Voyage-pèlerinage à L’Ile Bouchard du 29-31 mai 2012

vendredi 8 juin 2012

UN TRIDUUM (29-31 MAI 2012)

Il fut super, comme tout ce que Robert et Claudia Mestelan, fondateurs de l’association la Route de l’Europe Chrétienne ( http://www.route-europe-chretienne.fr/) organisent pour les personnes pieuses non allergiques aux chapelets, cantiques, litanies, et qui ne craignent pas l’overdose.

SON OBJECTIF était unique, en deux intentions :

1. Assister à la bénédiction, le 30 mai, d’une plaque en bas-relief à la mémoire de Jeanne d’Arc, fixée sur le mur de l’église Saint Gilles de l’Ile Bouchard -

2. Prier pour la France. L’intention n°2 ne pose pas problème. Il est clair que notre malheureux pays surendetté, au bord de la faillite, ravagé par le chômage, envahi, déchristianisé, islamisé, meurtrier de ses propres enfants à naître, a un besoin urgent de prières. Mais, au fait, pourquoi prier pour la France seule-ment, alors que la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, sont dans un état encore plus piteux que nous ? Pourquoi pas pour toute l’Europe ? Et même pour le monde entier, pendant qu’on y est ? Parce que le Christ a dit “Allez, évangélisez toutes les nations” et pas “Allez, supprimez toutes les nations” et qu’il est plus naturel et plus facile de prier pour notre “prochain” le plus proche que pour un “prochain” plus lointain. Que les Grecs prient pour la Grèce, les Espagnols pour l’Espagne etc., cela nous sera infiniment sympathique et fera une “Europe des Nations” plus souple et plus spirituelle que l’Europe matérialiste et totalitaire que nous subissons. Le problème est plutôt que l’association n’ait réussi à réunir dans le but de prier pour la France, que dix-huit Français(e)s, alors que le prix (200 euros pour deux nuitées, la nourriture, et le transport Avignon - l’Ile Bouchard AR) était à la portée de beaucoup de bourses, et que trouver trois jours libres en semaine est à la portée de beaucoup de retraités. Il est vrai que Dieu ne demandait que dix justes pour sauver Gomorrhe. Ces dix-huit-là sont ils assez justes pour sauver la France ? Toujours est-il que le feu du Ciel ne s’est pas encore abattu sur elle.

L’intention n°1 peut sembler plus mystérieuse à certains. Pourquoi Jeanne d’Arc ? Parce qu’elle est née en 1412 et que son 600e anniversaire tombe en 2012. Pourquoi le 30 mai ? Parce que c’est le jour de sa fête liturgique, anniversaire de sa “naissance au ciel” après un accouchement par le feu plutôt difficile. Pourquoi l’Ile Bouchard, modeste bourgade du département d’Indre et Loire, où la Vienne, affluent de la Loire, se divise en deux bras, enserrant une petite ile ? Parce que Jeanne y est passée le 6 mars 1429, qu’elle y a entendu la messe dans l’église romane qui subsiste encore aujourd’hui, et qu’elle y a dicté une lettre annonçant sa venue prochaine au Dauphin résidant à Chinon. Soit, mais enfin, Jeanne d’Arc est passée et a fait des choses plus ou moins remarquables en bien d’autres endroits. Pourquoi avoir choisi précisément l’Ile Bouchard ?

Ce n’est pas nous qui l’avons choisie, c’est la Sainte Vierge, qui se souvenait peut-être de ce passage, lorsqu’elle a décidé d’apparaître à quatre petites Bouchardaises

les 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 14 décembre 1947, et de leur demander de prier pour la France qui était “en grand danger”, apparitions officiellement reconnues en 2001 par Mgr Vingt-Trois alors évêque de Tours. Je parie que plus d’un, parmi vous, n’en avait jamais entendu parler. L’Église officielle n’est pas très loquace à ce sujet et si beaucoup de fidèles s’y rendent, c’est plutôt grâce au bouche à oreille que sur l’invitation de leur curé. C’est qu’on ne peut guère y pèleriner sans y dire du mal du communisme, chose encore aujourd’hui politiquement incorrecte, puisqu’il subsiste en France un honorable micro-parti communiste, électeur de Hollande au second tour, qui n’a jamais fait repentance de ses crimes et n’a jamais été touché par la diabolisation réservée au Front National.

QUE SE PASSAIT-IL DONC EN 1947 ? Piochons un peu dans divers sites internet :

Au sortir de la guerre et de l’occupation allemande, la France était ruinée, le manque d’argent criant, la production réduite, les communications aléatoires. L’hiver très dur de 1946-1947 nécessita de grandes quantités de charbon, et détruisit par le gel une partie importante des récoltes. Les cartes de rationnement existaient encore, mais ne permettaient d’obtenir que des quantités minimes et le marché noir était plus florissant que jamais. On ne trouvait plus de céréales en France. Il y eut des semaines où les boulangeries furent fermées d’autorité pendant trois jours. La France était réduite à dépenser ses dernières réserves en or pour acheter des céréales et du charbon aux États-Unis. En un an, les prix de détail doublèrent. Les hommes politiques, les socialistes Vincent Auriol élu président le 16 janvier 1947, et son premier ministre Paul Ramadier, devaient en outre faire face à des débuts de soulèvements en Algérie, en Indochine, à Madagascar, au Maroc. Leur politique était systématiquement contrée par les communistes pourtant présents dans le gouvernement. Le 18 mars, le propre ministre de la Défense Nationale, le communiste François Billoux, refusa de rendre hommage aux combattants d’Indochine, et resta assis à son banc, tandis que Jacques Duclos annonçait que le PCF rejetait la politique indochinoise de Ramadier. Le 25 avril, les ouvriers de Renault se mirent en grève contre le blocage des salaires. Le 1er mai, Maurice Thorez se désolidarisa de la politique salariale du gouvernement, auquel il participait cependant. Le 5 mai, Ramadier expulsa les communistes du gouvernement, ce qui envenima encore le conflit. Envoyé par le Président Truman se rendre compte de la situation en Europe, William Clayton retourne effrayé aux Etats-Unis : La France, l’Angleterre, l’Italie, sont au bord de l’effondrement. Pour parer à la catastrophe, le Secrétaire d’État Marshall, prononça à l’Université de Harvard, le 5 juin 1947, un discours proposant un plan de reconstruction économique de l’Europe que les nations occidentales acceptèrent et que l’URSS, (suivie par les nations que la conférence de Yalta avait laissées sous sa coupe) refusa. Du 22 au 27 septembre 1947, Staline réunit secrètement dans la petite station touristique polonaise de Szlarska Poreba, des représentants des partis communistes bulgare, hongrois, polonais, roumain, tchécoslovaque, yougoslave, français et italien pour leur faire admettre que désormais le monde était divisé en deux camps absolument antagonistes, le nouvel ennemi à combattre à fond étant l’impérialisme américain. Ce fut le début de la “guerre froide”. Les communistes français et italiens furent violemment critiqués d’avoir cédé, en s’alliant avec d’autres partis de gauche, au "crétinisme parlementaire" et "oublié" de prendre le pouvoir en 1944-1945. Ils ne tardèrent pas à essayer de se racheter. Le 2 octobre, au vélodrome d’hiver, Maurice Thorez, secrétaire général du P.C.F., déclara que le moment était venu "d’imposer un gouvernement démocratique où la classe ouvrière et son parti exercent enfin un rôle dirigeant". Les grèves se déclenchèrent de tous les côtés. On arriva rapidement à trois millions de grévistes. Le maire communiste d’une ville ouvrière du Gard témoigne : "Les grèves de 1947 ont été terribles. C’était une lutte armée… Les mineurs avaient gardé l’esprit maquisard... Nos gars rêvaient toujours à la libération ; ils croyaient que la révolution allait venir. Pour nous, les responsables du Parti, c’était très difficile de contenir nos camarades. Ils étaient prêts à tout foutre en l’air... Les socialistes étaient au ministère. C’était une vraie guerre entre les socialistes et nous." Les voies ferrées furent bloquées, des centraux téléphoniques attaqués ; le 29 octobre, une véritable bataille rangée opposa les forces de l’ordre aux militants communistes dans les rues de Paris ; durant cette période, il y eut 106 condamnations pénales pour sabotage des voies de chemin de fer et des armes destinées à l’Indochine. Début novembre, Robert Schuman (Mouvement Républicain Populaire) devint premier ministre en remplacement de Ramadier. Il avait décidé de ne pas céder, soutenu en cela par son ministre de l’intérieur, Jules Moch (socialiste atypique). Le 28 novembre, le général Leclerc, héros de l’armée d’Afrique, libérateur de la France, populaire, patriote et bon chrétien, disparaît en vol dans ce qui n’est peut-être pas un simple accident d’avion. Le 3 décembre, le déraillement provoqué de l’express Paris-Tourcoing cause 21 morts. Jules Moch estime que son plan d’action est "désespéré".

Or, en quelques heures, le soir du deuxième jour des apparitions de la Sainte Vierge, tout bascule dans le sens de l’apaisement et de la paix civile. Le général Maurice Catoire écrit dans son journal : "A 20 heures, ce mardi 9 décembre 1947, la radio nous annonce la capitulation du Comité National de Grève et l’ordre donné à tous, dans la France entière, de reprendre le travail normal." Benoît Frachon, secrétaire général de la C.G.T., avait eu assez d’influence pour convaincre ses camarades d’arrêter brusquement le conflit.

Or, le 8 décembre au matin, dans l’obscurité de sa chambre de Chateauneuf-de-Galaure, Marthe Robin, mystique stigmatisée, aujourd’hui en voie de béatification, reçoit la visite d’un prêtre ami, le P. Finet qui lui dit : “Marthe, la France est foutue (sic). Nous allons avoir la guerre civile”. – “Non mon Père , répond Marthe, la Vierge Marie va sauver la France à la prière des petits enfants”. Le jour même, en début d’après-midi, commencent les événements de L’Ile-Bouchard. Et voilà comment nous avons échappé aux délices du goulag soviétique et nous avons pu jouir des “trente glorieuses”. Assurément, ce sursis nous avait été concédé pour que nous en fassions un autre usage que celui qui nous a amenés à la situation calamiteuse où nous nous trouvons à présent.

A L’ILE BOUCHARD, accueillis par un violent orage pendant lequel on nous passa une vidéo contenant des images d’archives du temps des apparitions, nous trouvâmes refuge à l’église pour la messe. La pluie daigna cesser le temps de la bénédiction de la plaque. Nous eûmes la joie de faire la connaissance de Jacqueline Aubry, 12 ans en 1947, l’aînée des quatre petites voyantes (dont deux sont aujourd’hui décédées) qui fut alors soudain guérie d’une ophtalmie tenace. Des deux survivantes, elle est la seule qui accepte de témoigner de ce qui lui est arrivé. Comme elle parle très doucement, je n’entendais rien de ce qu’elle disait, mais la seule vue de sa personne gracieuse et distinguée, de son élégance simple et de son charmant sourire était déjà beaucoup.

NOS PRIÈRES POUR LA FRANCE se composaient essentiellement de chapelets, le détail des intentions restant dans le secret des cœurs. J’ai cherché à les expliciter ci-dessous :

LITANIE POUR LE SALUT DE LA FRANCE

Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit

Kyrie eleison

Seigneur trois fois saint qui as dit “Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu” et qui as voulu ou permis, que nous vivions dans une république laïque, aide-nous à vivre cette laïcité dans le respect de la morale naturelle qui s’impose à tous les hommes et qu’on peut définir par les “repères” que sont les quatre vertus cardinales à pratiquer et les sept péchés capitaux à éviter. Nous te le demandons pour tous les Français, “de souche” ou “de papier” et pour tous les étrangers résidant en France, en pensant au poids relatif des responsabilités de chacun et tout particulièrement de ceux qui tiennent en France la place de “César”.

Pour que les Français pratiquent la vertu de TEMPÉRANCE, nous te prions, Seigneur (NTPS) : qu’ils sachent profiter des biens de la terre avec une sage modération et ne recourir à l’emprunt que dans la mesure du strict nécessaire, Exauce-nous, Seigneur (ENS) Pour que les Français pratiquent la vertu de PRUDENCE (NTPS) : qu’ils sachent réfréner leurs désirs de jouissance immédiate et réfléchir aux conséquences des décisions qu’ils ont à prendre et des actions à accomplir, sur le long terme et sur l’ensemble de la société (ENS) Pour que les Français pratiquent la vertu de FORCE (NTPS) : qu’ils aient le courage de ne pas mentir, de dire la vérité même lorsqu’elle “blesse”, de ne pas imposer aux historiens des lois “mémorielles”, de prendre des décisions douloureuses quand elles sont nécessaires et d’imposer leur application, de faire de leur mieux leur travail quotidien même pénible, d’obéir aux ordres justes, de supporter l’adversité et de ne pas la fuir dans le suicide (ENS) Pour que les Français pratiquent la vertu de JUSTICE : (NTPS) pour qu’ils ne donnent pas force de loi à des pratiques traditionnellement tenues pour crimes ou incitations à la débauche ; pour qu’ils ne multiplient pas et ne modifient pas inutilement les lois ; pour que leur justice ne soit pas à sens unique, qu’ils écoutent aussi bien l’accusation et la défense et se gardent de la calomnie ; pour que leur justice ne soit pas laxiste et, en matière de sécurité, se conforme à la vieille maxime “que les méchants tremblent et que les bons se rassurent” (ENS)

Seigneur trois fois saint, Préserve les Français du péché d’ORGUEIL qui engendre les ambitions démesurées, le mépris des faibles, la tyrannie des puissants à tous les échelons de la société, et qui empêche d’entendre de justes objections et d’en tenir compte. Rappelle-leur sans cesse que l’autorité est un service et pas un privilège et qu’elle doit être exercée dans l’intérêt de la communauté dont ils ont la charge. (NTPS, ENS) Préserve les Français du péché d’ENVIE qui engendre la haine, la lutte des classes, les émeutes et révolutions, qui met la discorde dans les familles, qui aboutit, par un égalitarisme stérile, au nivellement par le bas et à la marginalisation des élites. Qu’ils travaillent à remédier aux situations d’injustice de façon pacifique et en faisant appel à la raison. (NTPS, ENS) Préserve les Français du péché de COLÈRE qui aveugle et engendre toutes sortes de violences : brutalité, sévices, meurtres, vengeances, massacres (NTPS, ENS) Préserve les Français du péché d’AVARICE, de l’amour immodéré de l’argent, de la cupidité, qui engendre toutes sortes d’injustice dans la répartition des salaires, le vol, les abus de biens sociaux. Aide les à assurer à chacun au moins le nécessaire et rappelle à tous, surtout à ceux qui ont su s’enrichir, que “l’argent est un bon serviteur et un mauvais maître” et qu’il doit être employé le plus judicieusement possible pour la prospérité générale (NTPS, ENS) Préserve les Français du péché de LUXURE qui s’attaque à la source même de la vie et engendre prostitution, proxénétisme, viols, avortements, sexualité irresponsable, mépris de la femme, refus de paternité. Aide les à construire de solides familles composées d’un homme et d’une femme unis par les liens du mariage et de leurs enfants biologiques, et à éviter qu’elles se décomposent et se recomposent. Que les parents aient la liberté d’éduquer leurs enfants de façon à pouvoir en être fiers et que les enfants honorent leurs parents et leur soient reconnaissants. (NTPS, ENS) Préserve les Français du péché de PARESSE qui entrave la recherche scientifique, engendre la stagnation sociale et toutes sortes de négligences. Inspire-leur l’estime pour tous les métiers utiles y compris manuels, artisanaux et techniques trop souvent dévalorisés. Aide-les à réindustrialiser la France, à remédier aux délocalisations par un protectionnisme raisonnable et à résorber le chômage (NTPS, ENS) Préserve les Français du péché de GOURMANDISE qui, sous le nom de gastronomie, empêche certains de penser à autre chose qu’à leur ventre, et rappelle-leur qu’ “il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger”. Fais qu’ils ne cherchent pas dans l’alcool, le tabac et la drogue une échappatoire à leurs angoisses. Aide–les à rechercher et à trouver une nourriture simple et saine et à pratiquer une politique agricole judicieuse. Qu’elle permette à un nombre de paysans suffisant pour pratiquer une agriculture biologique moderne, d’assurer à la France l’autosuffisance alimentaire, d’exporter, de repeupler nos villages et de faire revivre ce qu’on a appelé “le désert français”, pour la beauté de nos terroirs et la santé de l’ensemble du peuple. (NTPS, ENS)

CONCLUSION : C’est bien beau, tout ça ! Mais nous savons que par la faute de nos “premiers parents”, la pratique de tant de vertus naturelles est bien difficile aux païens, que même les meilleurs chrétiens ne sont pas exempts de défaillances et que seuls les plus grands saints, par la grâce de Dieu ont pu les pratiquer en plénitude. C’est pourquoi, hors laïcité et dans notre privé, nous vous prions, Seigneur trois fois saint, pour la conversion de tous les Français, baptisés, oublieux de leur baptême, athées, musulmans, bouddhistes, francs-maçons, juifs, protestants de toutes espèces etc. à la seule et vraie Église, catholique, apostolique et romaine fondée par Jésus-Christ sur le rocher de Pierre. Nous vous prions pour qu’ils ne soient pas privés de la grâce du baptême et de celles que donnent les autres sacrements, afin que les vertus théologales de FOI, d’ESPÉRANCE et de CHARITÉ les rendent capables d’exercer au mieux les vertus naturelles de TEMPÉRANCE, de FORCE, de PRUDENCE et de JUSTICE. Nous vous prions pour que la religion catholique ne dépérisse pas en France, pour que des vocations religieuses et sacerdotales se manifestent en nombre suffisant, pour que nos églises de campagne ne s’écroulent pas faute d’entretien et de célébrations. Autrement dit, en priant pour le salut et la prospérité de la France, nous aurons prié en réalité pour le salut éternel des Français. Vous avez dit, Seigneur trois fois saint, “Cherchez d’abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît”. Qu’il en soit ainsi. Sauvez-nous ! et pour “le reste”, nous vous faisons confiance.

LE RESTE N’ÉTAIT PAS MAL : Pour partir d’Avignon le 29 à 6 h, plusieurs participants durent arriver la veille au soir et furent hébergés par les Mestelan. Ils jouirent d’un dîner inoubliable, au coucher du soleil, sur la terrasse de leur jardin provençal. Le lendemain matin le car traversa les admirables paysages de l’Ardèche, département de forêts abruptes difficilement exploitables, qui ne peut guère vivre que du tourisme vert et de la farine de châtaigne, où cependant subsistent quelques bourgs non entièrement dépeuplés, et les voyageurs atteignirent leur première étape, le Puy en Velay (Haute Loire), point de départ d’une des routes de St Jacques de Compostelle.

Dans l’extraordinaire cathédrale qui domine la ville, juchée sur son rocher volcanique, on leur montra, dans les parties hautes, une fresque du XIe siècle représentant, vêtu à la byzantine, l’inspirateur de Jeanne d’Arc et protecteur de la France, un archange St Michel haut de cinq mètres. Dans une chapelle aux poutres rustiques et aux épais murs de lave noire, la messe fut dite devant un retable tout en or. On put toucher (certains même s’y étendent !) une certaine “pierre des fièvres”, probablement un fragment de dolmen, sur laquelle eurent lieu jadis les premières guérisons miraculeuses à l’origine de la fondation du sanctuaire. Je signale aux amis musiciens que sur la plaque consacrée aux noms des prêtres réfractaires martyrs de la Révolution dans le diocèse, on relève un Fauré et un Chabrier. En partant, on salua encore, à travers la vitre du car, l’archange St Michel, ou plutôt sa chapelle, à la pointe de son “dyke”, au plus haut sommet de la ville.

Une autre étape marquante fut Sainte Catherine de Fierbois (Indre et Loire) où Jeanne d’Arc, sur le conseil de ses voix, envoya chercher l’épée, marquée de cinq croix, qui avait été enterrée derrière l’église, et qui lui était destinée. On la trouva en effet, en bon état, à part un peu de rouille facile à enlever. Selon les historiens, elle y avait été offerte en ex-voto par quelque seigneur, retour des croisades, mais la légende veut que ce soit la propre épée de Charles Martel ! L’église, un vrai bijou de gothique flamboyant, est postérieure au passage de Jeanne, mais on y voit la statue de Ste Catherine, garantie authentique, devant laquelle elle aurait prié, et des fac-similés de son épée et de son étendard. La dernière étape marquante, sur le chemin du retour, fut une messe à l’abbaye bénédictine de Fontgombault, dans la Creuse, département le plus pauvre de France et aussi le moins affligé par la délinquance, sanctifié par la présence de quelques quatre-vingt messieurs qui n’ont rien trouvé de mieux à faire de leur vie que de prier et de travailler au fond de ce vallon, d’y adorer Dieu et d’y célébrer ses mystères dans une abbatiale construite de 1091 à 1141 qui a défié les siècles. Le Père abbé nous accueillit aimablement, près de l’oratoire d’une Mater admirabilis installé là il y a quelques années, devinez par qui ? Par les moines et la Route de l’Europe Chrétienne, bien sûr ! Parlons aussi de nos hébergements. Non loin de l’Ile Bouchard, nous fûmes accueillis et nourris à Chézelles, dans un château du XIXe s. qui domine un paysage verdoyant intact, avec un beau parc planté de cèdres… Il fut donné jadis aux Pères Montfortains qui le donnèrent à leur tour à la communauté de l’Emmanuel, qui aménage dans les communs des chambres d’hôtes. Nous n’étions pas les seuls ; au moment de notre départ une bande d’enfants encadrés par leur moniteurs, jouaient dans la verdure.

Enfin et surtout, notre première nuitée se passa au couvent Saint Gildas de Nevers où Bernadette, lasse d’être harcelée par la curiosité des pèlerins de Lourdes, chercha le silence et l’obscurité, où elle termina sa courte vie sous le nom de Soeur Marie-Bernard, et où elle repose, pratiquement intacte, dans une chasse, sous un autel de la chapelle. Ce couvent est grand, noblement bâti, et possède de beaux jardins en terrasse. Il s’y trouve encore des sœurs, habillées en civil, qui l’ont aménagé à la moderne pour y recevoir des groupes. Le dîner y fut excellent.

REVENONS À BERNADETTE SOUBIROUS (1844-1879) Qu’a-t-elle à voir avec Jeanne d’Arc et Jacqueline Aubry ? Rien apparemment. Beaucoup, en fait. Elle est leur garant, en tant que personnage central des évènements de Lourdes. Je m’explique :

Il est bien entendu que les “révélations privées” dont sont favorisés les mystiques ne sont pas de foi, et qu’on peut en douter, ou même les nier, sans être hérétique. Il est vrai qu’il existe des menteurs et des fous qui prétendent avoir des apparitions, et des maladies psychosomatiques qui peuvent guérir par suggestion. Il est vrai que des paranoïaques ou des schizophrènes peuvent avoir des hallucinations, généralement auditives, plus rarement visuelles. L’Église a mis au point toute une batterie de critères pour les détecter et n’en reconnaît qu’avec une extrême prudence. Vous êtes libres, si vous le pensez sincèrement, de dire “Jeanne d’Arc était paranoïaque” ou “Jacqueline Aubry est schizophrène” et d’affirmer que dans les deux cas, le salut de la France est dû à des causes purement naturelles. Mais dans le cas de Lourdes, c’est particulièrement difficile. D’abord parce que Bernadette a répété à son curé, en patois, des paroles théologiques prononcées par la “dame” apparue, dont elle ignorait entièrement le sens. Ensuite parce que la réalité de l’apparition a été confirmée (l’est encore) par une série de guérisons scientifiquement inexpliquées survenues sur le lieu de l’apparition, passées au crible des examens scientifiques les plus exigeants. Un “Bureau des Constatations” est ouvert à tous les médecins qui veulent étudier leurs dossiers et quiconque peut prendre connaissance des documents publiés par les évêchés pour la soixantaine de guérisons miraculeuses qui ont été reconnues. Il faut donc avoir l’esprit plongé dans l’obscurité d’une sorte d’ “erreur invincible” pour nier de bonne foi la réalité des apparitions de Lourdes et le caractère miraculeux des guérisons conséquentes. Mon raisonnement est donc le suivant : Monsieur le sceptique, la forte tête, le matérialiste, si, vous en convenez, les apparitions et les miracles de Lourdes sont pratiquement irréfutables, c’est la preuve que d’autres apparitions vraies sont possibles. Je ne dis pas qu’elles le sont toutes, mais vous ne pouvez pas les nier par principe. Il faut les étudier, d’autant plus sérieusement qu’il serait bien extraordinaire que la Sainte Vierge (ou d’autres saints personnages) quittent leur céleste séjour pour ne nous rabâcher que des choses insignifiantes, qui nous importent peu… Et si la dame apparue , qui a parlé à Bernadette et s’est même laissé toucher par Jacqueline Aubry est bien la Vierge Marie (et qui d’autre pourrait-elle être ?), c’est que l’ “Autre Monde” n’est pas un simple “opium du peuple” mais une réalité, et de la plus haute importance…

UNE PAUSE AUPRÈS DE BERNADETTE. Puisque, depuis sa canonisation le 8 décembre 1933, elle nous est garantie habitante du Paradis, je lui ai demandé, pour occuper la demi-heure que nous avons passée en contemplation devant sa châsse, de m’expliquer un peu comment fonctionne la “communion des saints” : le système de la prière montante et de la grâce descendante, les relais, les hiérarchies, le mécanisme de l’intercession, les possibilités de communication entre ce bas monde et l’Autre etc. et, ma foi, il m’est venu des idées que j’ai trouvées intéressantes. Le monde du temps, de la vie biologique avec naissance, procréation et mort, de la connaissance indirecte de Dieu par voie neuronale, est séparé du monde de l’Éternité, des âmes sans corps, des “corps glorieux” de Notre Seigneur et de la Vierge, de la connaissance directe, sans recours au cerveau, des réalités divines, par une cloison opaque à nos sens, sauf phénomènes mystiques extraordinaires, mais poreuse aux réalités spirituelles que sont la prière et la grâce. La vision béatifique n’empêche pas ceux qui en jouissent d’avoir une certaine connaissance des choses terrestres, de même que les habitants de la terre peuvent légitimement s’adresser à eux, selon qu’ils les con-naissent et les aiment. L’ensemble fonctionne comme un vaste réseau internet, en beaucoup plus complexe et beaucoup plus subtil que le nôtre parce qu’il met en relations non ces simples ma-chines que sont les ordinateurs mais, depuis la création des anges et des hommes, d’innombrables esprits vivants, capables de pensée, de volonté et d’affectivité, qu’on peut se représenter chacun par une lampe électrique. Les connexions se font par la prière de ceux d’en bas et par des actes de volonté de ceux d’en haut. Toutes sont reliées directement ou par paliers à ces grandes centrales d’énergie amoureuse que sont Marie et la Sainte Trinité. Bien sûr, il y a des interrupteurs, des pannes de courant et, malheureusement, des circuits déglingués difficilement réparables. Le courant qui circule peut revêtir toutes sortes de couleurs et de degrés d’intensité. Certaines lampes diffusent presque continûment une lumière à la fois claire, intense et délicieuse et sont le siège d’innombrables connexions, d’autres plus sourdes et plus rarement connectées. Il y a même un courant violet, à peine lumineux qui passe par l’inconscient des Terrestres lorsque Dieu le Père y perçoit les “gémissements ineffables” poussés par l’Esprit Saint. Tant que le Terrestre en question ne coupe pas le courant, rien n’est perdu ! Dieu qui voit le fond des cœurs, comprend toutes sortes de langages, pas seulement notre langage verbal. Il y a des arrangements de formes et de cou-leurs, et des arrangements de sons qui sont des actes d’adoration et d’autres qui en sont le contraire. Pour le Créateur de l’Arc en Ciel et de la Musique des Sphères, cela n’a pas de secret. Le soir même de mon retour, j’entendais une sonate de Debussy pour violon et piano extrêmement surprenante et émouvante, composée en 1915, en pleine guerre, alors qu’il était atteint du cancer qui devait l’emporter. Quand, le 25 mars 1918, il a frappé à la porte du Ciel, l’archange Saint Michel a mis dans un plateau de la divine balance sa vie sentimentale, pas irréprochable, et son agnosticisme, dans l’autre plateau, son œuvre musicale et notamment, cette sonate finale. Comment se sont faites les connexions ? Dieu seul et Claude-Achille le savent…

Jacqueline Picoche

Sainte Jeanne d’Arc à l’Ile Bouchard

CEREMONIE DU 600ème ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE DE SAINTE JEANNE D’ARC

Mes chers amis,

En érigeant aujourd’hui le bas-relief dû au talent de M. Pascal Beauvais, en bénissant avec vous cette plaque qui immortalise le passage de sainte Jeanne d’Arc dans votre paroisse à l’église St Gilles, le 6 mars 1429, l’association La Route de l’Europe chrétienne a vécu cet après-midi un grand moment et je tiens à vous dire toute notre joie et à vous exprimer toute notre reconnaissance :

  d’abord à Monsieur le recteur du sanctuaire, le Père Xavier Malle, curé de l’Ile Bouchard

  ensuite à Monsieur le Maire et son adjoint qui se sont dépensés pour convaincre Mme l’architecte des bâtiments de France que le bas-relief ne déparerait en rien la beauté du mur d’entrée, mais au contraire, l’ennoblirait

  M. le Général Charpy dont le travail et la patience inlassable ont permis l’aboutissement heureux de ce projet, fruit d’une étroite collaboration.

Créé en 2006, au retour d’un pèlerinage à pied entre Vézelay et Kiev, l’association La Route de l’Europe chrétienne s’est donnée pour tache de réunir l’Europe par la foi, en cultivant le maintien de ses racines chrétiennes. Comment y parvenir ? Tout simplement, en bâtissant des oratoires sur tous les chemins de pèlerinage qui la traversent

et qui deviennent ainsi les chemins de la Visitation de Marie vers ses enfants. A ce jour, 27 oratoires, croix ou calvaires ont été dressés. C’est ainsi qu’est né tout naturellement cette année le désir impérieux de évoquer sur les lieux de la dernière apparition de la Sainte Vierge en France en 1947, au sanctuaire de Notre Dame de la Prière le passage de Jeanne, 518 années avant, en 1429. Jeanne d’Arc est une grande sainte, car elle nous aide à redécouvrir l’Amour de Dieu pour les Français, un amour qui n’est jamais fini et qui ne finira jamais. Du 8 au 14 décembre 1947, venue spécialement pour la France, la Vierge Marie a voulu lui redire son inlassable et toute puissante protection, en même temps que lui indiquer la route à suivre que Jeanne a résumée dans sa maxime : « Dieu premier servi ».

Notre vénéré Pape Benoît XVI vient de nous le rappeler : « Avec son témoignage lumineux, sainte Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne : faire de la prière le fil conducteur de nos journées, avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant comme elle dans l’Amour de Jésus un profond amour de l’Eglise. »

Alors aujourd’hui gloire ici bas et gloire là-haut à la plus pure de nos héroïnes. Sainte Jeanne d’Arc, le peuple en jouvence par votre candeur et ennobli par votre courage, ce vieux peuple toujours démaillé par les habiles et les escrocs, toujours ravaudé par la Providence, ce peuple par ma voix vous rend humblement hommage. Il ne cessera jamais de vous dire MERCI du fond de son cœur et de vous aimer.

Vive Jeanne d’Arc pour que vive la France.

Robert Mestelan

Président de l’Association

La Route de l’Europe chrétienne


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