Nice-Turin à pied pour adorer le Saint Suaire

Déjà invitée en 2010 par les Pénitents rouges de Nice, la « Route de l’Europe chrétienne » a été heureuse de participer avec quatre de ses membres à cette héroïque caminada.
L’itinéraire préparé avec soin par les Amis de St Jacques (président Jean-Paul Pétin, Georges Stefanini et Richard Pollice pour la France, Claudio Dutto et Pier Giorgio pour l’Italie) nous a permis de découvrir la célèbre route du sel qui partant d’Italie, franchit les Alpes au col de la Fenestre et descend sur Nice par St Martin de Vésubie, Lantosque et Levens.

Ce beau chemin d’environ 220 km traverse le parc du Mercantour, franchit le col de la Fenestre (2474m) la porte de l’Italie et descend jusqu’à Cuneo et Turin, but final de notre pèlerinage.

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Nous étions treize, ce chiffre ne nous a pas contrarié et tout le monde est arrivé à Turin pour contempler le saint Linceul du Christ, après onze jours de pérégrination. Ce ne furent pas tant le nombre de kilomètres qui furent pénibles, mais plutôt les sévères dénivelées et un soleil trop généreux qui a brûlé nos mollets et desséché les gorges. Heureusement, à l’arrivée et aux étapes, le délicieux « Dolcetto d’Alba » parvenait à étancher notre soif.

Cette année, une gravité particulière accompagne notre départ, car notre pèlerinage prend ainsi toute sa signification de supplication et de pénitence à l’aube du grand cataclysme prévisible. Bien que niée par les politiques, la troisième guerre mondiale a éclaté et la population, abreuvée de mensonges par les médias, a renié Dieu. Le pape François viendra le 20 juin à Turin. Reconnaîtra-t-il enfin le Linceul comme la preuve éclatante des souffrances et de la Résurrection du Christ ? Le monde a tellement besoin de cette affirmation…

Comme pour tous les pèlerinages, nous partons sous la protection de st Michel Archange, car « c’est à travers la figure de l’archange st Michel que se décide notre attitude face à Dieu. Il nous enseigne à ne rien mettre à la place de Dieu, mais à Le laisser seul Dieu. Michel combat toute absolutisation des puissances terrestres, l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. Je ne pense vivre vraiment en homme libre, que si je réserve à Dieu la première place ! »
(Anselm Grün, moine de l’abbaye Münsterschwarzach en Allemagne)

10 juin – Levens. 1er barreau de l’échelle
Conduits par Benoît à la chapelle des Pénitents rouges, nous recevons la bénédiction des mains de M. le Chanoine Marchadier, puis nous implorons la protection de st Michel en chantant son hymne devant une splendide statue.

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Traversée du vieux Nice encore endormi. Après un dernier café, nous quittons l’horizon plat de Nice et de la place Garibaldi pour attaquer la première rampe de la colline qui tombe sur le Paillon. Dure montée, l’escalier du ciel est vraiment dur à prendre. Au bout de 30 minutes, le souffle court avec de terribles montées gastriques qui serrent les poumons, j’avance avec difficulté. Claudio, notre merveilleux guide italien, vole à mon secours en s’emparant de mon sac et j’arrive enfin à me hisser au sommet de la colline.

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Nous atteignons la commune de Tourettes-Levens où son Maire, le Dr Frère, nous reçoit. Quelle belle salle, décorée de tableaux de maître. A l’entrée, une inscription qui donne l’esprit de cette commune exceptionnelle et de son Maire : « … et surtout, n’oubliez pas de toujours vous aimer. »

Le Dr Frère est catholique, il ne fait pas mystère de sa foi en Dieu qui a sans cesse animé sa vie et soutenu son action dans la commune qu’il dirige avec brio depuis 35 ans. Apéritif et repas offert, très joyeux, puis visite de l’église restaurée avec goût. L’adjoint au Maire nous fait admirer la Croix de 6m qui couronne la colline, qu’il a faite de ses mains, ainsi que celle du cimetière. Mais il nous faut déjà repartir, car nous logeons dans la salle des sports de Levens qui est à plus de 10 km. Messe à la chapelle des Pénitents noirs dite par le père Marek et dîner au restaurant «La voûte» viennent terminer cette première journée.

11 juin – Lantosque
Il est 7 heures lorsque nous quittons la ville et atteignons bientôt Duranus où M. le Maire nous attend pour nous ouvrir la porte de son église parfaitement restaurée. Il faut dire qu’elle est dédiée à st Michel et que deux admirables statues s’offrent à nos regards. Tous les ans, une procession conduit les fidèles à une chapelle située à huit kilomètres dans la montagne ! Nous longeons la Vésubie, impétueux torrent aux eaux claires et château d’eau de la ville de Nice. Nous parvenons ainsi au saut des Français où dans l’année 1791 les Barbets précipitèrent au fond du ravin les révolutionnaires français qui voulaient exporter leurs haines et leurs mensonges.

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A midi, nous sommes à la chapelle st Honorat où les pains bagnat apportés par Claire nous servent de déjeuner. Ensuite, seuls les plus hardis continuent à pitonner, les autres suivent la route pour atteindre Lantosque où M. Jean Thaon, Maire, nous a réservé la salle de sport avec de précieux tatamis qui seront pour nous couches de roi.

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Comme une acropole, l’église st Pons, les maisons hautes munies de balcons de bois dessinent un damier rouge, blanc et vert, dressé sur l’azur du ciel. Ici, plusieurs hameaux sur les alpages constituent les différents quartiers de la ville. On les envie, ils sont encore à l’abri de l’agitation du monde et les hauts clochers montent comme des doigts vers le ciel pour nous indiquer la présence de Dieu.

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12 juin – St Martin de Vésubie, fête du Sacré Cœur de Jésus
Départ sous une légère pluie après un petit déjeuner offert par la Mairie. Nous admirons un pont qui a défendu en son temps la frontière, puis nous prenons la route de St Martin de Vésubie qui n’arrête pas de monter et où nous arriverons à midi. Monsieur le Maire tient à nous saluer et à nous offrir un rafraîchissement. Christian Borghese et José Giannuzi nous ont rejoint. Messe en la chapelle des Pénitents blancs avec vénération d’un magnifique gisant dissimulé sous le maître-autel. Dîner joyeux.

13 juin – N.D. de la Fenestre, fête du cœur Immaculé de Marie
Nous suivons ce matin les 10 km de route qui conduisent à la chapelle de la Madone de la Fenestre, une chapelle de montagne où l’on conduit en procession chaque année fin mai depuis St Martin la statue. Elle est ensuite ramenée dans la vallée fin septembre pour l’hiver. Très belle route à travers les pins et les mélèzes, sous un ciel radieux.

M. le Chanoine Marchadier est monté depuis Nice, il nous célèbre la sainte messe à midi et nous déjeunons tous au refuge tenu par un couple de bénévoles exemplaires. L’air est pur. La foi populaire permet à cette vallée de rester chrétienne grâce à l’engagement des laïcs.

14 juin – Le passage du col
A 6h, l’expédition courageuse des pèlerins s’élance sous la conduite de Georges et de Richard. Certes, la météo n’est pas brillante : de gros nuages gris balayent les crêtes.

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Mais la Madone veille et permet pourtant à nos amis d’atteindre le col, tenu par les chamois et les bouquetins. L’Italie est maintenant atteinte, mais il y a deux grands nevés inclinés à descendre. Seules de bonnes chaussures et les crampons permettent une marche en sécurité, aussi c’est avec prudence que les pèlerins descendent et atteignent enfin le sentier de la vallée. Tout le monde est passé. Merci, Notre Dame de Fenestre !

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Avec Claire, Carlo et Gérard, nous contournons pendant ce temps le massif. Quelle route sinueuse et étroite, elle va nous faire passer par Isola 2000 et le sanctuaire de Sant’Anna di Vinadio qui aujourd’hui est malheureusement fermé. Lorsqu’enfin nous parvenons à Entracque, nos amis sont déjà arrivés et nous racontent avec mille détails leur exploit. Nous sommes logés comme des princes dans une maison créé par Marcel Champagnat, un Français, fondateur des frères Maristes, canonisé en 1999.

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Messe à la paroisse avec la visite d’un musée fort intéressant. Coucher tôt. Demain, ce sera Cuneo.

15 juin – Cuneo
Prière devant la statue de la Ste Vierge et lecture par Claudia du premier songe de Don Bosco. Turin fête cette année le 200ème anniversaire de la naissance de ce patron incomparable de la jeunesse et nous préparons nos cœurs à le découvrir dans quelques jours au sanctuaire de Marie Auxiliatrice à Turin.

Nous suivons le cours de la Vermenangna, puis du Gesso. Pas après pas nous sortons du cirque des montagnes et nous glissons maintenant sur la plaine accompagnés par Andrea, un ami pèlerin de Claudio.

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A l’entrée de Cuneo, le sanctuaire des Anges est malheureusement fermé, alors nous récitons le chapelet de st Michel et nous rentrons dans la ville à l’ombre d’une longue allée de tilleuls. Claudio est un guide attentif et précieux, il veille sur nous avec l’attention d’une mère et l’affection d’un frère. Il me fait penser à l’archange Raphaël.

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Nous nous installons au seminario qui n’a malheureusement plus aucun séminariste et nous assistons à la messe à l’église st Ambroise où il y a une statue du Sacré Cœur de Jésus d’une beauté exceptionnelle. Celle de Marie Immaculée nous regarde avec une grande tristesse.

16 juin – Fossano
Nous avons eu hier soir après le dîner la grande joie de revoir Don Giorgio, curé de Farigliano, à environ 30 km de Cuneo. C’est à la porte de son presbytère que nous étions allé frapper lorsqu’en 1999 nous avons franchi les Alpes pour aller jusqu’à Bethléem. Depuis, nous sommes restés amis et c’est toujours à lui que nous pensons lorsque nous prions pour les prêtres … et pour les jeunes qui doivent songer à les remplacer lorsque le Seigneur les aura rappelés.

Il partage notre analyse sur la situation gravissime de l’Eglise et du monde et pense que la 3ème guerre mondiale commencée au Proche et Moyen Orient va nous atteindre sous peu. En attendant, affirmer sa foi, rester chrétien et rendre au Seigneur la royauté qui soumettra le monde à Sa Divine compassion…

Notre groupe s’est agrandi de 5 Italiens qui se joignent à nous pour la journée. Nous partons à 7h. La place Garibaldi occupée ce matin par les tables et les tentes du marché est toute bruissante d’appels et de cris. Au loin, la chaîne des Alpes étincelle dans un dernier salut à notre cohorte qui ce matin court en direction du nord-est longeant toute la journée la Stura di Demonte sur de beaux sentiers.

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Belle étape de 32 km sous un soleil de plomb avec un rafraîchissement inattendu à l’arrivée: une pluie d’orage.

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A Fossano, nous sommes accueillis par les Capucins dans un havre de piété, de paix, de confort et de joie. On ne les remerciera jamais assez pour la qualité de leur accueil et leur bonté.

17 juin – Racconigi
L’approche de Turin se fera aujourd’hui par Racconigi en passant par Savigliano. Nous longeons la Maira avec des fermes et des domaines agricoles où l’on cultive du blé, des plantes médicinales et du maïs, on trouve aussi de vastes pépinières de peupliers pour la production du papier. Encore 30 km après un arrêt bienfaisant au bar de Cavallermaggiore sous les fraîches arcades.

18 juin – Moncalieri
Départ de Racconigi avec son imposant château à travers la plaine du Pô. Nous serons ce soir aux portes de Turin.

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La plaine se déploie majestueuse devant nous avec de grosses fermes où beaucoup de cigognes nichent sur les toits et les cheminées.

Aujourd’hui c’est la plus longue étape avec 37 km sous une grande chaleur. Heureusement, à Moncalieri, l’hôtel Parisi où nous logeons, est très confortable pour prendre une douche, refaire nos forces et dormir… La messe à la paroisse Marie Reine du Monde devant une nombreuse assistance, nous redonne des forces et nous réjouit.

19 juin – Turin
Nous rentrons dans la ville en suivant le Pô. Le chemin traverse un superbe parc ombragé où les Turinois viennent courir et faire du vélo. Il y a des écureuils qui mangent dans la main, des geais pas farouches du tout. A l’arrivée en ville, sur la rive gauche, l’église des Capucins nous accueille et nous apercevons au loin le dome de Superga où nous logerons ce soir.

Voici les longues rues de la ville et l’immense place où dimanche, notre Pape François dira la sainte messe. Le clocher de la cathédrale jaillit au dessus des toits, il nous indique l’emplacement du Saint Suaire que nous allons immédiatement vénérer. L’accès au site est très contrôlé avec des barrages de police et des volontaires qui vous examinent avec soin comme si nous prenions l’avion. Le bel opinel qui m’accompagnait disparaît donc et je suis heureux de l’offrir au policier qui me le confisque. Au bout du chemin et après ces dix jours de dure marche, la contemplation de cet émouvant témoin de la Passion du Christ, le Linceul, revêt une importance capitale. Les résultats de la datation de 1988 au carbone 14 ont frauduleusement tenté de réduire à néant cette évidence. Depuis, les scientifiques ont été unanimes et leurs conclusions garantissent l’authenticité de l’adorable Linceul.

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Avant de pénétrer dans la cathédrale, la projection d’un petit film nous prépare à l’observation des saintes traces de sang. Il nous permet de voir le visage, les bras et tout le corps du Christ, de face et de dos. Par groupes de 20 personnes, nous sommes ensuite invités à nous placer devant le Linceul. La cathédrale est obscure pour faciliter l’observation et chacun peut voir ces divines blessures. « Je crois en Jésus Christ qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, …est ressuscité des morts ! » On a honte de devoir rester debout et de ne pouvoir se mettre à genoux pour manifester notre foi, notre adoration, notre amour.

Nous quittons, bouleversés, la cathédrale : le pèlerinage 2015 pour nous est terminé. Nous gagnons en voiture Superga qui se dresse sur la colline. Résidence de la famille royale de Savoie, et quelques années après de Jérôme, roi d’Italie. Des chambres majestueuses aux murs couverts de tableaux nous permettent de nous remettre de toutes ces émotions…

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20 juin – samedi
Nous prenons congé de nos compagnons de route après le petit déjeuner en les remerciant de cette belle marche vécue dans la fraternité et la joie. Plus particulièrement Claudio, Georges et Richard, Jean-Paul et Claire avec la précieuse voiture balai. Comme elle nous en a souvent gratifié, Marjorie nous chante un dernier Ave Maria. Aucun chant ne peut mieux exprimer notre gratitude et la certitude que tous ces bons moments ne disparaîtront jamais, puisqu’ils sont désormais inscrits dans le cœur Immaculé de Marie. Arrivederci et que le Seigneur vous bénisse tous pour toutes vos attentions, votre générosité et votre patience.

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Mais nous ne voulons pas quitter Turin sans aller remercier celle qui a veillé sur nous, Notre Dame, Marie Auxiliatrice. Lorsque nous parvenons au Valdocco, la cour est submergée par une foule de jeunes, sac au dos, qui viennent vénérer le saint qui les a si bien compris et aimé. Il leur a enseigné qu’avant tout, ils étaient enfants de Dieu et que la seule chose importante était de se préparer à aller au ciel.

Puissions-nous, nous aussi, à l’issue de notre pèlerinage sur terre, nous écrier à notre tour : « Bosco, Bosco, je suis sauvé* ! »

* En l’année 1839, Don Bosco et son ami Louis Comollo, durant leur séminaire, s’étaient promis de prévenir par un signe celui qui resterait sur terre, lorsqu’il serait parvenu au ciel. C’est ce qui arriva au printemps 1839 après la mort de Louis Comollo. Un soir au dortoir après un bruit violent de roulement et de chaînes, Don Bosco entendit très clairement la voix de son ami, lui annonçant la bonne nouvelle de son salut. N’est-ce pas ce qui doit être le seul but de notre vie terrestre et notre seule espérance ?

Pèlerinage à pied Prague – Aix-la-Chapelle à l’occasion de l’ostension des reliques offertes à Charlemagne en 800

Aachener Heiligtumsfahrt Pèlerinage à Aix la Chapelle
20. – 29. Juni 2014 20 – 29 Juin 2014

Seit über 660 Jahren kommen Menschen als Pilger nach Aachen zur „Heiligtumsfahrt“. Ihr Ziel ist die Verehrung von vier Reliquien, die seit der Zeit Karls des Großen als Schatz im Aachener Dom aufbewahrt werden. Der Geschichte nach erhielt Karl die Reliquien um das Jahr 800 n.Chr. als Geschenk aus Jerusalem. Seit 1349 werden die Reliquien alle sieben Jahre den Gläubigen aus dem europäischen Raum und aus aller Welt gezeigt und dazu für den Zeitraum von zehn Tagen aus dem goldenen Marienschrein im Aachener Dom entnommen.

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Depuis plus de 660 ans, les hommes se pressent à Aix la Chapelle pour l’ostension de 4 reliques, gardées depuis le temps de Charlemagne comme trésor à la cathédrale d’Aix la Chapelle. D’après la tradition, Charlemagne a reçu ces reliques en cadeau autour de l’an 800 de Jérusalem. On les présente à la vénération des croyants Européens et du monde entier, depuis 1349. Une ostension a lieu tous les sept ans pendant 10 jours. On extrait les précieuses reliques du reliquaire marial de la cathédrale d’Aix la Chapelle.

In gotischer Zeit gewinnt die Aachener Marienkirche eine zusätzliche Bedeutung als Wallfahrtsziel. Große Pilgerströme – vor allem aus Osteuropa – ziehen alle sieben Jahre (seit 1349) zur großen Heiligtumsfahrt nach Aachen, denn nicht nur die Verehrung der Karlsreliquien zeichnet die Aachener Pfalzkapelle vor anderen europäischen Pilgerkirchen aus. Der reiche Schatz ihrer Reliquien, die sie seit der Zeit Karls des Großen besitzt, macht sie zum herausragenden Ziel europäischer Pilgerfahrten, ranggleich denen nach Jerusalem, Rom und Santiago de Compostela. Nach der Vollendung des Karlsschreins (1215) geht man daran, den Marienschrein (1220-1239) zu schaffen. In diesem Schrein werden seither die Großen Aachener Reliquien aufbewahrt, in denen die Tradition die Windeln und das Lendentuch Christi, das Marienkleid und das Enthauptungstuch Johannes des Täufers sieht.

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Depuis 1349, de nombreux pèlerins viennent tous les sept ans à l’occasion de l’ostension des reliques à Aix la Chapelle, car la cathedrale d’Aix la Chapelle n’est pas seulement connue pour les reliques de Charlemagne, mais comme but de pèlerinage au même titre que Jérusalem, Rome ou St Jacques de Compostelle. Après l’exécution du reliquaire de Charlemagne (1215) un reliquaire Marial fut créé (1220-1239). Depuis, les Grandes Reliques d’Aix la Chapelle y sont précieusement gardées: les langes et le pagne du Christ, la robe de la Vierge Marie et le tissu qui a enveloppé la tête de Jean le Baptiste.

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Pèlerinage franco-tchèque à pied:

A l’initiative de Monseigneur Jan Penaz, recteur du sanctuaire Marial de Krtiny près de Brno, un groupe de 15 Tchèques est parti début mai de Brno sur la Via Bohemica, arrivé vers le 17 mai à Prague et poursuit vers l’Allemagne. Il sera rejoint à Bamberg par la Route de l’Europe chrétienne le 28 mai.
Par Arnstein, Babenhausen, Mörfelden, Bingen, Löf, Maria Laach, Altenahr, Bad Münstereifel et Vicht, ils rejoignent Aix la Chapelle le 19 juin pour le début de l’ostension.

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Voici les photos au fil des étapes:

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Predigt des Aachener Bischofs Heinrich Mussinghoff zur Erhebung der Heiligtümer am 20. Juni 2014 im Dom zu Aachen

Liebe Schwestern und Brüder im gemeinsamen Glauben!
Verehrte Mitglieder des Hohen Domkapitels und vom Rat und der Verwaltung der Stadt Aachen!
Werte Gäste aus Nah und Fern!

Sieben Jahre sind vergangen. Die Heiligtumsfahrt nach Aachen beginnt. Wir haben in Gedanken die Hammerschläge gezählt, mit dem das verschlossene und versiegelte Schloss des Marienschreins geöffnet wurde. Die biblischen Heiligtümer wurden entnommen und erhoben. Gleich erfolgt die erste Zeigung und Verehrung. Der Tradition entsprechend, die seit 1349 besteht, werden sie in den kommenden Tagen der Betefahrt immer wieder den Gläubigen zur Verehrung gezeigt. Viele Pilgerinnen und Pilger werden nach Aachen kommen, aus Ungarn und den slawischen Ländern, aus den benachbarten Bistümern und Europa, aus unserem Partnerland Kolumbien und aus aller Welt. Sie alle sind uns herzlich willkommen. Wir wollen uns bemühen, gute Gastgeber zu sein und allen Pilgerinnen und Pilgern eine geistliche Ermutigung im Glauben zu ermöglichen.

„Zieh in das Land, das ich dir zeigen werde“ (Gn 12,1). So lautet Gottes Ruf an Abraham, der ihn ein Leben lang in Bewegung bringt. „Glaube in Bewegung“ ist darum das Leitwort unserer Heiligtumsfahrt. Wir wollen uns als Glaubende den Herausforderungen unserer Zeit in Kirche und Gesellschaft stellen. Wir wollen unseren Glauben an Gott feiern in froher Gemeinschaft der Pilgerinnen und Pilger.

Was sind und was bedeuten uns die Reliquien? Es sind Erinnerungsstücke. Wir kennen solche Hinterlassenschaften, die uns kostbar und heilig sind, die wir sorgsam bewahren und gern betrachten; die goldene Uhr, die der Großvater seinem Enkel schenkt, ein kostbarer Ring, der seit Generationen in der Familie weitervererbt wird, das Meisterstück eines Schreiners, eine kostbare Intarsienarbeit, die im Elternhaus einen Ehrenplatz erhält. Die „Deutsche Dienststelle“ konnte im März dieses Jahres der Tochter eines 1942 in der Ukraine gefallenen Soldaten dessen Ehering und eine Teil seiner Erkennungsmarke zuschicken. Können Sie sich die Gefühle der heute 74-jährigen, in Aachen lebenden Tochter vorstellen, die nach 72 Jahren den Ehering ihres Vaters in den Händen hält? In den Ring ist als Bekenntnis zur lebenslangen Treue eingraviert: „mors sola“ 4.7.1939.

Es gibt Dinge, die uns an Menschen erinnern, indem sie davon sprechen, was diese Person bewegte, was sie für die Zukunft tat, was sie für uns heute noch so wertvoll und kostbar macht, in ihrem Denken, Glauben und Wirken.

Pfarrer Christoph Stender schreibt in einem Gedicht: „Die Visionslosigkeit der Menschen heute, Reliquien nicht mehr nötig zu haben macht traurig, weil der Mensch vergessen hat: Verehrung deutet Leben das in der Verneigung die Gegenwart überdauert und so des Menschen Blick weitet: Reliquien für die Zukunft zu sein.“ (Chr. Stender, Schatz Ansichten, Entfesselnde Wortschätze, Hg KHG Aachen 2001, S. 53).

Reliquien: Zurückgelassen für die Zukunft, Zeichen und Hinweise auf das, was uns wichtig wird, für die Gestaltung der Zukunft, für unsere Nachfolge Christi in Kirche und Welt heute, damit Zukunft wertvoll wird.

Was sind und bedeuten uns die Reliquien, die unser Schrein birgt? Die biblischen Tuchreliquien wollen uns Erinnerungsstücke und Wegzeichen sein. Über die historische Echtheit wird man auch in hundert Jahren noch streiten können und niemand muss an einer solchen Wallfahrt teilnehmen. Und dennoch sind diese alten Zeichen sehr sinnvoll. Es sind Reliquien, die Kaiser Karl der Große aus Jerusalem, Konstantinopel oder Rom erhalten hat. Die Reichsannalen von 799 sprechen eindeutig davon, dass der Jerusalemer Patriarch dem Kaiser „Reliquien vom Ort der Auferstehung des Herrn“ geschickt hat.

Es handelt sich um das Kleid Mariens, das sie in der Heiligen Nacht getragen haben soll, um die Windeln Jesu, in die Maria das Kind wickelte und in eine Krippe legte, um das Lendentuch des Herrn, das er am Kreuz trug und um das Damasttuch, in das man das Haupt Johannes des Täufers barg.

Diese biblischen Stoffreliquien, so unansehnlich und ärmlich sie auch aussehen, waren unseren Vorfahren so kostbar, dass sie diese in kostbaren Schreinen aus Gold und geziert mit Edelsteinen und feinen Bildern bargen und darüber noch einmal die gotische Chorhalle, das „Haus aus Licht“ bauten, um uns Menschen nahe zu bringen, wie wichtig dieser „Glaubensstoff“ für die Gestaltung einer wertgebundenen Zukunft ist.

Es geht also nicht um alte Tücher, ohne die wir gut leben könnten; es geht um ihre Botschaft und ihren geistlichen Sinn. Sie erinnern uns daran, indem wir schauen, tasten und fühlen können, indem wir mit all unseren Sinnen und Emotionen auf „Tuchfühlung“ mit Jesus, Maria und Johannes gehen können, wie Bischof Klaus Hemmerle es uns so einfühlsam gesagt hat.

Diese Begegnung kann zu einer geistlichen Erfahrung werden, die uns im Glauben tief emotional berührt und unseren Glauben in Bewegung bringt zur Gestaltung unserer Zukunft, die Gott uns schenken will. Die Stoffreliquien, die wir mit unseren Sinnen wahrnehmen, wollen diaphan (durchsichtig) auf den werden, den unser Glaube sehen, unsere Hoffnung ertasten und unsere Liebe erspüren kann, auf Jesus Christus, unseren Herrn, auf Maria, die gütige Mutter Jesu und unsere Mutter, auf Johannes den Täufer und Vorläufer des Herrn. Nur wer glaubend schaut, kann die geistliche Erfahrung gläubiger Verbundenheit mit Jesus, Maria und Johannes machen, nur der kann mit allen Sinnen schöpfen aus den Quellen des Heils.

Wer glaubend schaut, dem ist die Echtheit (Authentizität) dieser geistlichen Erfahrung weit wichtiger als die historische Echtheit der Reliquien. Wir sollen diese Reliquien mit gläubigen Augen anschauen, dann wird dieser österliche Augenblick uns in pfingstliche Bewegung bringen, um den Glauben der Christusnachfolge zu leben in unserer Zeit, denn er ist „der Weg, die Wahrheit und das Leben“ (Joh 14,6). Amen.

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Vive Jésus, Vive Sa Croix!

La Route St Louis-Marie Grignion de Montfort

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Robert et Claudia Mestelan, qui n’auront jamais fini de sillonner à pied la France et l’Europe, rentrent d’un nouveau chemin de pèlerinage qu’ils viennent de créér :

La Route St Louis-Marie Grignion de Montfort

Partis le 5 avril de Rennes, ils sont arrivés à Poitiers le 25 mai après une marche à pied de 1150 km qui a duré sept semaines et qui leur a permis de connaître les lieux où St Louis-Marie à vécu et exercé son action.

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Ce qu’ils ont découvert est extraordinaire : trois cents ans après sa mort, la sainteté d’un serviteur de Dieu consacré aux pauvres, n’a pas pris une ride, elle éclipse tout, laissant un sillage indélébile comme une étoile de première grandeur.

Qui était St Louis-Marie ?

Né en 1673 à Montfort sur Meu (Bretagne) dans une famille nombreuse qui a eu 18 enfants, Louis-Marie, après ses études à Rennes et à St Sulpice, est ordonné prêtre le 5 juin 1700. Il cherche sa voie, mais il va la trouver, car animé d’un puissant esprit missionnaire et encouragé par le Pape Clément XI qui le nomme missionnaire apostolique, il va rechristianiser les provinces de l’ouest de la France (Bretagne, Pays Nantais, Vendée, Charente et Poitou). Epuisé, il meurt à 43 ans à St Laurent sur Sèvre après 16 ans seulement d’une vie apostolique au cours de laquelle il a créé trois congrégations (la compagnie de Marie ou Monfortains, les Filles de la Sagesse, les frères de St Gabriel), écrit de nombreux livres, prêche environ 200 missions et compose près de 200 cantiques.

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Soixante-dix ans plus tard, en 1793, la Vendée, fidèle au bon Père de Montfort, résiste jusqu’à la mort pour défendre Dieu et le Roi, elle épingle sur sa poitrine le cœur embrasé rouge sang de St Louis-Marie qui devient son signal de reconnaissance et son étendard.

Béatifié par Léon XIII, canonisé par Pie XII, il fut à titre posthume le directeur de conscience de Jean-Paul II qui lui emprunta sa devise papale « Totus tuus ».

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L’aventure de la mission et celle du pèlerinage

Tous ces titres méritaient bien un pèlerinage, surtout au cours de l’année de la Foi, prescrite par S.S. Benoît XVI ! En 1700 comme en 2013, c’est en allant sur les routes, en se frayant un passage au milieu des voitures, en traversant les villes et les villages, en priant dans les églises lorsqu’elles sont restées ouvertes et en résumé en s’abandonnant totalement chaque jour à la Providence, qu’un pèlerin vit le mieux le dépouillement de la croix, se rend semblable au Christ, en porte témoignage et peut revivre les aventures des missions prêchées par St Louis-Marie.

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La rencontre chaque soir avec un frère ou une sœur qui, sans vous connaître, vous ouvre la porte de sa maison et celle de son cœur, conduit tout naturellement à la Sagesse éternelle, thème préféré de St Louis-Marie qui sait nous faire voir le Christ Jésus dans le visage de la Sagesse.

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La fatigue, l’exposition permanente au froid et à la pluie,

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ont été les meilleures conditions pour nous faire connaître les épreuves subies et nous revêtir de la spiritualité exigeante de ce grand missionnaire breton. Notre plus grande joie a souvent été de lire quelques pages de « L’Amour de la Sagesse éternelle » ou de la « Lettre ouverte aux Amis de la Croix » dans le silence des églises où nous savions qu’il avait prêché ses fameuses missions. A côté de nous on sentait sa présence amicale, elle nous réchauffait et faisait s’évader nos fatigues.

Trois cent ans après sa mort, nous avons été stupéfaits de constater qu’il n’a pas été oublié. Son souvenir est resté très vivant, il est encore inscrit dans la mémoire, les mentalités et les prières des chrétiens de ces villages : à La Chèze, La Séguinière, La Garnache, Pontchâteau,

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Mervent ou La Rochelle, l’île d’Aix. Dans presque toutes les églises où il a prêché et parfois même sur les façades et sur les parvis, nous avons retrouvé ses statues le représentant en surplis blanc, brandissant la croix, le chapelet à la main. De nombreux vitraux illustrent ses miracles et à quelques deux cent mètres de l’église, en général sur un point haut, un beau calvaire constitue la preuve incontournable de son passage. Sur certains trajets, on découvrait une croix tous les cinq kilomètres, de magnifiques croix de granit qui témoignent de toute la ferveur d’un peuple converti, voulant rester chrétien en l’affirmant.

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Vive Jésus, vive Sa Croix

Ô Crux ave, spes unica, salve. Ayant épousé la Croix, St Louis-Marie s’est en effet toute sa vie configuré au Christ dans le mystère de la Croix. Il est mort épuisé, les 16 ans de sa vie d’apôtre marqués par des rejets incessants, des contrariétés sans nombre, des humiliations, des atteintes à sa vie, des menaces de mort, des coups, un empoisonnement. Il a toujours tout accepté et l’on peut même dire qu’il bénissait le Seigneur de lui accorder tellement de Croix. Il faisait même prier les Filles de la Sagesse pour que le Seigneur lui en envoie de nouvelles chaque jour !

Pendant que nous marchions en ce mois de mai décidément bien froid et agité, nous étions en pensée avec les millions de chrétiens qui à Paris s’étaient rassemblés pour défendre l’institution du mariage et à travers elle, les droits de Dieu et nous nous posions souvent la question : s’il était encore de ce monde, que dirait St Louis-Marie Grignion de Montfort ?

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La lettre aux Amis de la Croix nous a paru contenir le conseil qu’il nous donnerait encore :
« Que le chrétien porte la croix sur ses épaules à l’exemple de Jésus Christ afin que cette croix lui devienne l’arme de ses conquêtes et le sceptre de son empire. Qu’il la mette dans son cœur par l’Amour pour le rendre un buisson ardent qui brûle jour et nuit du pur Amour de Dieu sans se consumer. »

Le pèlerinage s’est terminé en apothéose à Poitiers en vénérant les reliques de St Hilaire dans la basilique qui lui est consacrée. Nous avons dormi chez le président des Amis de St Jacques et son épouse, qui nous ont accueilli comme des frères et le dimanche nous avons eu la sainte messe dans la chapelle de Montbernage, bâtie par le Père de Montfort en 1705. A la fin de la messe, nous nous sommes approchés de la belle croix qui se dresse dans le chœur et nous avons lu :

« Si vous rougissez de la Croix de Jésus Christ, Il rougira de vous devant Son Père. »

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Bon pèlerinage à tous. « Alerte, Alerte, la mission est ouverte ! »

Vézelay – Kiev en 2004, le message de Mariazell

Lors de la rencontre du 22 Mai 2004 de huit pays d’Europe Centrale :

« Nous, évêques, demandons à tous les chrétiens qui nous sont confiés: ne cachez pas votre foi ! Ne restez pas en chemin pour un futur commun ! Marchez, pensez, travaillez, cherchez des alliances avec tous les hommes de bonne volonté. Chacun de vous peut apporter quelque chose de précieux et d’unique.

Que devons-nous faire, chrétiens d’Europe, aujourd’hui et demain? Nous, évêques, nous avons formulé sept points que nous vous demandons d’appliquer, chers frères et sœurs :

1. Annoncer le Christ aux hommes
«Vous serez mes témoins», c’est ce que Jésus disait à ses apôtres. A nous aussi, Il le dit. Beaucoup d’hommes en Europe ne connaissent pas bien ou pas du tout Jésus. C’est nous qui sommes appelés à Le leur montrer.

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2. Apprendre à prier et enseigner la prière
S’il y a beaucoup d’hommes qui prient, seuls ou en groupes, l’Europe sera bénie, donnant une réponse de louange, de remerciement et d’intercession au Verbe. Nos paroisses devront toujours plus devenir des écoles de prière.

3. Approfondir et multiplier nos connaissances en matière de religion
« Soyez toujours prêts à répondre à celui qui vous pose des questions sur l’espérance qui vous habite» (1re lettre St Pierre). Cela s’applique aussi aujourd’hui! Il est indispensable que dans le monde d’aujourd’hui nous ayons, nous chrétiens, une excellente connaissance de la religion chrétienne pour répondre et affronter les autres religions et modèles de vie. Le «Catéchisme de l’Eglise Catholique» est l’outil essentiel pour cet approfondissement.

4. Poser des signes
Nous rencontrons chaque jour des images et des signes de toutes sortes. Peu nous parlent de Dieu et de l’Eglise. Nous pouvons donner des signes positifs en montrant dans nos maisons et sur nos lieux de travail la croix; en disant une prière de bénédiction à table; en parlant de Dieu quand l’opportunité se présente. Le signe de la croix et d’autres symboles chrétiens ont leur place autant dans le privé que dans le public. En tant que chrétiens, nous contribuons beaucoup au bien-être de la société dans nos pays. Le Christianisme est une manifestation mondiale de la Miséricorde, il mérite le respect et la gratitude de nos sociétés civiles.

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5. Maintenir et retrouver la sanctification du Dimanche
Le dimanche sans travail est le jour commun du repos, c’est un don précieux. Son abandon causerait beaucoup de tort à toute notre société. Pour nous chrétiens, le dimanche est saint. C’est un jour de fête en Dieu et pour Dieu, un jour de remerciement pour la Création et la Rédemption et un jour réservé à la famille. Nous recherchons le concours de tous pour sauvegarder la sanctification du dimanche.

6. Protéger la vie et la développer
Les chrétiens engagés sont les amis de la vie sous toutes ses formes: les amis de la vie à naître, de la vie en plénitude, de la vie handicapée, de la vie sur terre et de la vie éternelle.
Cette vie est aujourd’hui menacée, spécialement dans son début et à la fin. Unissons toutes nos forces, notre cœur et nos mains pour protéger les hommes et l’environnement, les familles et le mariage, pierres indispensables de la société et de l’Eglise. Le faible nombre d’enfants dans nos pays est un des plus grands problèmes de l’Europe. Nous sommes attachés à l’idéal que représente le mariage et à la stabilité de la famille. Nous apportons une aide à ceux qui ont échoués.

7. Promouvoir la solidarité en Europe et dans le monde
Les catholiques de nos huit pays ont beaucoup fait les uns pour les autres en préparant cette rencontre de Mariazell. Cela a renforcé la solidarité dans la société de nos huit pays. Cet effort ne devra pas cesser après ce pèlerinage. Nous, évêques, demandons à tous les chrétiens qui nous sont confiés: «Continuons le chemin commencé sur notre continent, dans notre entourage chrétien et dans le monde. Ce pèlerinage restera un jalon important sur notre route. Que le souvenir de N.D. de Mariazell nous accompagne sur notre route.»

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les Présidents des conférences épiscopales de: Bosnie-Herzégovine, République tchèque, Hongrie, Croatie, Autriche, Pologne, Slovénie et Slovaquie.

compte-rendu détaillé du pèlerinage de Vézelay à Kiev dans le livre Vézelay-Kiev, paru en 2005 aux Editions du Colombier. Ré-édition revue et corrigée sortie en janvier 2012 à commander à l’adresse de notre association

La Route de l’Europe chrétienne
64 rue de la Frâche
84740 Velleron

au prix de € 23.– plus frais de port (env. 4 €)
avec 32 pages de photos couleurs et de nombreux dessins par Robert Mestelan

La Route de Saint Philibert: Eauze – Noirmoutier – Tournus

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Saint Colomban et les moines à sa suite qui ont au 7ème siècle contribué à l’évangélisation de l’Europe, n’ont pas fini de nous étonner. Parmi eux, Saint Philibert, moine Gascon, né à Eauze en 616, fondateur de Jumièges, Noirmoutier, Pavilly et Montivilliers, occupe une place déterminante.

Son origine aristocratique, son éducation à la cour du roi Dagobert avec Saint Eloï, Saint Wandrille et St Ouen et surtout le nombre important de guérisons opérées après sa mort et lors de la translation de ses reliques suite à l’invasion des Vikings, en font une personnalité religieuse éminente qui mérite mieux que l’obscurité où l’histoire l’a injustement confiné.

« Philibert jouissait d’une telle délicatesse, qu’il mettait tous ses soins à pratiquer d’abord ce qu’il enseignait aux autres. Il était rempli de piété, enclin à la miséricorde, doué pour la prédication, d’une intelligence vaste et profonde, d’un contact facile, ferme de caractère, hospitalier pour tous, ayant à cœur le rachat des captifs et la consolation des affligés, zélé pour la construction des édifices religieux, homme désintéressé, entraînant une foule des disciples dans la voie du détachement. Toujours il avait à la bouche le nom du Christ et toujours dans son cœur resplendissait les lumières et la force de l’Esprit Saint. »
(Ermentaire)

L’idée de suivre sa route, d’étendre sa notoriété bien au-delà de la Vendée où il était vénéré et de lui rendre justice en quelque sorte, nous est venue au cours d’une après-midi passée au grand Parc du Puy du Fou. Cette superbe réalisation due au seul talent de Philippe de Villiers et à son amour de la Vendée, reconstituait ce jour-là, l’invasion des Vikings.

Au milieu des cris et des incendies allumés sur la Loire par les Normands, l’image de quelques moines, portant pieusement sur leurs épaules le sarcophage de leur saint fondateur Philibert, s’imposa à notre esprit suscitant une foule de questions et une grande émotion.

Revenus chez nous et enrichis par la lecture d’une solide bibliographie, nous acquîmes la conviction que le saint moine fondateur d’ordre avait quelque chose à nous dire et nous décidâmes de partir sur ses traces.

Partir d’abord de la région où son père, évêque à Aire sur Adour l’avait fait grandir à Eauze. Traverser ensuite l’Aquitaine pour gagner la Vendée et l’Ile de Noirmoutier. Enfin suivre le chemin de ses reliques en passant par Saint Philbert de Grand Lieu, Cunault, Messais, Saint Pourçain sur Sioule et Tournus. Comme d’habitude, nous allions faire ce chemin à pied.

Au rythme de 30 à 35 km par jour, les 1360 km ont été avalés en deux mois. Un premier déplacement sud-nord à partir d’Eauze jusqu’à Noirmoutier, puis une longue trajectoire ouest-est pour parvenir à Tournus le 18 juin 2011. Comparés aux 39 ans de la pérégrination des moines, ces deux mois de route s’écoulèrent pour nous à la vitesse d’une comète.

Première Partie:

Eauze – Noirmoutier

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Partis le mercredi des Cendres du Château de Lagraulas dans le Gers, où nous avons été généreusement accueillis par le Colonel de Vathaire,

nous avons traversé les Landes,

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avant de parvenir en Gironde (sanctuaire de Notre Dame du Verdelais),

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château de Cadillac, Saint Michel de Rieufret, Lycée de la Sauque, puis de nous arrêter à Bordeaux à la paroisse Saint Eloï de l’Institut du Bon Pasteur.

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Il ne nous restait plus qu’à remonter l’estuaire de la Gironde,

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traverser la Dordogne et les Charentes

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pour parvenir enfin en Vendée

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et dans l’île de Noirmoutier que nous avons atteint sous le soleil par la magnifique traversée du Gois.

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Dans sa crypte du 10ème siècle, Saint Philibert nous attendait pour recevoir nos intentions et nous donner sa bénédiction.

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La première étape a durée 4 semaines. Nous avons parcouru 601 km par beau temps sauf 3 jours de pluie.

Deuxième Partie: Noirmoutier – Tournus

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Le trajet suivi par les reliques de Saint Philibert nous a amené à parcourir 760 km en 1 mois. Successivement, nous avons traversé la Vendée,

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la Loire Atlantique, l’Anjou, le Poitou, l’Auvergne et la Bourgogne.

Les 5 emplacements où les reliques s’arrêtèrent pour échapper aux attaques des conquérants Normands, ont été particulièrement émouvants à découvrir. Au sud de la Loire Saint Philbert de Grand Lieu possède encore l’abbaye

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dans laquelle le sarcophage a été déposé.

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En marbre vert des Pyrenées, il est particulièrement impressionnant et pèse 2000 kg. On comprend qu’ils l’aient laissé sur place et qu’ils aient poursuivi la pèregrination avec un sac en cuir.

Plus à l’est, au sud de la Loire et à 10 km au nord de Saumur : Cunault. Magnifique basilique romane avec un clocher

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qu’on aperçoit de très loin. Ici les moines de Noirmoutier ne restèrent que 4 ans. Poursuivis par les vikings, ils durent repartir à l’intérieur des terres à Messais en Poitou.

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Pendant le transfert des reliques, selon le moine Hermentaire, les miracles s’étaient multipliés.

L’église du prieuré demeure seul vestige d’un monastère dont on aperçoit encore quelques fondations.

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La croix hosannière dressée au sommet du cimetière constitue la relique la plus impressionnante de ce passage des moines de Saint Philibert.

Il faut arriver ensuite à Saint Pourçain sur Sioule pour revoir une basilique aux dimensions colossales,

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reste d’un monastère qui a abrité lui aussi pendant 10 ans les reliques du saint abbé de Noirmoutier et qui fut concédé le 30 octobre 871 par Charles le Chauve aux moines. L’abbé était alors Geilon, fils du comte du même nom. Mais l’exode des reliques ne s’est pas arrêté là et le père abbé au cours de ses voyages, découvrit le monastère de Tournus,

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protégé par un castrum contre toute attaque, où résidaient quelques moines. Il va alors trouver le roi Charles à Saint Denis et ce dernier, le 19 mars 875 concède comme refuge aux moines de Saint Philibert l’abbaye Saint Valérien de Tournus avec le château et toutes ses dépendances. Les moines s’y fixèrent définitivement, renonçant à réintégrer Noirmoutier qui devint comme Déas et Cunault simple dépendance de Tournus. Les reliques de Saint Philibert furent alors installées dans cette église qui, agrandie au XIème et XIIème siècle prendra le nom de Saint Philibert de Tournus. Ainsi s’achève le laborieux et long exode des moines de Noirmoutier qui dura 39 ans.

Lorsque nous sommes arrivés le 18 juin à Tournus, il y avait un grand soleil et même un brin de mistral.

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Nous avons déposé sur l’autel de la Sainte Vierge un gros bouquet de pois de senteur pour lui exprimer toute notre reconnaissance. La Providence, ce soir là, a encore voulu que nous passions notre dernière nuit de pèlerinage dans l’abbaye de Notre Dame de Venière, chez les Bénédictines.

Les enseignements reçus

Ce pèlerinage nous a rappelé que même les hommes les plus saints laissent peu de traces de leur existence sur cette terre, car seules quelques indications sur les cartes et les églises construites ou leurs ruines constituent de nos jours la trace visible de leur passage. A Saint Philbert de Grand Lieu on peut toujours admirer le sarcophage de 2 tonnes en marbre vert des Pyrénées abandonné lors de la fuite en 847. Après avoir muré le sarcophage, les moines sont dispersés par l’envahisseur, mais ils reviennent pour récupérer les reliques et partent pour Cunault, une abbaye au sud de la Loire, au nord-ouest de Saumur. Ils resteront là jusqu’en 862 où une nouvelle attaque les contraint à fuir dans le sud, jusqu’à Messais. Aujourd’hui, le petit village de Messais n’a plus que 110 habitants. L’école fermée nous permettra d’y dormir grâce à l’amabilité de son maire qui entretient avec amour la petite église qui a abrité les reliques jusqu’en 871.

Après une nouvelle incursion des Normands qui auraient mis le feu au monastère, c’est à nouveau l’exil et l’installation à Saint Pourçain sur Sioule où une communauté les accueille. Trop nombreux pour rester à Saint Pourçain, l’Abbé Geilon, qui avait découvert le monastère de Tournus, obtient du roi Charles à Saint Denis la concession de l’abbaye Saint Valérien de Tournus avec le château et toutes les dépendances.

Ainsi s’achève le long et laborieux exode des moines de Saint Philibert qui servit de trame à notre pèlerinage.

En traversant le Gers, l’Aquitaine, la Charente, la Vendée, la Loire Atlantique, l’Anjou, le Poitou et la Bourgogne, quelle joie de redécouvrir une France presqu’exclusivement rurale et qui n’a rien perdue de sa générosité et de son bon sens. Le clocher, élément essentiel de l’architecture et du paysage, mais aussi les calvaires et les oratoires affirment et maintiennent le sentiment de la souveraineté de Dieu. Pourtant, épuisés par le manque de vocations sacerdotales, les presbytères sont vides et les rares prêtres qui sont en charge, font courageusement face au désert spirituel en étant responsables de trente clochers.

Les monastères* et les familles nous ont reçu comme le Christ et nous n’oublierons jamais Annie, qui bien qu’âgée et grabataire, lourdement appareillée, se fit une joie de nous donner sa propre chambre. Elle ne fut pas la seule !

A l’heure actuelle, comme au 9ème siècle, des drakkars à tête de morts s’approchent à nouveau de nos côtes pour y semer la désolation. Plus redoutables que l’épée ou la poix enflammée des Vi-kings, leurs armes sont celles de la culture de mort, elles se nomment égoïsme, avortement, euthanasie, violences, théorie du genre.

Saurons-nous résister à cette nouvelle invasion, à ce nouveau défi ? Sans crainte, prenons modèle sur les moines de Saint Philibert : ils n’ont jamais cédé. « Nous n’avons qu’une peur au monde, c’est d’offenser Notre Seigneur. »

Robert Mestelan
Président de l’Association La Route de l’Europe chrétienne

* Fontgombault, Sept Fons, N.D. de la Venière (Tournus)

Pèlerinage des Pères de famille à Cotignac

« Ite ad Joseph, montons à Cotignac »

« Mon Père, mon Père, je m’abandonne à Toi
Fais de moi ce qu’il Te plaira. »

Les derniers versets de la belle prière du bienheureux Charles de Foucauld, scandés par plus de 800 voix mâles, montent vers le ciel bleu sans nuage de Cotignac, tandis que dans un concert assourdissant, les cigales saluent l’arrivée du pèlerinage annuel des pères de famille.

Créé il y a trente an par un petit groupe de pères de famille du sud-est, ce pèlerinage, au fil des années a pris une extension remarquable et si grande même, qu’aujourd’hui à son imitation et selon les mêmes principes, des pères de famille se rassemblent dans d’autres parties de la France pour marcher et prier en direction d’un sanctuaire (Sainte Anne d’Auray, en Normandie, Vézelay).

Il n’y a aucune inscription à déposer, pas d’assurance ni de cotisation. Seul fonctionne le bouche à oreille qui informe ceux qui veulent bien entendre, que tous les ans, lors du premier week-end de juillet, les pères de famille sont invités à se mettre en route pour rencontrer la Sainte Vierge et Saint Joseph, pour se mettre à l’école de la sainteté de leur vie et conduire ainsi leur propre famille sous le regard de Dieu.

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Il faut seulement disposer d’une bonne dose de courage et faire preuve d’un total esprit d’abandon pour oser quitter durant trois jours sa famille, son travail et son confort. Bien sûr, les bonnes raisons ne manquent pas pour s’en dispenser et la perspective de cette dure pérégrination dans la chaleur en suivant les sentiers rocailleux du Haut Var, éloigne les plus faibles, on se trouve soudain trop gros, trop vieux et bien sûr, pas assez en forme…

Pour le groupe de Carpentras et du Pays de Gex que j’ai décidé de rejoindre cette année, l’aventure a commencé jeudi soir par une marche de nuit silencieuse de trois heures sous un admirable ciel piqueté d’étoiles. Après avoir recueilli les derniers retardataires tombés de l’autoroute ou du TGV, nous avons traversé la Durance au pont Mirabeau, puis nous sommes remontés jusqu’à St Paul. A l’orée d’un village, un vieil oratoire nous a rassemblés pour la première prière à la Sainte Vierge dont nous demandions le patronage. C’était un bas relief d’une Vierge en majesté, fixé dans une niche romane et ses yeux pleins de compassion nous fixaient dans l’obscurité. La Vierge entourée par deux anges ou deux saints nous assurait avec douceur de sa présence tutélaire à nos côtés.

Pendant ces trois jours, loin du trafic, des voitures et des motos, nous avons foulé des sentiers parfumés au thym, à la lavande et à la sarriette, traversant des pinèdes, de grands champs de tournesol et de blé, immergés dans un paysage sublime où éclatait partout la beauté, la grandeur et la générosité de Dieu. Trébuchant sur les pierres, la gorge en feu dans la haute chaleur de midi, il nous est arrivé, comme le pauvre, de nous approcher de quelque ferme isolée pour demander de l’eau.

En cette année 2010 où l’Eglise en la personne de son Pape a été si attaquée, où la persécution a attenté à la vie d’évêques, de prêtres et de fidèles, le pèlerinage a pris une connotation grave. Pour tous ces hommes qui travaillent durement et exercent tant de responsabilités, le renoncement et l’acceptation des fatigues dont ils font preuve, prend le sens d’une purification et d’un sacrifice joyeusement accepté. C’est l’amitié de l’un ou de l’autre qui a constitué et rassemblé le groupe, parfois aussi la simple appartenance à la même paroisse ou au même groupe de prière. Comme au Moyen Age, les bannières claquent au vent et servent de points de ralliement. Sur ces drapeaux de la chrétienté, amoureusement brodés par les épouses, les mères ou les grand-mères, la Sainte Vierge, Saint Joseph, la Sainte Famille sont le plus souvent représentés, mais il y a aussi toute la cohorte des saints et des martyrs avec Saint Roch, Saint Jacques, Saint Pothin, Saint Martin, Sainte Clotilde.

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Cette année, renouvellement complet des effectifs : il y a encore de nombreux anciens, mais ce sont surtout des foules de jeunes qui viennent pour la première fois et qui expriment avec une totale liberté leur joie d’appartenir au Christ et de marcher avec Lui. Sur le dos d’un tee-shirt je lis : « Je marche vers Cotignac avec Christiane, mon épouse, Ludovic, Emilie, Daniel et Aurore. La tenue des marcheurs offre la plus grande variété et pourtant, cette masse compacte que nous croisons, en montant le col du Bessillon, exprime l’unité d’un peuple à la recherche du Bon Pasteur. Ici, chacun prie selon son cœur et toute critique sur la manière de prier serait inconvenante, car les pères de famille prient aussi bien en français qu’en latin et les différentes messes dites selon la forme ordinaire ou la forme extraordinaire se déroulent dans la sérénité et le respect absolu. Chacun prie selon ses habitudes, mais avec tout son cœur et en respectant les traditions de ses frères dans la foi. Aussi, samedi ce fut une grande joie d’accueillir Joseph Fadelle, ce Chiite converti à la foi catholique qui a eu tant de mal à se faire reconnaître et accepter par ses frères chrétiens. En quelques mots, il nous a fait comprendre toute sa joie d’avoir été ici à Cotignac accueilli spontanément.

Les prêtres qui accompagnent les groupes sont très jeunes, la plupart nés après la crise de 68 dans l’Eglise. Ils sont débarrassés de tout complexe, marchent en queue de colonne et passent leur temps à écouter ou entendre en confession ces hommes qui ont la joie de découvrir un prêtre qui a le temps de s’occuper de leur âme.

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Comme toujours, la messe du samedi soir à l’arrivée est un sommet inégalable. Elle rassemble tous les pèlerins, les prêtres, la communauté Saint Jean, elle est présidée par Monseigneur Rey, évêque de Toulon. Ce soir, il a demandé à un de ses prêtres, au curé de Draguignan, de dire l’homélie et les hommes apprécient cette générosité et cette humilité sur cette terre qui a vu les apparitions terrestres de la Sainte Vierge et de Saint Joseph. La conversion des cœurs nous fait accéder aux joies de l’Eternité : « Mon Père, mon Père, en Toi je me confie,
en Tes mains je mets mon esprit. »

Bientôt, la nuit apporte sa bienfaisante fraîcheur. Couchés à même le sol, sur nos minces rouleaux, les yeux tournés vers le ciel, nous revivons les grands moments de cette marche. Au dessus de nos têtes, le mistral agite doucement les branches des chênes et c’est comme si les étoiles s’éteignaient et se rallumaient dans un tourbillon de lumières.

Comme Pierre, Jacques et Jean, au Mont Thabor, nous sommes harassés, nos yeux et nos membres sont lourds, mais le cœur brûlant après cette rencontre. Pères de famille qui trouvez que votre charge est trop lourde à porter, pères qui ne pouvez avoir d’enfants, montez à Cotignac, Saint Joseph vous y attend, vous en repartirez tous comme des Christophores.

Velleron, le 6 juillet 2010
Robert Mestelan

Nice – Turin pour vénérer le Saint Suaire

La Caminada dou San Sudari

27 avril – 9 mai 2010

Comme nous vous l’avions annoncé, « La Route de l’Europe chrétienne » a participé du 27 avril au 9 mai 2010 au pèlerinage à pied, organisé par les Pénitents Rouges de Nice.

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Ce magnifique parcours, Franco – Italien d’environ 250 km, fractionné en 10 étapes, avait pour but d’aller vénérer à Turin le Saint Suaire de Jésus pour son ostension solennelle de cette année 2010 (la prochaine n’aura lieu qu’en 2032). La perspective de traverser les Alpes au col de Tende et de découvrir l’arrière pays Niçois n’a pourtant pas attiré la grande foule et nous n’étions que 12 à prendre le départ (3 dames et 9 hommes). Ceci nous a permis de porter chacun le prénom d’un apôtre, une façon originale et forte de nous approcher du mystère de Jésus et des souffrances qu’Il a voulu endurer pour nous en rémission de nos péchés. Une grande première aussi, qui inscrit désormais la Caminada dou San Sudari dans les grands chemins de Foi de l’Europe chrétienne.

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Partant le 27 avril de la chapelle des Pénitents Rouges, où le Linceul a séjourné de 1536 à 1543, nous étions bien conscients d’être semblables à l’aveugle mendiant Bartimée, que Saint Marc dans son chapitre 11 place au bord de la route de Jéricho en criant « Fils de David, aie pitié de moi. » Jésus lui dit: « Que veux-tu que je fasse pour toi? » « Rabbouni, que je voie. »

Et nous allons durant tout le parcours ajouter inlassablement cette supplication à nos prières. « En contemplant les marques cruelles de vos souffrances, miraculeusement inscrites sur le lin, parvenues jusqu’à nous, réveillez-nous Seigneur, de notre sommeil et faites que nous puissions voir votre Amour pour nous. »

L’Escarène, Sospel par le col de Brouis, Breil sur Roya et Tende vont constituer les étapes du parcours français préparé par les amis de St Jacques de Nice. Un excellent tracé, empruntant souvent les sentiers et les G.R. nous permet de découvrir une nature intacte, le flot tumultueux des torrents,

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la richesse de la flore Alpine et les horizons sauvages d’une nature encore inviolée.

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Communes et confréries nous réservent leur meilleur accueil en s’associant très généreusement à notre hébergement, en priant avec nous.

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La route royale partant de la place Garibaldi à Nice, a laissé de nombreux indices et nous foulons avec délice le chemin que le Linceul a déjà utilisé, lorsqu’il arriva à Turin en 1543.

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A Tende, la chapelle des Pénitents Blancs nous permet d’admirer ses fresques du XVème d’une grande fraîcheur, la lumière du visage du Christ continue à nous inonder, elle nous montre avec les bourreaux traînant le Christ vers le Golgotha, toute la noirceur du péché. C’est le Père Bernard Pineau qui nous dit la messe et à la sortie sur le parvis dominant la vallée, un buffet bien arrosé réunit dans une ambiance de kermesse, pénitents, villageois et pèlerins. Le répertoire des chants Piémontais entonné par M. le Maire et par Mario est connu de tous et le vin aidant, chacun tenant son voisin par le bras, danse une mazurka endiablée. Ici à Tende, le mondialisme n’est pas prêt de s’installer, traditions et convivialité demeurent bien vivantes.

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Au col de Tende, nous rentrons en Italie en utilisant le tunnel car le col a encore plus d’un mètre de neige. Pour ce passage, Mario a mobilisé sa femme, sa fille et son gendre qui nous amènent en voiture en un clin d’oeil en Italie.

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Quel type extraordinaire, ce Mario. Il mesure peut-être 1m60, la grande barbe qui lui dévore les joues le fait un peu ressembler à Léonard de Vinci; membre zélé de la Confraternité de St Jacques de Pérouse, c’est lui qui a préparé toutes les étapes et les accueils en Italie. Il s’appuie sur un bâton au sommet duquel sont fixées la coquille et la gourde, surmonté de l’apôtre St Jacques. Gai comme un pinson, il parle volontiers et il est connu de tous dans le Piémont. Les gens l’appellent Prezzemolo (persil) pour indiquer sans doute sa grande facilité à se répandre et à être partout… Adoré des enfants, malicieux, il a le charme et le talent d’un conteur ou d’un marionnettiste, et au dessert il n’a pas son pareil pour faire surgir de sa serviette une colombe ou représenter un gendarme. Père de deux enfants, Mario, qui a surtout beaucoup de coeur, a adopté un garçon handicapé.

Avec un pareil guide, la descente en Italie est un festival ininterrompu de joies, de rencontres, de rires et d’amitié. Deux maires marchent avec nous, les prêtres font sonner les cloches à notre arrivée et pour l’arrivée à Turin, nous sommes escortés par un club de 11 marcheurs. A Cuneo, nous rencontrons même l’évêque qui nous reçoit aimablement dans son salon, mais sa réflexion sur la tolérance à adopter envers les musulmans nous semble un bel aveu d’apostasie à l’heure où la guerre sainte est déclarée et où les minarets partent à l’assaut de l’Europe chrétienne.

Nous sommes logés dans le séminaire de Cuneo, parfaitement entretenu et très spacieux, mais il n’y a plus un seul séminariste: ils ont été regroupés à Fossano et issus de plusieurs diocèses, ne sont en tout et pour tout, que dix-neuf. En Italie, les familles ont peu d’enfants, les vocations sont rares, la sécularisation a envahie les églises et seuls les sanctuaires de la Sainte Vierge comme celui de la Mère de la Divine Providence près de Fossano résistent bien. Aux deux messes de 6h et de 7h du matin, église pleine!

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Après Carmagnola nous atteignons le parc national du Pô qui va nous permettre de rentrer dans Turin, une ville de plus de 700’000 habitants sans traverser les faubourgs. Ce soir, nous couchons à Cottolengo, un hôpital crée par Saint Joseph Cottolengo, grand apôtre de la charité, il entourait les pauvres, les rejetés, les handicapés, tandis que Don Bosco s’occupait des jeunes.

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Et ce n’est donc que 10 jours après le départ de Nice, mêlés à la longue procession des fidèles qui assiègent journellement la cathédrale, que nous pouvons vénérer à notre tour le Saint Suaire. Déjà 1 million de visiteurs, dont notre Pape Benoît XVI, ils en attendent encore un million.

Quelques minutes avant d’atteindre le Saint Suaire, une vidéo en plusieurs langues nous indique les points particuliers à observer, puis nous sommes placés sur une passerelle à quelques mètres de la sainte relique. Nous sommes arrivés. Quelle émotion! Ici le drame de la souffrance vécue par le Christ est évident par le sang abondant qui a marqué la place de la couronne d’épine, les coups de fouet, les clous dans les mains et les pieds, le coup de lance au côté.

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Comme Bartimée, nos yeux s’ouvrent enfin et nous comprenons soudain que toutes ces souffrances endurées par le Sauveur étaient pour chacun d’entre nous. En un éclair, cette conviction nous redresse, nous console et nous lave de tout péché.

Hier soir en arrivant au refuge, Mario a voulu que nous nous lavions mutuellement les pieds. Ce fut un grand moment de partage et de joie, le pardon à tous nos frères, signe de notre conversion et fruit de notre longue marche.

« Va, ta foi t’a sauvé. Aussitôt l’homme se mit à voir et il suivait Jésus sur la route. » (Marc 11,4)

Alleluia – le Christ est vivant!

Robert Mestelan, Président de l’association
La Route de l’Europe chrétienne

!!!- UNE IMAGE PARLANTE : le professeur et écrivain Arnaud-Aaron Upinsky enseigne en université l’épistémologie. Sa spécialité, branche de la philosophie des sciences, est l’étude des voies de la connaissance et plus particulièrement des méthodes scientifiques. C’est à ce titre qu’en 1993, il a été appelé à diriger le Symposium de Rome qui avait pour but de résoudre le problème de l’authenticité du linceul de Turin.

Le soir du 25/05/10 il faisait à l’église St Sulpice une conférence à laquelle Jacqueline Picoche assistait, au cours de laquelle elle a noté l’adresse de son site sur lequel vous trouverez tous les détails qui encombreraient excessivement une simple glanure http://linceuldeturin.info.

Le linceul avait fait précédemment l’objet de nombreuses études scientifiques convergeant vers l’affirmation de son authenticité, contredites en 1988 par une datation au carbone 14 affirmant que le tissu avait été tissé au XIIIe s. La méthode Upinsky (détaillée sur le site) consiste à éliminer successivement et logiquement des hypothèses impossibles et à conclure “par défaut” que l’image ne peut pas ne pas être celle de Jésus de Nazareth, donc que la datation au carbone 14 est nécessairement fausse. Sa démonstration a paru si convaincante qu’elle a obtenu l’unanimité des participants, et qu’il peut affirmer l’authenticité avec une totale certitude.

Ce n’est plus une hypothèse, c’est un fait. Jusqu’à une récente émission (téléchargeable sur le site) de la chaine de télé hautement antichrétienne ARTE, où les journalistes reconnaissaient que la datation au carbone 14 devait être abandonnée. Reste tout de même à expliquer comment trois laboratoires, travaillant sur des échantillons du même tissu sans se concerter entre eux, ont pu tous les trois commettre une erreur de 1300 ans. Là-dessus, diverses hypothèses plus farfelues les unes que les autres ont été avancées, sur lesquelles le conférencier ne s’est pas étendu. Au moment des questions, Jacqueline Picoche a demandé la parole, et le curé, lui ayant passé le micro, n’a pas tardé à la lui couper “- Que pensez-vous , monsieur, de l’hypothèse hautement probable d’une substitution d’échantillons opérée par le Dr Tite…” “Ah ! non, dit le curé, laissons ces histoires… ”. Et le conférencier d’ajouter “Je n’ai pas voulu entrer dans des affaires qui fâchent”, la suite de son discours signifiant qu’il lui suffisait d’avoir démontré l’erreur et que peu importe le comment de cette erreur. Tiens donc ! Il y a là-dessus un tabou qu’il faut respecter si l’on veut parler à la radio, à la télé, à St Sulpice.

Si vous voulez lever ce tabou vous n’avez qu’à cliquer http://www.crc-resurrection.org/Contre-Reforme_catholique/Saint Suaire/ et vous aurez toute l’explication de la fraude, démasquée par la patiente enquête des Petits Frères du Sacré Cœur. L’Église n’a pas envie d’avoir à accuser le British Museum de malhonnêteté, et de se mettre à dos par voie de conséquence, toute la franc-maçonnerie.

Alors que, de Sixte IV (1414-1471) à Pie XI en passant par Jules II, tous les papes, avec beaucoup moins de preuves que celles qu’on possède aujourd’hui, ont affirmé l’authenticité du Saint Suaire, voilà que Jean-Paul II et Benoit XVI se mettent à le qualifier d’ “icône” et non de “relique” et le cardinal custode de Turin à prétendre que la question de l’authenticité ne le préoccupe pas ??

Le silence pesant observé sur la question du comment de l’erreur est peut-être la raison principale des réticences actuelles de l’Église à proclamer l’authenticité et à utiliser cette arme apologétique incomparable, cette claire démonstration de la convergence de la raison et de la foi . Il ajoute que l’image ne peut s’expliquer que par une “dématérialisation du corps avec production de chaleur”, laissant la liberté à l’acte de foi : aux croyants de dire “Il est ressuscité !” et aux incroyants de dire dématérialisation ? résurrection ? Qu’est-ce que c’est que ça ? le mystère reste entier !”. M. Upinsky, croyant, propose aux visiteurs de son site de signer une pétition pour la reconnaissance officielle de l’authenticité .

Il y en a beaucoup qui ne pétitionneront pas par écrit mais qui le font avec leurs pieds : les centaines de milliers de fidèles qui ont fait le voyage de Turin, et, sous la protection de 4000 bénévoles, pendant les 44 jours de l’ostension 2010, et se seront alignés en files kilométriques, dès 6 h. 30 du matin, pour voir pendant cinq minutes l’image divine qui réchauffe leur foi.

Nous remercions Mlle Jacqueline Picoche pour cette communication!

La Route des Anges 2 009 par le Maître Général des Compagnons de Saint Michel Archange

Pour que le Christ vive en moi

Le cheminement vers la sainteté consiste à nous corriger nous-mêmes. Tel est bien le principe du pèlerinage qui nous propose de progresser physiquement et spirituellement vers la lumière, sachant que le but géographique n’est, au plus, qu’un moyen et non la fin qui consiste toujours à quitter notre état actuel pour un plus grand amour du Seigneur. Ici l’effort du pèlerin est de renoncer à son « moi » au profit de la vie du Seigneur en lui. Tel était bien l’esprit du pèlerinage accompli par nos Compagnons et amis partis le 8 mai du Mont Gargan pour rejoindre le Mont Saint-Michel fin septembre 2009 lors des fêtes solennisant le 1300ème anniversaire de sa Dédicace.

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Ce pèlerinage pour le relèvement de la France et de l’Europe égrenait à l’occidentale chapelets, suppliques et méditations. Il portait aussi les intentions particulières confiées aux pèlerins ainsi que leurs remerciements gracieux envers leurs hôtes d’étapes. Or le caractère continu de cette litanie ambulante lui conférait quelques aspects de la démarche orientale, mettant en pratique cette parole de l’Apôtre:  » il faut prier sans cesse »( I Thess. 5, 17 ). Certes elle ne revêtait pas dans sa forme verbale la simplicité de la « prière de Jésus » que ‘ruminent’ les pèlerins orthodoxes, mais elle en illustrait l’esprit d’invocation continuelle et ininterrompue de la seigneurie de Jésus par les lèvres , le cœur et l’intelligence, dans le sentiment de sa présence en tout temps et en tout lieu. En quelque sorte ce pèlerinage respirait avec les « deux poumons » de la Chrétienté d’Europe, unissant, selon la recom-mandation de Jean-Paul II, la diversité occidentale à la continuité orientale.

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Comme « nous ne savons pas ce qu’il faut demander » (Rom. 8, 26), seule sa fréquence est laissée à notre initiative pour atteindre la « pureté de prière qui est la mère de tout bien spirituel »(Cf. Récits d’un pèlerin russe ), à ceci près que l’Apôtre recommande de nous y tenir « sans cesse ». Comme elle doit demeurer  » intérieure et spirituelle »(Saint Dimitri de Rostov ), nul aspect quantitatif ne sied donc à cette prière, ni volume sonore, ni précipitation hâtive. Elle doit d’abord être une écoute de la parole du Seigneur: souvenons-nous donc du prophète Élie sur la montagne de l’Horeb, il ne perçoit Dieu ni dans l’ouragan ni dans le tremblement de terre mais bien dans la « brise légère »(I Rs 19, 11-12). Quant au rythme seul convient celui d’une psalmodie paisible et joyeuse.

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La paix et la joie sont bien les marques tangibles de toute véritable progression sur la voie de la sainteté et elles demeurent les critères les plus probants de ce que notre attachement à une valeur dite « sacrée » ne dissimule aucune violence sous-jacente, mais s’avère plutôt une exigence d’effacement de notre « moi » aux antipodes de toute contrainte d’autrui. Nous les trouvons aussi bien chez un saint François que chez les moines orthodoxes du Mont-Athos se reconnaissant eux-mêmes comme des « hommes qui ne parlent presque pas, mais sont tous unis, confondus dans une aspiration commune au bien, à l’harmonie, à la joie généreuse de s’être consacré à Dieu et à leurs frères.

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Aussi irradient-ils une paix qui pénètre toute chose, une paix qui imprègne jusqu’aux lieux naturels et ennoblit les objets les plus humbles et se diffuse jusqu’au ciel ou elle élève celui qui la perçoit » (Mont-Athos, « méditation dans la vie monastique », p.77, chez Nathan).

Gilles Fragnaud, M.G.
Octobre 2009

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La Route des Anges du 9 mai au 26 septembre 2009

« Voyez le petit pèlerin s’en aller son bonhomme de chemin, nez au vent et pèlerine au vent. Soufflez fort, la pèlerine va prendre le vent ; le pèlerin s’efforcera humblement derrière la croix. »
La girouette de la maison Besson – Dom Eric de Lesquen, Abbaye ND de Randol

C’est sur le toit ocre d’une vieille maison dominant le monastère de Randol que nous avons eu cet été le bonheur de faire la connaissance de la girouette de la maison Besson. Toute grinçante et rustique qu’elle soit, mieux qu’un long discours, elle a le mérite infini de résumer sobrement ce qu’est un pèlerinage et ce qui anime l’âme du pèlerin, elle illustre en tous points notre manière de partir en pèlerinage. C’est en nous effaçant tous les jours humblement derrière la croix que nous avons pu suivre pour la deuxième fois les 2’600 km de la « Via degli Angeli » parcourus en 168 jours du 9 mai au 26 septembre. Il faut bien l’avouer, nous n’avons pas tellement souffert de porter la croix, c’est plutôt elle qui nous a porté. Alors que le monde tourne, elle seule reste stable et nous permet de tenir debout : l’axe du monde, c’est la croix du Christ. C’est elle et elle seule qui permettra à l’Europe de rester chrétienne.

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La route des Anges, étincelante diagonale de lumière traversant la France et l’Italie, échappe pour l’instant encore à la médiatisation des pèlerinages de masse. Aujourd’hui comme hier elle suit paisiblement le chemin que suivirent en 708 les deux chanoines dépêchés par Saint Aubert, l’évêque d’Avranches, pour ramener des reliques du Mont Gargan et les déposer dans la chapelle au Mont Tombe que l’Archange Saint Michel avait réclamé avec insistance.

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Partant des Pouilles, au sud de l’Italie, la via angélique passe par Rome (château Saint Ange) et le Piémont (Sacra di San Michele), franchit victorieusement la chaîne des Alpes au Montgenèvre et bondit jusqu’au Puy-en-Velay où la chapelle Saint Michel couronne fièrement le Mont Aiguilhe. On la retrouve en Vendée dans quelques paroisses bien inspirées qui se sont placées sous le patronage de Saint Michel ainsi que sur la colline du Montaigu en Mayenne où une merveilleuse chapelle du 12ème vous accueille comme si le grand Archange souhaitait vous offrir un asile sûr avant l’arrivée en Normandie. Après le traversée des grèves et le franchissement périlleux de la Sée, de la Sélune et du Couesnon, c’est enfin l’arrivée au Mont au péril de la mer dans le crépuscule d’une dernière journée de marche et l’éblouissement du soleil couchant sur la mer.

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En cette année 2009, 1300ème anniversaire de la fondation du sanctuaire (1300 ans de Foi), refaire ce chemin à pied en pénitent, dans le plus parfait anonymat et en priant pour la France, s’imposait en quelque sorte. Cette belle route nous a permis de prier intensément le Seigneur en nous appuyant sur la Sainte Vierge et sur les saints anges et sur le plus éminent et le plus soumis d’entre eux, puisque la traduction de l’hébreu de Mik-a-El signifie celui qui est comme Dieu.

Tout au long du chemin, en saluant chaque clocher de ville ou de village, chaque calvaire, nous nous exclamions « Ô Crux ave, spes unica, salve ! », répétant avec Saint Paul « Puissions-nous nous glorifier en rien si ce n’est dans la Croix de Notre Seigneur Jésus Christ par laquelle le monde a été crucifié pour moi et moi pour le monde. Epitre au Galates, 6.14

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Force nous est d’avouer que l’exigence de cette démarche n’a pas attiré la grande foule et les six valeureux pèlerins du départ ne furent bientôt plus que deux. En dépit d’une large diffusion de la feuille de route et de quelques appels lancés par radio et dans la presse, peu d’âmes se sont senties appelées à nous suivre sur ces sommets. Cela confirme l’idée qu’un long pèlerinage ne peut être que le fruit d’une démarche individuelle et son accomplissement doit rester personnel. Le pèlerinage « clef en mains » avec marquage des sentiers et des garanties d’hébergement, comme on peut l’observer sur les itinéraires soutenus par Bruxelles, n’est pas sans inconvénients et nous sommes convaincus que si les catholiques veulent sauvegarder l’aspect spirituel de cette démarche, il faut absolument qu’ils lui gardent un aspect dépouillé, voire spartiate. Lorsque nous avons rencontré au Puy l’ancien recteur de la chapelle Saint Michel, il nous a dans une boutade exprimé le fond de sa pensée, lorsqu’il nous a dit : « Mais, qu’on fiche la paix aux pèlerins. Ils n’ont besoin de rien, Dieu leur suffit. » Nous partageons totalement cette affirmation, le pèlerinage n’est pas une randonnée, c’est une rencontre, elle exige des sacrifices.

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En Italie, entre Bobbio et Tortona, nous avons accueilli avec joie un groupe de huit pèlerins tchèques conduits par le Père Jan venus une semaine prier pour la France et en fin de parcours quatre pèlerins particulièrement vaillants ont renfloué notre troupe. Enfin, le 26 septembre, lors du franchissement des grèves, une bonne vingtaine de compagnons de Saint Michel avec leur Maître général ont tenu à traverser la baie avec nous ; ils se sont joints ainsi aux dix petits-enfants d’une famille amie qui nous ont joyeusement escorté jusqu’au pied des remparts. Cette couronne angélique était un don du ciel et une belle illustration de toutes les grâces que le Seigneur nous avait si généreusement accordées. Chaque jour nous avons vu la Providence en action et nous avons acquis la certitude que « le Seigneur avait donné ordre à ses anges de veiller sur chacun de nos pas ». En parvenant au but, accompagné par ces petits, il nous a semblé aussi que le grand Archange nous transmettait un ultime et solennel avertissement avant de nous rendre au monde : « Si vous ne devenez pas comme des petits enfants, vous n’entrerez pas au Royaume des cieux. »

Robert Mestelan
Président de l’Association
La Route de l’Europe chrétienne

Le 2 octobre 2009

VEZELAY – KIEV A PIED AVRIL – SEPTEMBRE 2004

La route de l’Europe chrétienne du 12 avril – 27 septembre 2004

« Magnificat anima mea Dominum
Exulte mon âme en Dieu Mon Sauveur »

Lorsqu’après une longue marche de cinq mois et demie nous sommes parvenus le 27 septembre à Kiev, nous avons eu un moment de doute. Etait-ce un rêve ou la réalité ?

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Partis le 12 avril de Vézelay, il nous semblait presque impossible d’être arrivés sur les lieux où en 988 Saint Vladimir, baptisé avec tout son peuple, allait étendre les frontières de la chrétienté jusqu’aux extrémités de l’Europe. Il fallait pourtant se rendre à l’évidence, nous étions arrivés, certes fatigués, mais, guidés, portés et éclairés par la Providence qui tous les jours nous avait couvert de son bouclier.

Cette route fut belle, car elle nous a permis de prendre conscience de la richesse et de l’importance des racines qui ont formé notre patrie, l’Europe. Elle fut chaleureuse et humaine, car nous avons rencontré des frères et sœurs venant nous avouer les larmes aux yeux qu’ils n’avaient jamais vu quelqu’un venir à pied à leur rencontre en proclamant leur foi en Jésus Christ. Elle a été enfin marquée du sceau de l’unité en nous montrant que lorsque l’église d’Occident et l’église d’Orient lisent ensemble l’évangile de Jésus Christ, elles peuvent aussi battre d’un même cœur.

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Certes, le départ au pied de la colline de Vézelay, du tertre où Saint Bernard de Clairvaux avait lancé la 2′ croisade en 1146, n’était pas innocent. Ce pèlerinage était l’affirmation de nos convictions les plus intimes, à savoir que la civilisation Européenne est née de l’union entre le dogme chrétien et la façon chrétienne de vivre. « Le Christianisme n’est pas une des racines de l’Europe, il en constitue l’unique, car l’Europe est née de lui et de sa réappropriation des autres racines Grecque, Romaine, Barbare. » (Dawson)

A part les amis laissés en Provence dont la prière et celle de leurs enfants allait nous porter, personne n’était convaincu du succès de notre entreprise. Mais n’est-ce pas avec des galets et une fronde de berger que l’enfant David a remporté la victoire sur le Philistin Goliath? Nos trois galets devaient être la foi, la charité et l’espérance.

L’itinéraire

La route de l’Europe a traversé neuf états : la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie, la République Tchèque, la Pologne et l’Ukraine. C’était une longue route, mais le kilométrage, établi avec soin en tenant compte de nos capacités et de l’arrivée de l’hiver, n’a pas excédé 4’000 kms. Parcours sinueux, loin d’englober tous les états, mais privilégiant les lieux de foi, des sanctuaires chrétiens.
D’abord ceux de l’Enfant Jésus, à Beaune et à Prague. Ensuite ceux de la Sainte Vierge :

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Einsiedeln, Wigratzbad, Altötting,

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Mariazell, Marianka, Kraliky, Czestochowa, Kalwaria Zebrzydowska et la Laure de la Dormition. Enfin des lieux où des saints ont vécu ou oeuvré comme par exemple Sachseln, la patrie de Saint Nicolas de Flüe, cet ermite Suisse que Denis de Rougemont tenait pour un des inspirateurs de l’idée Européenne parce qu’il se consacra à unifier les cantons Suisses autour de l’Evangile ou encore

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Velehrad, où Saints Cyrille et Méthode apportèrent l’écriture Cyrillique pour permettre aux pays Slaves de lire les Saintes Ecritures dans leur langue.

On peut affirmer qu’en Europe, chaque nation, chaque ville ou village s’est construit et rassemblé durant vingt siècles autour d’une basilique, d’un monastère ou d’une église.

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Les monastères Bénédictins et Cisterciens ont couvert l’Europe d’un blanc manteau et nous les avons trouvé jusqu’aux extrémités de la République Tchèque, de la Hongrie et de la Pologne. Quant aux croix, oratoires et calvaires, humbles témoins d’une foi vivante et populaire, nous les avons salué aux carrefours et le long de tous les chemins. L’abbaye de Payerne en Suisse, la tombe de Saint Pierre Canisius à Fribourg, la statue des Saints Cyrille et Méthode à Velehrad, la cathédrale de Saint Martin à Bratislava, la cathédrale Saint Etienne à Vienne ou le monastère Porta Coeli en R. Tchèque et la Laure de la Dormition à Kiev sont des puissants témoins de la chrétienté en Europe. La liste est considérable et loin d’être exhaustive. Le réveil de la foi auquel nous assistons en Europe de l’Est s’accompagne actuellement de très grands chantiers : le monastère Cistercien de Novi Dvur, le séminaire Gréco-catholique à Lviv et d’innombrables églises dans les villages.

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Sur la route et dans les églises nous avons eu tous les jours la joie de prier avec les chrétiens de ces neuf pays, en assistant à la sainte messe. Presque chaque jour, arrivant vers la fin d’après-midi, à l’étape que nous avions fixé, nous trouvions le chapelet, suivi de la sainte messe, puis l’adoration du Saint Sacrement. Les fidèles assistent en grand nombre aux offices. Nous avons trouvé en Pologne des églises où il y avait jusqu’ à 10 messes le dimanche, la foule ne parvient pas à rentrer en totalité et les portes restent ouvertes avec des haut parleurs sur le parvis!

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Enfin, nous avons fait la connaissance de tous les saints qui ont façonné l’Europe et qui l’ont enrichi du témoignage éclatant de leur foi: Saint Benoît, Saints Cyrille et Méthode, Sainte Edith Stein, Saint Martin, Sainte Brigitte de Suède, Sainte Catherine de Sienne, Saint Maximilien Kolbe, Sainte Elisabeth de Hongrie, Saint Norbert, Sainte Faustine Kowalska.

Le témoignage

Qui va achever de construire l’Europe? Faut-il laisser cette tâche exaltante à ceux qui ne croient pas en Dieu ? Faisant un pèlerinage chrétien, à travers l’Europe Chrétienne, nous avons tenu chaque soir à frapper à la porte d’un lieu chrétien: la paroisse. Nous avons ainsi pris conscience de la richesse de l’Eglise: paroisses, monastères, congrégations et familles, l’ensemble est impressionnant!
Le nombre important d’heures que nous passions chaque jour sur la route (huit à dix heures) nous a permis de prier presque sans discontinuité, mais à un rythme toujours harmonieux et en nous adaptant à ce qui se présentait à nous au fil de la journée. Angélus, récitation du chapelet, prière pour les victimes de la circulation, bénédiction des villes et des villages, chapelet de la Divine Miséricorde, chapelet de Saint Michel Archange, litanies des saints, lecture de l’évangile. Prière pour l’accueil : « Seigneur faites nous rencontrer des gens au cœur bon. » Prière de remerciement : « Seigneur, protégez cette communauté, ce prêtre qui nous a reçu avec tant de bonté et bénissez leur travail. » et sainte messe.

Après nous avoir accueillis avec charité, les curés des paroisses nous ont souvent demandé de venir à la chaire et d’expliquer notre démarche. Parfois ils nous présentaient et c’était ainsi une façon d’entraîner, leurs paroissiens dans une démarche de prière pour que l’Europe reste chrétienne (Dijon, Pontarlier, Allemagne,

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Autriche, Hongrie, Rép. Tchèque). En Ukraine, l’université Catholique de Lviv a organisée une conférence de presse et nous avons pu atteindre un public beaucoup plus large, grâce à la Télé, à la presse écrite et aux radios. A Kiev, Radio Svoboda (=Liberté) a effectué la même diffusion. A l’université des lettres de Kiev, rassemblant des professeurs Polonais, Ukrainiens, Biélorusses et Russes, il nous a été fait l’honneur de pouvoir exposer notre pèlerinage.
Nous avons ainsi pris conscience qu’être chrétien en Europe, c’est le plus beau des passeports, il ouvre toutes les portes. N’ayons donc pas peur d’affirmer et de montrer par un signe apparent notre attachement définitif au Christ.

Ut unum sint

En arrivant en Ukraine, nous avons prié pour que ce peuple ardent qui a beaucoup souffert (17 millions de morts au 20e siècle) et qui souffre encore, recouvre sa pleine liberté et pour que les chrétiens unis et réunis dans le même amour du Christ soient les artisans fervents de Son retour sur la terre. Nous avons frappé aux portes de toutes les familles religieuses : Grec Catholiques, Arméniens, Catholiques Romains, Orthodoxes (Moscou, Kiev et église autocéphale). La Providence nous a permis de passer le dernier dimanche dans une paroisse orthodoxe rattachée au Patriarcat de Moscou, dont le pope, le père Filaret, nous a reçu avec une grande charité.

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Il a commencé par nous demander de lire l’épître et l’évangile en Français, ensuite, à la fin de la liturgie, il a voulu que nous parlions aux fidèles pour leur donner le sens de notre démarche. A midi nous avons partagé le repas dans une ambiance qui était celle des premières communautés Chrétiennes. L’après-midi, nous avons échangé avec eux sur tous les grands sujets : la famille, le mariage, la paternité, la jeunesse, l’avortement, comment se protéger du matérialisme?, avant de repartir, les bras chargés de cadeaux.

Conclusion

La route de l’Europe, menée au rythme lent de la lecture de l’évangile ou de la récitation du chapelet, a permis une rencontre chaleureuse avec tous les pays. Ayant connu le matérialisme communiste, ils n’entendent pas retomber dans un autre aussi hideux, celui de la société libérale. Aussi à Mariazell, une semaine avant Pentecôte, huit pays d’Europe Centrale se sont rassemblés autour du Cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, pour écrire une charte spirituelle et donner aux fidèles sept mesures pour résister et rester fidèles au Christ. La Hongrie, la Slovaquie, la République Tchèque, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie Herzégovine, l’Autriche et la Pologne présents avec huit évêques, les chefs de gouvernement et 90’000 fidèles, nous ont ainsi indiqué la marche à suivre pour garder intactes nos racines Chrétiennes. Faisons les nôtres et les voici, pour que vous puissiez les mettre en pratique:

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1. Annoncer le Christ à tous les hommes.

2. Apprendre à prier et enseigner la prière.

3. Augmenter notre foi en nous appuyant sur les Saintes Ecritures et le catéchisme de l’Eglise Catholique

4. N’ayons plus peur de porter les signes de notre Foi et de nous en entourer dans nos maisons et sur nos lieux de travail.

5. Gardons et remettons en honneur la sanctification du dimanche.

6. Défendons la vie en tous ses états et la Famille Chrétienne, pierre angulaire de la construction Européenne.

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7. Développons la solidarité en Europe et dans le monde.

Nous étions à peine rentrés que deux nouvelles nous parvenaient : à Toulon, un prêtre en soutane a été interdit d’un établissement scolaire où il était chargé d’assurer la catéchèse et à Strasbourg, M. Rocco Buttiglione est rejeté parce que ses idées chrétiennes dérangent. L’heure de la persécution a sonnée, elle ne campe désormais plus à Budapest, Oswieçim ou Kiev, mais elle assiège Toulon, Strasbourg et Bruxelles.
Au lieu de nous lamenter, tressaillons de joie :« le sang des martyrs est semence de saints ». Il est temps que les chrétiens se réveillent en Occident, qu’ils retrouvent leur unité et qu’ils rejoignent le Christ Ressuscité, la seule espérance de l’Europe.
« Peuple de frères, le Seigneur nous donne maintenant une puissance qui fera trembler le monde jusqu’à la fin des temps.

Robert & Claudia Mestelan
La route de l’Europe chrétienne