Bulletin N° 17

lundi 23 juillet 2012

Donnez-moi, Seigneur le vrai sens des mots, la lumière de l’intelligence et la foi en la vérité, afin que ce que je crois, je sache le dire aux hommes. St Hilaire

La Route de l’Europe chrétienne. Association loi 1901 N° 084.3.00 4972 Re-évangéliser l’Europe.

Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire. Association loi 1901 N° W843001843 Restaurer l’église St Hilaire de Beaumes de Venise

EDITORIAL Pour la Gloire de Dieu

Chers amis,

Ce numéro 17, avant les vacances pour donner des nouvelles des deux associations qui, vous le lirez, ne chôment pas. Nous les avons rassemblé dans le même bulletin, puisque l’association Sauvegarde de la chapelle Saint-Hilaire, fille de La Route de l’Europe chrétienne, est le fruit d’une même volonté de re-évangéliser l’Europe, en restaurant les temples de Dieu partout où ils sont démolis : l’église saint Hilaire (6ème s.) de Beaumes de Venise en est le symbole et le meilleur exemple.

La fête de Ste Jeanne d’Arc nous a rassemblés le 30 mai à Ste Catherine de Fierbois et à l’église St Gilles de l’Ile Bouchard où nous avons posé une plaque en souvenir de son passage le 6 mars 1429. Sculpté de main de maître par Pascal Beauvais, ce bas-relief rendant hommage à la sainteté de la patronne secondaire de la France, exprime notre volonté de rester fidèle à nos racines et de transmettre ce bel héritage de foi et de courage à nos enfants. Quelques jours plus tard, le 16 juin en Belgique à Banneux, le Père Palm, recteur du sanctuaire de la Vierge des Pauvres, bénissait l’oratoire St Damien de Veuster. Vingt-deuxième oratoire bâti par l’association, cette érection, soulignant la richesse de l’Eglise et la sainteté de ses membres, constituera la tête de pont qui nous permettra d’atteindre la Hollande, Le Danemark et les pays Scandinaves. En ces temps de persécution, décuplons nos actions et portons à tous nos frères le signe de la croix, notre gloire et notre joie.

A Beaumes, sur la colline inspirée par saint Hilaire, confesseur de la foi, l’église du 6ème siècle, lieu de mémoire de la première implantation chrétienne dans le Comtat, sort peu à peu des décombres et des broussailles où huit siècles d’abandon l’avaient laissée. Tous les mercredis, de courageux sauveteurs dégagent les pierres en gros appareil de la gangue de terre où elles étaient ensevelies : rejoignez-nous, nous manquons de bras pour porter les brouettes. Les plans ont été établis par Jean-Claude Constantin et le permis de construire a pu être déposé en la Mairie de Beaumes le 24 avril. Une fouille de sauvetage a été demandée et durant la première quinzaine d’août, le chapitre saint Pierre Chanel nous a promis son concours, nous nous réjouissons de les accueillir.

Certains pourraient penser que nous nous dispersons, il n’en est rien, car l’Esprit Saint qui est en nous, nous transforme tous en instruments de choix pour la Gloire de Dieu et le salut des âmes. Bonnes vacances.

Robert Mestelan, Président Association La Route de l’Europe chrétienne

In Mémoriam

9 février 2012 Notre ami Hugues Poretti nous a quitté. Eprouvé par le décès de son épouse qu’il avait soigné avec une attention et une affection exemplaire, il s’en est allé la rejoindre après une assez longue maladie. Fidèle à nos assemblées, soucieux de l’avenir de l’Europe chrétienne, il a été un des premiers adhérents à nous rejoindre et à nous soutenir. Pied noir, exilé en Provence après le lâche abandon de l’Algérie, son entrain et son accent nous parlaient encore de cette terre que nous n’oublierons jamais. Sa foi et sa fidélité aux valeurs chrétiennes resteront l’exemple qui nous aidera à marcher sur ses traces. « Donnez-lui Seigneur, le repos éternel. » 13 mars 2012 Atteint brutalement d’une crise cardiaque, le docteur Christian Michel Doublier Villette rejoint la maison du Père. Grande figure du combat pour la vie, il avait créé en 1968 la Confédération Nationale des familles chrétiennes pour la défense de la famille et de l’école libre, puis les Croisés du Sacré Cœur. A Chantemerle-les-Blés dans la Drôme, il édifia une église à saint Joseph du Saint Sauveur et le 28 décembre 1997, pour la fête des Saints Innocents, il inaugura avec Monseigneur Wach le mémorial du milliard de victimes de l’avortement dans le monde. Souvent attaqué par des impies, c’est ici que l’association La Route de l’Europe chrétienne a bâti l’oratoire du Volto Santo en 2008 (depuis cette érection, aucune nouvelle exaction). Cet apôtre du combat pour la vie était aussi passionné par saint Joseph. Nul doute que le saint patron de la bonne mort ne l’ait accompagné au ciel dans son dernier pèlerinage. Nous exprimons nos plus sincères condoléances à son épouse Francette et à ses enfants. RIP. A Dieu, Christian Michel.

VOYAGE-PELERINAGE A L’ILE BOUCHARD (29-31 MARS 2012)

Jacqueline Picoche

SON OBJECTIF était unique, en deux intentions : 1. Assister à la bénédiction, le 30 mai, d’une plaque en bas-relief à la mémoire de Jeanne d’Arc, fixée sur le mur de l’église Saint Gilles de l’Ile Bouchard - 2. Prier pour la France.

L’intention n°2 ne pose pas problème. Il est clair que notre malheureux pays surendetté, au bord de la faillite, ravagé par le chômage, envahi, déchristianisé, islamisé, meurtrier de ses propres enfants à naître, a un besoin urgent de prières. Le problème est plutôt que l’association n’ait réussi à réunir dans le but de prier pour la France, que dix-huit Français(e)s, alors que le prix (200€ pour deux nuitées, la nourriture, et le transport Avignon - l’Ile Bouchard AR) était à la portée de beaucoup de bourses, et que trouver trois jours libres en semaine est à la portée de beaucoup de retraités. Il est vrai que Dieu ne demandait que dix justes pour sauver Gomorrhe. Ces dix-huit-là sont ils assez justes pour sauver la France ? Toujours est-il que le feu du Ciel ne s’est pas encore abattu sur elle.

L’intention n°1 peut sembler plus mystérieuse à certains. Pour-quoi Jeanne d’Arc ? Parce qu’elle est née en 1412 et que son 600e anniversaire tombe en 2012. Pourquoi le 30 mai ? Parce que c’est le jour de sa fête liturgique, anniversaire de sa “naissance au ciel” après un accouchement par le feu plutôt difficile. Pourquoi l’Ile Bouchard, modeste bourgade du département d’Indre et Loire, où la Vienne, affluent de la Loire, se divise en deux bras, enserrant une petite île ? Parce que Jeanne y est passée le 6 mars 1429, qu’elle y a entendu la messe dans l’église romane qui subsiste encore aujourd’hui, et qu’elle y a dicté une lettre annonçant sa venue prochaine au Dauphin résidant à Chinon. Soit, mais enfin, Jeanne d’Arc est passée et a fait des choses plus ou moins remarquables en bien d’autres endroits. Pourquoi avoir choisi précisément l’Ile Bouchard ?

Ce n’est pas nous qui l’avons choisie, c’est la Sainte Vierge, qui se souvenait peut-être de ce passage, lorsqu’elle a déci-dé d’apparaître à quatre petites Bouchardaises les 8-9-10-11-12-13 et 14 décembre 1947, et de leur demander de prier pour la France qui était “en grand danger”, apparitions officiellement reconnues en 2001 par Mgr Vingt-Trois alors évêque de Tours. Je parie que plus d’un, parmi vous, n’en avait jamais entendu parler. L’Église officielle n’est pas très loquace à ce sujet et si beaucoup de fidèles s’y rendent, c’est plutôt grâce au bouche à oreille que sur l’invitation de leur curé. C’est qu’on ne peut guère y pèleriner sans y dire du mal du communisme, chose encore aujourd’hui politiquement incorrecte, puisqu’il subsiste en France un honorable micro parti communiste, électeur de Hollande au second tour, qui n’a jamais fait repentance de ses crimes et n’a jamais été touché par la diabolisation réservée au Front National.

QUE SE PASSAIT-IL DONC EN 1947 ? Piochons un peu dans divers sites internet : Au sortir de la guerre et de l’occupation allemande, la France était ruinée, le manque d’argent criant, la production réduite, les communications aléatoires. L’hiver très dur de 1946-1947 nécessita de grandes quantités de charbon, et détruisit par le gel une partie importante des récoltes. Les cartes de rationnement existaient encore, mais ne permettaient d’obtenir que des quantités minimes et le marché noir était plus florissant que jamais. On ne trouvait plus de céréales en France. Il y eut des semaines où les boulangeries furent fermées d’autorité pendant trois jours. La France était réduite à dépenser ses dernières réserves en or pour acheter des céréales et du charbon aux États-Unis. En un an, les prix de détail doublèrent. Les hommes politiques, les socialistes Vincent Auriol élu président le 16 janvier 1947, et son premier ministre Paul Ramadier, devaient en outre faire face à des débuts de soulèvements en Algérie, en Indochine, à Madagascar, au Maroc. Leur politique était systématiquement contrée par les communistes pourtant présents dans le gouvernement. Le 18 mars, le propre ministre de la Défense Nationale, le communiste François Billoux, refusa de rendre hommage aux combattants d’Indochine, et resta assis à son banc, tandis que Jacques Duclos annonçait que le PCF rejetait la politique indochinoise de Ramadier. Le 25 avril, les ouvriers de Renault se mirent en grève contre le blocage des salaires. Le 1er mai, Maurice Thorez se désolidarisa de la politique salariale du gouvernement, auquel il participait cependant. Le 5 mai, Ramadier expulsa les communistes du gouvernement, ce qui envenima encore le conflit.

Envoyé par le Président Truman se rendre compte de la situation en Europe, William Clayton retourne effrayé aux Etats-Unis : La France, l’Angleterre, l’Italie, sont au bord de l’effondrement. Pour parer à la catastrophe, le Secrétaire d’État Marshall, prononça à l’Université de Harvard, le 5 juin 1947, un discours proposant un plan de reconstruction économique de l’Europe que les nations occidentales acceptèrent et que l’URSS, (suivie par les nations que la conférence de Yalta avait laissées sous sa coupe) refusa. Du 22 au 27 septembre 1947, Staline réunit secrètement dans la petite station touristique polonaise de Szlarska Poreba, des représentants des partis communistes bulgare, hongrois, polonais, roumain, tchécoslovaque, yougoslave, français et italien pour leur faire admettre que désormais le monde était divisé en deux camps absolument antagonistes, le nouvel ennemi à combattre à fond étant l’impérialisme américain. Ce fut le début de la “guerre froide”. Les communistes français et italiens furent violemment critiqués d’avoir cédé, en s’alliant avec d’autres partis de gauche, au "crétinisme parlementaire" et "oublié" de prendre le pouvoir en 1944-1945. Ils ne tardèrent pas à essayer de se racheter. Le 2 octobre, au vélodrome d’hiver, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF déclara que le moment était venu "d’imposer un gouvernement démocratique où la classe ouvrière et son parti exercent enfin un rôle dirigeant". Les grèves se déclenchèrent de tous les côtés. On arriva rapidement à trois millions de grévistes. Le maire communiste d’une ville ouvrière du Gard témoigne : "Les grèves de 1947 ont été terribles. C’était une lutte armée… Les mineurs avaient gardé l’esprit maquisard... Nos gars rêvaient toujours à la libération ; ils croyaient que la révolution allait venir. Pour nous, les responsables du Parti, c’était très difficile de contenir nos camarades. Ils étaient prêts à tout foutre en l’air... Les socialistes étaient au ministère. C’était une vraie guerre entre les socialistes et nous." Les voies ferrées furent bloquées, des centraux téléphoniques attaqués ; le 29 octobre, une véritable bataille rangée opposa les forces de l’ordre aux militants communistes dans les rues de Paris ; durant cette période, il y eut 106 condamnations pénales pour sabotage des voies de chemin de fer et des armes destinées à l’Indochine. Début novembre, Robert Schuman (Mouvement Républicain Populaire) devint premier ministre en remplacement de Ramadier. Il avait décidé de ne pas céder, soutenu en cela par son ministre de l’intérieur, Jules Moch (socialiste atypique). Le 28 novembre, le général Leclerc, héros de l’armée d’Afrique, libérateur de la France, populaire, patriote et bon chrétien, dis-paraît en vol dans ce qui n’est peut-être pas un simple accident d’avion. Le 3 décembre, le déraillement provoqué de l’express Paris-Tourcoing cause 21 morts. Jules Moch estime que son plan d’action est "désespéré".

Or, en quelques heures, le soir du deuxième jour des apparitions de la Sainte Vierge, tout bascule dans le sens de l’apaisement et de la paix civile. Le général Maurice Catoire écrit dans son journal : "A 20 heures, ce mardi 9 décembre 1947, la radio nous annonce la capitulation du Comité National de Grève et l’ordre donné à tous, dans la France entière, de reprendre le travail normal." Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT, avait eu assez d’influence pour convaincre ses camarades d’arrêter brusquement le conflit. Or, le 8 décembre au matin, dans l’obscurité de sa chambre de Chateauneuf-de-Galaure, Marthe Robin, mystique stigmatisée, aujourd’hui en voie de béatification, reçoit la visite d’un prêtre ami, le P. Finet qui lui dit : “Marthe, la France est foutue (sic). Nous allons avoir la guerre civile”. – “Non mon Père, répond Marthe, la Vierge Marie va sauver la France à la prière de petits enfants”. Le jour même, en début d’après-midi, commencent les événements de L’Ile-Bouchard. Et voilà comment nous avons échappé aux délices du goulag soviétique et nous avons pu jouir des “trente glorieuses”. Assurément, ce sursis nous avait été concédé pour que nous en fassions un autre usage que celui qui nous a amenés à la situation calamiteuse où nous nous trouvons à présent.

A L’ILE BOUCHARD, accueillis par un violent orage pendant lequel on nous passa une vidéo contenant des images d’archives du temps des apparitions, nous trouvâmes refuge à l’église pour la messe. La pluie daigna cesser le temps de la bénédiction de la plaque. Nous eûmes la joie de faire la connaissance de Jacqueline Aubry, 12 ans en 1947, l’aînée des quatre petites voyantes (dont deux sont aujourd’hui décédées) qui fut alors soudain guérie d’une ophtalmie tenace. Des deux survivantes, elle est la seule qui accepte de témoigner de ce qui lui est arrivé. Comme elle parle très doucement, je n’entendais rien de ce qu’elle disait, mais la seule vue de sa personne gracieuse et distinguée, de son élégance simple et de son charmant sou-rire était déjà beaucoup.

NOS PRIÈRES POUR LA FRANCE se composaient essentiellement de chapelets, le détail des intentions restant dans le secret des cœurs. J’ai cherché à les expliciter ci-dessous : LITANIE POUR LE SALUT DE LA FRANCE

Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit

Kyrie eleison

Seigneur trois fois saint qui as dit “Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu” et qui as voulu ou permis, que nous vivions dans une république laïque, aide-nous à vivre cette laïcité dans le respect de la morale naturelle qui s’impose à tous les hommes et qu’on peut définir par les repères que sont les quatre vertus cardinales à pratiquer et les sept péchés capitaux à éviter. Nous te le demandons pour tous les Français, “de souche” ou “de papier” et pour tous les étrangers résidant en France, en pensant au poids relatif des responsabilités de chacun et tout particulièrement de ceux qui tiennent en France la place de “César”.

Pour que les Français pratiquent la vertu de TEMPÉRANCE, nous te prions, Seigneur (NTPS) : qu’ils sachent profiter des biens de la terre avec une sage modération et ne recourir à l’emprunt que dans la mesure du strict nécessaire, Exauce-nous, Seigneur (ENS)

Pour que les Français pratiquent la vertu de PRUDENCE (NTPS) : qu’ils sachent réfréner leurs désirs de jouissance immédiate et réfléchir aux conséquences des décisions qu’ils ont à prendre et des actions à accomplir, sur le long terme et sur l’ensemble de la société (ENS)

Pour que les Français pratiquent la vertu de FORCE (NTPS) : qu’ils aient le courage de ne pas mentir, de dire la vérité même lorsqu’elle “blesse”, de ne pas imposer aux historiens des lois “mémorielles”, de prendre des décisions douloureuses quand elles sont nécessaires et d’imposer leur application, de faire de leur mieux leur travail quotidien même pénible, d’obéir aux ordres justes, de supporter l’adversité et de ne pas la fuir dans le suicide (ENS)

Pour que les Français pratiquent la vertu de JUSTICE : (NTPS) pour qu’ils ne donnent pas force de loi à des pratiques traditionnellement tenues pour crimes ou incitations à la débauche ; pour qu’ils ne multiplient pas et ne modifient pas inutilement les lois ; pour que leur justice ne soit pas à sens unique, qu’ils écoutent aussi bien l’accusation et la défense et se gardent de la calomnie ; pour que leur justice ne soit pas laxiste et, en matière de sécurité, se conforme à la vieille maxime “que les méchants tremblent et que les bons se rassurent” (ENS)

Seigneur trois fois saint, préserve les Français du péché d’ORGUEIL qui engendre les ambitions démesurées, le mépris des faibles, la tyrannie des puissants à tous les échelons de la société, et qui empêche d’entendre de justes objections et d’en tenir compte. Rappelle-leur sans cesse que l’autorité est un service et pas un privilège et qu’elle doit être exercée dans l’intérêt de la communauté dont ils ont la charge. (NTPS, ENS)

Préserve les Français du péché d’ENVIE qui engendre la haine, la lutte des classes, les émeutes et révolutions, qui met la discorde dans les familles, qui aboutit, par un égalitarisme stérile, au nivellement par le bas et à la marginalisation des élites. Qu’ils travaillent à remédier aux situations d’injustice de façon pacifique et en faisant appel à la raison. (NTPS, ENS)

Préserve les Français du péché de COLÈRE qui aveugle et engendre toutes sortes de violences : brutalité, sévices, meurtres, vengeances, massacres (NTPS, ENS)

Préserve les Français du péché d’AVARICE, de l’amour immodéré de l’argent, de la cupidité, qui engendre toutes sortes d’injustice dans la répartition des salaires, le vol, les abus de biens sociaux. Aide les à assurer à chacun au moins le nécessaire et rappelle à tous, surtout à ceux qui ont su s’enrichir, que “l’argent est un bon serviteur et un mauvais maître” et qu’il doit être employé le plus judicieusement possible pour la prospérité générale (NTPS, ENS)

Préserve les Français du péché de LUXURE qui s’attaque à la source même de la vie et engendre prostitution, proxénétisme, viols, avortements, sexualité irresponsable, mépris de la femme, refus de paternité. Aide les à construire de solides familles composées d’un homme et d’une femme unis par les liens du mariage et de leurs enfants biologiques et à éviter qu’elles se décomposent et se recomposent. Que les parents aient la liberté d’éduquer leurs enfants de façon à pouvoir en être fiers et que les enfants honorent leurs parents et leur soient reconnaissants. (NTPS, ENS)

Préserve les Français du péché de PARESSE qui entrave la recherche scientifique, engendre la stagnation sociale et toutes sortes de négligences. Inspire-leur l’estime pour tous les métiers utiles y compris manuels, artisanaux et techniques trop souvent dévalorisés. Aide-les à réindustrialiser la France, à remédier aux délocalisations par un protectionnisme raisonnable et à résorber le chômage (NTPS, ENS)

Préserve les Français du péché de GOURMANDISE qui, sous le nom de gastronomie, empêche certains de penser à autre chose qu’à leur ventre, et rappelle-leur qu’ “il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger”. Fais qu’ils ne cherchent pas dans l’alcool, le tabac et la drogue une échappatoire à leurs angoisses. Aide–les à rechercher et à trouver une nourriture simple et saine et à pratiquer une politique agricole judicieuse. Qu’elle permette à un nombre de paysans suffisant pour pratiquer une agriculture biologique moderne, d’assurer à la France l’autosuffisance alimentaire, d’exporter, de repeupler nos villages et de faire revivre ce qu’on a appelé “le désert français”, pour la beauté de nos terroirs et la santé de l’ensemble du peuple. (NTPS, ENS)

CONCLUSION : C’est bien beau, tout ça ! Mais nous savons que par la faute de nos “premiers parents”, la pratique de tant de vertus naturelles est bien difficile aux païens, que même les meilleurs chrétiens ne sont pas exempts de défaillances et que seuls les plus grands saints, par la grâce de Dieu ont pu les pratiquer en plénitude. C’est pourquoi, hors laïcité et dans notre privé, nous vous prions, Seigneur trois fois saint, pour la conversion de tous les Français, baptisés, oublieux de leur baptême, athées, musulmans, bouddhistes, francs-maçons, juifs, protestants de toutes espèces etc. à la seule et vraie Église, catholique, apostolique et romaine fondée par Jésus-Christ sur le rocher de Pierre. Nous vous prions pour qu’ils ne soient pas privés de la grâce du baptême et de celles que donnent les autres sacrements, afin que les vertus théologales de FOI, d’ESPÉRANCE et de CHARITÉ les rendent capables d’exercer au mieux les vertus naturelles de TEMPÉRANCE, de FORCE, de PRUDENCE et de JUSTICE. Nous vous prions pour que la religion catholique ne dépérisse pas en France, pour que des vocations religieuses et sacerdotales se manifestent en nombre suffisant, pour que nos églises de campagne ne s’écroulent pas faute d’entretien et de célébrations. Autrement dit, en priant pour le salut et la prospérité de la France, nous aurons prié en réalité pour le salut éternel des Français. Vous avez dit, Seigneur trois fois saint, “Cherchez d’abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît”. Qu’il en soit ainsi. Sauvez-nous ! et pour “le reste”, nous vous faisons confiance. LE RESTE N’ÉTAIT PAS MAL : Pour partir d’Avignon le 29 à 6 h, plusieurs participants durent arriver la veille au soir et furent hébergés par les Mestelan. Ils jouirent d’un dîner inoubliable, au coucher du soleil, sur la terrasse de leur jardin provençal. Le lendemain matin le car traversa les admirables paysages de l’Ardèche, département de forêts abruptes difficilement exploitables, qui ne peut guère vivre que du tourisme vert et de la farine de châtaigne, où cependant subsistent quelques bourgs non entièrement dépeuplés, et les voyageurs atteignirent leur première étape, le Puy en Velay (Haute Loire), point de départ d’une des routes de St Jacques de Compostelle. Dans l’extraordinaire cathédrale qui domine la ville, juchée sur son rocher volcanique, on leur montra, dans les parties hautes, une fresque du XIe s. représentant, vêtu à la byzantine, l’inspirateur de Jeanne d’Arc et protecteur de la France, un archange St Michel haut de cinq mètres. Dans une chapelle aux poutres rustiques et aux épais murs de lave noire, la messe fut dite devant un retable tout en or. On put toucher (certains même s’y étendent !) une certaine “pierre des fièvres”, probablement un fragment de dolmen, sur laquelle eurent lieu jadis les premières guérisons miraculeuses à l’origine de la fondation du sanctuaire. Je signale aux amis musiciens que sur la plaque consacrée aux noms des prêtres réfractaires martyrs de la Révolution dans le diocèse, on relève un Fauré et un Chabrier. En partant, on salua encore, à travers la vitre du car, l’archange St Michel, ou plutôt sa chapelle, à la pointe de son “dyke”, au plus haut sommet de la ville.

Une autre étape marquante fut Sainte Catherine de Fierbois (Indre et Loire) où Jeanne d’Arc, sur le conseil de ses voix, envoya chercher l’épée, marquée de cinq croix, qui avait été enterrée derrière l’église, et qui lui était destinée. On la trouva en effet, en bon état, à part un peu de rouille facile à enlever. Selon les historiens, elle y avait été offerte en ex-voto par quelque seigneur, retour des croisades, mais la légende veut que ce soit la propre épée de Charles Martel !

L’église, un vrai bijou de gothique flamboyant, est postérieure au passage de Jeanne, mais on y voit la statue de Ste Catherine, garantie authentique, devant laquelle elle aurait prié, et des fac-similés de son épée et de son étendard.

La dernière étape marquante, sur le chemin du retour, fut une messe à l’abbaye bénédictine de Fontgombault, dans la Creuse, département le plus pauvre de France et aussi le moins affligé par la délinquance, sanctifié par la présence de quelques quatre-vingt messieurs qui n’ont rien trouvé de mieux à faire de leur vie que de prier et de travailler au fond de ce vallon, d’y adorer Dieu et d’y célébrer ses mystères dans une abbatiale construite de 1091 à 1141 qui a défié les siècles. Le Père abbé nous accueillit aimablement, près de l’oratoire d’une Mater admirabilis installé là en 2010, devinez par qui ? Par les moines et la Route de l’Europe Chrétienne, bien sûr !

Parlons aussi de nos hébergements. Non loin de l’Ile Bouchard, nous fûmes accueillis et nourris à Chézelles, dans un château du XIXe s. qui domine un paysage verdoyant intact, avec un beau parc planté de cèdres… Il fut donné jadis aux Pères Montfortains qui le donnèrent à leur tour à la communauté de l’Emmanuel, qui aménage dans les communs des chambres d’hôtes. Nous n’étions pas les seuls ; au moment de notre départ une bande d’enfants encadrés par leur moniteurs, jouaient dans la verdure. Enfin et surtout, notre première nuitée se passa au couvent Saint Gildas de Nevers où Bernadette, lasse d’être harcelée par la curiosité des pèlerins de Lourdes, chercha le silence et l’obscurité, où elle termina sa courte vie sous le nom de Soeur Marie-Bernard, et où elle repose, pratiquement intacte, dans une chasse, sous un autel de la chapelle. Ce couvent est grand, noblement bâti, et possède de beaux jardins en terrasse. Il s’y trouve encore des sœurs, habillées en civil, qui l’ont aménagé à la moderne pour y recevoir des groupes. Le dîner y fut excellent.

REVENONS À BERNADETTE SOUBIROUS (1844-1879) Qu’a-t-elle à voir avec Jeanne d’Arc et Jacqueline Aubry ? Rien apparemment. Beaucoup, en fait. Elle est leur garant, en tant que personnage central des évènements de Lourdes. Je m’explique : Il est bien entendu que les “révélations privées” dont sont favorisés les mystiques ne sont pas de foi, et qu’on peut en douter, ou même les nier, sans être hérétique. Il est vrai qu’il existe des menteurs et des fous qui pré-tendent avoir des apparitions, et des maladies psychosomatiques qui peuvent guérir par suggestion. Il est vrai que des paranoïaques ou des schizophrènes peuvent avoir des hallucinations, généralement auditives, plus rarement visuelles. L’Église a mis au point toute une batterie de critères pour les détecter et n’en reconnaît qu’avec une extrême prudence. Vous êtes libres, si vous le pensez sincèrement, de dire “Jeanne d’Arc était paranoïaque” ou “Jacqueline Aubry est schizophrène” et d’affirmer que dans les deux cas, le salut de la France est dû à des causes purement naturelles. Mais dans le cas de Lourdes, c’est particulièrement difficile. D’abord parce que Bernadette a répété à son curé, en patois, des paroles théologiques prononcées par la “dame” apparue, dont elle ignorait entièrement le sens. Ensuite parce que la réalité de l’apparition a été confirmée (l’est encore) par une série de guérisons scientifiquement inexpliquées survenues sur le lieu de l’apparition, passées au crible des examens scientifiques les plus exigeants. Un “Bureau des Constatations” est ouvert à tous les médecins qui veulent étudier leurs dossiers et quiconque peut prendre connaissance des documents publiés par les évêchés pour la soixantaine de guérisons miraculeuses qui ont été reconnues. Il faut donc avoir l’esprit plongé dans l’obscurité d’une sorte d’ “erreur invincible” pour nier de bonne foi la réalité des apparitions de Lourdes et le caractère miraculeux des guérisons conséquentes. Mon raisonnement est donc le suivant : Monsieur le sceptique, la forte tête, le matérialiste, si, vous en convenez, les apparitions et les miracles de Lourdes sont pratiquement irréfutables, c’est la preuve que d’autres apparitions vraies sont possibles. Je ne dis pas qu’elles le sont toutes, mais vous ne pouvez pas les nier par principe. Il faut les étudier, d’autant plus sérieusement qu’il serait bien extraordinaire que la Sainte Vierge (ou d’autres saints personnages) quittent leur céleste séjour pour ne nous rabâcher que des choses insignifiantes, qui nous importent peu… Et si la dame apparue, qui a parlé à Bernadette et s’est même laissé toucher par Jacqueline Aubry est bien la Vierge Marie (et qui d’autre pourrait-elle être ?), c’est que l’ “Autre Monde” n’est pas un simple “opium du peuple” mais une réalité, et de la plus haute importance...

UNE PAUSE AUPRÈS DE BERNADETTE. Puisque, depuis sa canonisation le 8 décembre 1933, elle nous est garantie habitante du Paradis, je lui ai demandé, pour occuper la demi-heure que nous avons passée en contemplation devant sa châsse, de m’expliquer un peu comment fonctionne la “communion des saints” : le système de la prière montante et de la grâce descendante, les relais, les hiérarchies, le mécanisme de l’intercession, les possibilités de communication entre ce bas monde et l’Autre etc. et, ma foi, il m’est venu des idées que j’ai trouvées intéressantes.

Le monde du temps, de la vie biologique avec naissance, procréation et mort, de la connaissance indirecte de Dieu par voie neuronale, est séparé du monde de l’Éternité, des âmes sans corps, des “corps glorieux” de Notre Seigneur et de la Vierge, de la connaissance directe, sans recours au cerveau, des réalités divines, par une cloison opaque à nos sens, sauf phénomènes mystiques extraordinaires, mais poreuse aux réalités spirituelles que sont la prière et la grâce. La vision béatifique n’empêche pas ceux qui en jouissent d’avoir une certaine connaissance des choses terrestres, de même que les habitants de la terre peuvent légitimement s’adresser à eux, selon qu’ils les connaissent et les aiment. L’ensemble fonctionne comme un vaste réseau internet, en beaucoup plus complexe et beaucoup plus subtil que le nôtre parce qu’il met en relations non ces simples machines que sont les ordinateurs mais, depuis la création des anges et des hommes, d’innombrables esprits vivants, capables de pensée, de volonté et d’affectivité, qu’on peut se représenter chacun par une lampe électrique. Les connexions se font par la prière de ceux d’en bas et par des actes de volonté de ceux d’en haut. Toutes sont reliées directement ou par paliers à ces grandes centrales d’énergie amoureuse que sont Marie et la Sainte Trinité.

Bien sûr, il y a des interrupteurs, des pannes de courant et, malheureusement, des circuits déglingués difficilement réparables. Le courant qui circule peut revêtir toutes sortes de couleurs et de degrés d’intensité. Certaines lampes diffusent presque continûment une lumière à la fois claire, intense et délicieuse et sont le siège d’innombrables connexions, d’autres plus sourdes et plus rarement connectées. Il y a même un courant violet, à peine lumineux qui passe par l’inconscient des Terrestres lorsque Dieu le Père y perçoit les “gémissements ineffables” poussés par l’Esprit Saint. Tant que le Terrestre en question ne coupe pas le courant, rien n’est perdu ! Dieu qui voit le fond des cœurs, comprend toutes sortes de langages, pas seulement notre langage verbal. Il y a des arrangements de formes et de cou-leurs, et des arrangements de sons qui sont des actes d’adoration et d’autres qui en sont le contraire. Pour le Créateur de l’Arc en Ciel et de la Musique des Sphères, cela n’a pas de secret. Le soir même de mon retour, j’entendais une sonate de Debussy pour violon et piano extrêmement surprenante et émouvante, composée en 1915, en pleine guerre, alors qu’il était atteint du cancer qui devait l’emporter. Quand, le 25 mars 1918, il a frappé à la porte du Ciel, l’archange Saint Michel a mis dans un plateau de la divine balance sa vie sentimentale, pas irréprochable, et son agnosticisme, dans l’autre plateau, son œuvre musicale et notamment, cette sonate finale. Comment se sont faites les connexions ? Dieu seul et Claude-Achille le savent…

UNE ESCAPADE EN BELGIQUE 16-17 JUIN 2012

RIRA BIEN QUI RIRA LE DERNIER
Qu’ils ne se réjouissent pas trop vite, les Francs-Maçons de Bruxelles et de la Belgique officielle, à la pointe de toutes les nations en matière eugénique, euthanasique, avortique, homophilique, islamophilique et christianophobique. Ils ont occulté la Belgique catholique, mais ils ne l’ont pas complètement étouffée, comme on peut le constater quand on visite le grand domaine marial et forestier de Banneux, sur le plateau des Hautes Fagnes, région champêtre et pastorale où culmine le massif des Ardennes, dominant la plaine flamande et ses villes.

LE PÈRE DAMIEN La Route de l’Europe Chrétienne leur a opposé un adversaire de poids en la personne de Saint Damien (1840-1889) né Jozef De Veuster, missionnaire flamand, membre de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, ou “Pères de Picpus”, canonisé par le pape Benoit XVI le 11 octobre 2009 et considéré par l’Église comme un “martyr de la charité”. À son époque, l’archipel d’Hawaï, découvert en 1778 par le Capitaine Cook, (et devenu, en 1959, après une longue période de protectorat, le 50e État des Etats-Unis), avait été unifié par un roi local nommé Kamehameha. Il était encore indépendant et excitait les appétits colonialistes des États-Unis, de la Russie, de la Grande-Bretagne et de la France. Cette dernière s’y était implantée en 1837 grâce au capitaine Du Petit-Thouars, et c’est une société missionnaire française, la congrégation de Picpus, qui y introduisit le catholicisme. C’est ainsi que le P. Damien fut envoyé en 1863 s’occuper des lépreux placés en quarantaine sur l’île de Molokai , d’où le nom de saint Damien de Molokaï qui le distingue d’autres bienheureux nommés Damien. Il leur consacra sa vie, et les soigna avec un parfait dévouement ; il contracta lui-même la lèpre en 1884 et malgré ses souffrances physiques, poursuivit son travail de missionnaire jusqu’en 1889, année de sa mort. Assurément, à une époque qui ignorait les antibiotiques, les soins qu’il dispensait à ses malades, priant à la fois pour la santé de leur corps et le salut de leur âme, n’étaient guère que ”palliatifs“ et il ne lui serait pas venu à l’idée de les “euthanasier”.

D’où l’importance d’implanter un oratoire à sa mémoire dans un lieu fréquenté par beaucoup de malades et bien organisé pour les recevoir. Car enfin, Banneux, c’est un peu Lourdes en Belgique, et, outre les pèlerins venus de nations lointaines, nombreux sont les malades Belges, Luxembourgeois (tout proches), Hollandais, Allemands, et quelques Français frontaliers, qui viennent y passer un “triduum”, et qui y obtiennent des grâces, si l’on en juge par les innombrables ex-votos qui tapissent les murs et même les plafonds des divers édifices du domaine, et les béquilles abandonnées dans la “chapelle des apparitions”. Un seul regret : il n’y a pas, comme à Lourdes, un “bureau des constatations” avec expertises médicales sérieuses, de sorte que des miracles resteront douteux ou ignorés.

RAPIDE HISTOIRE DE BANNEUX-NOTRE DAME. En 1914, Banneux, était un hameau de 300 et quelques habitants qui n’avait pas d’église paroissiale mais une simple chapelle, desservie non par un curé mais par un chapelain. Ses habitants avaient fait le vœu, s’il n’avait pas à souffrir de la guerre, d’appeler leur petit village Banneux-Notre Dame, ce qui fut fait officiellement en 1919, aucune maison n’ayant été détruite, ni aucun habitant tué.

Et voilà que le 15 janvier 1933, se souvenant peut-être de ce vœu, Notre-Dame en personne entame une série de huit apparitions dont la dernière eut lieu le 2 mars. C’est une certaine Mariette Béco, 11 ans, qui en est favorisée. Elle est l’aînée d’une famille de sept enfants qui en comptera ultérieurement onze ! Son père, maçon a bâti de ses mains leur maison de briques, à l’écart du hameau, en lisière de la forêt. Elle-même n’est assidue ni à l’école ni au catéchisme ; elle aide beaucoup sa mère, souvent malade, dans tous les travaux du ménage ; on dit qu’elle sait même traire les vaches, preuve que les Béco ont des vaches. Lors de la première apparition, à 19 h, il fait nuit quand Mariette aperçoit, par la fenêtre, une dame lumineuse qui se tient dans le jardin potager, devant la maison. Il fait un froid de loup et il fera mauvais temps pendant toute la période des apparitions. La Sainte Vierge se soucie peu de la météo, ou peut-être lui donne une valeur symbolique.

Le deuxième jour, elle entraîne Mariette vers une source proche où le bétail va occasionnellement s’abreuver et lui dit de “pousser ses mains dans l’eau”, l’emploi de ce verbe inattendu s’expliquant peut-être par un wallonisme, et surtout par le fait que la source était gelée et qu’il fallait en effet “pousser” pour casser la mince couche de glace et atteindre l’eau. Désormais tous les pèlerins imitent ce geste.

La dame se réserve cette source qui désormais ne servira plus d’abreuvoir. Le troisième jour, elle se nomme “la Vierge des Pauvres”, révèle qu’elle est venue “pour soulager les malades”, et précise que la source est “réservée pour toutes les nations”. Dans les apparitions suivantes, elle demande une “petite chapelle” et redit qu’elle est venue “soulager la souffrance”, Monsieur le chapelain, qui traversait alors une grave crise intérieure, ayant chargé Mariette de lui demander un signe, elle refuse et dit seulement “Croyez en moi, je croirai en vous”.

Il reconnut plus tard que “le plus grand miracle de Banneux” avait été sa conversion. Lors de la dernière apparition, elle n’est plus seulement la “Vierge des Pauvres”, mais parle plus majestueusement : “Je suis la mère du Sauveur, Mère de Dieu, priez beaucoup”. Mariette est intelligente mais ignorante et très naïve ; elle parle plutôt le dialecte wallon que le français et elle est obligée de demander à son père l’explication de deux mots prononcés par la “dame” , qu’elle ne comprend pas : nation et soulager. Elle se demande pourquoi c’est à elle que la dame se révèle comme “la vierge des pauvres”. Les Béco ne sont pas riches, certes, mais elle estime qu’il y a dans le village des gens encore bien plus pauvres qu’eux. Alors qu’elle avait pratiquement abandonné la messe et le catéchisme, elle devient soudain très pieuse, assidue à réciter son chapelet et fait sa première communion le lendemain de la cinquième apparition. Elle ne tire aucune vanité de son rôle qu’elle considère comme celui du facteur qui apporte une lettre, rien de plus. Les apparitions ont été solennellement reconnues par l’évêque de Liège le 22 aout 1949.

POURQUOI BANNEUX ? POURQUOI 1933 ? La première apparition a lieu exactement 15 jours avant que Hitler soit nommé chancelier du Reich (30 janvier). L’incendie du Reichstag a lieu pendant la période des apparitions et les premiers camps de concentration s’ouvrent en Allemagne, d’abord pour les communistes en attendant le tour des Juifs. Une grave crise économique se développe : l’Allemagne est passée de 600 000 chômeurs en 1928 à 6 millions en 1932. Cela fait beaucoup de pauvres ! Pendant ce temps-là, la France vit les “années folles”, Léon Blum défend à la Chambre la politique de désarmement et rejette l’idée d’une guerre préventive. Benoît Frachon s’empare de la CGT et en fait une “courroie de transmission” du parti communiste aux ordres de Moscou. L’affaire Stavisky révèle la corruption des milieux politiques. Il y a, on le voit, bien des raisons de “prier beaucoup”.

Quant aux nations auxquelles la source est “réservée”, la Vierge pensait peut-être à celles dont elle a annoncé à Fatima la disparition (“plusieurs nations seront anéanties…”), en tous cas à celles qui seront meurtries par la guerre ouverte et par la “guerre froide” et plus lointainement à l’hostilité mondialiste à l’égard du fait national. On peut penser que la “société des nations” qui a sa préférence n’est pas celle de l’euromondialisme, des multinationales et des marchés financiers... Serait-elle favorable au multilinguisme ? Il est remarquable que le diocèse de Liège où se situe Banneux, est le seul de toute la Belgique à être trilingue : selon les cantons, on y parle français, flamand, ou allemand. Et même quadrilingue si l’on compte le dialecte wallon, pas complètement oublié ! Aujourd’hui, les mâts ne sont pas assez nombreux pour recevoir tous les drapeaux de tous les pays d’où viennent les pèlerins et nombreux sont les petits monuments commémorant un pèlerinage national particulièrement important. Il paraît que les catholiques allemands considéraient Saint Michel comme le patron de l’Allemagne, ce qui, au cours de trois guerres successives, dut poser des problèmes à l’archange connu pour être également l’ange gardien de la France. Or, à la fin de la guerre, le chance-lier Adenauer, catholique convaincu, résolu comme de Gaulle, à réconcilier la France avec l’Allemagne, fut invité à Banneux et voulut y laisser sa marque. Il fit construire dans le domaine une chapelle dédiée à Saint Michel avec un vitrail consacré à une sainte française qui avait eu des rapports privilégiés avec lui : Jeanne d’Arc, représentée sur son bûcher. Cette chapelle est peut-être le plus bel édifice de tout le domaine, et le Saint Sacrement y est perpétuellement exposé.

LA SAINTE VIERGE FAIT DE LA POLITIQUE ? Oui, mais pas toujours et pas seulement. Certaines de ses apparitions sont évidemment en relation avec de grands évènements historiques. On se souvient qu’en 1830, elle avait pré-dit, rue du Bac, à Catherine Labouré, la chute de la monarchie de Charles X : « Mon enfant, les temps sont très mauvais ; les malheurs vont fondre sur la France ; le trône sera renversé…” , et où elle avait offert, comme remède, sa médaille miraculeuse. Les grandes et solennelles apparitions de Fatima, où elle demande (sans jamais l’avoir obtenue) la consécration de la Russie (et non du Monde) à son Cœur Immaculé, se situent au début de la révolution de 1917. Celles de l’Ile Bouchard, en 1947, font prier des petites filles pour la France qui est “en grand danger” de tomber sous régime soviétique et y échappe. Celles de Banneux se situent, moins explicitement, peut-être, dans cette lignée, au moment où l’Allemagne contracte une maladie nommée “nazisme”. Et en 1981 et 1982, Jean-Paul II était sans doute bien inspiré d’invoquer pour le salut de la Pologne menacée d’une invasion soviétique et soumise à l’ “état de guerre” la Vierge de Jasna Gora qui l’avait déjà dans le passé, sauvée des Suédois. Après tout, il a été exaucé… Outre un avertissement temporel donné dans des circonstances précises, toutes ces apparitions ont évidemment un contenu théologique. Elles nous donnent à méditer sur les jeux de la Providence divine et de la liberté humaine, sur le péché qui paralyse les âmes et dont la maladie que la Vierge vient guérir est le symbole, de même que la source est le symbole de l’eau du baptême et de l’eau qui jaillit du côté transpercé du Christ, inépuisable source de grâces. Quant aux nations, auxquelles la source est réservée, elles font peut-être écho à la parole évangélique “Allez, enseignez toutes les nations”, mise en pratique par le Père Damien parti au bout du monde à la fois évangéliser et soigner.

BERNADETTE, LUCIE, JACQUELINE, MARIETTE… Que devient-on lorsqu’on a été favorisé(e) d’apparitions de la Sainte Vierge ? Il n’y a pas de règle. On fait comme on peut, et ce n’est pas toujours facile. La Vierge avait dit à Bernadette Soubirous qui finit sa courte vie, on le sait, religieuse dans un couvent de Nevers : “je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre”. Lucie, seule survivante des trois enfants de Fatima, mourut très âgée au carmel de Coïmbre. De Jacqueline Aubry et de Mariette Béco, je ne sais que ce que m’ont dit des personnes qui les ont connues. Jacqueline resta célibataire et devint enseignante dans un collège catholique de Tours relevant de la congrégation de Jeanne Delanoue, où elle ramena, paraît-il, des jeunes gens à la religion ; et aujourd’hui, ayant atteint l’âge de la retraite, elle se tient à la disposition des pèlerins qui veulent avoir son témoignage. Mariette fut poussée à se faire religieuse mais protesta que ce n’était pas du tout sa vocation, se maria et eut plusieurs enfants qui ne lui donnèrent pas toute la satisfaction qu’elle aurait pu en attendre. Un beau jour, des Francs-Maçons lui offrirent de l’argent pour qu’elle dise que ses apparitions étaient de la blague et qu’elle avait tout inventé. Elle les reçut à coups de pieds au cul, mais son mari ne l’entendait pas de cette oreille et la tension devint entre eux si forte et si intenable qu’elle se sépara de lui sans vouloir jamais divorcer. Quand le pape Jean-Paul II vint à Banneux le 21 mai 1985, il désira la voir et elle le rencontra en tête à tête, mais aussitôt après, elle se perdit dans la foule des malades, désirant surtout ne pas se faire remarquer. Elle est morte à l’âge de 90 ans, l’année dernière, après avoir été l’objet de beaucoup de critiques, d’injures et d’incompréhensions.

Jacqueline Picoche

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