Bulletin N° 8

vendredi 30 octobre 2009

EDITORIAL

La Route des Anges 9 mai – 26 septembre 2009

Chers amis,

"Voyez le petit pèlerin s’en aller son bonhomme de chemin, nez au vent et pèlerine au vent. Soufflez fort, la pèlerine va prendre le vent ; le pèlerin s’efforcera humblement derrière la croix. "

La girouette de la maison Besson – Dom Eric de Lesquen, Abbaye ND de Randol

C’est sur le toit ocre d’une vieille maison dominant le monastère de Randol que nous avons eu cet été le bonheur de faire la connaissance de la girouette de la maison Besson. Toute grinçante et rustique qu’elle soit, mieux qu’un long discours, elle a le mérite infini de résumer sobrement ce qu’est un pèlerinage et ce qui anime l’âme du pèlerin, elle illustre en tous points notre manière de partir en pèlerinage. C’est en nous effaçant tous les jours humblement derrière la croix que nous avons pu suivre pour la deuxième fois les 2’600 km de la « Via degli Angeli » parcourus en 168 jours du 9 mai au 26 septembre. Il faut bien l’avouer, nous n’avons pas tellement souffert de porter la croix, c’est plutôt elle qui nous a porté. Alors que le monde tourne, elle seule reste stable et nous permet de tenir debout : l’axe du monde, c’est la croix du Christ. C’est elle et elle seule qui permettra à l’Europe de rester chrétienne. La route des Anges, étincelante diagonale de lumière traversant la France et l’Italie, échappe pour l’instant encore à la médiatisation des pèlerinages de masse. Aujourd’hui comme hier elle suit paisiblement le chemin que suivirent en 708 les deux chanoines dépêchés par Saint Aubert, l’évêque d’Avranches, pour ramener des reliques du Mont Gargan et les déposer dans la chapelle au Mont Tombe que l’Archange Saint Michel avait réclamé avec insistance.

Partant des Pouilles, au sud de l’Italie, la via angélique passe par Rome (château Saint Ange) et le Piémont (Sacra di San Michele), franchit victorieusement la chaîne des Alpes au Montgenèvre et bondit jusqu’au Puy-en-Velay où la chapelle Saint Michel couronne fièrement le Mont Aiguilhe. On la retrouve en Vendée dans quelques paroisses bien inspirées qui se sont placées sous le patronage de Saint Michel ainsi que sur la colline du Montaigu en Mayenne où une merveilleuse chapelle du 12ème vous accueille comme si le grand Archange souhaitait vous offrir un asile sûr avant l’arrivée en Normandie. Après le traversée des grèves et le franchissement périlleux de la Sée, de la Sélune et du Couesnon, c’est enfin l’arrivée au Mont au péril de la mer dans le crépuscule d’une dernière journée de marche et l’éblouissement du soleil couchant sur la mer.

En cette année 2009, 1300ème anniversaire de la fondation du sanctuaire (1300 ans de Foi), refaire ce chemin à pied en pénitent, dans le plus parfait anonymat et en priant pour la France, s’imposait en quelque sorte. Cette belle route nous a permis de prier intensément le Seigneur en nous appuyant sur la Sainte Vierge et sur les saints anges et sur le plus éminent et le plus soumis d’entre eux, puisque la traduction de l’hébreu de Mik-a-El signifie celui qui est comme Dieu. Tout au long du chemin, en saluant chaque clocher de ville ou de village, chaque calvaire, nous nous exclamions « Ô Crux ave, spes unica, salve ! », répétant avec Saint Paul « Puissions-nous nous glorifier en rien si ce n’est dans la Croix de Notre Seigneur Jésus Christ par laquelle le monde a été crucifié pour moi et moi pour le monde. Epitre au Galates, 6.14

Force nous est d’avouer que l’exigence de cette démarche n’a pas attiré la grande foule et les six valeureux pèlerins du départ ne furent bientôt plus que deux. En dépit d’une large diffusion de la feuille de route et de quelques appels lancés par radio et dans la presse, peu d’âmes se sont sentis appelées pour nous suivre sur ces sommets. Cela nous confirme dans l’idée qu’un long pèlerinage ne peut être que le fruit d’une démarche individuelle et son accomplissement doit rester personnel. Le pèlerinage « clef en mains » avec marquage des sentiers et des garanties d’hébergement, comme on peut l’observer sur les itinéraires soutenus par Bruxelles, n’est pas sans inconvénients et nous sommes convaincus que si les catholiques veulent sauvegarder l’aspect spirituel de cette démarche, il faut absolument qu’ils lui gardent un aspect dépouillé, voire spartiate. Lorsque nous avons rencontré au Puy l’ancien recteur de la chapelle Saint Michel, il nous a dans une boutade exprimé le fond de sa pensée, lorsqu’il nous a dit : « Mais, qu’on fiche la paix aux pèlerins. Ils n’ont besoin de rien, Dieu leur suffit. » Nous partageons totalement cette affirmation, le pèlerinage n’est pas une randonnée, c’est une rencontre qui exige des sacrifices.

En Italie, entre Bobbio et Tortona, nous avons accueilli avec joie un groupe de huit pèlerins tchèques conduits par le Père Jan venus prier pour la France et en fin de parcours quatre pèlerins particulièrement vaillants ont renfloué notre troupe. Enfin, le 26 septembre, lors du franchissement des grèves, une bonne vingtaine de compagnons de Saint Michel avec leur Maître général ont tenu à traverser la baie avec nous ; ils se sont joints ainsi aux dix petits-enfants d’une famille amie qui nous ont joyeusement escorté jusqu’au pied des remparts. Cette couronne angélique était un don du ciel et une belle illustration de toutes les grâces que le Seigneur nous avait si généreusement accordé. Chaque jour nous avons vu la Providence en action et nous avons acquis la certitude que « le Seigneur avait donné ordre à ses anges de veiller sur chacun de nos pas ». En parvenant au but, accompagné de ces petits, il nous a semblé aussi que le grand Archange nous transmettait un ultime et solennel avertissement avant de nous rendre au monde : « Si vous ne devenez pas comme des petits enfants, vous n’entrerez pas au Royaume des cieux. » Robert Mestelan Président de l’Association La Route de l’Europe chrétienne

UN PÈLERINAGE EN ITALIE DU 5 AU 12 OCTOBRE 2009 par Jacqueline Picoche

D’Avignon, le 5 octobre, dès 6 h. du matin, nous partîmes 18 y compris nos organisateurs Robert et Claudia Mestelan, et notre fidèle ami prêtre Gérard Trauchessec, désormais chanoine, qui a l’art d’alterner la jovialité et la gravité et qui nous fit bénéficier de messes quotidiennes selon la forme extraordinaire de l’unique rite romain. Par un prompt renfort de Niçois, nous atteignîmes le nombre de 23 vaillants retraités qui surent faire régner entre eux l’amabilité et la gaité autant que la piété.

Le but essentiel du pèlerinage était la vénération de la Santa Casa de Loreto, et l’implantation sur le territoire de cette petite ville de la province des Marches, sise sur une colline d’où l’on aperçoit la mer Adriatique, d’un oratoire à la mémoire du saint français Benoit-Joseph Labre qui, de Rome, y fit douze fois un pédestre pèlerinage. Cinq de nos sept nuitées s’y passèrent chez les Ursulines qui nous logèrent confortablement et nous nourrirent savoureusement.

La Santa Casa est, comme le confirment des trouvailles d’archives et des études archéologiques récentes, une partie de la propre maison où la Sainte Vierge reçut de la bouche de l’Ange Gabriel l’Annonciation de son destin exceptionnel et prononça le Fiat qui changea la face du monde. Cette maison semi-troglodytique, composée d’une petite grotte prolongée par trois murs, était vénérée depuis les premiers temps du christianisme. Un certain Nicéphore Angeli (dont le nom donna naissance à la légende de la maison transportée par les anges par la voie des airs) , descendant d’empereurs de Constantinople, qui, en 1291, estimait que la Terre Sainte était perdue pour les croisés, et refusait qu’un pareil sanctuaire soit profané, finança et organisa le démontage pierre par pierre des trois murs, leur transport par bateau et leur remontage à l’identique en un lieu plus sûr, qui après maintes péripéties fut Loreto où les “saintes pierres” arrivèrent le 10 décembre 1294. On y lit HIC VERBUM CARO FACTUM EST à aussi juste titre que dans la grotte, crypte d’une église de Nazareth. On bâtit tout autour une basilique gothique qui ne cessa au cours des siècles d’être remaniée, et dont le joyau, au point de vue arti-stique, est l’écrin de marbre blanc , sculpté par les plus grands artistes, dont le pape Jules II l’entoura tout en réservant la possibilité d’accéder à l’inté-rieur, où nous eûmes une messe à 6 heures du matin.

Ce sanctuaire eut un rayonnement immense : un peu partout s’élevèrent d’églises ou chapelles dédiées à “Notre Dame de Lorette” (il y en a une à Paris, et une autre en Artois, qui domine un vaste cimetière militaire de la guerre de 14). Parmi les innombrables pèlerins qui s’y pressèrent, je relève, stupéfaite, le nom de celui qui passe pour le père de l’athéisme moderne, René Descartes, qui serait venu là en 1624 pour remercier la Sainte Vierge de lui avoir inspiré sa célèbre Méthode ! À vérifier !

En total contraste, Benoît Joseph Labre , le saint patron des “Sans Domicile Fixe”, dont il se différencie par le fait que c’était par choix et non par nécessité, qu’il menait une vie errante et mendiante. En son honneur nous implantâmes, au bord de la route de Rome, entre deux mûriers et devant l’arche d’un aqueduc, non un oratoire, mais la première pierre d’un futur oratoire. Le site est bien choisi, mais entre le maire et l’archevêque, la décision ne fut pas facile à prendre. Toujours est-il que, pour la cérémonie, dûment équipés de tous les insignes de leurs fonctions respectives, l’un et l’autre étaient là, tout sourire et amabilités.

Nous rencontrâmes à Loreto un vieux prêtre français qui a choisi d’y finir ses jours, qui rêve d’y attirer plus de Français qu’il n’en vient, et d’y créer un “centre” destiné à la valorisation de la famille normale, composée, et non recomposée, d’un homme et d’une femme unis par les liens du mariage et entourés de leurs enfants biologiques. Idée toute naturelle dans un lieu où l’on vénère une “sainte maison”, et un saint qui, justement, n’avait pas de maison. Excellente occasion de prier pour les pauvres réduits à coucher dans la rue, et pour les familles que le prix des loyers parque dans des logements trop petits pour qu’elles puissent se développer normalement.

Le pèlerinage avait , outre Loreto, des objectifs seconds sinon secondaires dont je parlerai non par ordre chronologique mais par ordre d’importance, faisant passer Dieu avant ses saints, commençant donc par le saint Enfant Jésus de Prague que nous eûmes la surprise de retrouver à Arenzano, non loin de Gênes, occasion de prier pour les enfants tués dans le ventre de leur mère, les enfants martyrisés et tués par des parents indignes, les enfants sous-alimentés par la faute de politiques stupides ou criminelles, les enfants décervelés par des méthodes pédagogiques aberrantes, les enfants privés de baptême et de catéchisme, les enfants ballottés entre des parents divorcés, ou adoptés par des homos, et même les enfants élevés chrétiennement par leurs parents biologiques afin qu’ils ne gaspillent pas une telle grâce. Les Italiens avaient eu l’idée de lui élever en 1908 un sanctuaire baroque dans un joli site urbain. Nous y eûmes, le premier jour, messe et pique-nique avant de reprendre une longue route.

Plus tard au cours du voyage, ce fut un miracle eucharistique dont nous ne pûmes d’ailleurs voir la relique - mais il y en avait un autre, avec une relique visible, à Cascia dont nous parlerons plus loin - qui nous attira à la cathédrale de Macerata, ville sombre et austère des Marches, où les rues étroites sont bordées d’aristocratiques palais.

Quant aux saints, Benoît et sa sœur Scholastique, respectivement père et mère des moines et moniales qui ont planté dans la terre de l’Europe de profondes racines, nous entraînèrent dans l’épaisseur du massif des Abbruzzes, jusqu’ à Norcia (en français Nursie), petite ville située à 600 m. d’altitude où l’on peut voir la pièce où il paraît qu’ils sont nés. Elle s’est enfoncée dans le sol au point qu’elle sert de crypte à l’une des remarquables églises du lieu, où l’on trouve aussi un musée modeste, mais très intelligemment disposé, sans parler de spécialités gastronomiques appréciables. Où trouve-ton ailleurs que dans un village des Abbruzzes, pour 8 € , une portion de pasta parfumée à la truffe ?

Franchissons quelques siècles. Bien différent, mais non moins grand que Benoît, voilà Saint François, que nous avons rejoint sur la montagne de la Verna (en français l’Alverne) , altitude 1000 m., où, deux ans avant sa mort, il reçut les stigmates. Outre deux messes et une procession, il nous offrit une vue extraordinaire sur la vallée et l’échelonnement des chaînes de montagnes, un coucher de soleil somptueux, et, dans les deux églises du lieu, des retables en céramique des della Robbia, absolument délicieux.

Les différents saints rencontrés jusqu’ici nous donnent, les uns par leur extrême pauvreté, les autres par une règle équilibrée, des leçons de frugalité qui pourraient nous aider à résoudre l’angoissant problème de l’épuisement des ressources d’une planète prétendument surpeuplée… Encore deux ou trois saints et saintes : En pleine guerre civile des Guelfes et des Gibelins, sainte Rita de Cascia, était une Montagnarde voisine, à quelques siècles de distance, de St Benoît. Ayant perdu son mari et ses deux fils, cette mère de famille entra au couvent où elle se mit à faire des miracles attestés par des ex-votos, et conquit une popularité qui aboutit en 1900 à sa canonisation. Elle est réputée spécialiste des causes désespérées (ou plutôt apparemment désespérées, puisqu’elle en procure la solution). Qui, à notre dangereuse époque, peut s’assurer de n’avoir jamais besoin de l’intercession de sainte Rita ?

Enfin, si vous avez dans vos relations des jeunes qui passent des examens, conseillez-leur de prier saint Joseph de Cupertino (1603-1663), patron des étudiants, qui nous attira dans la petite ville d’Osimo. Il n’était pas doué pour les études et s’il vint à bout des examens qu’il devait passer pour devenir prêtre, ce fut par une intervention de la Providence qu’il jugea miraculeuse. Mais sa réputation vient surtout d’autre chose : Thaumaturge, extatique, prophète, lisant dans les âmes, très sage conseiller pour ceux qui lui demandaient conseil, plus populaire de son temps que Padre Pio du nôtre, ce pauvre homme fut affligé, bien contre son gré, du don de lévitation : tandis qu’il disait la messe, il lui arrivait de s’élever dans les airs, parfois à plusieurs mètres au-dessus du sol. Il devenait une bête curieuse, au point que sagement, l’autorité ecclésiastique l’envoya finir ses jours discrètement, dans la clôture du couvent d’Osimo. Mais il ne prêtait pas à rire, bien au contraire ! Un prince luthérien se convertit même au catholicisme rien que pour l’avoir vu dire sa messe !

Je ne vous dirai rien de Sainte Gemma Galgani (1878-1903) qui nous invita dans sa bonne ville de Lucca (en français Lucques), car les kilomètres qui nous restaient à parcourir ne nous laissèrent pas le temps de lui rendre visite dans son couvent. Nous eûmes seulement celui de visiter la cathédrale, et d’admirer la façade d’une église du haut de laquelle une statue de Saint Michel bénit la fin de notre pèlerinage. Rares furent les lieux purement touristiques que nous visitâmes. Sur la belle place de Recanati, près de Lorette, je pus saluer la statue du grand homme de l’endroit qui n’est pas un saint mais un poète romantique, Giacomo Leopardi, dont je m’essayais à traduire la Ginestra, fiore del deserto lors de mes débuts dans la langue italienne. À Ravenne les illustrissimes mosaïques purent, outre leur intérêt esthétique, nous inspirer quelques méditations, car enfin, comme les empereurs qui s’y réfugièrent à cause de l’insécurité qui régnait à Rome, puis à Milan, nous vivons un temps de grandes invasions barbares. Saurons-nous, comme eux, dans des refuges, faire briller l’art et la civilisation ? Ajoutons que l’extérieur des églises de Ravenne, construites en briques, ne paye pas de mine. C’est à l’intérieur qu’elles rayonnent. Il y a temps pour tout : un temps pour faire de petites façades de brique, un temps pour faire de grandes façades de marbre, un temps pour vivre sa religion discrètement, un temps pour l’afficher. Ajoutons encore que pendant d’assez longues années, c’est un Ostrogoth nommé Théodoric (454-526), barbare plutôt bien intégré, quoiqu’arien, qui gouverna Ravenne à la satisfaction générale et y laissa des mosaïques très appréciables. Qui sait si quelque chose du même genre ne nous arrivera pas un jour ?

Terminons par une vue d’Ancône : au nord de la ville, l’empereur Trajan, qui y fit de grands aménagements a son arc triomphal auprès duquel court un rempart du XVe siècle. Sous le plein cintre de l’arc, on voit, en haut de la colline, la cathédrale romane du XIIe s. Tout autour, les grues et les grands navires d’un port d’aujourd’hui. C’est un résumé de toute l’Italie, avec son socle antique, son imprégnation catholique et sa modernité.

Assemblée générale de l’Association : samedi 14 novembre 2009

à l’Abbaye Notre Dame de l’Annonciation, La Font de Pertus, 84330 Le Barroux

Programme : 9 heures – accueil à l’entrée de la maison des hôtes

9h30 - Sainte messe à l’intention des membres décédés

11 heures – Assemblée générale à la maison des hôtes (à gauche de l’Abbaye)

Rapport d’activités - Président Robert Mestelan

Rapport financier - Trésorier Jacques Sarrade

Election du bureau, prévisions 2010, réponses aux questions

12h45 - Déjeuner au prix de € 15.—à verser à l’inscription (ci-incluse)

16 heures - Visite de l’exploitation viticole et oléicole de M. Milhaud à Beaumes de Venise

La Maison de Marie à Loreto

L’Aumônerie Française de Lorette détient un nombre impressionnant de livres, très difficiles à trouver en dehors des Bibliothèques et des Archives du Palais Apostolique. Aussi, nous remercions le Père Marc Flichy pour son aide et pour les documents qu’il nous a remis à l’occasion de notre mémorable voyage-pèlerinage de Loreto. Nous sommes heureux de publier quelques extraits du bulletin N° 4 qu’il a édité concernant la translation angélique :

La Maison de Nazareth Précisons qu’à Nazareth, les proches de Jésus occupaient au moins deux maisons distinctes. La « maison de Joseph » celle de la sainte Famille, semble très difficile à identifier. Est-elle définitivement perdue ? La maisonnette honorée à Lorette est celle de Joachim et d’Anne. La Vierge Marie y naquit, y grandit, elle y reçut la grâce insigne de l’Annonciation. Marie et Joseph et l’Enfant Jésus l’ont probablement beaucoup fréquentée après le mariage virginal.

La Translation angélique En 1291 la Sainte Maison est transportée miraculeusement et silencieusement de Nazareth à Tersatto ou Raunizza, près de Trieste. Un matin, des bûcherons sont stupéfaits de découvrir un édifice qui semble avoir poussé tout seul au milieu de la nuit. Giorgievich, le curé de la paroisse est guéri par Marie, les faveurs se multiplient alors. Une ambassade envoyée en Terre Sainte constate que les mesures de l’aérolithe sont exactement celles du bâtiment disparu à Nazareth. Malheureusement, au grand désespoir des habitants, trois ans et sept mois après, le précieux trophée s’envole à nouveau. Le coup de main a été opéré par des déménageurs angéliques. L’existence du pèlerinage de Tersatto, enrichi de faveurs spirituelles par le pape Martin V en 1420 atteste ces faits. De l’autre côté de la mer Adriatique, St Nicolas de Tolentino prévoyait qu’un trésor inestimable arriverait de la rive opposée. L’ermite Paul raconte comment cette prophétie s’accomplit bientôt. Dans la nuit du 10 décembre 1294 des paysans et des bergers aperçoivent une lumière éblouissante en provenance de la mer : « Ils virent donc et contemplèrent à loisir une maison environnée d’une splendeur céleste, soutenue par les mains des anges et transportée à travers les airs. » A Montorso, la conque voisine de Lorette, où les papes rassemblent jusqu’à 500’000 jeunes, la Sainte Vierge apparaît à un ermite pour lui révéler que la chapelle arrivée par voie aérienne est bien la maison de Joachim et d’Anne. La Sainte Maison se pose une première fois dans le bois de laurier de dame Loretta, près de l’actuelle gare de chemin de fer. Après un troisième rapt angélique, la maison aboutit chez les frères Finaldi de Antici, avides et disputeurs. Enfin, la Sainte Maison opère un quatrième saut mystérieux. Elle traverse les cent mètres qui séparent aujourd’hui le café Bramante de la Cathédrale. L’humeur voyageuse de la précieuse résidence se calme enfin. Depuis plus de sept siècles elle n’a pas bougé. Sur le marbre du mur Est de la Santa Casa l’inscription latine du pape Clément VIII résume les faits (sans engager son infaillibilité).

Approbation de la thèse traditionnelle Cette version de faits, pour extraordinaire qu’elle paraisse, était avalisée par nos prédécesseurs dans la foi. Les chrétiens du bon peuple de Dieu, les papes, les évêques, les prêtres, les savants et les ignorants … l’admettaient sans broncher. 200 saints et bienheureux sont venus ici avec cette conviction. Six docteurs de l’Eglise : Pierre Canisius, François de Sales, Laurent de Brindisi, Robert Bellarmin, Alphonse de Liguori, Thérèse de l’Enfant Jésus ont cru à cette merveille. Un pareil miracle est, de fait, un jeu d’enfant au regard de la Toute-puissance divine. Gorel dénombre 80 textes pontificaux en faveur de Lorette à partir de Boniface VIII (1294-1303). Après 1566 la translation est affirmée sans atténuation par les papes jusqu’à Léon XIII compris. Il va sans dire que cette conviction n’engage pas l’infaillibilité. Les premiers textes sont souvent affectés de la clause : « ut pie creditur et fama est ». Suite dans le prochain bulletin…

Agenda :

14 novembre 2009 : Assemblée générale à l’Abbaye ND de l’Annonciation, 84330 Le Barroux

18 – 24 mars 2010 : voyage-pèlerinage en Allemagne pour la bénédiction de l’oratoire en l’honneur de Saint Benoît patron de l’Europe à Ottobeuren

départ le 18 mars d’Avignon avec arrêt à Lyon pour accueillir les Parisiens, passage par Mulhouse pour prendre les Suisses et les Alsaciens,

visite de Saint Nicolas de Flüe à Sachseln

du séminaire de Wigratzbad et de la chapelle où chantèrent les anges en 1938

des abbaye baroques d’Ottobeuren, d’Andechs, d’Ettal, de Ste Crécenzia et de Sainte Méchtilde : découverte de l’art sacré baroque et de l’histoire religieuse du sud de l’Allemagne, du monastère missionnaire de Saint Odile et du Ammersee

Inscriptions possibles dès maintenant, le programme vous sera communiqué à l’assemblée générale.

Association « La Route de l’Europe chrétienne » 64 rue de la Frâche Atelier Lou Barri 84740 Velleron / France Tel.Fax 04 90 20 08 70 atelierloubarri@free.fr site : www.route-europe-chretienne.fr

Documents joints


La Route de l’Europe chrétienne - Atelier Lou Barri - 84740 Velleron / France - Tel/Fax 04 90 20 08 70
atelierloubarri@free.fr
Association Loi 1901déposée à la sous-Préfécture de Carpentras et inscrite le 20 novembre 2006 sous le N°084.3.00 4972