Bulletin N° 20

lundi 19 août 2013

N° 20

7 juin 2013 EDITORIAL « Va, Fille aînée de l’Eglise »

Chers amis,

En fêtant l’an dernier à l’Ile Bouchard le 600ème anniversaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc, il me semble que la Providence a voulu nous préparer aux graves évènements qui agitent la France depuis six mois. En nous donnant Jeanne pour modèle et en nous rappelant la vocation chrétienne de la France, elle nous indique clairement la marche à suivre et elle sollicite notre engagement. « Vous êtes le vrai héritier de France, vous serez le Lieutenant du Roi des Cieux » s’était écrié Jeanne lorsqu’elle avait rencontré le Dauphin à Chinon, ce qui permit au Général Weygand de faire par la suite l’observation suivante : « Jeanne d’Arc a chevauché onze jours en silence à travers la France envahie, dévastée, avant d’apporter à Chinon la délivrance ; je crois qu’elle chemine encore dans les âmes et qu’un jour elle nous apportera de nouveau le salut. »

En tout cas, c’est certainement elle qui anime la résistance de ces milliers de jeunes, campeurs ou veilleurs, qui avec courage, intelligence et dans la paix clament leur amour de la vérité bafouée et confisquée. Et c’est encore elle qui soutient l’engagement des aînés, car si l’expérience familiale disparaissait de la conscience humaine, « nous perdrions non seulement un moyen de parler, mais même un moyen de comprendre quelque chose de ce qu’est Dieu et de ce qu’Il veut faire avec l’humanité ».

Marthe Robin, dont le procès de béatification est en cours, l’avait prédit : « La France tombera très bas, plus bas que les autres nations à cause de son orgueil et des mauvais chefs qu’elle se sera choisie. Elle aura le nez dans la poussière. Alors, elle criera vers Dieu et c’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. »

Notre bonne Mère ne cesse de se pencher sur elle en dépit de nos abandons et de nos crimes. En 1830 elle apparaît à la Rue du Bac, en 1846 à La Salette, en 1858 à Lourdes, en 1871 à Pontmain, en 1876 à Pellevoisin, en 1947 à L’Ile Bouchard. Devant tant de largesses, tant de sollicitude, comment pourrions nous douter encore de sa fidélité ainsi que de la vocation et de la pérennité de la France dans le plan de Dieu ?

Le 29 novembre 1911, dans une allocution aux nouveaux cardinaux, saint Pie X devait affirmer toute sa foi dans le relèvement de notre pays : « Le peuple qui a fait alliance avec Dieu sur les fonds baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation. Sans doute, les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes. Un jour viendra et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et entendra la voix qui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? » Et sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? » La voix lui répliquera : « Je suis Jésus que tu persécutes. Il t’es dur de regimber sous l’aiguillon, parce que dans ton obstination tu te ruines toi-même. » Et elle, tremblante et étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui répondra : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter comme par le passé mon Nom devant tous les peuples et les rois de la terre. »

Robert Mestelan, Président

« D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin vous gagnez. » (Gandhi). Amis de la liberté : surtout ne lâchons rien !

VIVE JESUS, VIVE SA CROIX

Robert et Claudia Mestelan, qui n’auront jamais fini de sillonner à pied la France et l’Europe, viennent de rentrer d’un nouveau chemin de pèlerinage qu’ils ont ouvert :

La Route St Louis-Marie Grignion de Montfort

Partis le 5 avril de Rennes, ils sont arrivés à Poitiers le 25 mai après une marche à pied de 1150 km qui a duré sept semaines. Elle leur a permis de connaître les lieux où St Louis-Marie à vécu et a exercé son action. Ce qu’ils ont découvert est extraordinaire : trois cents ans après sa mort, la sainteté d’un serviteur de Dieu consacré aux pauvres, n’a pas pris une ride, elle éclipse tout, laissant un sillage indélébile comme une étoile de première grandeur.

Qui était St Louis-Marie ?

Né en 1673 à Montfort sur Meu (Bretagne) dans une famille nombreuse qui avait 18 enfants. Louis-Marie, après ses études à Rennes et à St Sulpice, est ordonné prêtre le 5 juin 1700. Il cherche sa voie, mais il va la trouver, car animé d’un puissant esprit missionnaire et encouragé par le Pape Clément XI qui le nomme missionnaire apostolique, il va re-christianiser les provinces de l’ouest de la France (Bretagne, Pays Nantais, Vendée, Charente et Poitou). Epuisé, il meurt à 43 ans à St Laurent sur Sèvre après 16 ans seulement d’une vie apostolique extraordinairement fervente au cours de laquelle il a créé trois congrégations (la compagnie de Marie ou Monfortains, les Filles de la Sagesse, les frères de St Gabriel), écrit de nombreux livres, prêché environ 200 missions et composé 200 cantiques.

Soixante-dix ans plus tard, en 1793, la Vendée, fidèle au bon Père de Montfort, va résister jusqu’à la mort pour défendre Dieu et le Roi, en épinglant sur sa poitrine le cœur embrasé rouge sang avec la croix de St Louis-Marie qui devient son signal de reconnaissance et son étendard.

Béatifié par Léon XIII, canonisé par Pie XII, il fut à titre posthume le directeur de conscience de Jean-Paul II qui lui emprunta sa devise papale « Totus tuus ».

L’aventure de la mission et celle du pèlerinage

Tous ces titres méritaient bien un pèlerinage, surtout au cours de l’année de la Foi, prescrite par S.S. Benoît XVI ! En 1700 comme en 2013, c’est en allant sur les routes, en se frayant un passage au milieu des voitures, en traversant les villes et les villages, en priant dans les églises lorsqu’elles sont restées ouvertes et en résumé en s’aban-donnant totalement chaque jour à la Providence, qu’un pèlerin vit le mieux le dépouillement de la croix, se rend semblable au Christ, rencontre et porte témoignage à ses frères et peut aussi revivre les aventures des missions prêchées par St Louis-Marie.

La rencontre chaque soir avec un frère ou une sœur qui, sans vous connaître, vous ouvre la porte de sa maison et celle de son cœur, conduit tout naturellement à la Sagesse éternelle, thème préféré de St Louis-Marie qui sait nous faire voir le Christ Jésus dans le visage de la Sagesse.

La fatigue, l’exposition permanente au froid et à la pluie, ont été les meilleures conditions pour nous faire connaître les épreuves subies et nous revêtir de la spiritualité exigeante de ce grand missionnaire breton. Notre plus grande joie a souvent été de lire quelques pages de « L’Amour de la Sagesse éternelle » ou de la « Lettre ouverte aux Amis de la Croix » dans le silence des églises où nous savions qu’il avait prêché ses fameuses missions. A côté de nous on sentait sa présence amicale, elle nous réchauffait et faisait s’évader nos fatigues.

Trois cent ans après sa mort, nous avons été stupéfaits de constater qu’il n’a pas été oublié. Son souvenir est resté très vivant, il est encore inscrit dans la mémoire, les mentalités et les prières des chrétiens des villages traversés et particulièrement à La Chèze, La Séguinière, La Garnache, Pontchâteau, Mervent ou La Rochelle, l’île d’Aix. Dans presque toutes les églises où il a prêché et parfois même sur les façades et sur les parvis, nous avons retrouvé ses statues le représentant en surplis blanc, brandissant la croix, le chapelet à la main.

De nombreux vitraux illustrent ses miracles et à quelques deux cent mètres de l’église, en général sur un point haut, un beau calvaire constitue la preuve incontournable de son passage. Sur certains trajets, on découvrait une croix tous les cinq kilomètres, de magnifiques croix de granit qui témoignent de toute la ferveur d’un peuple converti, voulant rester chrétien en l’affirmant aux yeux du monde.

Vive Jésus, vive Sa Croix

Ô Crux ave, spes unica, salve. Ayant épousé la Croix, St Louis-Marie s’est en effet toute sa vie configuré au Christ dans le mystère de la Croix. Il est mort épuisé, les seize ans de sa vie d’apôtre marqués par des rejets incessants, des contrariétés sans nombre, des humiliations, des atteintes à sa vie, des menaces de mort, des coups, un empoisonnement. Il a toujours tout accepté et l’on peut même dire qu’il bénissait le Seigneur de lui accorder tellement de Croix. Il faisait même prier les Filles de la Sagesse pour que le Seigneur lui en envoie de nouvelles chaque jour ! « Pas de croix, quelle croix ! »

Pendant que nous marchions en ce mois de mai décidément bien froid et agité, nous étions en pensée avec le million de chrétiens qui à Paris s’étaient rassemblés pour défendre l’institution du mariage et à travers elle, les droits de Dieu et nous nous posions souvent la question : s’il était encore de ce monde, que dirait St Louis-Marie Grignion de Montfort ? La lettre aux Amis de la Croix nous a paru contenir le conseil qu’il nous donnerait encore :

« Que le chrétien porte la croix sur ses épaules à l’exemple de Jésus Christ afin que cette croix lui devienne l’arme de ses conquêtes et le sceptre de son empire. Qu’il la mette dans son cœur par l’Amour pour le rendre un buisson ardent qui brûle jour et nuit du pur Amour de Dieu sans se consumer. »

Le pèlerinage s’est terminé en apothéose à Poitiers en vénérant les reliques de St Hilaire dans la majestueuse basilique qui lui est consacrée. Nous avons dormi chez le président des Amis de St Jacques et son épouse, qui nous ont accueilli comme des frères et le dimanche nous avons eu la sainte messe dans la chapelle de Montbernage, bâtie par le Père de Montfort en 1705. A la fin de la messe, nous nous sommes approchés de la belle croix qui se dresse dans le chœur et nous avons lu : « Si vous rougissez de la Croix de Jésus Christ, Il rougira de vous devant Son Père. »

Merci St Louis-Marie de nous avoir rappelé l’exigence de notre Foi !

Bon pèlerinage à tous. « Alerte, Alerte, la mission est ouverte !

Venez y tous, mes bons amis

Venez gagner le Paradis. » (Cantique T20)

La vocation chrétienne de la France

par une étudiante d’une grande école (19 ans), fille de membres de La Route de l’Europe chrétienne

« Alors que tant de sages croient la tradition chrétienne morte, et mort l’homme formé par elle, nous avons la certitude qu’ils ne sont l’un et l’autre qu’endormis... L’homme que la tradition monarchiste chrétienne a formé... nous croyons fermement qu’il existe toujours, qu’il vit et respire, souffre et meurt à nos côtés » écrivait Bernanos dans Nous autres Français (1939).

Effectivement, l’enjeu est de taille : nous vivons aujourd’hui dans une « République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » (Constitution, article II), qui affiche bien haut et fort sa laïcité, même positive. Et le bienheureux Jean-Paul II de nous rétorquer « France, fille aînée de l’Eglise, éducatrice des peuples, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » ! Où donc nous situer, nous Français et catholiques ? A l’heure où « le changement, [c’était] maintenant », la vocation chrétienne de la France, si souvent rappelée par les Papes, est-elle toujours d’actualité, la laïcité étant un principe fondamental de la république ? Ou faut-il conclure au « novum sub sole », proposé comme thème de ce Sénevé ?

Les dons de Dieu demeurent, donc la vocation donnée à la France doit être aussi jeune qu’au premier jour. « La France, née du baptême de Clovis,n’est pas un royaume comme les autres. Il est un morceau du royaume des Cieux qui est l’Eglise. La fille aînée est de la même descendance que sa mère ! » (Maître Trémolet de Villers) Mais est-ce à dire que la France doit être un royaume de prêtres ? C’est là que gît la difficulté, c’est la question centrale posée à la France : « la question de la conciliation, de la distinction dans l’unité, des rapports harmonieux entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, entre l’Eglise et l’Etat, entre le pape et les dirigeants politiques » (Me Trémolet de Villers).

Y-a-t’il une mission chrétienne de la France, et est-ce toujours d’actualité ?

I-La construction de la France ne s’est pas faite sans l’Eglise

Il importe tout d’abord de remarquer que la France a été construite par l’Eglise, comme une nation faite sur mesure pour défendre, répandre, accomplir le catholicisme. La naissance de la France est en effet contemporaine, et indissociable du baptême de son premier roi. On aime ou non le premier président de la Vème république, mais il a déclaré : « Pour moi, l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par les tribus des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons vécu la préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien, et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs. » C’est le début de « gesta Dei per Francos », entériné par le pacte de Reims, où Clovis lie la France au Christ, et le Christ à son bras lige, la France : « Vive le Christ qui aime les Francs !

Qu’il garde leur royaume et remplisse leurs chefs de la lumière de la Grâce. Qu’il protège leurs armées. » et, du côté de l’Eglise, répond le testament de saint Rémi : « Apprenez mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise romaine, qui est la seule véritable Eglise du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes. Et il soumettra tous les autres peuples à son sceptre. Il durera jusqu’à la fin des temps. Il sera victorieux et prospère tant qu’il sera fidèle à la Foi romaine. Mais il sera durement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à sa vocation. » N’est-ce pas d’une réelle actualité aujourd’hui ? Et n’est-ce pas en même temps porteur d’un flamboiement d’espérance ? Dieu a fondé la France par l’onction de la sainte ampoule (source d’un usage diplomatique qui « voulait que les ambassadeurs du Roy de France aient le pas sur ceux des autres souverains parce que leur maître était sacré d’une huile apportée du ciel », selon un décret de la république de Venise de 1558), et Il ne l’abandonnera point. C’est par sa prière que Clovis battit les Alamans à Tolbiac, c’est par le concours de saint Rémi, et des évêques qu’il assit son royaume et devint le premier roi de la première nation unifiée ! L’Eglise et la France sont donc déjà intimement liées dès le commencement ! Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : saint Rémi n’est pas le chef du royaume, et Clovis reste bien Roy ! En témoigne le premier concile de l’Eglise franque, à Orléans en 511. Les évêques présents y instituent les règles de base devant régir les relations entre l’Eglise et l’État, selon la parole de l’Evangile, " Reddite ergo, quae Caesaris sunt, Caesari et, quae Dei sunt, Deo ". (Luc XX, 25) Ainsi donc chaque pouvoir est souverain dans sa sphère, mais le chef politique reste sujet de l’Eglise et ne saurait lui commander. Cette alliance entre Dieu et César définit les fondations d’une société, et détruit les sociétés romaines et germaniques où l’empereur était divinisé et le roi prêtre ! Et qui en est responsable, sinon l’Eglise elle-même qui soutient ce tout jeune roi ?

Cela pose donc bien les données du problème : dès sa naissance, pouvoir « laïc » et pouvoir « religieux » sont imbriqués et sainement distingués dans la fondation du royaume de France.

II-La France et sa vocation de chrétienté

La France fut d’abord fidèle à ce pacte de Reims, et en retour, Dieu la favorisa. Notre pays a eu une double vocation au service de l’Eglise, d’abord comme défense guerrière, puis comme fille plus spirituelle.

1- La France, protectrice de l’Eglise

Cette vocation de défense de l’Eglise prit tout d’abord un caractère terre à terre, si j’ose dire. Il s’agissait en effet de protéger le territoire pontifical. Il ne s’agissait pas de faire du pape le chef d’un empire temporel plus puissant que ses voisins, d’en faire finalement un souverain comme les autres, mis à part sa prêtrise. Il fallait mettre l’Eglise matériellement à l’abri des pressions politiques et militaires, en lui donnant une certaine indépendance temporelle. Pépin le Bref, bien connu, garantit à l’Eglise la possession du patrimoine de saint Pierre, appelé aussi Etats pontificaux. Ces terres furent conquises sur les Lombards, qui menaçaient alors le Pape et la Chrétienté naissante, puisqu’ils étaient hérétiques. Et Pépin d’en retirer un réel avantage puisque le Pape lui-même, Etienne II, le sacre, ainsi que ses fils. Pépin devient donc roi de par la volonté de Dieu, et ne dépend plus des grands Seigneurs électeurs, ce qui lui donne alors toute latitude pour réformer son royaume et asseoir son pouvoir. A nouveau, on assiste à l’aide mutuelle et réciproque de la France et de l’Eglise, tout en gardant bien la distinction entre Dieu et César.

Donatrice de ces Etats, la France saura les garantir, et pas sous la monarchie, mais sous le second Empire, bien que Napoléon III ne soit pas connu pour sa grande dévotion ! En 1867, l’empereur envoie ses troupes contre Garibaldi, et le vainc à la bataille de Mentana, après laquelle le chef du gouvernement impérial, Rouher, déclare : « Jamais la France ne supportera cette violence faite à son honneur et à sa catholicité » !!! Les zouaves pontificaux français, menés par le général de La Moricière, combattront jusqu’au bout dans Rome, après le retrait des troupes françaises dues à la guerre de 1870.

Enfin, mentionnons l’importance de la France pour la Papauté tout au long du XIVème siècle, puisque la monarchie donne refuge au chef de l’Eglise, menacé par l’Empire (romain germanique), et les Gibelins. De 1305 à 1378, les Papes sont français : Clément V, Jean XXII, Benoît XII(qui lègue l’habit blanc, étant cistercien), Clément VI (qui achète Avignon), Innocent VI, Urbain V, bienheureux, et Grégoire XI, qui ramène le siège papal à Rome, malgré l’opposition du Roi de France, donc l’Eglise n’est point vassalisée lors de ce passage en France. Au contraire, elle est garantie ainsi contre les ambitions de l’empereur germanique. Opportunément placée aux portes de l’Italie, la France a su assurer à l’Eglise l’espace qui lui garantissait l’indépendance par rapport aux pressions physiques.

Mais l’Eglise n’est pas seulement une institution temporelle, dirigée par le Pape, dotée d’un territoire (certes réduit aujourd’hui). Elle est avant tout une institution religieuse dont la mission est de transmettre le message évangélique au monde entier. « En cela, elle dépasse les pouvoirs politiques, forcément contingents dans le temps et l’espace, et elle n’entend pas, elle qui travaille à l’avènement de la Cité de Dieu, empiéter sur les prérogatives de la Cité terrestre. » (J.F. Chemain, La vocation chrétienne de la France)

2-La France, défense de la juste place de César et Dieu

A la juste place des deux ordres, spirituel et temporel, se sont historiquement opposées trois tentatives : (selon J.F. Chemain, op.cit.)

 Soumettre le politique à la religion, l’Islam

 Subordonner la religion à l’Etat, par des religions nationales

 Confondre les deux pouvoirs dans la personne du chef de l’Etat qui se veut à la fois chef de la religion universelle, et d’un empire - lui aussi universel.

La France s’est toujours trouvée en travers de leurs routes, parfois les armes à la main.

L’Islam

On pense bien évidemment à la fameuse bataille dite de Poitiers où Charles Martel brisa la vague irrésistible de conquêtes, en 732. L’Islam, à l’ouest, n’est jamais allé plus loin que la France. On peut aussi évoquer brièvement les Croisades, certes point qui donne naissance aux polémiques contre les « hordes barbares, fanatiques, cupides, détruisant la brillante civilisation pacifique des arabes ». Faut-il rappeler que la première croisade fut celle des « pauvres » gens, précédés par Pierre l’ermite ? Et que les Lieux Saints avaient été occupés par les Musulmans imposant la dhimmitude aux chrétiens, empêchant tous pèlerinages ? Que dirait-on si les processions vers la Mecque étaient interdites, la kaaba étant occupée militairement ? La part des Français est prépondérante dans ces Croisades, la première est prêchée en France par Urbain II en 1095 à Clermont, la deuxième par saint Bernard, à Vézelay, en France encore, en 1146, et la septième et la huitième sont toujours françaises ! La France a eu réellement un grand rôle dans la défense de la Chrétienté contre l’islam, religion de la soumission (signification même du terme islam). Un dernier argument, certes politiquement incorrect : qui pense que les régions actuellement sous régime islamique connaissent justice sociale, démocratie, respect de la liberté religieuse, et du droit des minorités ? Et, rajoute Chemain, le seul qui fasse exception est le Liban, qui comptait jusqu’à il y a peu une majorité de Chrétiens. Hasard, coïncidence ? Ou bien 2000 ans de christianisme ont-ils été pour quelque chose dans l’expansion de nos sociétés (bien qu’elle le nient) ?

Le schisme La France, en Europe est l’une des seules, voire la seule à être restée furieusement catholique, sans schismes. On pense au schisme anglican d’Henry VIII, au luthérianisme germanique (véritable religion nationale puisque Bismarck a pu dire que seul un protestant est un bon allemand). Il y eut le risque du calvinisme... mais il y eut les guerres de religion, et la France resta catholique ! C’est Henri IV, qui avec son célèbre « Paris vaut bien une messe », qui comprend qu’il ne pourra jamais devenir roi de France sans abjurer le protestantisme. Les Français sont catholiques, au roi de s’y conformer...mais aussi une fois le roi catholique, il fait les Français catholiques. Impensable aujourd’hui ?

L’empire universel

L’empire romain était fondé sur un empereur grand pontife (pontifex maximus), puis divinisé (divus Augustus). Mais le Christianisme postule la séparation des deux pouvoirs (Luc XX, 25, et « Regnum meum non est de mundo hoc » (Jean XVIII, 36) ). Cette ambition de l’Empire fut reprise tout au long du Moyen-Age et de la Renaissance par le Saint Empire Romain Germanique ; et c’est tout l’objet de la querelle des Investitures. Les papes opposent alors aux tentatives impériales de dominer le pouvoir spirituel une politique d’émancipation de l’Eglise par rapport aux puissances temporelles. La réforme grégorienne est ainsi soutenue par les abbayes, dont Cluny, en France ! Et par les royaumes hostiles à l’impérialisme germanique, la France, l’Angleterre et la Sicile. Notons que les souverains des deux derniers sont alors normands, donc français ! Avec Bouvines, et la lutte contre Frédérice II de Hohenstaufen, le roi très chrétien garantit au pape la sécurité, et l’invite en Avignon. La France a donc permis au Pape de pouvoir rappeler que le Royaume de Dieu n’est point de ce monde, et surtout que nul chef d’Etat ne saurait se prendre pour Son représentant sur terre. Bismarck l’a bien compris, lui qui parlait d’ « entreprendre contre l’Eglise catholique une guerre qui sera longue et peut-être terrible[...] mais il le faut pour achever d’abaisser la France ».

3-La France, une nation vraiment chrétienne

Pour faire bref, on peut parler du blanc manteau d’églises, d’abbayes, et de cathédrales qui protège la France : de l’école romane au gothique flamboyant, tous les moyens sont bons pour inscrire dans la pierre et graver dans la roche la force et la plénitude de l’alliance de la France et de la Chrétienté. Certes, toute l’Europe peut exhiber ces glorieux édifices, mais selon saint Pie X, la France en est le cœur, elle dont « l’hégémonie, et le prestigieux rayonnement, au XIIIème siècle, furent édifiés sur une foi solide qui permet à la France, nation prédestinée, de continuer à porter, comme par le passé, le nom de Jésus-Christ devant tous les peuples et tous les rois de la terre ». Remarquons le présent utilisé par le Saint-Père : la France, appuyée et enracinée dans sa Foi qui la fonda est toujours appelée à répondre à sa vocation qu’on a vu s’épanouir au fil des siècles. On peut aussi citer les saints français, qui nous ouvrent la route vers la sainteté à la française, qui met au service de la Foi, de l’Espérance, et de la Charité les vertus typiquement françaises. Mention spéciale peut être faite aux saints qui participèrent à l’édification politique du pays, st Denis (Montjoie saint Denis, issu de l’ancien allemand *mundgawi, protège le pays)) st Martin, second patron de la monarchie franque, st Rémi, ste Clotilde, st Louis bien évidemment, et sainte Jehanne d’Arc, pour ne citer que les principaux ! Sans parler des lieux d’apparitions dont la France fut comblée : sur les 49 cas d’apparition mariale reconnus entre 1100 et 1900, 11 (22%) ont eu lieu en France, en y ajoutant depuis le Laus, l’Ile Bouchard. On pourrait ajouter un trait humoristique de la part de Dieu : le premier village français libéré par les Alliés le 6 juin 1944 s’appelait « Sainte-Mère-Eglise »... !!!

III-Rupture d’une alliance ?

Cependant, si le pape a posé cette question à la France, en 1980, c’est bien que la France a été infidèle. N’a-t-elle pas rompu son alliance avec l’Eglise, et n’est-elle pas déchue de cette dignité de Fille aînée de l’Eglise ?

Il y eut d’abord les dangereux écueils du gallicanisme et du jansénisme ; selon le premier, le pouvoir du roi pouvait s’étendre à l’ensemble du domaine spirituel, et toute décision du pape devait être approuvée par le Parlement afin d’être appliquée dans le royaume...et de plus, menaçait le risque de ne voir dans le pape qu’un évêque comme les autres, en accordant un pouvoir prépondérant aux synodes régionaux. C’est la crise entre Louis XIV et Innocent XI, à propos des Quatre articles de Bossuet (article 1, indépendance temporelle des rois à l’égard du saint siège, jamais contesté. Article 2, 3, 4 sur la supériorité du concile sur le pape, condamnés à Vatican I par le dogme de l’infaillibilité pontificale) Le pape les déclare dénués de force et de valeur. Après 11 ans de résistance, en 1693, Louis XIV y renonce, ne voulant pas aller jusqu’au schisme. Le jansénisme, quant à lui,introduit le pessimisme protestant chez les Chrétiens, avec cette vision de la nature humaine corrompue totalement, incapable sauf grâce spéciale, d’accomplir le bien. La piété catholique se raidit donc, dans un christianisme au visage austère, ascétique et sans amour (d’où la réponse du Sacré Coeur, à Paray le Monial, en 1689). Il est condamné par Clément VI en 1713, par la bulle Unigenitus, mal accueillie en France, et rejoignant par là le gallicanisme, dans ce refus d’obéir au Pape. Mais le XVII se reprend, avec le Sacré Coeur, et la consécration de la France à Marie par Louis XIII en 1638 (origine de la procession du vœu de Louis XIII le 15août). L’alliance est restée sauve, mais restait ce mal profond du laïcisme d’état, manifesté par ces « libertés gallicanes », qui tendaient à soustraire l’Eglise française à l’autorité pontificale, dérive qui s’aggrave jusqu’à la Révolution, et après. On connaît bien la constitution civile du clergé, de 1790, qui tend là encore à émanciper l’Eglise de France du pouvoir pontifical, et la faire dépendre du gouvernement révolutionnaire. Au peuple souverain de réglementer désormais le service public du culte. Constitution condamnée par Pie VI en 1791, dans Quod aliquantum. Le concordat de 1801, quant à lui a le mérite de rétablir la liberté de culte, de faire cesser les persécutions, et de permettre l’essor d’un renouveau catholique. Mais il s’agit aussi d’un nouveau césaro-papisme, puisqu’en réalité, il fixe les règles d’un « modus vivendi, accordant à l’Eglise catholique une liberté d’action strictement encadrée » (Général Dupont de Dinechin, France, destinée d’une alliance). Certes, c’est la restauration de l’autorité du pape sur l’Eglise de France, victoire sur le gallicanisme, mais il n’en reste pas moins, surtout avec les « articles organiques » réglementant l’application de ce concordat, que l’autorité temporelle s’ingérait dans des questions spirituelles. Ces articles ne seront jamais acceptés par le saint Siège. Enfin, avec la Troisième République, on se souvient des lois anticléricales, de la fin du XIXème jusqu’au 9 décembre 1905, loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, condamnée par saint Pie X par l’encyclique « Vehementer nos » . La Vème république enfin stipule dans sa constitution le principe de laïcité. La France est donc laïque, sa mission chrétienne a-t-elle encore un sens ?

IV- La « doulce France », une espérance ? Tout espoir n’est pas perdu. Il faut tout d’abord rappeler que laïcité n’est pas laïcisme. Si, comme le rappelle Pie XI, « toutes les fois que par laïcité, on entend un sentiment ou une intention hostile ou opposée à Dieu et à la religion, étranger à Dieu et à la religion, nous réprouvons entièrement cette laïcité et nous déclarons ouvertement qu’elle doit être réprouvée », cependant une vraie et saine laïcité peut exister, qui repose sur la distinction et non la séparation, laïcité qui eut finalement cours dès les débuts de la nation, comme nous l’avons vu ! Le laïcisme, lui, qui est le rejet de Dieu et l’exclusion totale de la religion du domaine public est mauvais, et même intrinsèquement pervers, pour reprendre une expression connue. Ainsi donc, il reste bien une place réelle pour la vocation de la France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, même si elle est actuellement une république laïque. Certes, la chrétienté est une réalité dépassée, et la rupture est béante entre l’Etat et Dieu, mais elle est aussi non moins évidente entre l’Etat et l’âme de son peuple. C’est sous la troisième République, si hostile apparemment à l’Eglise, que les œuvres sociales des catholiques fleurirent, ainsi que les missions, les Pères Blancs...C’est au moment des lois de 1905 que Péguy, Psichari, Claudel, Bernanos, salués comme les auteurs de chefs-d’oeuvre des lettres françaises, ont rayonné et rayonnent encore de leurs convictions sur la jeunesse. Aujourd’hui, les monastères se repeuplent , ou se peuplent ; aujourd’hui, quoi qu’on en dise, la France catholique se réveille, en témoignent les récentes mobilisations....Et Mgr Dagens, évêque d’Angoulême, d’écrire en 2005 que « ce qui change, sans rien renier de l’affaiblissement constitutionnel dont nous souffrons, c’est la conscience que nous avons de porter en nous une capacité de renouvellement qui n’aboutit peut-être pas à des conversions aussi radicales que celle de saint Augustin (qui sait ?), mais qui nous permet d’être nous-mêmes dans notre société laïque des témoins de la vérité et de la miséricorde de Dieu. »

Conclusion La France restera toujours Fille aînée de l’Eglise, car, quoi qu’on pense aujourd’hui, la filiation ne peut être abolie, elle perdure. « Ma certitude est que notre histoire chrétienne permet de placer dans une perspective congruente bien des questions parmi les plus épineuses qui se posent aux décideurs contemporains », écrit Chemain (ibid.) La France reste l’héritière de ces Rois qui ont construits la France, de cette Chrétienté qui rayonna au Moyen Age. A nous, chrétiens, d’être cohérents, d’ajuster les actes et les paroles. « Ceux qui, à juste titre, se réfèrent à l’histoire, à la tradition, à la culture, à l’identité chrétienne de la France se doivent d’en porter témoignage par des propos et une attitude pleinement évangéliques. » poursuit-il. La France est pétrie de ce Christianisme. En témoigne encore le calendrier qui demeure chrétien, et il importe de le maintenir car seul le christianisme favorise une totale liberté religieuse là où il est majoritaire, (contre l’islam, le judaïsme et même le bouddhisme). Aujourd’hui, on nous parle de notre « retard » dans les recherches génétiques ; n’est-ce pas à cause de notre enracinement chrétien que jusqu’à présent, les recherches sur des embryons (des hommes) étaient interdites ? Oui, il y a une exception française et nous pouvons, et même devons en être fiers ! « Quand la France parle, on l’écoute, parfois on la jalouse et on la brocarde, mais on l’écoute et son message est souvent reçu. C’est un fait. Soyons fiers de notre héritage multiséculaire, en ayant conscience de ce que nous sommes les « débiteurs insolvables » des richesses léguées par nos ancêtres. Nous ne pourrons jamais rembourser cette dette, qui nous oblige. » Général Lalanne-Berdouticq.

Et cela, parce que la France apparaît comme « surnaturellement protégée » (Chemain). Tout au long des heures les plus sombres de notre histoire, un Français croyant a pu avec l’aide de Dieu, rétablir la France plus forte qu’avant (ste Geneviève, Jehanne d’Arc, la naissance de Louis XIV, et même De Gaulle...), et « il n’y a jamais eu d’incompatibilité entre le destin personnel de ses dirigeants, le salut de la patrie, et le plan de Dieu. » Clovis bâtit son royaume, Louis XIII eut un héritier, et De Gaulle rendit à la France son rang de grande puissance. (Chemain) A chaque fois, les situations semblaient désespérées, et nous avons vaincu ! Point de découragement donc, car, com-me le disait saint Pie X, en 1911, « Un jour viendra, et il ne tardera guère, où la France, comme autrefois Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée de lumière céleste et où elle entendra une voix qui lui répétera : Ma fille, ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? Et sur sa réponse : Qui êtes-vous, Seigneur, la voix répliquera : Je suis Jésus de Nazareth que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination tu te ruines toi-même. » Et elle, frémissante et étonnée, dira : « Seigneur, Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre Alliance et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et rois de la terre. » Fille aînée de l’Eglise, et donc modèle de la Chrétienté, « une civilisation où le temporel est sans cesse irrigué par le spirituel », selon Gustave Thibon, « une cité des hommes où frémit l’ébauche de la cité de Dieu », selon Dom Gérard in Demain la Chrétienté. Et cela, c’est à notre portée ! Nihil novi sub sole, la vocation chrétienne de la France est toujours d’actualité ! Notre époque, selon Dupont de Dinechin (op. cit.) « est celle de l’harmonie des deux pouvoirs, de la conciliation de nos deux natures, de l’harmonie de la terre et du ciel. La vocation de la France aujourd’hui c’est la réalisation de cette harmonie, le retour aux sources de son baptême. La France doit se convertir, c’est-à-dire changer la direction de ses préoccupations, tourner son regard vers ce qui est essentiel. » Au dernier jour, nous serons jugés sur l’amour. L’amour s’adresse aussi aux biens dont nous dépendons, dont notre patrie, notre histoire. « Le royaume de France, en plénitude, c’est l’ordre social chrétien vécu, dans l’harmonie des libertés et des autorités, de la justice et de la miséricorde, d’où sortent sécurité et prospérité » (Me Trémolet de Villers, op. Cit. ), et finalement sainteté. Cela, nous en sommes capables, avec la grâce de Dieu, qui ne nous faillira pas ! Par où commencer ? « Les Chrétiens devraient montrer par leur vie que la Foi est vérité, et devenir des poteaux indicateurs pour les autres » écrit le Cardinal Ratzinger in Regarder le Christ. Vocation chrétienne, oui, mais aussi plus spécifiquement française, nous sommes fils aînés de l’Eglise, ne l’oublions pas ! * * * * *

Vierge Immaculée, La France que vous aimez est souffrante ! Ô vous qui tant de fois, dans le cours des siècles, avez monté votre prédilection pour la France, ne l’abandonnez pas dans les difficultés qui l’assaillent de toutes parts ! Faites-la ce que vous voulez qu’elle soit : unie, chrétienne, laborieuse et prospère. Donnez-lui des chefs à la hauteur de leur mission, des prêtres, des maîtres chrétiens, des apôtres et des saints ! Ne permettez pas que l’on éloigne Jésus de l’âme des enfants qu’Il chérit si tendrement. Donnez à chacun des Français les secours dont il a besoin pour remplir courageusement, joyeusement et parfaitement son devoir quotidien. Ô Vierge Immaculée, ne décevez pas notre confiance, nous savons que vous avez reçu tout pouvoir de Dieu et que, sur un mot de vous, Il opère des miracles ! Nous savons qu’en invoquant votre Immaculée Conception, nous faisons jaillir de votre cœur une source intarissable de grâces. Obtenez-nous donc, nous vous en conjurons, l’immense et double bienfait après lequel nous soupirons : la rechristianisation de notre patrie, le relèvement moral, rapide et total de la France.

In mémoriam Né en 1928, Léon Jocteur était Saint-Cyrien et a commencé sa carrière en Indochine. Dès son retour en France, il est allé en Algérie. Ensuite il a servi essentiellement chez les chasseurs alpins. Il a commandé le 13eme B.C.A. à Chambéry, c’est là qu’il a terminé sa carrière comme Délégué Militaire Départemental. Il était très apprécié par tous ceux qui l’ont connu en raison de sa droiture, de sa générosité et de son souci de ceux qu’il avait sous ses ordres. Il n’avait qu’une parole et on savait que l’on pouvait toujours compter sur lui. Lors de sa retraite il s’est occupé de la Croix Rouge et de l’aménagement des chemins de Compostelle. Il a effectué plusieurs pèlerinages dont deux à Compostelle. Il a lutté pendant 18 ans contre un cancer sans jamais se plaindre et avec une grande dignité. Il rayonnait sa Foi et s’est éteint munis des derniers sacrements en février 2013. Le Colonel Jocteur avait participé au voyage en Suisse lors de la bénédiction de l’oratoire St Nicolas de Flüe. Nous présentons toutes nos condoléances à son épouse Monique. En union de prière. RIP.

Les laïcs chrétiens ont le devoir de s’engager en politique

Le pape François, lors d’une rencontre à Rome vendredi avec des milliers d’élèves d’écoles jésuites avec leurs parents et professeurs, a exhorté les chrétiens à s’engager en politique. « C’est une obligation pour les chrétiens qui ne peuvent pas s’en laver les mains comme Pilate ». « La politique est la forme la plus haute de la charité, car elle cherche le bien commun ». « La politique, c’est sale – mais elle est peut-être sale parce que les chrétiens ne s’y impliquent pas. » Samedi 8 juin 2013

Après la décision du conseil constitutionnel

par Patrice André 17 mai 2013

Le découragement doit-il nous gagner ? Certes, non ! Car notre époque voit le réel déserter les institutions et grandir au contraire dans la conscience d’un nombre croissant de citoyens. Voici donc venir le moment où les sophismes des juges et de trop de responsables politiques seront balayés par l’exigence inconditionnelle, et en actes, d’un respect des fondements de la vie en société, de la vie en famille, de la vie tout court ! Loin des ors usés et usurpés de palais qui ont d’ores et déjà failli à leur mission, loin de ces courtisans qui ne voient pas que le roi est nu, c’est une prise de conscience majeure qui s’opère sous nos yeux, avec une mobilisation historique et sans précédent. Et cette prise de conscience, c’est qu’il faut cesser de laisser à quelques-uns, dont la prétendue légitimité ne repose en fait que sur de contestables cooptations, le privilège d’inventer le droit dans des domaines où il ne peut qu’être constaté, parce qu’il touche à la nature et aux fondements mêmes de l’humanité et de sa vie en société. Prise de conscience, par exemple, qu’il faut mettre fin à cet exorbitant détournement du droit que représente le pouvoir du Conseil constitutionnel de choisir ce qui relève ou non des « principes fondamentaux reconnus par les lois de la république », en privilégiant tantôt telle période républicaine, tantôt telle autre, et en s’arrogeant au surplus le droit de n’en retenir aucune ! Et peu importe que, par naïveté ou aveuglement, la décision de 1971 par laquelle ce Conseil s’est conféré à lui-même cette faculté ait été saluée comme une grande décision : les foules immenses du 13 janvier, du 24 mars et du 26 mai ont manifesté la remise en cause décisive de cette véritable usurpation ! Prise de conscience, également, de la convergence monstrueuse et internationale d’entreprises de destruction de la famille et de la personne humaine, dont le traité de Lisbonne, pourtant inapplicable en droit faute d’avoir été ratifié dans les mêmes termes par tous les Etats de l’Union européenne, constitue aujourd’hui pour nous la malfaisante pierre angulaire.

Aujourd’hui donc, à tous ceux qui, depuis des mois, ont consacré tout leur temps, toute leur énergie au combat contre une loi misérable, à tous ceux qui ont allumé, face à la montée de l’ombre, les flammes de l’espoir de leur frêles mais décisives bougies, à tous ceux qui se sont ainsi donnés sans esprit de retour à la défense de la beauté et de l’amour, il faut le dire : le combat ne fait que commencer ! Et il sera gagné ! Il sera gagné parce qu’enfin l’ennemi est contraint de se démasquer, parce qu’enfin les projecteurs se braquent sur ceux qui, derrière les paravents, tirent les ficelles de ce théâtre d’illusions qui nous est imposé depuis tant d’années ! Il sera gagné parce que l’expérience le montre : chaque fois que nous pouvons parler, chaque fois qu’il nous est donné de détruire les faux raisonnements, d’autres Français, hier indifférents, nous rejoignent et leur nombre ne fait que croître !

Cette décision du 17 mai ne doit donc pas résonner pour nous comme le glas, mais comme le tocsin, accompagné de coups de tonnerre : on a brûlé nos vaisseaux, dans notre dos, après avoir tenté de nous endormir par des paroles trompeuses ? Eh bien ! la ville qui se dresse désormais devant nous, nous la prendrons, par la force de la vérité et du droit, parce que comme les Grecs d’antan devant Troie, nous n’avons plus le choix !

Voyage-pèlerinage en Europe centrale du 28 juin au 10 juillet

4 places restent disponibles suite à des désistements maladie. Avis aux amateurs : Tél. 04 90 20 08 70 ou mail : atelierloubarri@free.fr

Pèlerinage 2014

Au cours du jubilé à Aix la Chapelle en juin 2014, il y aura un pèlerinage pour vénérer des reliques exposées tous les sept ans (robe de la Très Sainte Vierge, lange de Jésus nouveau-né, tissus ayant enveloppé la tête de St Jean Baptiste, linge porté par Jésus sur la Croix) et laissées par Charlemagne.

Chapelle Saint Hilaire

Sécurisation : Comme nous l’avons déjà indiqué dans le bulletin N° 19, c’est grâce à la générosité du Crédit Agricole et à la subvention qu’il nous a accordé que nous avons pu envisager et réaliser la sécurisation de la chapelle St Hilaire. Les travaux ont été effectués par l’entreprise Girard d’Avignon dès que la déclaration préalable a pu être établie et qu’elle a reçu un avis favorable de la Mairie de Beaumes de Venise et de M. l’Architecte des Bâtiments de France. C’est maintenant chose faite ! La consolidation d’urgence a porté sur deux points :

1. Soutien des vestiges de la voûte par un étaiement provisoire

2. Consolidation du mur sud de l’abside par des injections de coulis de chaux, afin de redonner une cohésion complète de la partie méridionale de l’ouvrage et un blocage en maçonnerie au droit des ouvertures du mur sud du chœur côté intérieur.

Ce travail a été réalisé avec un soin particulier pour préserver toutes les dispositions intéressantes de ce mur, notamment les déformations anciennes et les vestiges d’enduits avec des traces de faux joints. La phase de sécurisation est maintenant réalisée, conformément à la demande reçue de la DRAC et les sondages archéologiques vont pouvoir commencer.

Jardin St Hilaire : Grâce au travail acharné des bénévoles du mercredi, et à la générosité de M. Pierre Alliaud, 14 oliviers et deux amandiers ainsi qu’un mimosa ont été plantés sur la terrasse au sud de la chapelle. Ils ne font que reprendre la place qui était la leur, car il est vraisemblable qu’autrefois la colline était couverte d’oliviers. Mur de pierres sèches : Pour accéder à cette terrasse, il a été nécessaire d’arranger un passage et de relever le mur de pierres sèches qui était effondré : Daniel Vuillemin et Jacques Sarrade ont été les courageux entrepreneurs de cette rénovation. Avec nos félicitations, ils méritent aussi nos remerciements. Jardin provençal : Le talus sud de la chapelle a reçu de nouveaux plants d’iris offerts par Madame Lombard. Une idée de jardin provençal a été lancée, Annie Vicente est la cheville ouvrière de cette création. Remerciements à tous.

Horaires d’été : A partir du mois de juillet, les bénévoles du mercredi, qui sont invités à venir nombreux, ne travailleront que de 8h à 11h30, chaleur oblige. Il est demandé à chacun de nos membres de recruter quelques bénévoles, plus disponibles qu’en période d’hiver. Tenue de travail : prévoir une casquette, des gants de travail et une gourde d’eau.

Subventions : Répondant à notre demande, les VMF (Vieilles Maisons Françaises € 10 000) et Sauvegarde de l’Art Français (€ 15 000) viennent de nous accorder une subvention. Nous les remercions chaleureusement. En conséquence, les noms de tous nos mécènes (Crédit Agricole € 35 700) seront indiqués sur un panneau devant la chapelle avec leurs logos.

Pied-droit transept sud avant et après travaux

étaiement de la voûte

Porte métallique sud

porte métallique ouest

Association « La Route de l’Europe chrétienne » 64 rue de la Frâche, 84740 Velleron, Tél. 04 90 20 08 70 recsthilaire@gmail.com www.route-europe-chretienne.fr www.chapellesainthilaire.fr


La Route de l’Europe chrétienne - Atelier Lou Barri - 84740 Velleron / France - Tel/Fax 04 90 20 08 70
atelierloubarri@free.fr
Association Loi 1901déposée à la sous-Préfécture de Carpentras et inscrite le 20 novembre 2006 sous le N°084.3.00 4972