Bulletin N° 34

mardi 25 juillet 2017

EDITORIAL « Dieu ne nous demande pas de vaincre, mais de combattre ! »

Chers amis,

Après cette longue, désespérante et stérile période électorale, dont la durée et les péripéties ont divisé malheureusement encore plus notre cher Pays, quel bonheur ce fut, de nous rassembler le 31 mai, chapelet et bâton en main, aux pieds de Notre Dame du Laus.

Ce petit sanctuaire bas Alpin, illuminé par la grâce qu’eut Benoîte Rencurel au 17ème siècle d’y rencontrer la Sainte Vierge pendant cinquante-quatre ans, nous attendait en ce 31 mai, fête de Marie Reine et de la Visitation. Après la traversée du désert de ces criailleries politiques, il était évident que la Providence nous conduisait vers une source pure, le Cœur Immaculé de Marie pour nous y abreuver de fraîcheur et de pureté.

Merci donc à tous ceux qui sont venus et certains de très loin, de Meursault et de Briant, de Grasse et de Nice, de Menton et de Paris pour retrouver cette lumière qui tombe continuellement du ciel. Comme l’a écrit Simone Weil : « c’est elle qui fournit à l’arbre l’énergie, qui enfonce profondément les puissantes racines dans la terre. » En vérité, l’arbre est enraciné dans le ciel et chacun de nous est le témoin ébloui de la magnanimité du Créateur.

En nous consacrant au Cœur Immaculé de Marie, en lui donnant une journée de notre vie, nous avons réalisé le plus beau placement que l’homme puisse faire sur cette terre. Dans l’office des Compagnons de St Michel, l’oraison à la fin des litanies demande à Notre Seigneur Jésus Christ par l’intercession de l’Archange St Michel « la sagesse, d’amasser des trésors dans le ciel et d’échanger les biens du temps contre ceux de l’Eternité. » Je souhaite que chacun de vous l’ait compris et soit revenu plein d’espérance.

La dure existence qui fut celle de Benoîte nous incite à faire preuve du même courage et de la même abnégation. Le combat à mener aujourd’hui partout contre les lois mortifères et injustes, exige que nous devenions fervents missionnaires de la culture de vie, adversaires résolus des structures du péché qui obscurcissent le ciel du monde en commençant par notre propre cœur. Alors, mes amis de la Route de l’Europe chrétienne et de Sauvegarde St Hilaire, courage ! Ne fléchissons pas, en ne concédant pas notre part divine à une autorité terrestre. Poursuivons notre route avec confiance : « Dieu ne nous demande pas de vaincre, mais de combattre ! » (Mgr Freppel*). La victoire finale appartient à Notre Dame : « à la fin mon Cœur Immaculé triomphera ! »

Robert Mestelan, Président

* dont la devise se traduit par : le miel de gré, le dard à regret

Nouvelles de la chapelle St Hilaire

Après avoir enlevé la partie du milieu de la voûte qui s’était affaissée et refaite au bon endroit, nous avons pu couvrir le transept avec des pierres plates et le résultat est époustouflant ! Du côté est, ce n’est plus une ruine, c’est une église restaurée, belle, lumineuse. Après sept mois de travail, le transept a retrouvé son visage original. Deo gratias ! Le 31 mai, jour de notre pèlerinage à Notre Dame du Laus, Monsieur le Maire de Beaumes signât l’arrêté de non-opposition à notre déclaration préalable pour couvrir la nef. Nous pourrons donc continuer les travaux en mettant l’échafaudage du transept dans la nef avec le veau en bois et continuer la voûte sur la nef en trois déplacements. Il faudra au préalable rehausser les murs de la nef d’un bon mètre et réparer les fenêtres.

Le 15 mars, nous avons eu la visite de Rémi, journaliste à KTO qui a fait une vidéo sur la chapelle et les artisans de cette restauration (www.ktotv.com/video/00149360/l-avenir-de-nos-eglises )

Même le jardin semble s’être réjoui des progrès de nos travaux : les iris n’ont jamais été aussi beaux, ils n’ont jamais fleuri aussi longtemps.

Chers amis, nous avons encore besoin de votre aide : il nous faut 6000 Français généreux donnant chacun 20€ pour que nous puissions mettre définitivement hors d’eau ce joyau roman.

MERCI DE VOTRE GENEROSITE ! PARLEZ-EN AUTOUR DE VOUS, SOYEZ INVENTIFS !

Ensemble nous parviendrons à réunir la somme.

Pour répondre à la demande de l’architecte des Bâtiments de France, nous avons déplacé l’oratoire de St Joseph. Il protège désormais les vignes de notre voisin, M. Leydier. L’engin tout neuf de Pascal Girard a emporté St Joseph sans aucun problème. St Joseph est bien mis en valeur sur son nouvel emplacement, accueille les randonneurs et indique le chemin à suivre pour arriver à la chapelle.

27 mai concert champêtre à St Hilaire

Le samedi 27 mai, l’association a organisé une journée musicale particulièrement réussie avec le concours du Débuché de Provence, sonneurs de trompe de chasse. Pour une fois, la fidèle bétonnière avait été abandonnée et les tas de sable écartés ont permis aux visiteurs de se rassembler dès onze heures pour la sainte messe célébrée sur le parvis par M. l’abbé Marcel Bang, curé de la paroisse des Dentelles. Parmi les invités, Monsieur le Maire de Beaumes, M. Jérôme Bouletin et plusieurs conseillers municipaux, ainsi que M. Pierre Meissonnier, ancien directeur régional du Crédit Agricole.

Après l’apéritif et le déjeuner, c’est dans le petit bois bordant la chapelle au sud, que s’est dé-roulé le concert permettant d’apprécier le talent et la maîtrise des dix sonneurs Provençaux pour cet instrument typiquement Français. Sur les belles restanques qui reçoivent encore parfois la visite des sangliers, le public comblé a apprécié les différentes pièces d’un répertoire très ancien qui a fait et fait encore les beaux jours des circonstances particulières de chasse. L’hommage au sanglier ou au cerf, la messe de St Hubert, ont enchanté les visiteurs de St Hilaire, comblés par ce concert de grande qualité. Présenté par Martine, bénévole à St Hilaire quand le temps le lui permet, ce concert a été offert gratuitement par le Débuché pour aider Sauvegarde à récolter des fonds pour rebâtir la chapelle. Un TRES GRAND MERCI à nos généreux sonneurs Provençaux. Que St Hubert nous aide à couvrir le toit de la nef !

Chemin de Croix 2017 Organisé par Sauvegarde et présidé par M. l’abbé Cadiet, le Chemin de Croix 2017 a rassemblé au col de Durban le 12 avril les chrétiens de Beaumes qui voulaient, en se rappelant les souffrances du Christ, participer à Son sacrifice et témoigner leur foi. La Croix en bois, portée par Jean a été accompagnée jusqu’au parvis de St Hilaire. Elle y restera jusqu’au 28 décembre où elle sera portée à Chantemerle-les-Blés, à la colline des Croix. Depuis sa création par le Dr Doublier Villette, Chantemerle-les-Blés est le sanctuaire et le mémorial des enfants avortés.

Les conférences A Chambery le 14 mars avec les AFC.
A Toulouse le 22 mars à la chapelle St Jean Baptiste.
A Briant (Bourgogne) le 29 mai dans le beau village de Stéphanie Bignon où se trouve le presbytère qu’occupe M. le Chanoine Trauchessec. Partout la conférence « Non, nos églises ne sont pas mortes » et « Sauvons la chapelle St Hilaire » a obtenu un grand succès. (www.terreetfamille.fr)

Le patronage du Puy en Velay à la chapelle St Hilaire Ce n’est pas la première fois qu’accompagnés par M. l’abbé Fabrice Letellier le patronage du Puy vient travailler à St Hilaire. Cette fois-ci il a dégagé la terre qui encombrait une partie de la nef et transporté à l’extérieur pour être mise dans notre jardin. Merci pour cet excellent travail qui nous permettra de déplacer l’échafaudage.

In mémoriam

Marie-Jeanne Quintrand s’est éteinte le 14 avril 2017. En participant avec nous au pèlerinage à Notre Dame du Puy le 8 mai 2016, nous ne savions pas que Marie-Jeanne allait nous quitter si vite. Atteinte d’un cancer du pancréas, elle a souffert héroïquement tout un hiver, soutenue par la prière, la foi immense en Dieu qui l’habitait, le dévouement et la fidélité de ses amies. Le Seigneur est venu la chercher le soir du Vendredi Saint, en la fête du bienheureux César de Bus, pour lequel elle avait une grande dévotion. Veuve consacrée, oblate de la communauté des Foyers de charité de Marthe Robin à Châteauneuf de Galaure, Marie Jeanne, dans ses dernières années de sa vie terrestre était devenue une femme de prière qui avait délibérément choisi de se retirer du monde pour pouvoir se consacrer entièrement à Dieu et mieux se préparer à sa rencontre. En dépit de sa maladie, elle suivait très attentivement les progrès des travaux menés à St Hilaire, pour lesquels elle fut une bienfaitrice particulièrement généreuse. Pour notre consolation, nous savons que Marie Jeanne goûte maintenant le bonheur, fruit de la perfection si ardemment désirée et possédée enfin, dans le souverain repos du ciel. « J’irai la voir un jour, j’irai loin de la terre, sur le cœur de ma Mère, reposer sans retour. »

Monseigneur André Reyne : Au petit matin du 22 juin, Mgr Reyne a rendu sa belle âme à Dieu. Il allait avoir 96 ans en la fête de Ste Anne et paraissait encore solide, mais la forte canicule de ce mois de juin a eu raison de ses forces et l’a emporté au terme d’une existence toute consacrée au Seigneur, à l’amour de ses frères, de la France et de la Provence. Jusqu’au bout Mgr Reyne est resté au pied de l’autel, revêtu de sa chasuble. Pour avoir assisté et servi ses messes, je peux affirmer que c’est essentiellement là, dans le renouvellement quotidien du sacrifice sanglant de Jésus Christ, Fils de Dieu, que Mgr Reyne puisait chaque jour la force et le rayonnement de sa vie pastorale. Ordonné prêtre le 13 mai 1945, il fut engagé comme vicaire, prêtre, curé ou aumônier dans plusieurs paroisses du diocèse. Son action auprès des jeunes des scouts, des militants de la J.A.C., des jeunes prêtres, fut déterminante. Pas un seul homme en Vaucluse qui ne reconnaisse avoir reçu la foi simple et rayonnante qu’il prêchait naturellement, assortie d’une fierté constante pour la Provence, sa petite patrie et la France. Témoignage d’un jeune prêtre :

« La première fois que je l’ai rencontré, c’était au monastère du Saint-Sacrement, à Bollène, dans la lumière du témoignage des bienheureuses religieuses martyres d’Orange. Ce prêtre, par son attachement au témoignage des saints de notre diocèse (les bienheureuses martyres d’Orange, saint Eutrope, saint Siffrein…), m’a appris à aimer la sainteté et à la comprendre comme un don de Dieu : une sainteté à visage humain et rayonnante de la grâce de Dieu. Il m’a appris à comprendre combien les saints sont moins des exemples à imiter que des amis dans notre vie de foi, aptes à nous aider, à nous soutenir, à nous encourager, pour nous mettre à la suite du Christ. Lorsque j’étais séminariste, j’allais souvent à la Métropole de Notre-Dame-des-Doms pour assurer l’accueil et les visites. Le matin, j’arrivai pour la messe que je lui servais. Puis nous prenions le petit-déjeuner. J’accomplissais mon service jusqu’au déjeuner aux saveurs provençales qu’il préparait avec simplicité et enthousiasme. Les conversations de tables étaient émaillées d’anecdotes de la vie et de l’histoire du diocèse, des hommes et des femmes qui ont fait cette histoire. Il m’a appris à aimer ce diocèse et son histoire et à prendre ma place dans cette histoire, avec réalisme et modestie. J’ai découvert à travers lui, nourri de la spiritualité de saint François de Sales, ce qu’est la bienveillance, la bonté et la tendresse du prêtre. Auprès de lui dans la célébration de la liturgie, j’ai appris à aimer et à vivre avec simplicité et exigence la prière de l’Eglise, dans toute sa richesse d’hier et d’aujourd’hui. J’ai été saisi et séduit par sa constance et sa fidélité dans la prière et célébration de la liturgie, et le soin apporté à sa beauté, non seulement par le chant – en particulier le chant grégorien – mais aussi par les ornements, les vases sacrés, les fleurs, le service d’autel… A la suite de saint Benoît, la liturgie faisait partie de sa vie de prière, elle n’était pas seulement une activité accessoire de sa vie de prêtre, mais le cœur de sa vie de prêtre et de sa vie de prière, la source et le sommet de son ministère. Lorsque nous nous écrivions, c’était en provençal, comme une langue du cœur, une langue vivante et populaire, loin des artifices. Sa dernière lettre, je la connais presque par cœur, tant ses mots m’ont touché. Je me souviens avec délices des petites histoires qu’il racontait, passant du français au provençal, lorsque le français se montrait incapable d’exprimer avec justesse et humanité la réalité des situations !

Lorsque j’ai été ordonné prêtre, il m’a offert deux choses : un calice et un tablier ! Je suis attaché aussi bien à l’un qu’à l’autre ! Plus que le calice d’ailleurs, c’est sa manière même d’aimer et de vivre la liturgie qu’il m’a transmis. C’est à lui que j’ai pensé lorsque j’ai célébré ma première messe, c’est à lui que je pense souvent, en célébrant les saints mystères. Quant au tablier, c’est celui qu’il portait pour me préparer le repas. A la fin du repas, il quittait son tablier et me le remettait en me disant : « accipe gremialem ad tergendam vasum », m’indiquant ainsi que c’était à moi de faire la vaisselle ! Je l’ai aimé ce rituel, simple et fraternel. Je vous partage ma peine de perdre cet homme, ce prêtre, ce frère, ce père et grand-père, non seulement pour moi, mais pour le diocèse. Mais je veux aussi vous partager ma joie d’avoir été témoin et bénéficiaire de ce qu’il est et de la grâce qu’il a servi. » C’est Mgr Reyne qui a bénit l’oratoire du « Volto Santo » à Chantemerle-les-Blés le 29 septembre 2008 et qui nous a de temps en temps servi de chapelain pour célébrer avec les compagnons de St Michel la sainte messe que M. Olier avait prescrit à Anne d’Autriche de faire dire pour le salut et le relèvement de la France. Très conscient et attentif à la réhabilitation de la chapelle St Hilaire, Mgr Reyne nous encourageait et nous a souvent aidé généreusement. Grâces lui soient rendues. L’arbre de Judée planté sur sa demande, en face de la porte sud, restera toujours pour nous le signe de sa prière et de sa présence. Prions l’archange St Michel, prince des milices célestes pour qu’il vous accompagne dans le Royaume où nous souhaitons tous, Monseigneur, vous retrouver bientôt.

Ste Jeanne d’Arc – modèle du laïcat (extrait de « Jeanne d’Arc - le procès de Rouen » de Me J. Trémolet de Villers)

« Jeanne est laïque. C’est le modèle du laïcat, c’est l’incarnation même du laïcat, mais une laïque profondément catholique. Elle est en même temps profondément laïque et profondément catholique. Et donc pour tout ce qui est d’ordre temporel, elle échappe à la juridiction cléricale. C’est le grand apport de Jeanne qui n’est pas encore complètement compris. C’est pour cette raison qu’elle a une actualité extraordinaire. C’est que Jeanne est de retour à la moitié du 19ème s. Elle revient au 19ème et est canonisée au début du 20ème parce que nous sommes à un moment où l’on a plus de prince, on a plus de roi, on est dans une situation dans laquelle c’est le peuple qui est en charge et il n’y a plus personne pour indiquer la voie. A ce moment-là, que font les autorités cléricales ? Il faut bien dire les choses, elles composent avec les Etats et elles composent avec les Etats ennemis. Léon XIII compose avec la république maçonnique.

Pie XII fait pareil, il met même à l’index l’Action Française. Les deux écartent les royalistes pour dire qu’il faut être républicain. Le peuple chrétien ne sait plus où il en est. Il est déchiré entre ce qu’il croit être sa mission et puis ce que lui disent les autorités cléricales. Aujourd’hui, on n’est pas à ce stade de drame, mais on en est quand même, dans une certaine mesure, à une certaine incertitude sur le plan politique et Jeanne nous rappelle à nous laïques catholiques que nous n’avons qu’à faire ce que veut Notre-Seigneur, sans nous préoccuper des diplomaties cléricales quelles qu’elles soient. Elles ont leur raison d’être, mais elles n’obligent pas en politique. Jeanne ne les juge pas.

Jeanne trace sa route : elle libère Orléans, elle fait sacrer le roi à Reims. Après, elle ira normalement libérer Paris et chercher Charles d’Orléans en Angleterre. Et après, sa mission sera terminée. Et comme sa mission n’est pas terminée, Jeanne reste en habits d’homme. L’habit d’homme, c’est sa mission, son habit de soldat. Jeanne est très simple. Comme elle est extrêmement intelligente, elle est extrêmement simple. Elle a sa mission donnée par le Ciel. Aujourd’hui, cela nous parle, parce qu’aujourd’hui, nous aussi, nous sommes responsables de notre patrie. Nous sommes responsables de notre royaume de France, le saint Royaume de France comme disait Jeanne. »

31 Mai 2017 – Notre Dame du Laus : consécration de la Route de l’Europe chrétienne au Cœur Immaculé de Marie

En ce beau mois de mai et cent ans après les six apparitions de Notre Dame à Fatimà, l’association La Route de l’Europe chrétienne a choisi le sanctuaire Notre Dame du Laus dans les Hautes Alpes pour rendre un hommage solennel à la Très Sainte Vierge Marie et consacrer tous ses membres au Cœur Immaculé de Marie.

Le sanctuaire Notre Dame du Laus*, aujourd’hui basilique mineure et dont l’Eglise en 2008 a reconnu le caractère surnaturel des apparitions, a pour vocation et dès son origine, de convertir les pécheurs. « J’ai destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs, beaucoup viendront ici se convertir. Pour cela, il faudra construire une église et une maison pour les prêtres. » C’est ainsi qu’en 1664 la Sainte Vierge Marie s’est adressé à une jeune fille pauvre, Benoîte Rencurel. A la suite des premières apparitions dans le vallon qui vont durer pendant 54 ans, les foules accourent en pèlerinage, bien qu’à l’époque ni radio ni journaux ne pouvaient les atteindre. Guidés par Benoîte qui a reçu un charisme particulier de connaissance des cœurs, effectivement de très nombreux pèlerins viennent se convertir, touchés par le pardon. Poussés uniquement par la foi, les pécheurs se pressent et l’on parle de 140 000 visiteurs pour ce petit vallon, perdu au pied des Alpes. Comme à Fatimà, Notre Dame du Laus est le refuge des pécheurs, elle guérit les corps et les âmes et réconcilie tous ceux qui, animés d’une foi sincère, viennent humblement chercher le pardon avec Dieu, avec les autres, avec eux-mêmes.

C’est au retour de notre pèlerinage en 2016 à Fatimà que nous avons conçu le projet de mettre tout de suite en application ce que la Sainte Vierge demandait instamment aux trois petits bergers : venir nous consacrer à son Cœur Immaculé. 48 ont répondu à cette gracieuse invitation et la journée du 31 mai 2017 restera gravée dans nos cœurs comme une journée intense de prière qui nous a comblés de grâces. Il faut dire qu’elle avait bien commencé avec, dès six heures, un double arc en ciel qui nous accueillait sur la route vers le Sacré Cœur d’Avignon et sous un ciel chargé qui n’allait pas tarder à s’éclaircir au cours des heures de la journée.

* un lac, maintenant desséché occupait autrefois le fond du bassin et lui a laissé son nom : Laus prononcé Laous veut dire lac, c’est le mot lacens avec l’élision du c. Première étape : St Etienne le Laus où notre dévoué chapelain, M. le chanoine G. Trauchessec célèbre la sainte messe servie par Bertrand, venu de Rosans. Le père Guillaume Devillers nous y rejoint pour nous confesser et nous accompagner toute la journée en étant un guide compétent et enthousiaste. Au restaurant du sanctuaire, quelques adhérents venus par moyens personnels et parfois de très loin, comme de l’arrière pays de Grasse ou de Meursault, se joignent à nous. Le sanctuaire reçoit ensuite notre consécration. Pour lui donner un caractère sacré de fidélité, chacun est invité à se signer devant l’autel de la Sainte Vierge avec l’huile parfumée : « Ô Marie, Vierge puissante et Mère de Miséricorde, Reine du Ciel et refuge des pécheurs, je me consacre à votre Cœur Immaculé. Je consacre mon être et ma vie toute entière, tout ce que j’ai, tout ce que j’aime, tout ce que je suis. A vous mon corps, mon âme. A vous mon foyer, ma famille, ma patrie. Je veux que tout en moi, tout autour de moi vous appartienne et participe aux bienfaits de vos bénédictions maternelles. Je vous promets, ô glorieuse Mère de Dieu et tendre Mère des hommes, de mettre tout mon cœur au service de votre culte béni afin de hâter, d’assurer par le règne de votre Cœur Immaculé, le règne du Cœur de votre adorable Fils dans mon âme et dans toutes les âmes, dans mon cher pays et dans tout l’univers, sur la terre comme au ciel. Ainsi soit-il. » L’après-midi se passe comme dans un rêve : la chapelle de Bon Rencontre, simple abri de pèlerin, fut construite pourtant en un temps record. Cet édifice, lit-on dans l’historique, « fut commencé presque avec rien, les mains des pauvres en ont rassemblé les matériaux, les aumônes en ont creusé les fondements, la Providence en a élevé les murs et la confiance en Dieu les a achevés. »

Le 29 septembre 1664, anniversaire de naissance de Benoîte et fête de l’Archange St Michel, c’est à Pindreau que la Ste Vierge désigne le lieu où elle veut être priée. « Allez au Laus, vous y trouverez une petite chapelle d’où s’exhaleront de bonnes odeurs, là vous m’y parlerez très souvent et très souvent vous m’y verrez. »

Aujourd’hui comme hier, l’église du sanctuaire est en harmonie avec les pauvres vallées qui y viennent aboutir. A la chapelle de Bon Rencontre on a simplement ajouté un clocher de forme byzantine et une chapelle absidiale. Après Pindreau, nous poursuivons la marche par un chemin de Croix dirigé par le père Devillers qui nous conduits enfin à la chapelle du Précieux Sang, qui abrite des restes de la Croix d’Avançon, devant laquelle Benoîte eut l’insigne honneur de voir le Christ souffrant et de recevoir les stigmates. Mais pour la soustraire aux dégradations et aux vols, il fut bientôt nécessaire de la suspendre dans une petite chapelle ronde, la chapelle du Précieux Sang, élevée en 1862. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la vie héroïque de Benoîte Rencurel, qui inlassablement s’adressait aux pèlerins pour les diriger vers les prêtres. Son activité déplaisait fortement au démon, aussi eut-elle à de nombreuses reprises à subir ses assauts. « Aux tourments qu’endurait l’innocente victime, s’ajoutaient les souffrances morales que satan trouvait le moyen de multiplier, chaque fois qu’il s’emparait d’elle. Pendant qu’il lui faisait franchir les espaces avec la rapidité de l’aigle, son plaisir était de renouveler ses propos hideux et de lui raconter en détail les péchés et les abominations qu’il faisait commettre. Cette infernale persécution s’est renouvelée un jour par semaine de 1684 à 1692, puis tous les deux jours de cette époque jusqu’à la mort de la bergère, c’est-à-dire pendant trente-quatre ans ! Le démon était décidé à la faire mourir. Elle serait morte vingt fois si un ange n’était venu la réconforter. Trois fois, satan la transporta au seuil de l’enfer, pour lui faire voir ce qu’étaient devenues les âmes pour qui elle avait prié. Les supplices des réprouvés lui firent subir d’abondantes larmes et elle ne voulut se consoler qu’en souffrant davantage. »

Nous terminons cette belle journée par l’adoration du Saint Sacrement qui nous rassemble avec ferveur dans l’église du sanctuaire. Le sanctuaire du Laus a réellement pour lui les promesses de l’immortalité, il sera toujours un asile assuré où les âmes coupables pourront retrouver avec le pardon de leurs fautes, l’amitié de Dieu. Sans doute, Benoîte n’est plus là pour soutenir les consciences, pour révéler les ces secrets, dont l’aveu coûte tant à la nature humaine, elle n’est plus là avec sa parole su douce et si pleine de force pour nous inspirer l’horreur du péché et l’amour de la vertu, mais l’apostolat de Benoîte n’a pas été interrompu par sa mort le 28 décembre 1718. Elle prie encore, elle ne souffre plus, elle aime toujours et ne cesse de crier miséricorde pour les pauvres pécheurs qui viennent s’agenouiller sur sa tombe.

Mois du Sacré Cœur de Jésus

Le 27 décembre 1673, le Sacré Cœur apparaît à Marguerite Marie Alacoque et lui demande d’avoir une dévotion à Son Sacré Cœur. Il fixe les deux principales dévotions, l’heure sainte et la communion du 1er vendredi du mois. A tous ceux qui se consacreront à Son Sacré Cœur Il promet :

« 1- Je leur donnerai toutes les grâces dans leur état.
2- Je mettrai la paix dans leur famille.
3- je les consolerai dans toutes leurs peines.
4- Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.
5- Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.
6- Les pécheurs trouveront dans mon cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.
7- Les âmes tièdes deviendront ferventes.
8- Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.
9- Je bénirai les maisons où l’image de mon Sacré Cœur sera exposée.
10- Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.
11- Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon cœur, où il n’en sera jamais effacé.
12- Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon cœur, que mon amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredi, neufs fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce ni sans recevoir les sacrements, et qu’il se rendra leur asile assuré à cette heure dernière. »

Associations Route de l’Europe chrétienne et Sauvegarde de la chapelle St Hilaire, 64 rue de la Frâche 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne www.chapellesainthilaire.fr


La Route de l’Europe chrétienne - Atelier Lou Barri - 84740 Velleron / France - Tel/Fax 04 90 20 08 70
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