nous pouvons, et même devons en être fiers ! « Quand la France parle, on l’écoute, parfois on la jalouse et on la brocarde, mais on l’écoute et son message est souvent reçu. C’est un fait. Soyons fiers de notre héritage multiséculaire, en ayant conscience de ce que nous sommes les « débiteurs insolvables » des richesses léguées par nos ancêtres. Nous ne pourrons jamais rembourser cette dette, qui nous oblige. » Général Lalanne-Berdouticq.

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Et cela, parce que la France apparaît comme « surnaturellement protégée » (Chemain). Tout au long des heures les plus sombres de notre histoire, un Français croyant a pu avec l’aide de Dieu, rétablir la France plus forte qu’avant (ste Geneviève, Jehanne d’Arc, la naissance de Louis XIV, et même De Gaulle…), et « il n’y a jamais eu d’incompatibilité entre le destin personnel de ses dirigeants, le salut de la patrie, et le plan de Dieu. » Clovis bâtit son royaume, Louis XIII eut un héritier, et De Gaulle rendit à la France son rang de grande puissance. (Chemain) A chaque fois, les situations semblaient désespérées, et nous avons vaincu ! Point de découragement donc, car, com-me le disait saint Pie X, en 1911, « Un jour viendra, et il ne tardera guère, où la France, comme autrefois Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée de lumière céleste et où elle entendra une voix qui lui répétera : Ma fille, ma fille, pourquoi me persécutes-tu? Et sur sa réponse : Qui êtes-vous, Seigneur, la voix répliquera : Je suis Jésus de Nazareth que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination tu te ruines toi-même. » Et elle, frémissante et étonnée, dira : « Seigneur, Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre Alliance et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et rois de la terre. » Fille aînée de l’Eglise, et donc modèle de la Chrétienté, « une civilisation où le temporel est sans cesse irrigué par le spirituel », selon Gustave Thibon, « une cité des hommes où frémit l’ébauche de la cité de Dieu », selon Dom Gérard in Demain la Chrétienté. Et cela, c’est à notre portée ! Nihil novi sub sole, la vocation chrétienne de la France est toujours d’actualité ! Notre époque, selon Dupont de Dinechin (op. cit.) « est celle de l’harmonie des deux pouvoirs, de la conciliation de nos deux natures, de l’harmonie de la terre et du ciel. La vocation de la France aujourd’hui c’est la réalisation de cette harmonie, le retour aux sources de son baptême. La France doit se convertir, c’est-à-dire changer la direction de ses préoccupations, tourner son regard vers ce qui est essentiel. » Au dernier jour, nous serons jugés sur l’amour. L’amour s’adresse aussi aux biens dont nous dépendons, dont notre patrie, notre histoire. « Le royaume de France, en plénitude, c’est l’ordre social chrétien vécu, dans l’harmonie des libertés et des autorités, de la justice et de la miséricorde, d’où sortent sécurité et prospérité » (Me Trémolet de Villers, op. Cit. ), et finalement sainteté. Cela, nous en sommes capables, avec la grâce de Dieu, qui ne nous faillira pas ! Par où commencer ? « Les Chrétiens devraient montrer par leur vie que la Foi est vérité, et devenir des poteaux indicateurs pour les autres » écrit le Cardinal Ratzinger in Regarder le Christ. Vocation chrétienne, oui, mais aussi plus spécifiquement française, nous sommes fils aînés de l’Eglise, ne l’oublions pas !
* * * * *

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Vierge Immaculée, La France que vous aimez est souffrante ! Ô vous qui tant de fois, dans le cours des siècles, avez monté votre prédilection pour la France, ne l’abandonnez pas dans les difficultés qui l’assaillent de toutes parts ! Faites-la ce que vous voulez qu’elle soit : unie, chrétienne, laborieuse et prospère. Donnez-lui des chefs à la hauteur de leur mission, des prêtres, des maîtres chrétiens, des apôtres et des saints ! Ne permettez pas que l’on éloigne Jésus de l’âme des enfants qu’Il chérit si tendrement. Donnez à chacun des Français les secours dont il a besoin pour remplir courageusement, joyeusement et parfaitement son devoir quotidien. Ô Vierge Immaculée, ne décevez pas notre confiance, nous savons que vous avez reçu tout pouvoir de Dieu et que, sur un mot de vous, Il opère des miracles ! Nous savons qu’en invoquant votre Immaculée Conception, nous faisons jaillir de votre cœur une source intarissable de grâces. Obtenez-nous donc, nous vous en conjurons, l’immense et double bienfait après lequel nous soupirons : la rechristianisation de notre patrie, le relèvement moral, rapide et total de la France.

In mémoriam

Né en 1928, Léon Jocteur était Saint-Cyrien et a commencé sa carrière en Indochine. Dès son retour en France, il est allé en Algérie. Ensuite il a servi essentiellement chez les chasseurs alpins. Il a commandé le 13eme B.C.A. à Chambéry, c’est là qu’il a terminé sa carrière comme Délégué Militaire Départemental.
Il était très apprécié par tous ceux qui l’ont connu en raison de sa droiture, de sa générosité et de son souci de ceux qu’il avait sous ses ordres. Il n’avait qu’une parole et on savait que l’on pouvait toujours compter sur lui.
Lors de sa retraite il s’est occupé de la Croix Rouge et de l’aménagement des chemins de Compostelle. Il a effectué plusieurs pèlerinages dont deux à Compostelle. Il a lutté pendant 18 ans contre un cancer sans jamais se plaindre et avec une grande dignité. Il rayonnait sa Foi et s’est éteint munis des derniers sacrements en février 2013.
Le Colonel Jocteur avait participé au voyage en Suisse lors de la bénédiction de l’oratoire St Nicolas de Flüe. Nous présentons toutes nos condoléances à son épouse Monique. En union de prière. RIP.

Les laïcs chrétiens ont le devoir de s’engager en politique

Le pape François, lors d’une rencontre à Rome vendredi avec des milliers d’élèves d’écoles jésuites avec leurs parents et professeurs, a exhorté les chrétiens à s’engager en politique. « C’est une obligation pour les chrétiens qui ne peuvent pas s’en laver les mains comme Pilate ». « La politique est la forme la plus haute de la charité, car elle cherche le bien commun ». « La politique, c’est sale – mais elle est peut-être sale parce que les chrétiens ne s’y impliquent pas.» Samedi 8 juin 2013

Après la décision du conseil constitutionnel

par Patrice André 17 mai 2013

Le découragement doit-il nous gagner ? Certes, non ! Car notre époque voit le réel déserter les institutions et grandir au contraire dans la conscience d’un nombre croissant de citoyens. Voici donc venir le moment où les sophismes des juges et de trop de responsables politiques seront balayés par l’exigence inconditionnelle, et en actes, d’un respect des fondements de la vie en société, de la vie en famille, de la vie tout court ! Loin des ors usés et usurpés de palais qui ont d’ores et déjà failli à leur mission, loin de ces courtisans qui ne voient pas que le roi est nu, c’est une prise de conscience majeure qui s’opère sous nos yeux, avec une mobilisation historique et sans précédent. Et cette prise de conscience, c’est qu’il faut cesser de laisser à quelques-uns, dont la prétendue légitimité ne repose en fait que sur de contestables cooptations, le privilège d’inventer le droit dans des domaines où il ne peut qu’être constaté, parce qu’il touche à la nature et aux fondements mêmes de l’humanité et de sa vie en société. Prise de conscience, par exemple, qu’il faut mettre fin à cet exorbitant détournement du droit que représente le pouvoir du Conseil constitutionnel de choisir ce qui relève ou non des « principes fondamentaux reconnus par les lois de la république », en privilégiant tantôt telle période républicaine, tantôt telle autre, et en s’arrogeant au surplus le droit de n’en retenir aucune ! Et peu importe que, par naïveté ou aveuglement, la décision de 1971 par laquelle ce Conseil s’est conféré à lui-même cette faculté ait été saluée comme une grande décision : les foules immenses du 13 janvier, du 24 mars et du 26 mai ont manifesté la remise en cause décisive de cette véritable usurpation ! Prise de conscience, également, de la convergence monstrueuse et internationale d’entreprises de destruction de la famille et de la personne humaine, dont le traité de Lisbonne, pourtant inapplicable en droit faute d’avoir été ratifié dans les mêmes termes par tous les Etats de l’Union européenne, constitue aujourd’hui pour nous la malfaisante pierre angulaire.

Aujourd’hui donc, à tous ceux qui, depuis des mois, ont consacré tout leur temps, toute leur énergie au combat contre une loi misérable, à tous ceux qui ont allumé, face à la montée de l’ombre, les flammes de l’espoir de leur frêles mais décisives bougies, à tous ceux qui se sont ainsi donnés sans esprit de retour à la défense de la beauté et de l’amour, il faut le dire : le combat ne fait que commencer ! Et il sera gagné ! Il sera gagné parce qu’enfin l’ennemi est contraint de se démasquer, parce qu’enfin les projecteurs se braquent sur ceux qui, derrière les paravents, tirent les ficelles de ce théâtre d’illusions qui nous est imposé depuis tant d’années ! Il sera gagné parce que l’expérience le montre : chaque fois que nous pouvons parler, chaque fois qu’il nous est donné de détruire les faux raisonnements, d’autres Français, hier indifférents, nous rejoignent et leur nombre ne fait que croître !

Cette décision du 17 mai ne doit donc pas résonner pour nous comme le glas, mais comme le tocsin, accompagné de coups de tonnerre : on a brûlé nos vaisseaux, dans notre dos, après avoir tenté de nous endormir par des paroles trompeuses ? Eh bien ! la ville qui se dresse désormais devant nous, nous la prendrons, par la force de la vérité et du droit, parce que comme les Grecs d’antan devant Troie, nous n’avons plus le choix !

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Voyage-pèlerinage en Europe centrale du 28 juin au 10 juillet

4 places restent disponibles suite à des désistements maladie. Avis aux amateurs : Tél. 04 90 20 08 70 ou mail : atelierloubarri@free.fr

Pèlerinage 2014

Au cours du jubilé à Aix la Chapelle en juin 2014, il y aura un pèlerinage pour vénérer des reliques exposées tous les sept ans (robe de la Très Sainte Vierge, lange de Jésus nouveau-né, tissus ayant enveloppé la tête de St Jean Baptiste, linge porté par Jésus sur la Croix) et laissées par Charlemagne.

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Chapelle Saint Hilaire

Sécurisation : Comme nous l’avons déjà indiqué dans le bulletin N° 19, c’est grâce à la générosité du Crédit Agricole et à la subvention qu’il nous a accordé que nous avons pu envisager et réaliser la sécurisation de la chapelle St Hilaire. Les travaux ont été effectués par l’entreprise Girard d’Avignon dès que la déclaration préalable a pu être établie et qu’elle a reçu un avis favorable de la Mairie de Beaumes de Venise et de M. l’Architecte des Bâtiments de France. C’est maintenant chose faite ! La consolidation d’urgence a porté sur deux points :

1. Soutien des vestiges de la voûte par un étaiement provisoire

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2. Consolidation du mur sud de l’abside par des injections de coulis de chaux, afin de redonner une cohésion complète de la partie méridionale de l’ouvrage et un blocage en maçonnerie au droit des ouvertures du mur sud du chœur côté intérieur.

Ce travail a été réalisé avec un soin particulier pour préserver toutes les dispositions intéressantes de ce mur, notamment les déformations anciennes et les vestiges d’enduits avec des traces de faux joints. La phase de sécurisation est maintenant réalisée, conformément à la demande reçue de la DRAC et les sondages archéologiques vont pouvoir commencer.

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Jardin St Hilaire : Grâce au travail acharné des bénévoles du mercredi, et à la générosité de M. Pierre Alliaud, 14 oliviers et deux amandiers ainsi qu’un mimosa ont été plantés sur la terrasse au sud de la chapelle. Ils ne font que reprendre la place qui était la leur, car il est vraisemblable qu’autrefois la colline était couverte d’oliviers.
Mur de pierres sèches : Pour accéder à cette terrasse, il a été nécessaire d’arranger un passage et de relever le mur de pierres sèches qui était effondré : Daniel Vuillemin et Jacques Sarrade ont été les courageux entrepreneurs de cette rénovation. Avec nos félicitations, ils méritent aussi nos remerciements.

Jardin provençal : Le talus sud de la chapelle a reçu de nouveaux plants d’iris offerts par Madame Lombard. Une idée de jardin provençal a été lancée, Annie Vicente est la cheville ouvrière de cette création. Remerciements à tous.

Horaires d’été : A partir du mois de juillet, les bénévoles du mercredi, qui sont invités à venir nombreux, ne travailleront que de 8h à 11h30, chaleur oblige. Il est demandé à chacun de nos membres de recruter quelques bénévoles, plus disponibles qu’en période d’hiver. Tenue de travail: prévoir une casquette, des gants de travail et une gourde d’eau.

Subventions : Répondant à notre demande, les VMF (Vieilles Maisons Françaises € 10 000) et Sauvegarde de l’Art Français (€ 15 000) viennent de nous accorder une subvention. Nous les remercions chaleureusement. En conséquence, les noms de tous nos mécènes (Crédit Agricole € 35 700) seront indiqués sur un panneau devant la chapelle avec leurs logos.

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Pied-droit transept sud avant et après travaux

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étaiement de la voûte

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Porte métallique sud

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porte métallique ouest

Association « La Route de l’Europe chrétienne » 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesainthilaire.fr

Bulletin N° 19

N° 19

EDITORIAL La famille est sacrée

Chers amis,

Au cours du voyage-pèlerinage organisé par l’association La Route de l’Europe chrétienne, nous serons le 5 juillet à Nitra (Slovaquie)

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pour bénir l’oratoire saints Cyrille et Méthode. Rassurez-vous. Sur le magnifique haut-relief sculpté avec talent par Pascal Beauvais, qui va s’élever bientôt sur les bords de la Nitra, ne manqueront ni les auréoles de sainteté des deux frères évangélisateurs du monde slave, ni la croix qui nous unit au Christ et qui rappelle à tous que c’est sur Son bois que Jésus Christ Fils de Dieu a définitivement vaincu satan. « In hoc signo vinces » (par ce signe tu vaincras).

Bienheureuse victoire de la croix, mais constamment remise en cause par le démon qui poursuit son travail de sape, de mal et de mort auprès des hommes. La crise de laïcisme aigu qui traverse l’Europe et la France en est la preuve. Après avoir tenté d’interdire ces signes religieux sur une pièce d’€ en Slovaquie, voilà qu’en France elle s’attaque maintenant au démantèlement de la filiation biologique en voulant ruiner l’institution du mariage. Plus grave encore que la crise économique, cette révolution de fond risque de faire exploser les fondements de notre société.

Vigoureusement opposé au projet de ce faux mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption d’enfants par de tels duos, je vous avais demandé de vous mobiliser et de monter à Paris le 13 janvier. La plupart d’entre vous l’ont fait, nous étions très nombreux, 1300442 de manifestants (chiffre Gendarmerie de Paris).

Certes, nous savons bien que ce n’est pas une majorité qui fait la vérité, mais pour une fois, nous n’avons pas voulu laisser l’idole du nombre à cette minorité infime d’activistes qui par tous les moyens – mensonge, intimidations, violence, cherchait à manipuler les masses.

L’Europe qui nous est si chère, repose entièrement sur sa civilisation chrétienne et ces laïcistes forcenés, idéologues de la christianophobie, qui voulaient avec « le mariage pour tous » détruire les fondements de notre civilisation, sont apparus aux yeux de tous comme les fossoyeurs de l’Union Européenne. Cette dernière ne peut être fondée seulement sur l’économie, pas plus que sur les droits de l’homme, réduits à la sacralisation des désirs individuels. L’Europe a un visage familial et une âme, elle croît en Dieu, elle L’aime, elle est chrétienne. Le 13 janvier le Pays réel a exprimé clairement son attachement indéfectible à la famille naturelle, église domestique, créée et grandie sous le regard de Dieu.

Après ces années de laxisme et de relativisme, au moment où, arrivée au bord du gouffre, la France allait sombrer, elle s’est redressée in extremis, consciente que la mort de Dieu entraînerait la mort des hommes. Rendons grâce à la Très Sainte Vierge qui, dès le 15 août a su réveiller nos évêques. Guidés par notre vénéré Pape Benoît XVI, ils ont retrouvé l’unité perdue, et pour certains, le courage. A Paris, ceux qui y étaient, ont constaté que le petit troupeau avait grandi et qu’il ne manquait pas de courage.

Robert Mestelan, président

LA GRANDE MANIF

par Jacqueline Picoche

Samedi 12 janvier 2013, 20 h. 30 L ‘église Saint François Xavier, qui est grande, achevait de se remplir quand l’orgue se mit à tonitruer et qu’on vit s’avancer en procession, vêtu d’une belle chape argentée, mitré , crossé, un évêque… mais lequel ? On attendait Mgr Aillet, venu tout exprès de Bayonne, annoncé pour présider cette “veillée de prières”, et c’était un autre… Ma parole ! Il ressemble à ses photos ! Vingt-Trois ! Mais oui ! Le Cardinal-Archevêque avait fait le déplacement. Et pas tout seul ! Il avait amené avec lui son auxiliaire, Moulin-Beaufort.

Il nous a fait au début un beau petit discours dont j’ai surtout retenu, outre qu’il approuvait notre manif du lendemain, qu’il ne fallait pas avoir de haine ni de violence contre ceux qui ne comprennent plus ce que c’est qu’une vraie famille et qui la refusent, mais qu’il fallait prier pour toucher leur cœur. Et c’est lui qui a célébré le salut final, qui a manipulé l’encensoir et l’ostensoir et prononcé les bénédictions rituelles.

Et Aillet ? Eh ! bien, il était là, modestement assis sur le côté du chœur, réduit au rôle de Jean-Baptiste : “Il faut qu’il croisse et que je diminue”. Il lui a tout de même été confié le rôle de prononcer la prière de Jean-Paul II pour la famille que vous pourrez lire sur la pièce jointe.
Bon, cette veillée, c’était un chapelet entrecoupé de chants, suivi d’un salut du Saint Sacrement. À chaque dizaine, le Pater était chanté en latin, ce qui met tout le monde d’accord. Il y avait beaucoup de monde, et à la fin on a chanté à gorge déployée Christus vincit, Christus regnat . Espérons que la Sainte Vierge aura été contente que tant de bouches, ensemble, la saluent tant de fois, et lui chantent Chez nous soyez reine, et que du haut du Ciel elle fera le nécessaire pour que demain tout se passe sans grabuge. Ainsi soit-il !

Ce fut le cas, Deo Gratias ! Aucun casseur ! Et les Femen étaient restées en Ukraine.

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Dimanche 13 janvier 2013 :
9 h. du matin : Il y a dans la liturgie de la messe de ce dimanche un passage de la Lettre de saint Paul Apôtre à Tite ‪2,11-14.3,4-7.‬ où il est dit que “la grâce de Dieu nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux” 
 C’est bien trouvé pour nous inciter à manifester non comme des furieux, mais comme des hommes “raisonnables, justes et religieux”.

Une interview de Mgr Aillet dans Présent du 12 janvier précise qu’il a encouragé les laïcs de son diocèse à participer à la “manif pour tous” qui se dit “aconfessionnelle” (il accepte le mot) et se réjouit qu’ils aient organisé le déplacement Bayonne-Paris AR. Il commente : “je suis un citoyen, un citoyen qui en plus a des convictions catholiques par le baptême, et qui plus est par la grâce de l’épiscopat. Cela ne me gêne donc pas du tout d’aller marcher, aux côtés même d’un grand rabbin, ou d’un imam, ou d’autres associations, parce que je crois vraiment que nous ne défendons pas un mariage confessionnel, nous défendons le socle anthropologique qui, pour nous, vient de Dieu, c’est évident, et qui appartient de plein droit à son dessein créateur, mais qui peut être partagé par des gens qui n’ont pas encore découvert Dieu. Et je pense qu’aujourd’hui, pour défendre ce socle anthropologique de la société qu’est le mariage, c’est-à-dire l’union stable entre un homme et une femme ouverts à l’accueil et à l’éducation des enfants, on doit partager un consensus beaucoup plus large que celui des seuls catholiques. Cela dit, on voit bien que celle qui a lancé ce débat, et cette expression dans la société, qui n’atteint pas encore le cadre institutionnel que l’on réclame au gouvernement à cor et à cri, c’est quand même l’Eglise catholique. Il ne faut pas nier que c’est le cardinal Vingt-Trois, par cette petite prière du 15 août, c’est le cardinal Barbarin par ses déclarations tonitruantes du mois de septembre, qui ont déclenché cette vague. Une vague qui dépasse maintenant l’Église, puisque nous avons été rejoints par beaucoup d’autres. Je crois que c’est important, puisque nous défendons une institution qui n’est pas spécifiquement de l’ordre de l’Église et de la foi, que nous puissions être ainsi rejoints par des non-catholiques… ”

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Et Civitas, alors ?“Je pense que Civitas – que je n’ai pas, moi, accusé de quoi que ce soit – qui s’est mobilisé en effet, n’a pas la surface, disons la crédibilité ecclésiale et sociale pour pouvoir mener, seul, un combat comme celui-là. Je pense donc qu’il y a un moment où il faut dire qui est le plus crédible ou qui sont les plus crédibles, pour lancer un mouvement qui nous dépasse nous-mêmes. On n’est pas là pour se défendre soi-même, ni pour se mettre en scène. Voilà. C’est tout. Mais je ne porte pas de jugement. Je pense qu’il faut que le consensus soit le plus large possible, et que tout le monde a le droit de marcher avec tout le monde. ”

JP a l’intention de ne pas partir demain, avec Civitas, de la place Pinel, voisine, mais distincte de la place d’Italie, ni avec Bernard Antony, de la mairie du XIIIe, place d’Italie, ni de la porte Maillot avec les gens du Front National hors Marine (qui a raté une belle occasion de se faire une popularité si elle avait défilé, s’était montrée sur l’écran géant, et avait parlé au micro de ses enfants). JP a choisi Denfert Rochereau, donc “la manif pour tous”, primo parce que c’est le plus près de chez elle, et deusio parce qu’elle partage le point de vue de Mgr Aillet, et qu’elle pense que l’essentiel est de faire nombre avec la plus grande unanimité possible. (JP = Jacqueline Picoche)

Dimanche 13 h. 20 : Le rendez-vous était prévu à 13 h. Pensant que les manifs sont toujours en retard, JP prend sans se presser la rue Boulard, avec l’intention d’accéder à la place Denfert, par les petits jardins de la rue Froidevaux. Impossible! Dès le carrefour de cette rue, elle est prise dans un fleuve humain déjà en marche piétinant en direction de l’ouest: c’était la tête du cortège, alors que, bien serrés, les gens entassés sur la place, attendaient de pouvoir partir. Et des gens, il y en avait vraiment de tous les âges. Mais c’était un défilé franco-français. Les “minorités visibles” étaient invisibles. Pas concernées? Quoique le Coran ne soit pas tendre avec les homos, pas un basané ni une femme voilée (ils étaient dans un autre cortège). Ce fleuve était rose fuchsia et blanc, couleur de ballons tenus par les enfants et de fanions sur lesquels était imprimé en blanc “la manif pour tous” et les quatre silhouettes d’un homme en pantalon, d’une femme en jupe et de deux enfants. (Tant de ballons et de fanions, ça représente déjà une belle somme. Intégralement payée par les manifestants?

Et ces trois défilés? De bons organisateurs, tous volontaires à ce qu’il paraît). Il y avait déjà de l’ambiance! La jeunesse sautait, dansait presque, en criant “Taubira, t’es foutue, les familles sont dans la rue”. Les pancartes brandies disaient (énumération non exhaustive) politico/juridiques: Jospin, reviens, ils sont devenus fous!

Touche pas au mariage civil

Filiation père-mère-enfant pour tous

Deux mères sans papa, c’est pas l’ égalité des droits

Gauloises: nos ventres ne sont pas de caddies

On veut du sexe, pas du genre

pas d’ovules dans les testicules

deux papas, ça l’fait pas

la plupart simplement gentilles et de bon sens :

Paternité, maternité, diversité

Un père, une mère, c’est élémentaire

un papa, une maman, c’qu’il y a de mieux pour un enfant – (porté par un enfant)

j’sais d’où je viens, mais j’sais pas où on va – avec une photo de bébé : made in papa + maman .

Au bout de la rue Froidevaux, on a traversé l’avenue du Maine et, par la rue Jean Zay, gagné le boulevard Pasteur qu’on a descendu d’un bout à l’autre, puis l’avenue de Suffren d’un bout à l’autre jusqu’au Champ de Mars. Un camion sonorisé criait des slogans et a fait acclamer le nom de Frigide Barjot. Tout le long de ces grandes avenues, en avant ou en arrière, on ne voyait que des têtes, des ballons et des fanions roses.

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Dimanche 15 h. 30 JP arrive au Champ de Mars, ayant marché ou plutôt piétiné deux bonnes heures. Elle plante dans une pelouse sa canne-siège, qu’elle avait eu la bonne idée d’emporter, et elle contemple assise le spectacle de la foule, et de l’écran géant où, des animateurs font patienter les premiers arrivés en attendant les derniers arrivants: des artistes de cirque, une chanteuse dont les chansons rythmées font trémousser la jeunesse, un animateur qui fait l’appel de toutes les provinces de France, en priant leurs représentants de lever leurs fanions et les autres de les acclamer. Bref, la grande fiesta! Enfin, les choses sérieuses : On fait défiler sur l’écran quelques homos qui expliquent pourquoi ils sont contre le “mariage pour tous” et se plaignent qu’on ne leur ait pas demandé leur avis.

Puis un jeune homme qui fut un enfant adopté et qui se réjouit de l’avoir été par un homme et une femme. Puis les représentants des différentes associations participantes à l’organisation de cette manif, qui disent chacun quelques mots. Sur le tract de la manif, j’en compte 35, rien que ça ! Des écolos, des gays, des “républicains” des médecins, des chrétiens “de gauche” et d’autres qui ne précisent pas… Parmi eux, quelques officiels arborant leur écharpe tricolore. Enfin, apparaît Frigide superstar que ses fans affublent d’une sorte de voile de mariée et qui fait intervenir un catho “de gauche” pour prouver qu’ils ne sont pas tous “de droite” à la suivre. Premier discours d’icelle, qui le conclut en faisant apparaître un couple de mariés, en tenue de mariage (robe blanche pour Madame et fleur à la boutonnière pour Monsieur), encadrés d’un essaim de “Mariannes” en bleu, blanc rouge, coiffées de bonnets phrygiens. Trêve de joyeusetés!

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Dans un silence religieux (?) elle donne lecture d’une longue lettre au Président de la République, dont vous trouverez dès demain le texte dans vos journaux. Elle lui demande solennellement, au nom de toute cette foule de manifestants rassemblés, de retirer le projet de loi Taubira et d’organiser des “États généraux de la famille”. France-Info le soir-même annonce qu’il n’en fera rien. Qu’il prenne bien garde! Si une si grande espérance populaire est déçue, ce ne sera pas du mépris qu’il suscitera contre lui, ce sera de la haine!

Dimanche 17 h. C’était loin d’être fini! A 19h30 de très nombreux groupes arrivaient encore au Champs de Mars. Il était encore question de nous parler de ce qui se passait dans les ambassades et consulats de France à l’étranger, mais la nuit tombait et il commençait à faire très froid. JP, estimant qu’elle avait vu l’essentiel, regagna son domicile, non sans problèmes dans le métro comme vous pouvez le penser avec cette foule et plusieurs stations fermées. Elle était chez elle à 18 h et, après avoir mangé sa soupe et s’être un peu réchauffée, elle s’est mise à vous rédiger ce petit reportage. Jacqueline Picoche

Chapelle St Hilaire

C’est quelques jours après la fête de l’Immaculée Conception que la bonne nouvelle de l’aide substantielle de la banque du Crédit Agricole, accordée à l’association, nous est parvenue.

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Le Crédit Agricole, un mécène généreux !

M. Meissonnier, directeur régional du Crédit Agricole a eu la joie de nous en informer. Montrant un grand souci de la conservation du patrimoine, le Crédit Agricole, souhaitant s’associer à nos efforts a répondu favorablement à notre demande. Il nous accorde la somme que nous avions sollicité pour pouvoir assurer la sécurisation de la chapelle.
Suite à cet apport, le bureau réuni le 19 décembre à la chapelle en session extraordinaire a pu délibérer et décider l’engagement des travaux. Monseigneur Cattenoz, notre président, a signé le devis pour les travaux. Ceux-ci confiés à l’entreprise Girard (spécialisée dans la restauration des monuments historiques), vont pouvoir commencer en janvier et février 2013.

La sécurisation

La sécurisation du bâtiment va porter sur deux points :
1. confortement de la voûte du chœur (fourniture et montage des tours d’étaiement et mise en place d’un
cintre de bois pour soutien de la voûte
2. confortement temporaire de l’angle sud-est avec démontage du mur sud du chœur jusqu’à mi-hauteur.
Blocage provisoire au droit des ouvertures du mur sud, côté intérieur et extérieur. Remise en place et
étaiement du linteau cintré côté extérieur.

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Dégagement du site

L’automne a été mis à profit pour brûler les déchets végétaux accumulés pendant l’été. L’équipe des courageux travailleurs et travailleuses manque de bras pour nettoyer la face sud de la chapelle (parcelle 793 de M. et Mme Camille Anrès). Venez la renforcer, nous sommes à la chapelle tous les mercredi de 9h30 à 16h. Pique-nique sur place. Les travaux menés ont permis la découverte d’une cabane en pierre (borie), qui vraisemblablement constituait un point de surveillance et de guet à l’arrivée des remparts sud.

Porte métallique

M. Mauro Artioli, ferronnier à Velleron, est venu dans la semaine de Noël, poser une porte en fer à claire voie pour obturer l’entrée sud de la chapelle. Cette solide porte à l’épreuve des entreprises des vandales remplace avantageusement désormais les fils de fer barbelé. Une porte identique sera réalisée et apposée sur l’ouverture ouest.

Citernes à eau

Nous remercions M. Jacques Sarrade qui, aidé par trois bénévoles, a réussi à mettre en place les deux citernes de 1000 litres. Bien que vides, les citernes ont été portées à dos d’homme depuis la route goudronnée, soit 700m. Une belle performance. Bravo ! Premier apport dans la lutte contre l’incendie, ces citernes, remplies d’eau en été, nous permettront de maçonner et d’arroser les fleurs et les plantations.

Servitude de passage

Grand MERCI à Madame Leydier mère, M. Jean-Pierre Leydier et son fils, qui nous ont généreusement accordé l’autorisation d’utiliser le chemin de terre qui, venant de Durban, traverse les muscadiers et permet d’atteindre la chapelle St Hilaire. La servitude de passage a été signée sous seing privé avant Noël.

Opération « bois de Noël »

Le samedi 24 novembre, quatre stères de bois coupé à St Hilaire au cours des travaux de dégagement ont pu être apportées et distribuées gratuitement à trois personnes nécessiteuses du département. Cette opération délicate n’a pu s’effectuer que grâce au concours et à la bonne volonté de bénévoles (si tous les gars du monde voulaient se donner la main…) Nos remerciements s’adressent plus particulièrement à :

– Emmanuel Gros qui a pu charger le bois sur son 4×4 et effectuer les rotations

– Marc-Antoine Schelstraete qui a pu le transporter avec sa remorque et le livrer

– la troupe des scouts du Barroux de Bertrand de Belleville qui a bien voulu assurer toutes les manutentions.

Magnifique B.A. et beau témoignage de la générosité de notre jeunesse, au profit des plus pauvres. MERCI.

Fête de St Hilaire le dimanche 20 janvier 2013

11 heures Messe à l’église paroissiale Saint-Nazaire à Beaumes-de-Venise, célébrée par le Père Marcel Bang avec la participation de la chorale diocésaine

à l’issue de la messe : pain béni Saint Hilaire

12 heures Apéritif à la salle Rocalinaud,
place de la Mairie
suivi du déjeuner, Paëlla à 10 €

Inscriptions auprès de Mme P. Alliaud 04 90 62 95 44

Vente des derniers billets de tombola

14 h 30 Projection oratorio Le miracle de Fatima

16 heures Tirage de la Tombola huile de M. J.-C. Constantin : Avignon, le palais des Papes

Libres propos sur sainte Jeanne d’Arc

par le professeur Jean-Louis Brancourt, président de l’Association universelle des Amis de Jeanne d’Arc

« Professeur, quand en êtes-vous arrivé à Jeanne d’Arc ? » « Vous l’avouerai-je ? Mon intérêt pour Jeanne d’Arc est tardif. Il est religieux, historique et politique. Jamais sentimental ni même « mystique ». Je n’ai jamais pu être sensible à toute espèce de « mystique johannique » qui, dans certains milieux entoure « Jeanne la Lorraine », pas plus « la Fille de France », encore moins « la Fille du Peuple ». Mon histoire personnelle est trop purement contemporaine, trop tournée vers des engagements « réactionnaires » à la politique – gaullienne, spécialement – pour ad-mettre le moindre risque d’une récupération de Jeanne d’Arc, de quelque nature qu’elle soit, dans une redoutable confusion des genres.

« Par quel biais vous êtes-vous donc intéressé à elle ? » « J’ai croisé Jeanne d’Arc d’abord, dans mes travaux de recherche en histoire du droit et des institutions, en spécialiste du duc de St-Simon et, par lui, de la monarchie absolue et de ses « lois fondamentales ». Bien qu’occupé presque strictement à la période dite « moderne » (du 15ème au 17ème s.) de l’Histoire de la France, j’ai toujours remarqué – avec une certaine perplexité, je l’avoue – un double décalage : le premier entre le silence quasi complet sur Jeanne d’Arc dans l’opinion monarchiste moderne du temps de la suprématie « universelle » de la monarchie Bourbon d’un côté, et le rôle objectif qu’elle avait joué dans le rétablissement de la dynastie à la fin de la guerre de Cent Ans, de l’autre. La seconde distorsion avait existé, au temps même de Jeanne, entre l’opinion savante des juristes et l’opinion populaire qu’elle me semblait représenter. La première de ces opinions construisait alors un « droit public » de la royauté de France sur des raisonnements juridiques tirés à la fois des théories issues de la renaissance du droit romain impérial, d’une part, et de la pratique coutumière d’une justice féodo-vassalique au service d’un roi suzerain, d’autre part. La seconde découlait d’une «mystique politique» fondant les liens sociopolitiques sur la fidélité à Dieu, d’abord, sur la fidélité au roi, ensuite ; elle reposait donc, en fait, sur une appréciation synthétique et historique des hiérarchies naturelles et des liens de subordination à l’intérieur de la société politique. La période Bourbon de notre Histoire marqua le triomphe de la première jusqu’à ce que cet édifice, parfaitement rationalisé pourtant, s’effondre brutalement à la fin du 18ème siècle dans la révolution de « l’ancien régime ». La seconde, l’opinion populaire, pourtant, était-elle vraiment morte ? Pouvait-elle seulement mourir ainsi, d’un coup, sous l’effet conjugué d’un monarchisme doctrinal (et doctrinaire) et de la révolution démocratique ? »

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« Pouvez-vous préciser cette différence, que vous dites essentielle, entre la vision savante des liens politiques et « l’opinion » que représente Jeanne d’Arc ? » « Le plus fort est que j’y suis venu très tard ! De prime abord, mon point de vue était celui de la doctrine juridique.

L’Histoire, spécialement l’épisode de Jeanne d’Arc, me semblait être la démonstration du bien-fondé du droit monarchique de la succession royale de mâle en mâle, par rang de primogéniture, de ce que le juriste, depuis Jean de Terre-Vermeille en 1419, avait défini comme la « théorie statuaire » de la couronne de France. Or ce droit « statuaire » ne se comprenait qu’à la lumière du principe nouvellement établi de l’immédiateté de la transmission de la couronne, de roi en roi, indépendamment de tout consentement de type féodal, indépendamment aussi de toute « consécration » religieuse. Le reste d’une « élection » avait pesé encore sur les circonstances de la succession des premiers Valois, de Philippe VI à Charles V; il avait révélé les dangers – mortels pour la dynastie – du temps crucial d’une éventuelle régence. Les défenseurs de l’Etat royal naissant sous Charles V et sous Charles VI, surtout en 1403 et en 1407, avaient donc fait triompher le principe d’une succession instantanée, purement naturelle, strictement dynastique, reléguant définitivement le sacre au rang de cérémonie symbolique, non pas « politique ». Or Jeanne d’Arc, vous le savez, a pour mission de libérer Orléans pour ouvrir militairement la route de la Champagne, dans le but de mener le « gentil Dauphin » Charles à Reims pour s’y faire sacrer. A y regarder de plus près, les termes, les évènements, la chronologie exacte de l’épopée de Jeanne d’Arc, m’ont fait revenir sur leur signification profonde : la royauté de Charles VII, à l’époque de Jeanne, m’apparaît maintenant comme centrée sur le sacre de Reims comme l’était aussi celle des Capétiens depuis 987. Ce qui m’avait semblé la consécration du « droit » m’est apparue comme le triomphe de la « justice », celle de Dieu. Véritable jugement de Salomon, la sanction divine du pouvoir de Charles VII, au détriment de l’option anglaise, est simplement le choix « juste », exercé par le Tout Puissant pour le « bien commun » durable du royaume de France. L’historiographie la plus récente de la période – Françoise Autrand, par exemple, dans son admirable biographie de Charles VI – replace très bien dans leur contexte les enjeux politiques du traité de Troyes de 1420 qui avait privé le dauphin Charles de la succession à la couronne. Sans les détailler ici, nous n’en retiendrons que la conclusion : l’hypothèse de la double monarchie anglaise sur les royaumes de France et d’Angleterre, pire qu’une usurpation, était une faute, une aberration politique dont les relations mi-figue mi-raisin du duc de Bourgogne et des Lancastre, tout au long des années 1420, démontraient le caractère fondamentalement instable, irréaliste, voué à court terme à l’échec ; elle était donc un mal politique devant engendrer l’effondrement tragique de la paix sociale et du royaume. C’est ce mal qui a été évité, c’est la survie de la France, pour plusieurs siècles, qui a été assurée.

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« Au délà de cette leçon politique, quels sont, à votre avis, les enseignements les plus significatifs de l’action de Jeanne d’Arc ? » « De février 1429 à mai 1431, Jeanne d’Arc a fait preuve, il me semble, de qualités essentielles, qu’elle a portées jusqu’à l’héroïsme et qui me paraissent d’une actualité toujours renouvelée. Je pense à son équilibre et à sa pureté, à sa simplicité et à son bon sens, à sa pugnacité et à sa persévérance. La première de toutes, peut-être, est sa lucidité – extra lucidité, même ! Sur le plan militaire, spécialement, cette « voyance » lui fait indiquer à ses capitaines les stratégies payantes, les angles d’attaques imparables, les moyens à mettre en œuvre, les routines et les mauvaises habitudes à combattre. Le général Weygand a, autrefois, relevé en spécialiste les apports militaires attribuables à l’action de Jeanne : sous la houlette du Maître général et visiteur de l’Artillerie du Roi, elle contribua de façon décisive à la croyance en l’avenir des armes à feu, en l’avenir d’une tactique intégrant le canon dans les manœuvres de la bataille ; ce qui, révélé à Patay, devait assurer le triomphe français à Formigny puis à Castillon, à la fin de la guerre de Cent Ans ; par piété et sainteté, elle fit la promotion d’une armée disciplinée, « propre » de toute débauche et de toute volerie, encadrée par des gentilshommes qui ne dédaigneraient plus de descendre de leurs chevaux pour combattre à pied, le cas échéant, plus modestes, plus respectueux de la vie humaine. Sans conteste, sauf à renier les témoignages innombrables des contemporains, comme le soulignait récemment le grand maître de l’art, Philippe Contamine, l’aventure de Jeanne d’Arc est irréductible à des critères purement humains.»
Prof. J.-Louis Brancourt

N’oubliez pas de nous communiquer vos changements d’adresse !

Notre Dame la Brune : le 24ème oratoire

En ce 8 décembre 2012, fête de l’Immaculée Conception, quelle joie à l’issue de la messe, de nous trouver rassemblés aux pieds de Notre Dame la Brune, patronne de l’église du Barroux !

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Notre dette envers la Mère de notre Dieu, Jésus le Sauveur, est immense et nous n’oublierons jamais qu’il y a plus de 2000 ans, la rédemption du monde fut suspendue un instant au « Fiat » de cette jeune fille de Nazareth. En redonnant vie à cet oratoire par la pose d’une mosaïque et d’une croix nous voulons lui exprimer notre amour et notre reconnaissance et renouveler en elle notre confiance indéfectible. Mais il convient d’abord de remercier tous les acteurs de cette renaissance. M. le Curé Charles-Bernard Savoldelli qui a bien voulu organiser cette bénédiction et célébrer la messe, M. Robert d’Aigremont, administrateur du château qui s’est spontanément associé à la réalisation du projet et qui nous recevra pour un apéritif au château à l’issue de la cérémonie, Mme Marie-Agnès Mathieu créatrice de cette belle mosaïque. Elle a su tirer un excellent parti de la Vierge sculptée par Brandily en lui gardant toute la tendresse d’une maman. Quant au drapé romantique qui entoure la Vierge, il s’accorde bien à la beauté du lieu, souvent battu par le mistral, respiration du monde. Grâce à vous tous et aux fleurs que vous ne manquerez pas d’apporter, il y aura ici désormais quelqu’un pour accueillir les milliers de visiteurs qui chaque année partent à l’assaut des terrasses du château pour contempler les toits d’un des plus beaux villages du Comtat.

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A quelques semaines de Noël, nous aimerions nous préparer dans la joie à la douce et sainte Nuit de la venue de l’Enfant Jésus, Prince de la Paix. Mais cette année, notre inquiétude est grande et le cœur n’y est pas. Alors, tournons-nous vers la Vierge, qui avant nous, avant de s’enfuir en Egypte, a du fuir le roi Hérode, qui dans un accès de démence froide voulait désosser l’homme en massacrant les innocents. De-puis quarante ans, tant et tant de lois incertaines nous ont été imposées contre la personne, sa dignité, la fa-mille et finalement la France, que nous ne pouvons plus taire la blessure qui coupe en deux notre cœur et donne aujourd’hui un accent plus grave à notre supplication.

« Avec la confiance d’un petit enfant nous nous tournons vers vous, ô Marie et nous vous supplions de venir à notre secours. Par votre intercession, que le Seigneur nous obtienne la grâce de ne jamais baisser les bras dans notre vie personnelle comme dans la vie de notre pays. Marie, comme toute Mère, venez au secours de vos enfants.

Secourez ceux qui tardent à suivre la voie du salut.

Raffermissez les chancelants,

convertissez les endurcis,

secourez ceux que menace en leur corps un mal douloureux : aux malades, aux affamés, aux angoissés apportez votre aide bénie de Dieu.

Secourez vos enfants dans leur ultime combat.

Rendez certaine leur victoire, certaine leur récompense céleste.

Jésus, à Vous la Gloire, Vous, né de la Vierge Marie. Gloire au Père et au Saint Esprit. Pour les siècles des siècles. Amen. » R.M.

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Lettre d’Italie

par le Père Marc Flichy

Comme vous le savez, le Saint-Père est venu fêter ici le cinquantenaire de la venue de Jean XXIII en 1962. Dans un même mouvement il ouvrait l’année de la Foi et il invoquait le secours de Marie sur les pères du synode consacré à la nouvelle évangélisation. Dans le feu roulant des manifestations locales, cet événement a pris sa place, de façon toute naturelle. Il faut dire qu’à Lorette, le Pape est vraiment chez lui.

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Ces grands rassemblements font désormais partis de la pastorale de l’Eglise Universelle. Ils sont une manifestation de ce que l’Eglise entend être, en vérité; c’est pourquoi elle a le devoir de les réussir. Et ce fut le cas à Lorette.

A l’extérieur, les Italiens ont la réputation d’être exubérants et indisciplinés. Ce n’est pas du tout ce que je perçois à Lorette. En l’occurrence j’ai admiré le savoir faire des équipes vaticanes et leur paisible concertation avec les instances locales. La logistique capucine s’est, elle aussi, harmonieusement inscrite dans les balises romaines.

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Ailleurs, dans certains cas du moins, la recherche de la perfection s’accompagne de préparatifs, de clauses disciplinaires, de consignes rigoureuses qui risquent de compromettre le climat et l’esprit de famille. Mais chez nos frères des Marches, l’organisation ne tue pas la spontanéité. Une fois encore, le cœur prévaut sur la raison, l’humilité sur la recherche de l’effet.

La veille au soir, le centre de la ville est investi par la troupe romaine des policiers et techniciens de tout poil. Un effort tout particulier est fait par les ingénieurs de l’image et du son. Tribune géante, écrans gigantesques, batterie de baffes énormes etc.

Dans la plus grande artère, la via Brancondi, une énorme bannière aux couleurs françaises se fait remarquer plus que toutes les autres. Mais notre balcon arbore aussi le drapeau italien et le drapeau pontifical!

Le gros de la foule, munie de cartes spéciales, arrive vers 8h30. Sous la tente dressée devant les porches extérieurs du sanctuaire, on a installé un autel en argent repoussé déniché dans les caves de la basilique. Il est éclairé par sept cierges raides, hauts et discrets. Sur les marches du chœur s’étalent des parterres de fleurs blanches et jaunes que certains assistants cueilleront en fin de célébration. Trois cérémoniaires de la chapelle papale font répéter les mouvements une, deux ou trois fois. Nous sommes une cinquantaine de prêtres dé-signés pour la communion; nous exécutons deux fois la manœuvre préparatoire. Le système de la répétition précédant la célébration évite les pesantes concertations à distance !

Sur la tribune on remarque un double parterre d’évêques en mosette et surplis. Parmi ceux-ci, le cardinal Comastri, ancien évêque très aimé de notre ville, désormais « curé » de Saint-Pierre du Vatican. La messe est concélébrée par quatre prélats seulement : le cardinal Bertone salésien et secrétaire d’Etat, notre évêque, le croate Nikola Eterovic secrétaire du Synode et le cardinal Salvatore Fisichella présidant le conseil pour la Nouvelle Evangélisation.

Vers 10h les cloches sonnent: l’hélicoptère est arrivé au centre pastoral Jean-Paul II de Montorso. Bientôt, la Vierge noire de Lorette portée par une vingtaine d’officiers de l’Armée de l’Air pénètre sur la place de la Madone, acclamée avec émotion.

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Je suis associé au groupe des capucins et des prêtres autorisés à entrer dans une basilique méconnaissable, pimpante dans les moindres détails. Chaque chapelle particulière est illuminée par des flots de lumière. Nous formons une ligne qui longe l’allée centrale. Nous défilons devant le pape. Chaque prêtre est présenté par Mgr Tonucci, très à l’aise dans ce rôle. Je baise donc l’anneau du Saint Père en lui murmurant une parole bien timide sur «l’avenir de Lorette», mais je n’ai pas l’esprit d’à propos et tout va si vite. C’est un peu bête! Bientôt Benoît XVI monte sur un petit escabeau roulant. Il se dirige vers la Santa Casa puis vers la sacristie. Nous le retrouverons dehors, vingt minutes plus tard.

La messe est celle de Notre-Dame de Lorette, non celle de St François. Le Pape fait au trône, assis, une homélie très intérieure sans la moindre allusion au futur développement de Lorette. La célébration se déroule selon un rite classique, austère, presque traditionaliste. Les trois silences exigés par la Liturgie sont respectés au moment du rite pénitentiel, après l’homélie, après la communion. La prière eucharistique choisie est le Canon romain en langue latine. Les laïcs admis à communier de la main du Pape se présentent les deux genoux en terre et reçoivent le corps du Christ sur la langue.

Le charisme de Pierre et celui de la Liturgie romaine apparaissent dans leur sobre grandeur. Les larmes coulent devant cette démonstration du mystère de la Rédemption actualisé dans l’Eglise catholique. Quelle apologétique en actes !

L’essentiel de la foule est contenu dans le mélodieux espace dessiné par le fronton de la Basilique, le Palais Apostolique et le Palais Il-lyrique. Comme toujours à Lorette, les choses restent à taille humaine. Tout est beau, petit, simple et bon enfant. Le naturel, la tendresse et le sentiment sont au rendez-vous.

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A la fin, le Papamobile vide passe devant moi. C’est une perfection germanique, une grosse Mercedes-Benz qui marche lentement et silencieusement comme les corbillards de jadis. Il est immatriculé SCV1. Mais bientôt, près de la librairie de la Congrégation, apparaît le Souverain Pontife qui monte dans la voiture blanche… Vers 15h40 j’entends les pales d’un hélicoptère. C’est le signe du départ vers la Ville éternelle…

Père Marc Flichy, Aumônerie France/Italie, Via Brancondi 77 60025 Loreto AN Tel. 0039 (0)71 977 117

Voyage en Europe Centrale du 28 juin au 10 juillet 2013

Nous sommes déjà 38 inscrits, il reste encore 7-10 places. Invitez vos amis, parlez-en autour de vous.

Ce qu’il faut savoir : Les 4/5èmes du territoire slovaque (nord et centre) sont constitués de montagnes. La Slovaquie englobe l’ensemble occidental de la chaîne des Carpates divisée en chaînes plus petites : les Petites Carpates et les Carpates Blanches à l’ouest du pays, les Hautes Beskides et les Hautes Tatras au nord, les Basses Tatras au sud. Les monts Métallifères en constituent le piémont. La bordure méridionale est une plaine prolongeant la plaine hongroise à l’est et annonçant la plaine du Danube à l’ouest. La chaîne la plus élevée, les Hautes Tatras, ne présente que 26 km dans sa longueur mais rassemble une dizaine de sommets de plus de 2600 mètres. Le mont Gerlachovska y culmine à 2655 mètres. Des cours d’eau qui arrosent la Slovaquie, le Danube, second fleuve d’Europe, qui forme une part de la frontière avec la Hongrie, et la Morava, qui délimite une partie de la frontière avec la République tchèque, sont les plus notables. La Slovaquie bénéficie d’un climat continental, caractérisé par des hivers longs souvent rigoureux, et des précipitations importantes durant les mois d’été.

Histoire : A partir du 3ème siècle des Slaves s’installent sur son territoire, du 10ème siècle et jusqu’en 1918, la Slovaquie fait partie du Royaume de Hongrie et pendant l’occupation Ottomane de 150 ans de celui-ci (1526-1683), les rois Hongrois sont couronnés à Bratislava. A la fin de la Première Guerre mondiale, la Slovaquie forme avec les pays tchèques la Bohême et la Moravie (et jusqu’en 1938 la Ruthénie) de novembre 1918 au 31 décembre 1992 la Tchécoslovaquie. Cette union politique, prônée à Versailles, accordée par le traité de Saint-Germain-en-Laye, démantelée par l’Allemagne nazie et reconstituée en 1945 est partiellement artificielle : la Tchéquie, ancienne possession autrichienne, était un pays plus développé et industrialisé et sa population largement athée (en Bohème) tandis que la Slovaquie, ancienne possession hongroise, était plus rurale et profondément catholique, bien que les deux langues

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armes de Spisska Sobota

soient très similaires. Plus d’un million de Hongrois sont alors soumis à la souveraineté Tchécoslovaque. Elle recouvre brièvement son indépendance entre 1939 et 1945, mais est largement inféodée au Troisième Reich. Le 1er janvier 1993, la Slovaquie redevient un Etat pleinement indépendant. Elle intègre l’OTAN et l’Union européenne en 2004.

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Sts Cyrille et Méthode

Tous les pays Slaves fêteront cette année le 5 juillet les 1150 années de l’arrivée des apôtres Slaves en Moravie. Nés en 815 et 827 à Thessalonique, centre important de vie commerciale et politique dans l’Empire byzantin au 9ème siècle, Thessalonique jouait un rôle remarquable dans la vie intellectuelle et sociale de cette région des Balkans. Située aux confins des territoires slaves, elle s’appelait Solun pour les populations Slaves. Cyrille fit de brillantes études à Byzance, où il reçut les ordres sacrés. En raison de ses qualités exceptionnelles et de ses connaissances profanes et religieuses, il se vit confier, encore jeune, de délicates fonctions ecclésiastiques. Méthode, l’aîné entama d’abord une carrière de préfet d’une des provinces de la frontière où vivaient de nombreux Slaves. Vers l’année 863, le Prince Rastislav de Grande-Moravie adressa une requête à l’Empereur Michel III pour obtenir l’envoi, à ses peuples, d’un évêque et maître qui fût en mesure de leur expliquer la vraie foi dans leur langue. On choisit alors les saints Cyrille et Méthode qui acceptèrent sans hésiter et se rendirent en 863 en Grande Moravie, carrefour entre l’Orient et l’Occident. Ils y entreprirent l’évangélisation de ces peuples auxquelles ils consacrèrent l’un et l’autre, tout le reste de leur vie. Le succès de leur mission était dû au fait que Cyrille avait créé l’alphabet Cyrillique et traduit les Saintes Ecritures en langue Slavon, ce qui permit à chacune de ces nations d’adhérer à la foi chrétienne. Se rendant à Rome, ils offrirent les reliques du Pape St Clément qu’ils avaient découvert en Chersonèse, au Pape Adrien II qui les accueillit avec beaucoup de bienveillance et approuva leurs livres liturgiques. Cyrille y meurt le 14 février 869. Méthode est consacré Archevêque et continue seul leur mission en évangélisant la Pannonie, la Dalmatie et la Carinthie jusqu’à sa mort le 6 avril 885. Ils jouent d’une grande vénération dans tous les pays Slaves et le Pape Jean-Paul II les déclara Apôtres de Slaves et patrons de l’Europe en juin 1985.

Grande neuvaine à l’Enfant Jésus pour la France du 24 janvier au 1er février 2013

L’association La Route de l’Europe chrétienne, qui a bâti trois oratoires à l’Enfant Jésus : Velehrad, Meursault et Visan, a une confiance immense dans cette dévotion.

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Puisque le Gouvernement, malgré cette mobilisation impressionnante, dit ne pas vouloir retirer le projet de loi, nous vous invitons par une neuvaine exceptionnelle de prière à demander cette grâce à l’Enfant Jésus qui ne refuse rien à celui qui l’invoque avec amour. « Plus vous m’honorerez, plus je vous favoriserai ». Elle commencera le 24 janvier et se terminera le 1er février en vue de la fête de la Présentation du petit Jésus au temple.

O Enfant Jésus, nous avons recours à vous. Nous vous en prions, par votre Sainte Mère, assistez-nous pour que soit retiré définitivement ce projet de loi et sauvé la famille, car nous croyons fermement que votre divinité peut nous secourir. Nous espérons avec confiance obtenir votre sainte grâce. Nous vous aimons de tout notre coeur et de toutes les forces de notre âme. Nous nous repentons sincèrement de nos péchés et nous vous supplions, ô petit Jésus de nous donner la force d’en triompher. Nous prenons la résolution de tout faire pour ne plus vous offenser, et nous venons nous offrir à vous dans la disposition de tout souffrir plutôt que de vous déplaire. Désormais, nous voulons vous servir avec fidélité. Pour l’amour de vous, ô Divin Enfant, nous aimerons notre prochain comme nous-mêmes. Enfant plein de puissance, ô Jésus, nous vous en conjurons, assistez-nous dans cette nécessité, faîtes-nous la grâce de vous posséder éternellement avec Marie et saint Joseph dans le ciel, et de vous adorer avec les Saint Anges. Ainsi soit-il.

Réciter cette prière tous les jours, et pour ceux qui ont le temps une dizaine de chapelet, et communier au moins une fois pendant la neuvaine, si possible le 2 février. Au moins un jour de jeûne est recommandé.

LITURGIES MILITAIRES

Le dimanche 23 septembre vers dix heures du matin, se rendant aux Invalides pour y voir, dans la cour d’honneur, une exposition consacrée aux caricatures du général de Gaulle, JP aperçut, dans les douves qui entourent l’entrée principale, une autre exposition : des photos prises pendant la guerre d’Algérie, très bien agrandies, plastifiées, protégées, bien visibles, toutes à la gloire des harkis. Le contraste était grand, et la suite des caricatures faisait réviser aux visiteurs une période de notre histoire peu glorieuse, quoique appelée “les trente glorieuses”. S’ensuivit à 11 heures une “messe de fondation de l’Hôtel des Invalides” assez solennelle, avec des généraux en uniforme, pas mal de clergé, l’évêque aux armées, et une chorale qui a chanté le kyrie de la “Petite messe solennelle” de Rossini, un motet de Mendelssohn, et le cantique de Racine, de Fauré. Long défilé des fauteuils roulants de tous les invalides qui doivent accepter leur invalidité et en faire s’il se peut, de la sainteté. Un papier signalait pour le samedi 29/09/12 (fête de St Michel et de ses collègues archanges) à 10 h, une messe des parachutistes. Par curiosité, JP y est allée ! Oh ! là, là, c’était bien autre chose que le dimanche précédent. Eglise bondée, pas un siège libre. Grand défilé de drapeaux, multitude de poitrines hyper décorées, appartenant à des messieurs d’âge mûr. Évidemment, les jeunes parachutistes en exercice n’étaient pas à Paris en septembre, ils étaient à Kaboul! Excellent sermon sur la vie qui doit être un combat pour le vrai, le beau et le bien, donc contre le faux, le moche et le mal, sans cesser d’aimer ses ennemis… Le célébrant a commencé par faire l’appel des morts et la liste était longue. Elle se terminait par ceux qui ont été assassinés soit par Merah, soit par leurs propres stagiaires d’Afghanistan. Après la messe, sonnerie aux morts, dépôt de gerbe, prise d’armes. Un grand spectacle, vraiment émouvant, un endroit bien propre à prier pour la France et pour ce qui nous reste d’armée.

Assoc. La Route de l’Europe chrétienne 64 rue de la Frâche
84740 Velleron Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr

Bulletin N° 18

Donnez-moi, Seigneur
le vrai sens des mots,
la lumière de l’intelligence
et la foi en la vérité, afin
que ce que je crois, je
sache le dire aux hommes. St Hilaire

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La Route de l’Europe chrétienne. Association loi 1901 N° 084.3.00 4972 Re-évangéliser l’Europe.

Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire. Association loi 1901 N° W843001843 Restaurer l’église St Hilaire de Beaumes de Venise

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8 septembre 2012

EDITORIAL Je le ferai volontiers, Seigneur

Chers amis,

Au moment où le bulletin N° 18 vous parviendra, les vendanges auront commencées. Pour nous aussi, il est temps de ramasser les fruits de l’été : ce sont ceux de votre travail qui n’a pas fléchi malgré la canicule.

Avec St Joseph à Velez Rubio en Espagne, St Damien de Veuster à Banneux en Belgique et Ste Jeanne d’Arc à l’Ile Bouchard vous constaterez que les oratoires ont fleuri aux quatre coins de l’Europe et que le chemin de la Visitation de Marie tracé par la Route de l’Europe chrétienne atteint maintenant un nombre de plus en plus grand de ses enfants : 27 oratoires dont 12 pays de la CEE.

« Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire », dernière création de l’association pour restaurer une église du 6ème siècle en ruines à Beaumes de Venise (84190) est certainement l’engagement le plus audacieux que des chrétiens puissent faire en cette année 2012, marquée par la récession, le chômage et la perspective de guerre au proche Orient. Forts de notre confiance en la Providence, comme saint François d’Assise à San Damiano, chacun de nous est invité à retrousser ses manches et à répondre au Seigneur qui leur demande de restaurer son église : « Je le ferai volontiers, Seigneur. »

Vous verrez sur les photos du dossier le beau travail accompli par le chapitre St Pierre Chanel. Ces garçons et ces filles ont travaillé de façon admirable sous le soleil ardent du mois d’août. Ils ont redressé un mur de pierres sèches de 50 m de long, arraché plus de 40 souches et superbement aménagé la rampe d’accès à la porte sud. Par leurs prières et leurs chants, ils ont clamé à la face du vieux monde peureux leur foi en Dieu et l’enthousiasme qui fait disparaître toutes les difficultés.

Chers jeunes garçons et filles du chapitre,

Merci de tout cœur de votre générosité et pour la qualité exemplaire de votre prestation : elle a versé du baume dans le cœur de vos anciens. Que St Pierre Chanel, votre glorieux patron, vous aide à aller de plus en plus loin : « la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux. »

Robert Mestelan, Président

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« Les hommes batailleront, Dieu donnera la victoire » Jeanne d’Arc

Née en l’Epiphanie 1412, suppliciée le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc fut proclamée sainte en 1920 par le pape Benoît XV et elle est fêtée comme « sainte de la Patrie » le deuxième dimanche de mai à la suite d’une loi d’Etat du 10 juillet 1920, promulguée sous la présidence de Paul Deschanel.

Dialogue entre Jeanne et Charles VII, extrait d’un document du 15ème s. déposé à la bibliothèque Vaticane, le « Breviarum historiale » :

– Gentil roi, il me plairait, avant de descendre dans le cercueil, d’avoir votre palais et votre couronne.

– O Jeanne, mon palais et ma couronne sont à toi.

– Notaire, écrivez : Le 21 juin à 4 heures du soir, l’an de Jésus-Christ 1429, le roi Charles donne son royaume à Jeanne. Ecrivez encore : Jeanne donne à son tour la France à Jésus-Christ. Nos seigneurs, à présent c’est Jésus-Christ qui parle : « Moi, Seigneur éternel, je donne la France au roi Charles. »

Notre Seigneur, Roi des Nations, qui reçut ainsi en hommage le don de la France de la part de Jeanne d’Arc, comme Il l’avait reçu mille ans auparavant de saint Rémi et de sainte Clotilde qui, sous l’inspiration divine, en avait fait la « Fille aînée de l’Eglise » par le baptême de Clovis, peut-il se désintéresser de cette terre aimée qui lui appartient ? Pas davantage que la Très Sainte Vierge Marie ne peut abandonner une nation qui lui fut consacrée par vœu solennel le 15 août 1638, faisant de la Mère de Dieu la Reine de la France.

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Si des temps troublés viennent à se profiler, si des nuages s’amoncellent à l’horizon, ne craignons pas d’invoquer dans les périls la toute puissante protection du Sacré Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie. Sans oublier l’archange Saint Michel, chef des milices célestes et défenseur spécial de la France qui fut chargé de transmettre à Jeanne les ordres divins.

Pensons aussi à demander l’intercession des saints fondateurs et protecteurs qui poursuivent au ciel leur mission d’ici-bas. En remontant loin dans notre histoire, nous rencontrons sainte Marie Madeleine, apôtre des apôtres qui, selon la tradition, choisit de terminer sa vie en Provence, et aussi Lazare son frère, l’ami intime de Jésus, ressuscité par Lui, qui évangélise la Narbonnaise et fut évêque d’Aix. Nous admirons ensuite saint Martin de Tours, officier romain, évangélisateur des Gaules et fondateur du territoire en paroisses.

Invoquons, à quelque temps de là, la vierge Geneviève qui sauva Lutèce en arrêtant Attila et ses hordes en 451 par la puissance de sa prière.

Plus près de nous, nous avons recours à saint Louis qui fut en son temps le modèle et l’arbitre des princes d’Europe et le chef magnifique de deux croisades, honoré de ses ennemis. Enfin, après tant d’autres saints et martyrs, voici Jeanne d’Arc, jeune fille illettrée et pure, envoyée par Dieu pour délivrer la France; elle fut général en chef à 17 ans et, telle que David, remporta les victoires les plus inattendues. Elle fit sacrer le dauphin à Reims, faisant ainsi de lui, par l’onction du Saint Chrême dont seuls les rois d’Israël eurent dans l’histoire le privilège, l’égal d’un évêque, un thaumaturge compatissant (« le roi te touche, Dieu te guérit »), le défenseur de la foi et le lieutenant du Christ en son royaume.

Notre secours viendra du ciel, à condition d’agir aussi nous-mêmes : Jeanne disait : « Les hommes batailleront, Dieu donnera la victoire. » La Communion des saints n’est pas une notion abstraite et dépassée : nous affirmons tous les dimanche notre foi en ce puissant mystère par la proclamation du Credo. L’Eglise triomphante à l’aide de l’Eglise souffrante, la voilà l’armée de secours tant attendue par les tacticiens lorsque se joue le sort de la bataille. C’est le grand pape Pie XII qui l’assure : « S’il peut sembler un moment que triomphent l’iniquité, le mensonge, la corruption, il vous suffira de lever les yeux au ciel pour imaginer les légions de Jeanne d’Arc qui reviennent, bannières déployées, pour sauver la Patrie et sauver la Foi.» par Louis Chevalier

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Aux participants des voyages de l’association La Route de l’Europe chrétienne :

Notre ami et membre Jean-Claude Constantin a réalisé de superbes tableaux à l’huile de lieux que nous avons visité ensemble :

Prague: Venant du château 61×46 cm

Le carré vert, 55×38 cm

Roumanie : Monastère Varatec, 55 x 38 cm

Italie : Rue de Loreto, 55 x 46 cm

Espagne : Remparts de l’Alhambra Grenade, 33×22 cm

Andalousie : Velez Rubio, 65×50 cm

Contact: 06 78 31 41 25

La chapelle St Hilaire, Beaumes de Venise
défi des chrétiens du 3ème millénaire

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Datant du VIème siècle, cet important édifice, plus proche d’une église que d’une chapelle, est un des premiers témoins de la Provence chrétienne. Depuis 2012, une équipe déterminée de chrétiens s’est dressée pour la restaurer et lui rendre sa vocation d’église.

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Situation : La chapelle St Hilaire se trouve sur la colline dominant Beaumes de Venise, au centre de l’oppidum des Courens. A l’est, elle domine Beaumes de Venise, à l’ouest elle se trouve juste au-dessus de la chapelle Notre Dame d’Aubune (XIIème s.). La colline s’étend sur trois kilomètres, depuis les ruines du château de Durban. L’altitude de la chapelle est de 287m, tandis que le village de Beaumes se trouve à la côte 97m. On accède facile-ment à la chapelle par un sentier de randonnée qui traverse les vignes de M. Leydier, propriétaire de la cave Durban (dix minutes).

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1.Histoire de la chapelle
Aubune fut pendant de longues années un centre chrétien. C’est à cette époque que remonte le couvercle d’un tombeau portant en relief une grande croix de forme singulière. Aussi, l’Abbé Allègre, auteur de la monographie sur Beaumes, n’hésite pas à fixer au VIème siècle la
construction de l’église sur les ruines d’un temple païen. Elle fonctionna donc comme église de paroisse jusqu’au VIIIème siècle où elle fut dévastée et incendiée par les Sarrazins. Restaurée au XIIème par quelques moines qui vivaient sous la protection des Seigneurs de Durban, elle fut ensuite complètement abandonnée. Au début du XXème siècle, la parcelle 792 fut acquise par la famille Alliaud. En 2011, cette famille en fait donation au diocèse d’Avignon de même que la famille Anrès, propriétaire de la parcelle 793. La totalité de la surface disponible est de 37 ares.

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2.Description de l’édifice
Cet édifice roman est bâti suivant le plan traditionnel de la croix latine. La nef très longue (15,75m) pour seulement 4,75m de large indique par cette disposition le signe d’un archaïsme certain. Elle aboutit à un transept de 4m de large pour 7,4m de long et se termine par une abside semi circulaire de 4m de diamètre. La longueur totale de l’édifice est de 25,5m. L’église est tournée vers l’orient, mais sa véritable façade se trouve au midi. Au couchant, une petite porte de service est percée au coin du mur. Trois baies cintrées en meurtrières sur la façade, une autre dans le bras gauche de la croix, une cinquième au fond et au centre de l’abside. Les murs d’un mètre d’épaisseur sont bons dans la face nord et ouest. La face sud à partir du transept et l’abside à l’est sont en mauvais état et à reprendre entièrement. A l’intérieur, la présence d’un mur de refends semble correspondre à une époque où il servait à soutenir la voûte.

3.Situation juridique
Le bâtiment est propriété privée. Il n’est pas classé monument historique ni inscrit à l’inventaire. Propriété du diocèse d’Avignon, une association loi 1901, dont les statuts ont été déposés à la Sous-préfecture de Carpentras le 12 mars 2012, a été créée. Aux termes de ceux-ci, le président de l’association est Monseigneur l’Archevêque d’Avignon. M. Robert Mestelan, vice-président, est chargé de conduire les travaux et toutes opérations afférant à la restauration de la chapelle.

4.Les acteurs de la renaissance de St Hilaire
D’abord les anciens propriétaires, M. et Mme Pierre Alliaud et M. et Mme Camille Anrès. Non seulement, ils ont donné leur bien, mais ils viennent travailler avec nous. L’association « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire », créée fin 2011, forte aujourd’hui de 140 membres donateurs pour l’achat d’une pierre ou plus, se rassemble depuis le 4 janvier 2012 chaque mercredi sur le site pour travailler (débroussaillage, arrachage des souches, réfection des murs en pierre sèche, classement des pierres). Tous les bras sont utiles et nous avons besoin de maçons. Nous travaillons de 8h à 17h avec pique-nique sur le terrain, en juillet/août de 7h à 12h. Adhérez, inscrivez-vous parmi les sauveteurs de cette chapelle qui reprend vie grâce au courage et à l’énergie de tous.

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5.Qui était St Hilaire ?
Originaire de Poitiers, devenu évêque de cette ville au milieu du 4ème siècle, saint Hilaire fut le grand défenseur de la foi orthodoxe, en s’opposant à l’hérésie arienne, alors triomphante, qui niait la divinité du Christ. Son combat lui valut un exil de quatre ans en Phrygie (Turquie), au cours duquel il écrivit un premier traité théologique (de la Trinité). De retour dans son diocèse, saint Hilaire fut le principal acteur du retour du clergé de Gaule à l’orthodoxie de leur foi. Il accueillit saint Martin dans son diocèse (Ligugé).

6.L’hérésie arienne
C’est la doctrine principale contre laquelle Hilaire s’insurgea tout en cherchant à convaincre ses adversaires de leur erreur. Le prêtre Arius qui donna son nom à l’hérésie qu’il professa, était un prêtre originaire d’Alexandrie en Egypte. Il se mit à prêcher que le Christ n’était pas Dieu. Voici le résumé des principales thèses ariennes : Dieu est un éternel et inengendré. Le Verbe a été tiré du néant, il fut un temps où il n’existait pas. Il est seulement le fils adoptif de Dieu. Les trois hypostases de la Trinité ne sont un que par l’accord des volontés. L’évêque d’Alexandrie, saint Athanase, s’éleva immédiatement contre de tels errements et l’émotion fut si forte dans tout le Proche-Orient que l’empereur Constantin, converti au christianisme depuis quelques années, convoqua le concile de Nicée en 325 pour déterminer la position doctrinale de l’Eglise. Le pape de Rome, Sylvestre, y envoya des délégués et trois cent dix-huit évêques étaient présents. Ce concile définit ce que nous appelons aujourd’hui le « symbole de Nicée » que nous récitons chaque dimanche à la messe : «

Jésus Christ, Fils unique de Dieu, Dieu né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père

(homoousios en grec). Saint Athanase d’Alexandrie y apparut comme le champion de l’orthodoxie et le prêtre Arius fut exilé ; ils se réfugia en Palestine, puis à Nicomédie où il composa un ouvrage intitulé « Thalie » ou le banquet.

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Cependant, plusieurs évêques n’acceptèrent pas la définition de Nicée, en particulier Eusèbe, évêque de Nicomédie. Et sous son influence, Constantin finit par céder aux partisans d’Arius. Il suspendit l’exil d’Arius et exila Athanase à Trèves, au fin fond de la Gaule. Il est difficile de résumer les nombreuses formules de foi qui se sont tenues, se confirment ou se détruisent au cours des nombreux conciles ou synodes qui se sont succédé depuis 330, date du rappel d’Arius, jusqu’en 360 où l’homéisme triomphe à Constantinople. Saint Hilaire n’a pas manqué de souligner aussi bien les inconstances que les variations de ce qu’on a appelé le « semi-arianisme ». Trois appellations désignent les différentes variétés de l’arianisme : Les Anoméens sont les ariens purs pour qui le Fils est dissemblable et n’a aucune ressemblance avec le Père. Les Homéousiens, du grec homoïousios, légèrement différent de homoousios pour lesquels le Fils est de substance semblable, mais non de même substance ou consubstantiel au Père : c’est du semi arianisme. Les Homéens affirment que le Verbe est semblable au Père sans préciser, ce qui sous-entend qu’il n’est pas semblable en tout, donc qu’il n’est pas semblable à Dieu. C’est la doctrine d’Ursace et de Valens qui triomphe à Constantinople en 360 et deviendra la forme définitive de l’arianisme. Cet arianisme qui sera après son élimination en Orient et en Occident vers 362, la religion des envahisseurs germains à l’exception des Francs.

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7. Le chapitre St Pierre Chanel
du 6 au 17 août, nous avons eu la grâce de recevoir l’aide extrêmement active de 30 jeunes (garçons et filles, 18 – 25 ans) qui sont venus travailler avec nous. Ne ménageant ni le temps, ni leur force, les Chaneliens ont arraché plus de 50 souches, redressé un mur en pierres sèches de 50m de long et aménagés la rampe d’accès à la porte sud avec l’aide du maçon Camille Anrès et de quelques membres. Le Chapitre Saint Pierre Chanel fut créé en 1990, à l’occasion du pèlerinage de Chartres, par un groupe de jeunes gens désireux de s’investir pour la plus grande gloire de Dieu. S’adressant aux jeunes (18-25 ans environ), le Chapitre veut répondre à un manque cruelle-ment constaté: assurer la transition d’une Foi qui nous est transmise par nos parents vers une Foi personnelle, que nous faisons nôtre. Dans un esprit joyeux et actif, il est proposé d’approfondir sa Foi (de la redécouvrir peut-être) par des conférences et des activités pratiques, dans un véritable esprit de Charité fraternelle. Le but du Chapitre est de concourir à la plus grande gloire de Dieu par deux voies: la sainteté et l’apostolat. Pour cela, il s’appuie sur trois repères, les trois blancheurs : l’Eucharistie (convier les âmes au tabernacle, autour duquel est construit la vie intérieure et la vie de chapitre), la Vierge (Aimer Marie et la faire aimer) et le Pape (Là où est Pierre, là est l’Église). Il appuie son action sur l’équilibre de quatre piliers: la Prière, la Formation, l’Action, l’Amitié. En vue de réaliser une Chrétienté (participation à la restauration de la royauté sociale du Christ). Mais par-dessus tout, ce qui définit le Chapitre, c’est l’exercice de la Charité, lien de la perfection: « c’est en donnant que l’on reçoit ; c’est en mourant qu’on ressuscite à l’Éternelle Vie » (Saint François d’Assise). L’aumônerie du chapitre est assurée par les Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu, religieux, en majorité prêtres, vivant sous la Règle de saint Augustin à l’Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse. Pierre Louis Marie Chanel est né le 12 juillet 1803 à Cuet, dans les environs de Macon. Après ses études au séminaire de Meximieux, il est ordonné prêtre en juillet 1827. En 1831, il entre chez les Maristes et enseigne au séminaire de Belley. Fin 1837, Pierre Chanel part du Havre pour onze mois de navigation à destination de Futuna, petite île de l’Océanie. Au début, les indigènes et leur roi Niuliki l’accueillent, lui et ses compagnons, et les protègent. Pierre Chanel commence sa mission d’évangélisation auprès de ce peuple où règne encore le cannibalisme. Mais les fruits de sa mission ne sont pas toujours visibles; malgré tout, il soigne les infirmes, fait tout ce qu’il peut faire pour ce peuple. Il sème le bien autour de lui, si bien qu’on l’appelle Petelo, l’homme à l’excellent coeur. Cependant, les mouvements de conversion s’accroissent peu à peu sur l’île.Voyant cela, le roi Niuliki décide de ne plus protéger le missionnaire, et de ne plus le soutenir.

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Mais, en dépit de cela, de plus en plus de Futuniens sont touchés par la grâce, et le fils du roi l’est aussi, ce qui exaspère ce dernier. C’est à ce moment-là qu’il décide d’en terminer avec le christianisme. Le 28 avril 1841, une bande d’indigènes, menée par Musu-Musu, le gendre du roi, font irruption dans la case du missionnaire et le maltraitent, pillant sa demeure. Le père Chanel, ne ripostant pas, dira: « la mort est un bien pour moi ». Puis Musu-Musu, saisissant une herminette, frappe le père qui rend son âme à Dieu. Peu après le martyr de Pierre Chanel, le christianisme s’étend très rapidement sur l’île de Futuna, et, quelques années plus tard, la quasi-totalité de la population est convertie au christianisme. Musu-Musu lui même demandera à être enterré à côté de Petelo, et la fille du roi Niuliki deviendra la première religieuse de l’île. Pierre Chanel a été béatifié par le pape Léon XIII le 16 novembre 1889, et canonisé par Pie XII le 13 juin 1954. Il a été proclamé saint patron de l’Océanie, et aujourd’hui, sur son lieu de martyr se trouve la basilique Saint Pierre Chanel qui est un haut lieu de pèlerinage. A Cuet, son lieu de naissance, a été bâti un sanctuaire tenu par la fraternité de Marie Reine Immaculée. Sa fête est le 28 avril.

Epilogue

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D’Assise à St Damien, il y a une route réservée aux piétons qui descend toute droite entre les oliviers de la colline et va rejoindre dans la plaine l’antique Flaminia qui par Foligno et Spoleto conduit à Rome. C’est ici, dans une petite chapelle où il y avait une dévotion à un vieux et lourd crucifix en bois où était peinte l’image du Christ avec en bas et sur les côtés les divers personnages du calvaire, que saint François se sentit un jour de l’année 1206 comme poussé à entrer. Et tandis qu’il priait avec ferveur, une voix sortit du crucifix qui le rendit attentif et terrifié : « François, tu vois que ma maison tombe en ruine, va donc la restaurer. » Tremblant et stupéfait, il répondit : « Je le ferai volontiers, Seigneur. »
La chapelle St Hilaire ressemble étrangement à la chapelle St Damien, elle en est même une image puissante et toute providentielle qui vient à propos pour secouer notre léthargie. Dégagée aujourd’hui des ronces et des arbustes qui l’emprisonnaient, son appel à la renaissance et à la conversion descend dans la plaine, atteint de plein fouet les paroisses du diocèse dont on aperçoit les clochers, survole Avignon, Arles et Tarascon, puis remontant la vallée du Rhône, parvient jusqu’au cœur de la France, Bourges et Paris.

Chers jeunes du chapitre St Pierre Chanel,
chers et courageux bénévoles de l’association « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire »,
notre mission ne fait que commencer. Faisons connaître à tous le grand signe d’espérance qui s’est levé sur la sainte colline. Partout où nous irons, invitons chacun à s’unir à nos efforts pour la plus grande gloire de Dieu, par la sainteté et l’apostolat.

« Donnez-moi, Seigneur
le vrai sens des mots,
la lumière de l’intelligence
et la foi en la vérité,
afin que ce que je crois,
je sache le dire aux hommes. »

(St Hilaire de Poitiers)

Agenda

tous les mercredi : travail à la chapelle St Hilaire (9h30 – 17h avec pique-nique)

dimanche 30 septembre : St Michel à Velleron avec Monseigneur J.-P. Cattenoz

Messe à 10h suivie de la procession à l’oratoire, déjeuner partagé au vieil hôpital

16h rosaire pour la France

samedi 20 octobre : Assemblées générales à Beaumes de Venise (invitations et programmes ci-après)

samedi 8 décembre : bénédiction de l’oratoire N.D. la Brune au château du Barroux

Un grand MERCI à tous nos adhérents pour votre générosité et vos prières!

Invitation à la première assemblée générale de l’association « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire »

Le samedi 20 octobre 2012 :

9h30 Messe à l’église de Beaumes de Venise par M. le Curé, Marcel Bang

10h30 assemblée générale à la salle paroissiale, Beaumes

12h30 déjeuner au restaurant (15€ inscription avec le bulletin ci-joint)

L’après-midi : visite de la chapelle St Hilaire

Voyage-pèlerinage 2013

du 29 juin au 8 juillet 2013: Aux sources de l’Europe chrétienne: Autriche, République Tchèque, Pologne, Slovaquie et Hongrie

L’été nous a permis de reconnaître le voyage aux sources de l’Europe chrétienne que l’association organise pour ses adhérents :

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Programme :

Le voyage commence à l’aérodrome de Vienne qu’il faudra rejoindre à vos frais avant 14h le 29 juin 2013 (p.e. Paris-Vienne Air France 143€, Nice-Vienne Austrian Airlines 180€). Nous étudions aussi la variante en car avec Philippe : ça rallonge un peu le voyage, on pourrait prendre des passagers à Lyon, ce serait plus facile pour les bagages. Nous réfléchissons et nous vous tiendrons au courant.

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1er jour : Départ en car pour Velehrad, prière à l’oratoire bâti en 2007, messe à la basilique, dîner et coucher à l’hôtel de Velehrad

2ème jour : Départ pour Olomouc, visite de la ville et déjeuner, puis départ pour Wadowice, prière à l’oratoire bâti en 2006, sainte messe, dîner et coucher chez les Carmes

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3ème jour : sainte messe, visite de la maison natale du bienheureux Pape Jean-Paul II et de la basilique, de la maison Edmund Wojtyla, déjeuner, chemin de croix classé par l’Unesco à Kalwaria Zebrzy-dowska, dîner et coucher chez les Carmes

4ème jour : Cracovie : le Wawel, le centre ville, déjeuner au centre mondial de la Misericorde à Lagiewniki, prière du chapelet de la Misericorde à 15h suivi de la messe, départ pour l’est de la Slovaquie, dîner et coucher à l’hôtel Atrium à Spisska Sobota

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5ème jour : visite de l’église de Spisska avec un tableau monumental de St Georges qui a lui seul vaut le voyage, puis du château de Spisska Pohradie, déjeuner, messe au sanctuaire de Levoca, dîner et coucher à l’hôtel Atrium

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6ème jour : Mouvement sur Nitra, déjeuner au séminaire, visite de la ville, dîner et coucher au séminaire

7ème jour : ce 5 juillet 2013 se fêteront les 1150 ans de l’arrivée des frères Cyrille et Méthode pour évangéliser les pays Slaves. Il y aura donc de grandes festivités auxquels nous assisterons, sainte messe au centre ville, l’après-midi visite d’un ermitage dans les environs puis bénédiction de l’oratoire que nous sommes en train de bâtir avec l’évêché de Nitra, dîner et coucher au séminaire

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8ème jour : Départ pour la Hongrie. Bénédiction de l’oratoire à St Martin, visite de l’abbaye de Pannonhalma, dîner et coucher à la Natural Pension Györ

9ème jour : Messe et déjeuner à Györ, départ pour le sanctuaire Maria Dreieichen en Autriche. Bénédiction de la superbe stèle à la Sainte Trinité que l’association contribue à restaurer et à déménager. Dîner et coucher à Znojmo (Rép. Tchèque)

10ème jour : Visite du château de Schönbrunn, déjeuner, l’après-midi la cathédrale St Etienne, puis départ pour l’aéroport et vol retour en France.

Prix séjour et transport en Europe centrale : de l’ordre de 400€. Pré-inscription avant le 20 octobre auprès de Mme Mestelan, 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 ou atelierloubarri@free.fr aussi pour toute question concernant vol, logement, déroulement.

Invitation à l’assemblée générale de l’association « La Route de l’Europe chrétienne »

Le samedi 20 octobre 2012 :

9h30 Messe à l’église de Beaumes de Venise par M. le Curé, Marcel Bang

10h30 assemblée générale à la salle paroissiale, Beaumes

12h30 déjeuner au restaurant (15€ inscription avec le bulletin ci-joint)

L’après-midi : visite de la chapelle St Hilaire

Le grand pardon de Ste Anne d’Auray le 26 juillet 2012

par Jacqueline Picoche

Quelle joie de revivre une fois encore le grand pardon de Ste Anne d’Auray ce 26 juillet 2012, par grand beau temps ! Toujours autant de monde. Les parkings qui regorgent, des milliers de personnes qui se côtoient sans se bous-culer, dans le vaste domaine, grâce à la parfaite organisation, bien rôdée, tous les bénévoles connaissant leur rôle à la perfection. Que je ne sois jamais arrivée à décider aucun de vous à m’accompagner à cette grande fête qui est un peu à la Bretagne ce qu’est la Semaine Sainte à Seville, ça me stupéfie. Que les caméras de la télé en soient toujours rigoureusement absentes, alors que les grands médias ne perdent pas une occasion de nous parler du ramadan et de fêter l’inauguration des « mosquées cathédrales », ça ne me stupéfie pas, mais ça me rend furieuse, car enfin, si nos grands rassemblements religieux étaient un peu médiatisés, ça donnerait à réfléchir aux musulmans vantards qui se font forts de transformer d’ici 2050 et pourquoi pas 2030 la France en République Islamique. Déchristianisée la Bretagne ? Pas tant que ça…

En tête de la procession marchent les Bretons et Bretonnes en costume traditionnel, portant de magnifiques bannières et chantant en breton et en français, plus nombreux que jamais, des vieux pour la plupart, mais aussi pas mal d’ados avec leurs grands-parents et deux jeunes ménages avec leurs enfants, tout ce monde-là portant coiffes et chapeaux ronds, tabliers et gilets brodés. Viennent ensuite la statue dorée de Ste Anne portée par des marins, une grande maquette de voilier et une maquette d’église portée par des nègres. Tiens donc, qu’est-ce que ça fait là? Viennent ensuite les chevaliers de l’ordre de Malte, dans leur grand manteau, des infirmes en fauteuils roulants poussés par des bénévoles, une longue suite de clercs en aube, des séminaristes et pour finir quelques évêques et pères abbés des abbayes bretonnes (mais pas les mères abbesses des abbayes féminines, restées dans leurs cloîtres !) portant mitres et crosses. Quels spectacle, quand tous ces gens là, avec leurs bannières, sont rangés sur les deux escaliers en fer à cheval qui montent jusqu’en haut du Mémorial où est célébrée la messe… par qui? je vous le donne en mille! par l’archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou! Parce que, figurez-vous, St Anne est présente aussi à Brazzaville. Ca demande tout de même un minimum d’explications et si on le voulait, ça pourrait être grandement médiatisé.

La cathédrale Ste Anne de Brazzaville fut construite entre 1943 et 1951. Pourquoi la dédier à Ste Anne ? Parce que l’entreprise avait été conçue par des missionnaires bretons, dont plus d’une centaine étaient originaires du diocèse de Vannes, comme nous l’a rappelé Mgr Centène. C’était leur sainte préférée, voilà tout. Ce fut en plein air une belle, grande et bonne cérémonie au cours de laquelle j’ai prié pour tous les grands-parents de ma connaissance et pour leurs petits-enfants, et puis aussi pour les jeunes familles, et pour ceux qui attaquent tellement la famille normale… Ste Anne et son époux St Joachim devraient, si on les en priait bien, pouvoir améliorer la situation. Parents de la Sainte Vierge, ils étaient la grand-mère et le grand-père du petit Jésus. Être grands-parents de la deuxième personne de la Sainte Trinité, ce n’est pas rien tout de même, ce n’est pas donné à tout le monde. Jacqueline Picoche

Association «La Route de l’Europe chrétienne» 64 rue de la Frâche 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr

Association « Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire » 64 rue de la Frâche 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 contact@chapellesainthilaire.fr www.chapellesainthilaire.fr