Oratoire à Notre Dame de La Salette à l’Abbaye de Triors

Bénédiction le 4 août 2009 à l’Abbaye Notre Dame de Triors

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Pendant notre pèlerinage de la Route des Anges nous avons eu la joie d’assister à la bénédiction d’un nouvel oratoire avec plusieurs membres de l’association (François et Suzy de Vernejoul, Daniel et Lina Vuillemin, Marc et Elisabeth Péquignot et René et Mireille Gaillot). Cet oratoire, en l’honneur de Notre Dame de La Salette pleurant sur la France, fut bâti par les moines de l’Abbaye Notre Dame de Triors pour les 25 ans de leur existence. Il nous semble d’une brûlante actualité en cette année ou des lois impies ont osé prôner le travail du dimanche!

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Père Abbé Dom Hervé Coureau a prononcé une très belle homélie que vous trouverez ci-après:

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BÉNÉDICTION de L’ORATOIRE de NOTRE DAME de La SALETTE,
le 4 AOÛT 2009, en la MÉMOIRE du SAINT CURÉ D’ARS (+ 1859).

“Chers voisins et amis,

Il y a 150 ans, le 4 Août 1859, mourait le saint curé d’Ars. Son année jubilaire a été élargie à l’Église universelle qui a décrété cette année-ci comme année du sacerdoce. Nous fêtons nous-mêmes ici notre jubilé de 25 ans de présence à Triors. Aussi cette date a-t-elle été choisie pour inaugurer ce petit oratoire, profitant de la halte à Triors des marcheurs qui sillonnent l’Europe : cette fois-ci, ils viennent d’un sanctuaire du sud de l’Italie dédié à S. Michel, pour rejoindre le Mont S. Michel le 29 Septembre à l’occasion de sa fête. Et cet oratoire-ci est dédié à Notre Dame de La Salette. Aux pieds de sa statue figurent dans un bas relief les étoiles symboliques de l’Europe. Notre terre de vieille civilisation s’offre ainsi comme un grand livre ouvert qui s’offre à notre lecture : le passé et le présent y tissent ensemble une belle tapisserie de louange à Dieu, préparant l’avenir serein en Dieu. Certes, l’Europe a été le lieu de bien des conflits, surtout depuis un siècle. Mais malgré cette accumulation d’ombres et d’opacité, elle est d’abord une terre semée de sainteté.

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Notre temps cherche ses repères, non sans quelque difficulté, avec un certain désarroi même, car les signes chrétiens semblent disparaître. Néanmoins pour qui sait voir, ils sont toujours là ces signes, silencieux et probants, sans provocation pourtant, sans chercher à faire de propagande. Benoît XVI le disait au Collège des Bernardins en Septembre dernier dans un discours qui a été fort remarqué : Les chrétiens ne considèrent pas leur annonce missionnaire comme une propagande qui doit servir à augmenter l’importance de leur groupe, il s’agit plutôt d’une nécessité intrinsèque qui dérive de la nature de la foi, comme le soleil qui ne peut pas ne pas briller, qu’on le regarde ou non. Le Dieu en qui croient les chrétiens est le Dieu de tous, le Dieu Un et Vrai qui, à travers son Fils venu au milieu de nous, apporte la réponse concernant tous les hommes, réponse, que, au plus profond d’eux-mêmes, tous attendent.

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Notre Dame et tous les saints continuent ainsi de jalonner notre présent comme ils l’ont fait dans le passé, continuant d’éclairer silencieusement la page d’histoire qui est en train de s’écrire. Les pèlerins qui s’arrêtent chez nous ce soir témoignent de cette présence céleste au milieu de nous. Et à sa modeste échelle, l’abbaye veut être un signe de Dieu discret et probant, discret au sens de avisé, probant au sens de rassurant. Le petit oratoire que je bénis ce soir sous le sourire engageant du Curé d’Ars, figure austère qui attire pourtant les foules, cet oratoire est érigé dans ce cadre de verdure destiné aux échanges avec nos visiteurs en été.

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Par ses seules larmes Notre Dame de La Salette dénoncent le danger qui nous guettent. En 1846, c’est à dire au seuil des temps actuels, elle déplorait le début de la désaffection des foules pour la messe du dimanche. Le Curé d’Ars avait des paroles véhémentes sur ce même sujet. Aujourd’hui, le processus s’est très largement accru. Elle comme lui continuent de nous parler, à nous qui vivons après les conflits mondiaux qu’ils ont prédits. Nous nous débattons au milieu des interminables séquelles de ces guerres qui n’en finissent pas de tracer une sinistre trainée de sang sur la page d’histoire que nous devons pourtant écrire et enjoliver, malgré tout, par le courage de l’humilité qui fonde les grandes entreprises.

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Les larmes de Notre Dame font réfléchir à tout cela. Elles dénoncent la souffrance de tant de situations inextricables à vue humaine, la désinvolture aussi avec laquelle on cache ces drames ou la superficialité avec laquelle on prétend y remédier. La Très Sainte Vierge est une mère, la mère dont nous avons besoin. Elle se présente à nous non pas tant pour nous tenir de longs discours, mais pour nous dire simplement qu’elle est toujours là à nos côtés dans nos épreuves. La regarder, l’introduire dans sa vie est à la portée de tous. Elle nous aide à vivre dans le sérieux du véritable amour, ses pleurs veulent nous pousser à désirer le sourire de la joie en Dieu.

Avant que je ne bénisse l’oratoire, les moines vont chanter le Stabat Mater, qui est la séquence grégorienne consacrée aux larmes de Marie au pied de la Croix de Jésus, et juste après la bénédiction, un groupe polonais en séjour chez nous chantera l’hymne national de leur pays, qui est un vieux cantique consacré à Marie.”

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Nous remercions vivement le Père Abbé Dom Courau et les moines de l’Abbaye Notre Dame de Triors d’avoir bien voulu s’associer à cette chaîne de prière qui monte de tous les oratoires bâtis en Europe par l’association.